samedi 3 décembre 2011

Appels au calme en Géorgie après les affrontements de Tbilissi

Jeudi 7 mai 2009 15H10 http://fr.news.yahoo.com/4/20090507/twl-georgie-bd5ae06.html

L'Union européenne et l'influent patriarche de l'Eglise orthodoxe de Géorgie ont lancé des appels au calme dans le conflit entre l'opposition et le président Mikheil Saakachvili.

Ce dernier, au pouvoir depuis janvier 2004, après la "révolution des roses", est menacé sur deux fronts : intérieur avec un vaste mouvement en faveur de sa démission à la suite notamment de la désastreuse guerre contre la Russie l'an dernier, et extérieur, Moscou ne lui pardonnant pas ses avances envers l'Otan.

Mercredi soir, des heurts ont opposé plusieurs dizaines de partisans de l'opposition, qui organisent depuis début avril des manifestations anti-Saakachvili, à la police aux abords du commissariat central de la capitale, Tbilissi.

Ces affrontements ont fait 28 blessés - 22 manifestants et six policiers.

Les manifestants demandaient la libération de trois opposants détenus dans le commissariat, accusés d'avoir frappé un journaliste.

A la demande du chef de l'Eglise orthodoxe géorgienne, le patriarche Ilia II, les trois hommes ont été libérés. Ils ont affirmé avoir été battus par les policiers pendant leur détention.

Mardi, un bataillon blindé stationné près de Tbilissi s'était brièvement mutiné, au premier jour de manoeuvres de l'Otan dans le pays prévues pour durer un mois et que le Kremlin considère comme une provocation.

Tbilissi a accusé la Russie d'avoir voulu ourdir un complot plus large visant le président Saakachvili, neuf mois après le conflit de cinq jours qui a opposé les troupes de Moscou et celles de Tbilissi.

SITUATION "EXPLOSIVE"

Le patriarche Ilia a jugé dans la nuit de mercredi à jeudi que la situation risquait de devenir "explosive" et a exhorté l'opposition à contenir ses protestations dans les limites autorisées par la loi.

L'ambassadeur tchèque Ivan Jestrab, dont le pays assume jusqu'à la fin juin la présidence de l'Union européenne, a souhaité que le gouvernement géorgien et l'opposition ouvrent "des discussions en vue de parvenir à une solution politique pour sortir de la situation actuelle".

Il a attribué à l'opposition la responsabilité des violences de mercredi soir.

"L'attaque d'hier contre le commissariat était un acte criminel tout à fait intolérable dans une société démocratique", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de diplomates étrangers au ministère géorgien des Affaires étrangères.

La guerre d'août dernier entre Moscou et Tbilissi a conduit à la proclamation d'indépendance de deux régions géorgiennes sécessionnistes, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, appuyées par la Russie.

Une rencontre prévue ce jeudi entre responsables géorgiens, russes et sud-ossètes sur la ligne de démarcation, qui aurait été la seconde du genre sous les auspices de l'UE, a été annulée en raison d'un désaccord sur le lieu de rendez-vous.

La Russie a mis en cause l'attitude de la Géorgie alors que Tbilissi accusait l'Ossétie du Sud d'avoir boycotté cette rencontre.

Les observateurs européens chargés de surveiller le respect du cessez-le-feu ont cependant dit espérer que cette réunion puisse se tenir "dans un proche avenir".

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Mercredi 6 mai à 15H22 http://fr.news.yahoo.com/4/20090506/twl-georgie-otan-bd5ae06.html

Manoeuvres de l'Otan en Géorgie sous l'oeil de Moscou

L'Otan a entamé des manoeuvres militaires en Géorgie dans un climat de tension ravivée avec la Russie, qui a livré un bref conflit armé contre son voisin l'an dernier et parle aujourd'hui de "provocation".

De son côté, le président géorgien Mikheil Saakashvili a accusé Moscou d'être à l'origine d'une mutinerie matée mardi à la base de blindés de Moukhrovani, à l'est de Tbilissi. La Russie a nié toute implication dans cette affaire.

La mutinerie a pris fin sans effusion de sang mais a jeté une ombre sur les exercices de l'Alliance atlantique, dans le cadre desquels plus de mille soldats d'une douzaine de pays - dont les Etats-Unis - simuleront des ripostes à des situations de crise et formeront des unités au maintien de la paix.

