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jeudi 8 décembre 2011

Cinq néo-nazis russes condamnés à la perpétuité pour 27 meurtres

Sept autres militants, dont une jeune femme, ont été condamnés à des peines allant de 10 à 23 ans de prison pour les tabassages à mort de personnes «d’apparence non slave».

Le chef d’un groupe de néo-nazis russes et quatre de ses membres a été condamnés lundi à Moscou à la détention à perpétuité pour 27 meurtres commis entre 2007 et 2008, et pour terrorisme.

Lev Molotkov, leader de l’Union nationale-socialiste interdite «représente un danger extrême pour la société», a déclaré le juge Nikolaï Tkatchouk. Quatre autres membre du groupe ont également été condamnés à la perpétuité.

Sept autres militants, dont une jeune femme, ont été condamnés à des peines allant de 10 à 23 ans de prison. Un militant qui s’était rendu de lui-même et avait collaboré avec les enquêteurs a pour sa part été condamné à huit ans avec sursis.

Le père de l’un des accusés a éclaté en sanglot après l’énoncé du verdict, accusant les juges d’avoir condamné des innocents

Les accusés ont de leur côté crié en chœur: «Notre conscience est au-dessus des lois!»

Selon le texte du jugement, les militants, qui s’étaient organisés via Internet, ont tué des personnes «d’apparence non slave» à coups de marteau, avec des couteaux ou des battes de base-ball à Moscou.
«Ils ont planifié ces meurtres comme des actes de nettoyage de la Russie», selon le texte du jugement.

(Source liberation.fr)

publié sur romandie blog le 11/07/2011 20:26

lundi 5 décembre 2011

Série d'attentats en Russie et région limitrophe

Alors que la capitale s'apprêtait à enterrer les premières victimes des attentats de lundi, deux explosions ont retenti devant le commissariat de la ville de Kizliar, au Daguestan, tuant douze personnes dont neuf policiers, selon un nouveau bilan publié par le comité d'enquête du parquet général.

La première explosion a été provoquée tôt mercredi par une voiture piégée qui a explosé au passage d'un autre véhicule transportant des policiers, a précisé le comité d'enquête.

Vingt minutes plus tard, un kamikaze déguisé en officier de police s'est fait exploser au même endroit, là où les enquêteurs étaient rassemblés pour examiner les conséquences de la première explosion, selon la même source. Parmi les victimes figure le chef de la police de Kizliar, Vitali Vedernikov.

Il s'agissait évidemment d'une attaque planifiée dont l'objectif était de tuer des policiers", a déclaré à l'AFP une porte-parole du ministère local de l'Intérieur, qui a souhaité rester anonyme pour préserver sa propre sécurité.
Les déflagrations ont creusé dans le sol un cratère large de plusieurs mètres, selon des images diffusées par la télévision russe, qui a également montré les restes carbonisés des voitures.

Les attentats sont très fréquents au Daguestan, où vivent quelque 2,5 millions d'habitants de multiples ethnies, majoritairement musulmans. Les policiers, militaires et hauts fonctionnaires sont tout particulièrement visés.

Comme les républiques voisines du Caucase russe (Tchétchénie et Ingouchie), le Daguestan est le théâtre depuis plusieurs mois d'accrochages meurtriers entre des rebelles islamistes et les forces de sécurité.

Ces nouveaux attentats surviennent en outre dans un climat de grande nervosité suite au double attentat dans le métro de Moscou, qui a fait 39 morts.

Le ministre de l'Intérieur Rachid Nourgaliev a souligné que les explosions au Daguestan s'étaient produites près d'une école et de bâtiments de la police et du FSB et que les auteurs visaient peut-être des civils: "Il faut établir à quoi était destinée la charge mortelle", a-t-il dit, cité par Interfax. Il a aussi annoncé un renforcement de la sécurité des cinémas, écoles et universités locaux.

Le territoire russe se trouvait déjà à un niveau d'alerte élevé après les explosions de lundi, avec un quasi-triplement du nombre de patrouilles dans le métro de Moscou. La sécurité a aussi été renforcée partout dans le pays et sur le cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, d'où une fusée Soyouz doit décoller vendredi.

Les attentats suicide de Moscou, les premiers de cette ampleur depuis des années dans la capitale russe, ont choqué l'opinion, qui s'était habituée à une sécurité relative.

Le président Dmitri Medvedev et le Premier ministre Vladimir Poutine ont tous deux promis que les terroristes qui les défiaient seraient "anéantis". M. Poutine, rompu aux formules-choc, a sommé les forces de l'ordre de "curer les égouts" pour les débusquer.

Mercredi, M. Poutine, a jugé possible que les attentats de Moscou et du Daguestan soient l'oeuvre des "mêmes bandits".

"Je n'exclus pas que les mêmes bandits aient été à l'oeuvre", a-t-il dit selon l'agence Interfax.

Les services spéciaux russes (FSB) ont initialement attribué les attentats de Moscou à deux femmes kamikazes liées à des groupes rebelles du Caucase du Nord. Une piste géorgienne a également été évoquée.

Deux des 39 victimes des attentats de lundi doivent être enterrées mercredi, et une dizaine jeudi, selon les services funéraires. 78 personnes demeurent par ailleurs hospitalisées, selon le ministère des Situations d'urgence.

Source : http://actu.orange.fr/a-la-une/nouvel-attentat-d-ampleur-en-russie-deux-jours-apres-moscou_521815.html

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Nous devons préciser que cette série d'attentats se produisent alors que le président des USA Barack Obama vient de quitter le territoire après des pourparlers avec son homologue russe pour négocier des marchés d'armement dont les boucliers anti-missiles et surtout signer un accord international sur le désarmement nucléaire.

Le président russe Mendelev est considéré par le vice-président Poutine comme un pacifiste.

Il semblerait que cette série d'intimidation vise à déstabiliser les esprits vers davantage de risques et d'insécurité.

Il a été dit qu'il fallait récurer les égoûts mais rien a filtré sur les conditions et comment ces kamikazes ont pu s'inflitrer dans une ville si policée.

publié sur romandie blog le 31/03/2010 14:39

dimanche 4 décembre 2011

Arrestation d'un important trafiquant d'êtres humains en Grèce

Samedi 18 juillet 2009 18h41
La police de Thessalonique (nord de la Grèce) a annoncé samedi l'arrestation d'un chauffeur de taxi qu'elle a présenté comme le chef du "plus important réseau de passeurs de clandestins des Balkans".

Tryfon Koukios, chef de la division spécialisée dans l'immigration clandestine de Thessalonique, a expliqué à la presse que cette interpellation intervenait au terme d'une enquête entamée en septembre 2008 et menée en coopération avec les autorités serbes et macédoniennes.

Ce chauffeur de taxi, un ressortissant grec de 51 dont l'identité n'a pas été rendue publique, a été arrêté avec un complice, également chauffeur de taxi, tôt samedi matin dans les environs de Thessalonique, en compagnie de huit clandestins chinois.

Ce réseau traitait principalement des migrants chinois, qui venaient de Pékin à Belgrade via Moscou par avion, avant d'être conduits jusqu'en Grèce par la route, selon la police. Autre aspect de son activité, il aidait des Albanais et Kosovars à entrer en Grèce clandestinement.

En novembre 2008, les autorités macédoniennes avaient interpellé 18 personnes accusées d'être impliquées dans ce même réseau de trafiquants. AP

http://fr.news.yahoo.com/3/20090718/twl-grece-immigration-clandestine-arrest-1be00ca.html

samedi 3 décembre 2011

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud confient à Moscou leur défense

Jeudi 30 avril 2009 15H46 : http://fr.news.yahoo.com/4/20090430/twl-russie-georgie-bd5ae06_2.html

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux provinces géorgiennes sécessionnistes reconnues comme indépendantes par Moscou, ont confié à la Russie la défense de leurs frontières avec la Géorgie.

