samedi 3 décembre 2011

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud confient à Moscou leur défense

Jeudi 30 avril 2009 15H46 : http://fr.news.yahoo.com/4/20090430/twl-russie-georgie-bd5ae06_2.html

L'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux provinces géorgiennes sécessionnistes reconnues comme indépendantes par Moscou, ont confié à la Russie la défense de leurs frontières avec la Géorgie.

A Bruxelles, l'Otan a estimé que ces transferts de responsabilité étaient en contradiction avec les accords de paix conclus sous médiation européenne après le bref conflit armé entre la Russie et la Géorgie l'été dernier.

"Jusqu'à ce qu'elle forme ses propres gardes-frontières, la partie abkhaze délègue à la Fédération russe l'autorité pour garder les frontières de son Etat afin d'assurer sa sécurité", indique le texte de l'accord signé au Kremlin entre le président russe Dmitri Medvedev et les dirigeants de l'Abkhazie, non reconnues par le reste de la communauté internationale, à l'exception du Nicaragua.

L'accord, dont une version similaire a été paraphée avec l'Ossétie du Sud, précise que ce transfert de responsabilité entre en vigueur pour une durée minimale de cinq ans et que ni l'Abkhazie ni l'Ossétie du Sud n'auront de compétence juridique sur les postes-frontières russes.

Cette initiative est prise une semaine avant le début de manoeuvres militaires conduites par l'Otan en Géorgie, dont Moscou critique vivement la tenue, faisant valoir qu'elles ne constituent pas le message souhaitable pour Tbilissi et risquent de déstabiliser la région.

"Les exercices prévus de l'Otan sont une provocation, en dépit de tout ce que peuvent nous dire nos partenaires occidentaux pour tenter de nous convaincre du contraire", a dit Medvedev après avoir paraphé ces accords. "Ceux qui prennent ces décisions devront assumer l'entière responsabilité de toute conséquence négative", a-t-il ajouté.

Moscou a reconnu l'an dernier les deux régions comme des Etats indépendants, envers et contre les pays occidentaux, après un bref conflit armé avec la Géorgie qui avait tenté d'en reprendre le contrôle.

Les désaccords entre Occidentaux et Russes au sujet de la Géorgie risquent de faire obstacle aux efforts de rapprochement du président russe et de son homologue américain Barack Obama.

Après sa première rencontre avec Medvedev le 1er avril, Obama avait noté que le point de vue négatif de Washington sur la guerre de l'été dernier et ses conséquences restait inchangé.

Pour l'Otan, ce nouveau développement dans les relations entre Moscou et les deux provinces séparatistes de Géorgie "ne servent pas les intérêts de la paix et de la sécurité à long terme dans la région du Sud-Caucase", a réagi un porte-parole de l'Alliance.

Il risque de tendre davantage encore les relations avec Moscou, de même que l'expulsion pour espionnage de deux diplomates russes accrédités auprès de l'Otan.

Quelque 1.300 soldats de 19 pays doivent participer du 6 mai au 1er juin aux manoeuvres de l'Otan en Géorgie. Moscou redoute que ces exercices n'incitent le président géorgien Mikheïl Saakachvili à se réarmer.

version française Pascal Liétout et Henri-Pierre André

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