A Bruxelles, l'Otan a estimé que ces transferts de responsabilité étaient en contradiction avec les accords de paix conclus sous médiation européenne après le bref conflit armé entre la Russie et la Géorgie l'été dernier.

"Jusqu'à ce qu'elle forme ses propres gardes-frontières, la partie abkhaze délègue à la Fédération russe l'autorité pour garder les frontières de son Etat afin d'assurer sa sécurité", indique le texte de l'accord signé au Kremlin entre le président russe Dmitri Medvedev et les dirigeants de l'Abkhazie, non reconnues par le reste de la communauté internationale, à l'exception du Nicaragua.

L'accord, dont une version similaire a été paraphée avec l'Ossétie du Sud, précise que ce transfert de responsabilité entre en vigueur pour une durée minimale de cinq ans et que ni l'Abkhazie ni l'Ossétie du Sud n'auront de compétence juridique sur les postes-frontières russes.

Cette initiative est prise une semaine avant le début de manoeuvres militaires conduites par l'Otan en Géorgie, dont Moscou critique vivement la tenue, faisant valoir qu'elles ne constituent pas le message souhaitable pour Tbilissi et risquent de déstabiliser la région.

"Les exercices prévus de l'Otan sont une provocation, en dépit de tout ce que peuvent nous dire nos partenaires occidentaux pour tenter de nous convaincre du contraire", a dit Medvedev après avoir paraphé ces accords. "Ceux qui prennent ces décisions devront assumer l'entière responsabilité de toute conséquence négative", a-t-il ajouté.

Moscou a reconnu l'an dernier les deux régions comme des Etats indépendants, envers et contre les pays occidentaux, après un bref conflit armé avec la Géorgie qui avait tenté d'en reprendre le contrôle.

Les désaccords entre Occidentaux et Russes au sujet de la Géorgie risquent de faire obstacle aux efforts de rapprochement du président russe et de son homologue américain Barack Obama.

Après sa première rencontre avec Medvedev le 1er avril, Obama avait noté que le point de vue négatif de Washington sur la guerre de l'été dernier et ses conséquences restait inchangé.

Pour l'Otan, ce nouveau développement dans les relations entre Moscou et les deux provinces séparatistes de Géorgie "ne servent pas les intérêts de la paix et de la sécurité à long terme dans la région du Sud-Caucase", a réagi un porte-parole de l'Alliance.

Il risque de tendre davantage encore les relations avec Moscou, de même que l'expulsion pour espionnage de deux diplomates russes accrédités auprès de l'Otan.

Quelque 1.300 soldats de 19 pays doivent participer du 6 mai au 1er juin aux manoeuvres de l'Otan en Géorgie. Moscou redoute que ces exercices n'incitent le président géorgien Mikheïl Saakachvili à se réarmer.

version française Pascal Liétout et Henri-Pierre André

dimanche 27 novembre 2011

Israël: Ehud Olmert en visite à Moscou pour 24 heures

AFP - Lundi 6 octobre 2008 11 H 36

JERUSALEM (AFP) - Le Premier ministre israélien Ehud Olmert se rend lundi à Moscou pour une visite de 24 heures durant laquelle il doit rencontrer des dirigeants russes, a indiqué un haut responsable israélien

M. Olmert doit se rendre en début d'après-midi à Moscou pour une visite de travail de 24 heures. Il sera de retour en Israël mardi soir", a affirmé à l'AFP son porte-parole Mark Regev.

"Des entretiens sont prévus dès lundi soir entre M. Olmert et divers dirigeants russes, notamment le président Dmitri Medvedev et le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov", a-t-il précisé.

Selon les médias israéliens, une rencontre avec le Premier ministre russe Vladimir Poutine n'est en revanche pas prévue, ce dernier célébrant mardi son anniversaire hors de la capitale russe.

Les entretiens à Moscou de M. Olmert, Premier ministre du gouvernement israélien de transition, doivent notamment porter sur le dossier du nucléaire iranien et sur d'éventuelles ventes d'armes russes sophistiquées à l'Iran et à la Syrie, a-t-on indiqué à la présidence du conseil à Jérusalem.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a appelé dimanche la Russie à s'abstenir de vendre des armes susceptibles de compromettre l'équilibre stratégique au Proche-Orient.

"Les Russes doivent assumer un rôle positif au Proche-Orient et ne pas fournir des armements qui portent atteinte au fragile équilibre dans la région", a affirmé M. Barak d'après un communiqué de son bureau.

Selon les médias israéliens, l'Etat hébreu s'inquiète d'un éventuel contrat de vente de missiles anti-aériens S-300 russes à l'Iran, son ennemi juré.

Le déploiement d'un tel armement gênerait considérablement une éventuelle opération de l'aviation israélienne contre les sites nucléaires en Iran.

Les missiles S-300 sont capables d'atteindre un avion à 30 km de hauteur, et leur portée est de 150 km.

Un important responsable israélien cité dimanche sous couvert d'anonymat par le quotidien Haaretz a souligné que si ces armes devaient parvenir en Syrie, pays allié de l'Iran, elles menaceraient les vols de l'aviation israélienne à l'intérieur même de l'espace aérien d'Israël.

Au Kazakhstan, Rice se défend de débaucher les amis de Moscou

Par Susan Cornwell Reuters - Dimanche 5 octobre 2008, 15h27
ASTANA (Reuters) - Condoleezza Rice, en visite dimanche au Kazakhstan, a assuré que les Etats-Unis ne cherchaient nullement à 'débaucher' les alliés de Moscou en Asie centrale.

La venue de la secrétaire d'Etat américaine vise à consolider un partenariat énergétique avec un pays riche en pétrole, courtisé à la fois par la Russie et l'Occident.

Moscou n'apprécie généralement guère les visites de hauts responsables américains dans les anciennes Républiques soviétiques et a déjà accusé les pays occidentaux de tenter de lui voler ses alliés.

S'exprimant à l'issue d'une rencontre avec le ministre kazakh des Affaires étrangères, Marat Tajine, Rice a rejeté toute idée de rivalité croissante ou de "compétition" dans la région entre Washington et Moscou.

Elle a souligné que les Etats-Unis ne cherchaient pas à éloigner certains pays de Moscou mais s'est refusée à entériner l'idée d'une quelconque "sphère d'influence" russe en Asie centrale.

"Nous ne voyons pas cela comme un jeu à somme nulle. le Kazakhstan est un pays indépendant et peu entretenir des liens d'amitié avec qui il veut (...) Nous ne voyons ni n'acceptons donc aucune notion d'une sphère d'influence spéciale", avait-elle dit aux journalistes dans l'avion qui la conduisait à Astana.

RESERVES PETROLIERES

"La Russie est notre partenaire stratégique", a déclaré pour sa part Tajine, qui s'exprimait en anglais. "En même temps, il faut comprendre que notre relation avec les Etats-Unis est solide et stratégique."

Rice, au Kazakhstan deux semaines après la venue du président russe Dmitri Medvedev, doit rencontrer le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev au cours de sa visite de cinq heures.

Le Kazakhstan, proche de l'Iran et de l'Afghanistan, frontalier de la Russie et de la Chine, dispose d'importantes réserves pétrolières et a pris soin de maintenir des relations apaisées avec la Russie tout en diversifiant ses exportations d'or noir vers les pays occidentaux.

La guerre entre la Russie et la Géorgie, au mois d'août, a poussé certains alliés de Moscou à revoir leurs relations avec le Kremlin et les pays occidentaux.

Soucieux de mettre en avant sa neutralité, Nazarbaïev a organisé des manoeuvres militaires de grande ampleur à la fois avec l'Otan et la Russie ces deux dernières semaines.

Rice devait notamment évoquer avec lui les liens dans le domaine de l'énergie entre les Etats-Unis et le Kazakhstan. Les droits de l'homme devaient également figurer au programme des discussions, alors que le Kazakhstan s'apprête à présider, en 2010, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Version française Gregory Schwartz et Guy Kerivel

Sommet UE-Ukraine sur fond de crise à Kiev et au Caucase

Sommet UE-Ukraine sur fond de crise à Kiev et au Caucase

Par Emmanuel Jarry Reuters - Mardi 9 septembre 2008 - 8 H 45

PARIS (Reuters) - L'Union européenne proposera ce mardi à l'Ukraine, lors d'un sommet à Paris sur fond de tension entre la Russie et la Géorgie et de crise politique à Kiev, de conclure dans les prochains mois un accord d'association

Une première étape devrait être franchie lors de ce sommet UE-Ukraine avec la fixation d'un cadre politique pour le futur accord d'association, qui sera lui-même conclu au plus tôt en 2009, "si tout va bien", précise la présidence française.

"Nous avons, non sans difficulté, convaincu nos partenaires de l'Union européenne de conclure sous notre présidence un accord sur le cadre politique de cet accord général en cours de négociation", explique l'entourage du président Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen.

La situation interne à l'Ukraine, les relations difficiles entre Moscou et Kiev et la crise du Caucase, qui ne manquera pas non plus de peser sur la rencontre de Paris, contraignent l'UE et ses dirigeants à marcher sur des oeufs.

Au lendemain d'une nouvelle navette du président français entre Moscou et Tbilissi pour tenter d'apaiser les tensions au Caucase, la présidence de l'UE aura à coeur de ne pas froisser des dirigeants russes très sensibles à tout ce qui touche aux relations de cette ancienne République soviétique avec les pays occidentaux, mais aussi de préserver l'unité des 27.

Le préambule de l'accord cadre et la déclaration finale du sommet de Paris souligneront que le future accord d'association ne préjugera pas des développements de la relation UE-Ukraine, "qui sont laissés ouverts", précise l'Elysée.

"C'est le seul compromis possible entre les points de vue très divergents au sein de l'Union européenne et qui aille à la rencontre des attentes de Kiev", souligne-t-on de même source.

Il n'est donc pas question d'évoquer la perspective d'une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'UE, poussée par les anciens pays communistes d'Europe orientale mais que d'autres membres, comme la France et l'Allemagne, jugent pour le moins prématurée.

La déclaration finale se bornera à qualifier l'Ukraine de "pays européen qui partage avec l'Union une histoire et des valeurs communes", précise la présidence française.

Enfin, le sommet de Paris entérinera la décision de l'UE d'engager avec Kiev un dialogue sur les visas, "dans une perspective à long terme de libéralisation", ajoute l'Elysée.

IOUCHTCHENKO SANS TIMOCHENKO

En raison du retour de Nicolas Sarkozy en France dans la nuit de lundi à mardi après son déplacement à Moscou et Tbilissi, la présidence française à dû retarder de quelques heures le début du sommet de Paris et modifier son ordonnancement.

Outre Nicolas Sarkozy, seront là José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Javier Solana, Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune.

En revanche, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko viendra sans le Premier ministre Ioulia Timochenko, ancienne égérie de la "Révolution orange", avec qui il est de nouveau en guerre.

"Ça aurait été une décision forte et positive que de voir les deux dirigeants de la coalition, qui partagent en principe les mêmes valeurs, les mêmes objectifs et le même regard sur la relation entre l'Union européenne et l'Ukraine, venir ensemble", estime un diplomate français. "Compte tenu de la nouvelle crise qui a éclaté le 3 septembre, c'est un objectif psychologiquement hors d'atteinte."

Viktor Iouchtchenko a accusé mercredi dernier Ioulia Timochenko de vouloir faire alliance avec ses rivaux du Parti des régions, pro-russe, et du Parti communiste, et il a menacé d'organiser des élections législatives anticipées.

L'éclatement de la coalition gouvernementale couve depuis des semaines. Une crise attisée par le conflit entre la Russie et la Géorgie, au moment où l'Ukraine voit aussi ses relations se tendre avec Moscou.

La présidence ukrainienne a accusé Ioulia Timochenko d'avoir trahi l'intérêt national en ne soutenant pas la Géorgie et de rechercher l'appui de Moscou pour l'élection présidentielle de 2010.

Le 13 août, Kiev avait annoncé, en signe de solidarité avec la Géorgie, à l'issue d'une visite de Viktor Iouchtchenko à Tbilissi, des restrictions aux mouvements des navires de guerre russes basés dans le port ukrainien de Sébastopol, en Crimée, sur la Mer Noire. Des mesures aussitôt dénoncées par la Russie.

Service Informations générales : http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080909/tts-union-ukraine-sommet-ca02f96.html

La Russie lance un défi ouvert à l'"hégémonie" américaine

Par Pascal MALLET AFP - le 8 septembre 2008 à 22H32

BRUXELLES (AFP) - La Russie est allée un pas plus loin dans sa volonté manifeste de contester l'"hégémonie" américaine en annonçant lundi qu'elle allait envoyer des avions de lutte anti-sous-marine au Venezuela, pays du président Hugo Chavez, bête noire de Washington.

L'envoi également dans un port vénézuélien du croiseur à propulsion nucléaire Pierre le Grand --porteur de missiles à double capacité conventionnelle et nucléaire-- et de L'amiral Tchabanenko, un bâtiment de lutte anti-sous-marine est d'abord vu par les analystes comme la réponse du berger à la bergère.

"Cela va être évidemment interprété comme un degré de tension supplémentaire, ce qui est préoccupant", a commenté Thomas Gomart, de l'Institut français de relations internationales (IFRI), dont le siège est à Paris.

Malgré leur victoire militaire, "les Russes sortent isolés de la crise géorgienne, n'ayant reçu l'appui que de rares pays comme le Venezuela et la Syrie", a-t-il souligné.

"Ils pourraient transformer ces convergences diplomatiques en une intensification de la coopération militaire" avec les mêmes pays, a-t-il observé, rappelant que la Syrie avait offert à la Russie des facilités à son port de Tartous.

Jusqu'à présent, Moscou ne faisait que vendre des armes, notamment des chasseurs-bombardiers, à Caracas. "La Russie va-t-elle franchir un nouveau pas au risque de s'isoler encore plus?", s'est-il interrogé.

Au beau milieu de l'imbroglio sur le Caucase, cette initiative de Moscou "semble participer de deux mouvements: une contestation de plus en plus ouverte de l'hégémonie américaine, et un appui aux mouvements de renationalisation des politiques de l'énergie dont Chavez s'est fait le porte-drapeau", a analysé M. Gomart.

A Munich, début 2007, Vladimir Poutine, encore président, avait vivement dénoncé le "monde unipolaire" dirigé par Washington, dans un discours alors interprété comme consacrant le retour de la Russie au premier plan.

Cette fois, la Russie, irritée de l'installation prévue du bouclier antimissile américain en Europe centrale et de l'adhésion éventuelle de l'Ukraine et de la Géorgie à l'Otan, semble décidée à passer de la parole aux actes.

Selon Matthew Clements, analyste du groupe Jane's, à Londres le "déploiement temporaire d'un petit nombre d'avions" au Venezuela a une "signification surtout symbolique".

Pour Moscou, a-t-il estimé, ce n'est pas un retour à la Guerre froide mais une manière de dire aux Occidentaux "si vous voulez empiéter sur notre sphère d'influence, nous pouvons en faire autant à votre égard".

Moscou avait ainsi vivement critiqué l'envoi en mer Noire de la principale unité -hors porte-avions- de la 6ème flotte américaine, le Mount Whitney, juste après le conflit armé l'ayant opposé à la Géorgie.

Pour Joseph Henrotin, chercheur au Centre d'analyse et de prévoyance des risques internationaux (CAPRI) d'Aix-en-Provence (sud de la France), "on assiste à un raidissement sur le plan militaire entre l'Otan et la Russie".

Et si elle a une portée "symbolique", la mesure prise par la Russie a aussi un fondement rationnel, selon lui, car le Venezuela veut acheter des sous-marins russes à propulsion diesel de classe Kilo.

"Dans un premier temps, les avions russes auront pour mission de protéger les sous-marins vénézuéliens, le temps que la marine vénézuélienne se mette à niveau et soit moins vulnérable", a-t-il expliqué.

Cette base arrière en Amérique latine permettra à la Russie de lancer dans cette zone le nouveau "grand jeu" russo-américain déjà très visible en Asie centrale et dans le Caucase.

Le colonel Christopher Langton, de l'Institut international d'études stratégiques (IISS) de Londres, s'est dit d'ailleurs "convaincu" que ce projet "avait été discuté" par Moscou et Caracas "avant la crise en Géorgie"

Sarkozy, Barroso et Solana en mission impossible à Moscou et Tbilissi lundi

AP - dimanche 7 septembre 2008 - Yahoo news

PARIS - Une seule journée, deux étapes, trois priorités: après avoir donné en vain une semaine de répit à la Russie pour enfin quitter la Géorgie, les représentants de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy en tête, vont tenter lundi une nouvelle médiation à Moscou et Tbilissi, cherchant à obtenir le départ des troupes russes, le renforcement des observateurs chargés de vérifier l'application du cessez-le feu et l'engagement de pourparlers internationaux.

La journée sera longue pour faire avancer le dossier et pousser la Russie, qui continue de le bafouer, à respecter le plan de cessez-le-feu en six points: le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, est cette fois-ci flanqué du président de la Commission José Manuel Barroso et du Haut-représentant chargé de la politique étrangère et de sécurité communes Javier Solana.

Cette "troïka" commencera par rencontrer le maître du Kremlin Dimitri Medvedev à la mi-journée, avant de gagner Tbilissi, puis de rentrer à Paris dans la nuit: un timing rappelant la dernière "navette express" Moscou-Tbilissi de Sarkozy, qui avait débouché le 12 août, dans l'urgence, sur ce plan de cessez-le-feu toujours pas respecté totalement trois semaines après sa signature.

"Nous devons clarifier la situation", expliquait samedi le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, au deuxième jour d'une réunion informelle avec ses homologues des 27 à Avignon.

Les trois priorités de la mission, telles que définies par une source diplomatique française, sont: le retrait des troupes russes du territoire géorgien, le déploiement de nouveaux observateurs internationaux et le lancement de pourparlers internationaux (point 6 de l'accord).

Paris a l'espoir de voir le retrait total "en quelques semaines de toutes les forces russes" actuellement toujours en Géorgie (hors Ossétie du Sud et Abkhazie). C'est là l'objectif premier, "et si on l'atteignait ça sera déjà un beau résultat des efforts de l'Union européenne", estimait-on de même source.

Il y a toujours divergence d'interprétation sur l'ampleur du retrait russe, servie par les ambiguïtés de l'accord de cessez-le-feu. Ce dernier prévoit le retrait sur les positions d'avant le 7 août, mais Moscou s'appuie sur le point 5 du texte pour occuper toujours des "zones-tampon" de Géorgie, hors Abkhazie/Ossétie.

Autre priorité: "essayer d'obtenir des dates précises des mécanismes et des engagements qui garantissent l'achèvement" de ce retrait: la mission d'observation que l'UE veut déployer, en renfort de l'ONU et de l'OSCE, est quasiment prête et devrait compter plusieurs centaines d'hommes, selon Javier Solana.

Enfin, "ce qui nous paraît important", c'est que la rencontre permette de déterminer "une date et un lieu pour ouvrir ces discussions internationales prévues par le point 6", poursuit-on de même source.

Il s'agirait de débattre de la stabilité et sécurité dans les provinces séparatistes et du retour des réfugiés et personnes déplacées. Mais Moscou, qui a reconnu unilatéralement l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, décision annoncée comme irréversible, ne semble pas franchement encline au compromis.

Cette visite a été annoncée lundi à Bruxelles lors du conseil européen extraordinaire consacré à la crise géorgienne. L'UE y avait condamné l'attitude de Moscou en lui donnant une semaine pour mettre totalement en oeuvre le cessez-le-feu, mais sans menaces concrètes de rétorsion. Les 27 se sont contentés de geler les discussions en cours sur le partenariat stratégique UE-Russie.

Nicolas Sarkozy avait alors évoqué une riposte "graduée": d'abord le dialogue avec Moscou, et si la nouvelle séance de lundi échoue, "on se réunira alors et on prendra d'autres décisions". En ligne de mire, le sommet UE-Russie prévu à la mi-septembre, qui risque de passer à la trappe. Même si Bernard Kouchner semblait exclure samedi d'autres sanctions pour l'heure.

Malaisé en effet pour l'UE, au grand dam des nouveaux Etats-membres également ex-satellites de l'URSS, de vraiment fâcher Moscou, partenaire incontournable: la Russie dispose d'une arme de dissuasion considérable, l'UE étant dépendante de son gaz et de son pétrole.

En attendant, sur le terrain, c'est le statu quo: les Russes sont toujours là, notamment à Poti, port stratégique sur la mer Noire, où un navire de guerre américain est arrivé, transportant 17 tonnes d'aide humanitaire, rendant les Russes furieux... Les déplacés d'Ossétie et d'Abkhazie sont toujours empêchés de rentrer chez eux, et la direction bicéphale du Kremlin continue de multiplier les déclarations tonitruantes. AP

Washington-Moscou, retour à la guerre froide

De notre correspondant à Moscou, Fabrice Nodé-Langlois le 03/09/2008


Après l'Azerbaïdjan (ci-dessus à son arrivée à Bakou), Dick Cheney va poursuivre sa tournée jeudi en Géorgie, puis en Ukraine avant de terminer par l'Italie. Crédits photo : AFP

Le numéro deux américain Dick Cheney arrive jeudi en Géorgie avec une aide humanitaire de un milliard de dollars.

Jamais depuis un quart de siècle le spectre de la guerre froide n'avait autant hanté Washington et Moscou. Le vice-président américain, Dick Cheney, après une étape en Azerbaïdjan hier, vient soutenir jeudi à Tbilissi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Pour rallier depuis l'aéroport la capitale de l'ancienne république soviétique devenue une protégée de la Maison-Blanche, Dick Cheney devrait emprunter l'avenue George-W. Bush. Cette tournée européenne du faucon de Washington intervient au moment où, sur fond de convention républicaine aux États-Unis, la rhétorique de confrontation entre les deux grandes puissances s'emballe. Hier soir, c'est George Bush lui-même qui a annoncé une aide humanitaire de un milliard de dollars pour la Géorgie. Cet appui sonnant et trébuchant ne fait que conforter, à Moscou, la version des événements défendue par Vladimir Poutine selon laquelle la Maison-Blanche est largement responsable de «l'agression géorgienne» contre la région séparatiste d'Ossétie du Sud. La Russie accuse les États-Unis de vouloir réarmer rapidement la Géorgie. En outre, le sentiment russe d'être encerclé par l'Otan ne pourra qu'être renforcé par la visite en Géorgie des représentants des vingt-six États de l'Alliance, annoncée le 15 septembre. La délégation de l'Otan évaluera notamment les besoins de l'armée géorgienne défaite par les chars et l'aviation russes.

Mardi soir, le président russe Dmitri Medvedev a franchi un pas de plus dans l'escalade verbale en déclarant à la télévision italienne que «le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un “cadavre politique”.» Une prise de position qui n'est guère de nature à faciliter la tâche de Nicolas Sarkozy, qui se rend lundi à Moscou et Tbilissi avec la volonté d'appliquer l'accord de cessez-le-feu du 12 août. «Il est temps que nos partenaires américains revoient leurs relations avec le régime (géorgien) actuel», a poursuivi Dmitri Medvedev. Le successeur de Vladimir Poutine a récemment déclaré qu'il ne craint pas la guerre froide, et répété mardi ne pas avoir peur d'être exclu du G8.

Recul des droits de l'homme


Le candidat républicain à la Maison-Blanche, John McCain, avait dès avant la guerre de Géorgie plaidé pour l'exclusion du G8 de la Russie, disqualifiée à ses yeux par ses manquements à la démocratie. Son adversaire, Barack Obama, n'avait pas souscrit à cette approche frontale. La semaine dernière, McCain, estimant que les événements lui ont donné raison, a poussé ses feux. Réagissant à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, il a suggéré que «les pays occidentaux devraient penser à l'indépendance du Caucase du Nord et de la Tchétchénie». À la fin de sa tournée européenne, ce week-end en Italie, Dick Cheney pourrait prononcer un discours «encore plus dur que son fameux discours de Vilnius», s'attend le quotidien russe Kommersant. En mai 2006, l'influent vice-président avait impulsé un tournant dans la relation bilatérale en critiquant le recul des droits de l'homme en Russie et l'emploi de l'arme énergétique. Vladimir Poutine avait accouché neuf mois plus tard d'un discours riposte, à Munich, où il avait fustigé l'unilatéralisme de l'empire américain.

Qu'elle semble lointaine, la solennelle «déclaration stratégique États-Unis-Russie» du 6 avril dernier : «Nous réaffirmons que l'ère dans laquelle les États-Unis et la Russie se considéraient comme des ennemis ou des menaces stratégiques est révolue». George W. Bush et Vladimir Poutine, celui-ci encore président en exercice, avaient approuvé ce texte de neuf pages, à Sotchi, à quelques encablures de l'Abkhazie, sur le rivage de cette même mer Noire où les flottes russe et américaine se toisent jeudi.
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http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080906/twl-russie-georgie-usa-cheney-bd5ae06.html

Dick Cheney accuse Moscou de recourir à la "force brutale"

Par Tabassum Zakaria Reuters - le samedi 6 septembre 2008

CERNOBBIO, Italie (Reuters) - Le vice-président américain Dick Cheney a accusé samedi la Russie, après son intervention militaire en Géorgie le mois dernier, de revenir à de vieilles méthodes d'intimidation et de recourir à la "force brutale".

Par Tabassum Zakaria Reuters -

CERNOBBIO, Italie (Reuters) - Le vice-président américain Dick Cheney a accusé samedi la Russie, après son intervention militaire en Géorgie le mois dernier, de revenir à de vieilles méthodes d'intimidation et de recourir à la "force brutale".

Il s'agit des plus vives critiques d'un responsable américain envers la Russie depuis le début de la crise dans le Caucase il y a un mois.
"Cet enchaînement d'initiatives agressives et de revirements diplomatiques n'a fait que nourrir les inquiétudes sur les objectifs que poursuit plus largement la Russie", a dit Cheney, selon le texte du discours qu'il devait prononcer lors d'une conférence économique internationale à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme, dans le nord de l'Italie.

"La brutalité contre un (pays) voisin n'est que la dernière en date d'une série d'initiatives malheureuses et inutiles du gouvernement russe", ajoute le vice-président américain.

Il a accusé la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole, d'utiliser ses ressources énergétiques "comme un instrument de rapport de force et de manipulation" en Asie centrale, dans le Caucase et ailleurs en menaçant de suspendre ses exportations de pétrole et de gaz naturel.

Moscou a tenté d'intimider ainsi l'Ukraine qui, comme la Géorgie, cherche à adhérer à l'Otan, a-t-il poursuivi.

"NOTIONS ERRONEES ET IDEES DEPASSEES"

"Par moment, il semble que la politique de la Russie est fondée sur le désir d'imposer sa volonté à des pays qu'elle dominait autrefois, et non comme elle le dit sur la nécessité de défendre ses intérêts propres", a poursuivi le dirigeant américain.

Rappelant qu'un responsable militaire russe avait menacé la Pologne de représailles en raison de la participation de Varsovie au bouclier antimissile américain, Cheney a estimé que ce n'était "pas là le comportement d'une puissance responsable".

"Cela illustre la notion erronée que tout pays peut proclamer autour de lui une 'zone d'exclusion' où il exerce son autorité par la force et la menace (...) Ce sont des idées dépassées, tout cela est fini et la guerre froide est terminée", a-t-il souligné.

"Les dirigeants russes ne peuvent jouer sur tous les tableaux. Ils ne peuvent pas penser recueillir les bénéfices du commerce, de la concertation, du prestige international, et en même temps avoir recours à la force brutale, aux menaces et à d'autres formes d'intimidation contre des pays souverains."

Au Proche-Orient, a ajouté le vice-président américain, les ventes d'armes russes à la Syrie et à l'Iran mettent en danger les chances de paix. "Certaines des armes russes vendues à Damas ont été ensuite remises aux terroristes en Irak et au Liban", a-t-il affirmé.

Au Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a un jour déclaré que l'effondrement de l'Union soviétique avait été une catastrophe, Cheney répond: "A mon avis, la chute de l'Union soviétique était inévitable et elle a marqué le progrès le plus important de ces soixante dernières années pour la liberté de l'homme".

Version française Guy Kerivel

publié sur romandie blog le 6/09/2008 15:15

Crise géorgienne: l'UE se concerte à Avignon avant les négociations avec Moscou

Par Catherine TRIOMPHE AFP -

BRUXELLES (AFP) - Les chefs de la diplomatie européenne tenteront vendredi et samedi à Avignon (France) de consolider leur unité face à Moscou avant une réunion cruciale lundi entre le président français Nicolas Sarkozy et son homologue russe Dmitri Medvedev.

Quatre jours après un sommet européen extraordinaire sur la Géorgie, les ministres devraient insister à leur tour sur le retour des troupes russes à leurs positions antérieures au 7 août, conformément au plan de paix en six points négocié par le président français, président en exercice de l'UE.

Soucieux de maintenir le dialogue avec Moscou, les dirigeants européens ont écarté lundi toute sanction immédiate, gelant simplement les négociations sur un partenariat renforcé UE-Russie tant que cette exigence ne serait pas remplie.

Mais la Russie, peu affectée par cette mesure, assure que le maintien de certaines de ses troupes en Géorgie est conforme au point 5 du plan de paix. Sa position illustre l'ambiguïté d'un texte négocié à la hâte avec les présidents russe et géorgien le 12 août pour obtenir un cessez-le-feu et éviter l'escalade.

Elle augure aussi de pourparlers extrêmement difficiles lundi entre MM. Medvedev et Sarkozy, les deux parties en attendant une clarification qui validera leur interprétation du texte.

Pour préparer le terrain, les ministres devraient discuter des contours d'une mission européenne appelée à se déployer dans les prochaines semaines en Géorgie pour observer le respect du cessez-le-feu. Si le principe d'une "présence européenne" dans la région a été validé au sommet, son efficacité dépendra beaucoup de la coopération des Russes, reconnaissent des diplomates européens.

Le diplomate en chef de l'UE Javier Solana, qui voyagera avec Sarkozy, voudrait en effet que cette mission civile de "quelques centaines" d'hommes se déploie "en plusieurs phases", d'abord sur le territoire géorgien non contesté, pour arriver jusqu'aux zones de sécurité qui jouxtent les régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Des zones actuellement patrouillées par les Russes. Un des enjeux des pourparlers de lundi - lors desquels Sarkozy devrait annoncer la tenue d'une conférence internationale sur la stabilité au Caucase - consistera donc à voir dans quelle mesure la mission civile européenne pourrait y accéder.

Les ministres devraient aussi à Avignon "passer en revue tous les aspects" des relations qu'ils ont nouées avec la Russie depuis l'effondrement de l'URSS (politique, énergie, commerce, justice, sciences, culture...), selon un diplomate. L'idée est de voir, au cas où la Russie resterait sur ses positions d'ici le sommet UE-Russie du 14 novembre, dans quel(s) domaine(s) des sanctions pourraient être envisagées.

Les ministres chercheront surtout à ne pas nuire à l'unité affichée au sommet face à une Russie qui oppose souvent depuis 2004 la "Vieille Europe", conciliante envers le Kremlin, à la "Nouvelle Europe" qui se souvient du joug soviétique. Les déclarations sur la Russie seront "risquées" car "les Russes peuvent les utiliser pour opposer les uns aux autres", a reconnu un diplomate.

Pour renforcer l'unité, le ministre français Bernard Kouchner, qui présidera les débats, a invité ses 26 homologues à se rendre à Avignon ensemble en TGV depuis Paris. Seul l'Italien Franco Frattini a décidé de s'y rendre par ses propres moyens, selon une source diplomatique.

Tenus à la prudence sur la Russie avant lundi, les ministres aborderont également d'autres dossiers: leurs premières discussions vendredi après-midi devraient porter sur les relations de l'UE avec les Etats-Unis et de ce que seront leurs priorités lorsqu'une nouvelle équipe arrivera à la Maison Blanche en janvier.

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080905/twl-ue-russie-georgie-conflit-c99dde2.html

Publié sur romandieblog le 5/09/2008 13:33

vendredi 18 novembre 2011

Rice, Sarkozy affichent leur identité de vues sur le conflit russo-géorgien

AFP -

BORMES-LES-MIMOSAS (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice ont réclamé jeudi la fin du conflit en Géorgie et réaffirmé leur soutien à la souveraineté territoriale de l'ex-république soviétique face à la Russie.
"Il est temps que le conflit s'achève", a déclaré Mme Rice à l'issue d'un entretien avec M. Sarkozy au Fort de Brégançon, résidence officielle du sud de la France.

"Il faut arrêter le choc de la guerre, ça demande un peu de temps mais ça progresse", a dit de son coté M. Sarkozy à la presse.

"Mme Rice sera demain en Géorgie porteuse d'un certain nombre de documents qui permettront de consolider le cessez-le-feu", a déclaré M. Sarkozy, à l'origine d'un plan de sortie de crise accepté par la Géorgie et la Russie.

"Si demain, le président (Mikheïl) Saakachvili signe le document que nous avons négocié avec (le président russe Dmitri) Medvedev alors pourra s'amorcer le retrait des troupes russes. C'est ce qui est en cause", a-t-il ajouté.

Le président français a encore estimé que "la situation s'améliore progressivement" en Géorgie, où le cessez-le-feu restait fragile.

"Sur le terrain, ça va mieux", a-t-il dit. "Il faut qu'on consolide la paix".

M. Sarkozy a assuré qu'il y avait "une très grande identité de vue" entre la France et les Etats-Unis, "une volonté d'obtenir la paix, le retrait des forces militaires russes de Géorgie et le respect de la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité de la Géorgie".

"C'est un travail difficile, qui est long, qui est compliqué, mais ça progresse", a-t-il ajouté.

"La Géorgie, dont nous respectons l'intégrité territoriale, l'indépendance et la souveraineté, doit pouvoir revenir à une vie normale", a également déclaré la secrétaire d'Etat américaine.

Mme Rice a souligné que M. Medvedev avait promis de cesser les opérations militaires russes en Géorgie.

"Nous espérons qu'il tiendra parole et que ces opérations cesseront", a-t-elle souligné. "Nous allons travailler dur pour voir si nous pouvons arriver à mettre un terme à cette crise".

Le président français a précisé qu'il allait prendre contact par téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre polonais Donald Tusk et le président polonais Lech Kaczynski "pour bien les informer".

Varsovie a critiqué le plan de paix présenté par M. Sarkozy et accepté par Tbilissi et Moscou, en estimant que Paris, qui assure la présidence de l'Union européenne, avait fait preuve d'un manque de fermeté face à la Russie.

A l'issue de leur entretien, M. Sarkozy et Mme Rice ont salué la cinquantaine de vacanciers présents devant l'entrée du Fort de Brégançon.

Mme Rice doit rencontrer vendredi le président Mikheïl Saakachvili, une visite destinée à manifester la "solidarité" de Washington envers cette ex-république soviétique du Caucase qui réclame plus de soutien de ses alliés face à Moscou.

Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice le 14 août 2008 au Fort de Brégançon
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Condoleezza Rice réaffirme le soutien des Etats-Unis à l'intégrité territoriale de la Géorgie

BORMES-LES-MIMOSAS, Var - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a réaffirmé jeudi le ferme soutien des Etats-Unis à l'intégrité territoriale de la Géorgie, après un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy au Fort de Brégançon (Var).

Il est temps que cette crise se termine", a-t-elle lancé, appelant la Russie à respecter le cessez-le-feu. "Le président russe (Dimitri Medvedev) a dit que l'opération militaire était terminée. Nous espérons qu'il tiendra parole", a-t-elle ajouté. "Le cessez-le-feu provisoire doit réellement s'appliquer" et "les opérations militaires doivent cesser", a insisté Mme Rice.

La patronne de la diplomatie américaine, qui doit se rendre ensuite en Géorgie, sera "porteuse d'un certain nombre de documents" qui permettront de consolider le cessez-le-feu, a déclaré pour sa part Nicolas Sarkozy lors d'une intervention commune devant la presse.

"Mme Rice sera demain en Géorgie. Elle sera porteuse d'un certain nombre de documents qui permettront de consolider le cessez-le-feu", a-t-il expliqué, assurant que "sur le terrain, ça va mieux".

"Si demain (le président géorgien Mikhaïl) Saakachvili signe le document que nous avions négocié avec (le président russe Dimitri) Medvedev, alors pourra s'amorcer le retrait des troupes russes", a-t-il ajouté.

Selon un communiqué de l'Elysée, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice ont "tous deux estimé que le protocole d'accord en 6 points approuvé par le président russe Dimitri Medvedev et le président géorgien Mikhaïl Saakachvili le 12 août devait être signé sans délai par les parties".

Interrogée sur les propos du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, selon lequel "on peut oublier toute discussion sur l'intégrité territoriale de la Géorgie", Mme Rice a réaffirmé que "les Etats-Unis d'Amérique défendaient fermement (...) l'intégrité territoriale de la Géorgie".

"Ses frontières doivent être respectées" et "il ne devrait y avoir aucun débat sur l'intégrité territoriale de la Géorgie", a-t-elle dit.

Nicolas Sarkozy a fait état d'une "très grande identité de vues" avec les Etats-Unis, avec une même "volonté d'obtenir la paix, le retrait des forces militaires russes de Géorgie et le respect de la souveraineté de l'indépendance, et de l'intégrité de la Géorgie".

"C'est un travail difficile, qui est long, qui est compliqué mais ça progresse", a ajouté le président en exercice de l'UE.

Selon l'Elysée, le président français s'est ensuite entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel, qui "l'a assuré que l'Allemagne soutenait pleinement ces démarches".

En route pour la Géorgie, la patronne de la diplomatie américaine s'était arrêtée jeudi en France pour rencontrer Nicolas Sarkozy qui avait négocié mardi un accord de cessation des hostilités entre Moscou et Tbilissi. La France exerce actuellement la présidence tournante de l'Union européenne.

Mme Rice s'est entretenu avec M. Sarkozy au Fort de Brégançon dans le Var, où le président français passe une partie de ses vacances. Egalement présent le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner devait ensuite rentrer à Paris dans le même avion que Mme Rice, précisait le ministère français des Affaires étrangères. AP

Publié le 14/08/2008 21:58 sur le blog romandie blog

mardi 25 octobre 2011

Russie: pas de réhabilitation pour Nicolas II et sa famille

MOSCOU - La Cour suprême de Russie a refusé jeudi de reconnaître le dernier tsar russe Nicolas II et les autres membres de la famille Romanov exécutés par les bolcheviks à Ekaterinbourg en 1918 comme des victimes de la répression politique.


La cour a confirmé les jugements antérieurs de juridictions inférieures selon lesquels le tsar, son épouse et leur cinq enfants avaient été victimes de meurtres prémédités et non de représailles politiques, a précisé German Loukianov, avocat des descendants de la famille impériale.

Me Loukianov dénonce une décision "illégale", qui "affirme que les bolcheviks n'ont pas violé les droits et les libertés du tsar et de sa famille en les enfermant et en les exécutant". Selon lui, le jugement de la Cour suprême montre que les autorités russes "ne veulent pas condamner le bolchevisme".

Considérer les Romanov comme des victimes de la répression politique bolchevique permettrait qu'ils soient officiellement "réhabilités" comme de nombreuses victimes des représailles politiques à l'époque soviétique.

Nicolas II a abdiqué en 1917 et a été arrêté avec sa famille en pleine période de ferveur révolutionnaire en Russie. L'année suivante, le tsar, son épouse Alexandra, leur quatre filles et leur fils ont été envoyés à Ekaterinbourg, dans l'Oural, où ils ont été abattus par un peloton d'exécution le 17 juillet 1918 dans une cave de la maison où ils étaient détenus

Selon l'agence de presse ITAR-Tass, la chambre criminelle de la Cour suprême a rendu son verdict en réponse à un appel interjeté par la grande duchesse Maria Vladimirovna Romanova. La haute juridiction confirme par cette décision les conclusions du parquet général de Russie, selon lesquelles l'empereur et les membres de sa famille ne peuvent être considérés comme victimes de représailles politiques.

De fait, la justice considère que la famille impériale n'a pas été victime de représailles mais d'un crime de droit commun, ce qui l'exclut de tout processus de réhabilitation.

Le ministère public a toujours refusé de répondre favorablement à la demande des descendants de la famille impériale qui veulent que le tsar et sa famille soient reconnus comme des victimes de meurtres politiques. Selon le parquet général, une enquête a établi qu'aucun tribunal ou "instance extrajudiciaire" n'avait émis d'ordre d'exécution ou de répression visant la famille impériale.

Les restes des Romanov ont été exhumés en 1991 alors que l'Union soviétique s'effondrait. Après avoir été authentifiés par des tests génétiques, ils ont été inhumés en 1998 dans la cathédrale Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. Le tsar et sa famille ont été canonisés par l'Eglise orthodoxe en 2000. AP

tl/tas/lma/v363/sb

Yahoo news le 08.11.07

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Par Par Karim TALBI AFP - (AFP) - Le président géorgien pro-occidental Mikheïl Saakachvili, confronté à une vague de protestations, a annoncé jeudi une élection présidentielle anticipée le 5 janvier 2008 après avoir décrété la veille l'état d'urgence dans le pays. "J'ai décidé que l'élection présidentielle aurait lieu le 5 janvier", a déclaré M. Saakachvili, porté au pouvoir par une révolution pacifique et démocratique fin 2003, avançant ainsi de plusieurs mois un scrutin prévu pour l'automne 2008. M. Saakachvili a annoncé également la tenue d'un référendum sur la date des législatives, qui pourraient être organisées au printemps ou à l'automne 2008. "Vous vouliez des élections anticipées, ayons-les encore plus tôt. En tant que président, je suis le garant de la démocratie en "Géorgie ", a-t-il assuré dans une allocution télévisée. "La situation se stabilise plus vite que prévu" dans le pays, a également noté M. Saakachvili, suggérant ainsi une levée rapide de l'état d'urgence décrété pour 15 jours après de violents heurts entre forces de l'ordre et manifestants d'opposition mercredi. Plusieurs dirigeants d'opposition se sont aussitôt félicités des prochaines élections, après une semaine de manifestations réclamant la démission du président. "Le peuple géorgien n'a jamais perdu une bataille, nous avons gagné", a déclaré Tina Khidacheli. "Saakachvili n'a aucune chance d'être réélu. Il est fichu, fini, cela ne fait pas de doute", a-t-elle ajouté. "Cela démontre que quand le gouvernement commence à combattre son propre peuple, il finit toujours par perdre. C'est une victoire du peuple géorgien", Guiorgui Khaïndrava, ex-ministre de M. Saakachvili passé dans l'opposition. En attendant, la Géorgie, un des précurseurs de la poussée démocratique dans l'ex-URSS avec sa "Révolution de la Rose" et l'avènement de M. Saakachvili, a vécu sa première journée d'état d'urgence avec journaux sous censure et interdiction de se rassembler. Dans le centre de Tbilissi, le déploiement de policiers anti-émeutes a toutefois été progressivement réduit aux abords du Parlement, épicentre la veille des échauffourées, a constaté un journaliste de l'AFP. Les chaînes les plus regardées, notamment Roustavi-2 (pourtant pro-gouvernementale), ont interdiction de diffuser des bulletins d'informations. Quant à Imedi, principale chaîne privée d'opposition, elle est muette depuis que des "spetsnaz" (forces spéciales) ont fait irruption dans ses locaux et fermé l'antenne. Les radios sont quant à elles réduites à passer de la musique. La proclamation de l'état d'urgence et la fermeture de médias a été vivement critiquée en Occident alors que Tbilissi, en rupture de ban avec Moscou, aspire à adhérer à l'Otan et à l'UE. Cette situation "ne correspond pas aux valeurs euro-atlantiques", a déclaré le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer. L'OSCE s'est déclarée "inquiète" de la suspension de Imedi TV et d'une autre chaîne de télévision, Kavkasia. Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Mme Louise Arbour, a critiqué "l'usage disproportionné de la force", la police anti-émeutes ayant utilisé canons à eau et flash-balls contre les manifestants. A Paris, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Pascale Andréani, a qualifié d'"inacceptables" les "violences contre l'opposition" ainsi que "les atteintes à la liberté de la presse et aux libertés individuelles". La crise politique s'est doublée d'une crise diplomatique, la Russie ayant annoncé l'expulsion de trois diplomates géorgiens en représailles à une mesure similaire de Tbilissi, qui accuse les "services spéciaux russes" d'être "impliqués" dans les débordements. La justice géorgienne a annoncé également jeudi qu'elle recherchait deux dirigeants de l'opposition, Tsotne Gamsakhourdia et Chalva Natelachvili, accusés d'espionnage et de tentative de coup d'Etat avec l'aide de responsables officiels russes. Yahoo news le 8.11.07


Vladimir Poutine met en garde George Bush contre le risque d'ingérence "de pays tiers" en Géorgie

Article publié le 02 Octobre 2006. Source : LE MONDE.FR avec AFP

La dégradation des relations entre Moscou et Tiblissi inquiète George W. Bush qui a appelé, lundi 2 octobre, son homologue russe. Lors de cet entretien téléphonique où les deux présidents ont discuté de la Géorgie mais aussi de l'Iran, Vladimir Poutine a jugé "inadmissible et dangereuse pour la paix et la stabilité dans la région toute action de pays tiers qui pourrait être interprétée par la direction géorgienne comme un encouragement à sa politique destructrice", a annoncé le Kremlin dans un communiqué.Une mise en garde qui intervient dans un contexte de plus en plus tendu entre Moscou et Tiblissi, malgré quelques signes d"apaisements de la part de la Géorgie.
 
blog romandie.com le 8/11/2007 22:17

mercredi 19 octobre 2011

L'organisation de coopération de Shanghaï

B. Raman, in Outlook*, Courrier International n°816, 22 juin 2006.




L’Organisation de coopération de Shanghai, organisée autour de l’Asie centrale, sert avant tout les intérêts russes et chinois. L’Inde, pays observateur, se doit de rester en retrait.

L’Inde aura été le seul pays, parmi les membres et observateurs de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à ne pas être représenté par son chef de l’Etat ou du gouvernement au sommet qui se tenait à Shanghai le 15 juin. La réunion marquait le cinquième anniversaire de cette organisation qui regroupe la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. L’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Mongolie ont le statut d’observateur. L’Afghanistan, qui n’est ni membre ni observateur, était un invité spécial. La décision de notre Premier ministre, Manmohan Singh, de ne pas faire le déplacement et de déléguer Shri Murli Deora, le ministre du Pétrole et du Gaz naturel, traduit le dilemme dans lequel se trouve l’Inde, à savoir quelle importance donner à cette organisation et à ses objectifs. Que ce soit le ministre du Pétrole et du Gaz naturel qui le remplace souligne les sentiments positifs de New Delhi à l’égard de l’OCS, considérée comme un instrument de coopération transnationale par le renforcement des économies de la région, de promotion du commerce et d’instauration de la sécurité énergétique. Parallèlement, l’absence du Premier ministre au sommet reflète – sans les exprimer ouvertement – les réticences de l’Inde quant à l’orientation politique prise par l’OCS depuis sa création. A son lancement, en juin 2001 – et même avant, alors qu’il s’agissait d’une réunion non structurée des “cinq de Shanghai” [les mêmes moins l’Ouzbékistan] –, l’OCS avait pour principale mission d’assurer la paix transfrontalière et la sécurité, et de lutter contre le terrorisme. En matière de lutte contre le terrorisme, l’Inde possède une longue expérience de coopération avec de nombreux pays, aux orientations idéologiques et aux régimes politiques très divers, mais la coopération transnationale pour combattre le séparatisme et l’extrémisme lui est complètement étrangère. Comment l’Inde peut-elle se sentir parfaitement à l’aise dans une organisation dont certains Etats membres ou observateurs considèrent comme extrémistes les mouvements qui œuvrent pour une véritable démocratie et dont d’autres emploient le terrorisme d’Etat comme arme stratégique ? Comment l’Inde peut-elle concilier son appartenance à l’OCS avec le fait qu’elle y est la seule véritable démocratie et qu’elle est par ailleurs membre d’organisations qui ont précisément pour vocation de promouvoir la démocratie dans le monde ? Le deuxième dilemme tient à l’orientation politique prise par l’OCS depuis sa formation. Initialement axée sur la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, elle a maintenant pour objectif de favoriser l’instauration d’un système multipolaire. Un euphémisme pour dire qu’il s’agit de contrer l’influence américaine dans la région Asie-Pacifique. Même si la Russie et la Chine nient toute intention dans ce sens et toute arrière-pensée, les Etats-Unis et les pays occidentaux considèrent l’OCS comme une organisation politique visant à permettre à la Chine et à la Russie d’atteindre leurs objectifs stratégiques au détriment de ceux des Etats-Unis et des autres pays occidentaux.

Le contrôle des ressources énergétiques de la région

Les autorités chinoises ont beau répéter que l’OCS n’est dirigée contre personne, d’aucuns soupçonnent que l’objectif secret de Pékin et de Moscou est de protéger leurs intérêts en Asie centrale, notamment en y combattant le terrorisme djihadiste et en gardant un certain contrôle sur les ressources énergétiques de la région. “L’évolution [vers une extension du mandat de l’OCS] reflète l’importance croissante de l’Asie centrale comme source de pétrole et de gaz, surtout pour la Chine”, commente David Zweig, professeur de sciences politiques à l’université des sciences et technologies de Hong Kong. “Cela montre, dans une certaine mesure, l’influence grandissante de la Chine dans cette partie du monde – qui revêt pour elle, désormais, une très grande importance pour des raisons liées à l’énergie et à la sécurité.” On peut à juste titre soupçonner l’OCS de n’être rien d’autre qu’une nouvelle version de l’idée chère à l’ancien premier secrétaire du Parti communiste d’Union soviétique Leonid Brejnev : une organisation de coopération asiatique sur la sécurité, qui n’avait à l’époque suscité aucun enthousiasme, même de la part de l’Inde – malgré les craintes qu’inspiraient à celle-ci la politique américaine dans la région et les relations étroites [qu’elle entretenait] avec l’ex-URSS. La grande différence est que la proposition de Brejnev était dirigée contre les Etats-Unis et la Chine, alors que la Chine et la Russie sont aujourd’hui les locomotives de l’OCS. Le troisième dilemme dans lequel est enfermée l’Inde tient au fait que cette réunion de l’OCS mettait en présence les deux grands responsables de la prolifération nucléaire dans le monde – la Chine et le Pakistan – et l’un des bénéficiaires de cette prolifération, à savoir l’Iran. De plus, le sommet avait lieu à un moment où les projecteurs étaient braqués sur l’Iran à cause de son programme nucléaire clandestin et des déclarations virulentes à l’encontre d’Israël et des Juifs prononcées par son président, Mahmoud Ahmadinejad, qui participait également au sommet. Bien que soucieux de ménager les sensibilités chinoises, Ahmadinejad risquait de se servir du sommet comme d’un forum pour attaquer les Etats-Unis et Israël. L’Inde aurait été bien embarrassée alors que ses relations avec Washington ne cessent de s’améliorer. Avec la bénédiction de la Chine, lourdement tributaire des ressources énergétiques iraniennes, l’Iran aurait pu profiter de l’événement pour se laver de ses supposés péchés d’omission à propos du nucléaire. [L’offre de reprise de négociations sur le nucléaire faite à l’Iran par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU a été appuyée par la Chine lors du sommet de Shanghai. Cette offre comportait comme préalable la suspension de l’enrichissement d’uranium par l’Iran. Le président iranien a qualifié à Shanghai cette offre de “pas en avant”, mais l’Iran a cependant rejeté toute “condition préalable” au dialogue.] L’Inde devait-elle participer à cet exercice ? Compte tenu de tous ces éléments, on ne peut reprocher à notre Premier ministre sa défection. Cela ne diminue en rien l’importance que nous attachons à l’OCS, ni l’intérêt que nous portons à une appartenance comme membre à part entière. Cela signifie seulement qu’il nous faut faire preuve de prudence. Nous devons soutenir pleinement les projets économiques et commerciaux de l’OCS, mais rester vigilants sur les questions touchant à la sécurité.

*Outlook : Créé en octobre 1995, le titre est très vite devenu l’un des hebdos de langue anglaise les plus lus en Inde. Sa diffusion suit de près celle d’India Today, l’autre grand hebdo indien, dont il se démarque par ses positions nettement libérales. L’édition en hindi a été lancée en octobre 2002. Outlook se distingue de ses concurrents par sa couverture approfondie de l’actualité régionale du sous-continent ainsi que par ses critiques contre la droite religieuse hindoue.


Pour approfondir la réflexion :

La nécessaire émergence des régions du monde, le modèle européen et les relations entre l’Europe et la Communauté régionale arabe : Article pour la revue Bada’el, Par Pierre Calame
http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-179.html

dossier : La difficile exportation de la démocratie en Asie centrale, inadaptation du projet ou extranéité du concept ? : Travaux de recherche menés par Antoine Buisson, candidat au doctorat au sein de l’EHESS.
http://www.institut-gouvernance.org/fr/dossiers/motcle-dossiers-24.html

Voir en ligne : Courrier International--> http://www.courrierinternational.com/