Des soldats français et canadiens ont mis en place un centre de commandement à la base aérienne de Vaziani, anciennement utilisée par l'armée russe. Les prochains jours seront consacrés à la préparation d'exercices prévus à partir de la semaine prochaine, indiquent des responsables.

La Russie a critiqué ces manoeuvres appelées à durer un mois à sa frontière sud en les qualifiant de démonstration de force.

Le président Dmitri Medvedev y voit "une provocation" et le représentant de Moscou au siège bruxellois de l'Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré mardi que l'alliance aurait aussi bien fait d'organiser ces exercices dans un asile de fous que dans un pays dont les soldats "se révoltent contre leur propre président".

Les adversaires politiques intérieurs de Saakachvili, qui ont paralysé le centre de Tbilissi durant des semaines en exigeant sa démission, mettent en cause les explications fournies par le gouvernement géorgien au sujet de la mutinerie.

"Il y a beaucoup de versions de ce qui s'est passé, mais celle qu'ont avancée les autorités est la moins crédible", a affirmé Tina Khidacheli, du Parti républicain (opposition).

DIPLOMATES EXPULSÉS

Les manoeuvres, projetées depuis un an, relancent les tensions entre la Russie et l'Otan au moment où les deux parties avaient repris des contacts officiels suspendus après la guerre entre Moscou et la Géorgie.

La Russie a écrasé en août une tentative de l'armée géorgienne pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, province séparatiste de Géorgie. Les pays occidentaux avaient condamné l'initiative russe.

Le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a estimé que nul ne devait "détourner ces manoeuvres".

Carmen Romero, porte-parole de l'Alliance, a dit qu'il ne s'agissait "pas de manoeuvres de l'Otan, mais de manoeuvres de l'Otan avec ses partenaires. (...) La Géorgie ne fait qu'accueillir ces manoeuvres et nul ne doit les interpréter autrement ni s'en servir à d'autres fins".

La Russie a encore assombri l'atmosphère en annonçant l'expulsion de deux diplomates canadiens du bureau d'information de l'Otan à Moscou. La semaine dernière, l'Alliance avait expulsé deux diplomates russes pour espionnage.

Les autorités géorgiennes ont affirmé que la mutinerie à la base de Moukhrovani s'inscrivait dans un complot téléguidé par Moscou en vue de perturber les exercices de l'Otan et de susciter une rébellion plus large contre Saakachvili.

La Russie a qualifié ces accusations d'insensées et affirmé en retour que Saakachvili cherchait à se soustraire ainsi à des semaines de manifestations visant à le faire démissionner pour atteinte à la démocratie et pour la défaite militaire de 2008.

Les exercices de l'Otan se déroulent à quelques kilomètres de la base de Moukhrovani. Les soldats appliqueront des schémas opérationnels en simulation de crise. L'entraînement au maintien de la paix aura lieu dans la seconde quinzaine de mai.

"L'entraînement multinational aura lieu selon le calendrier prévu", a déclaré le colonel géorgien Nougzar Tsintsadze.

L'Otan, qui a invité des pays extérieurs à l'alliance à y participer, souligne que les exercices ne constituent d'aucune façon une menace contre la Russie. Ils sont considérées comme un signe de solidarité avec la Géorgie, dont la candidature à l'Otan est gelée de facto depuis la guerre de l'an dernier.

L'Arménie, alliée de la Russie dans le sud du Caucase, a décidé mardi de les boycotter, rejoignant ainsi le Kazakhstan, la Serbie et la Moldavie dans leur refus d'y participer.

Matt Robinson, version française Henri-Pierre André, Philippe Bas-Rabérin

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Mardi 5 mai 1H09 http://fr.news.yahoo.com/4/20090505/twl-georgie-bd5ae06_2.html

Les autorités géorgiennes ont annoncé avoir maté une mutinerie dans une base située à l'est de Tbilissi, déjouant une tentative de soulèvement militaire téléguidée, selon elles, par Moscou.

Une mutinerie matée en Géorgie, Saakachvili accuse Moscou

La Russie, qui a défait en août les forces géorgiennes lors d'une bref conflit autour de la province séparatiste d'Ossétie du Sud, a affirmé que le président Mikheïl Saakachvili tentait de détourner l'attention de ses problèmes intérieurs en lui imputant cette tentative présumée de coup de force.

Kakha Kukavan, chef de l'opposition géorgienne, qui manifeste quotidiennement depuis un mois pour réclamer la démission de Saakachvili, a déclaré lui aussi à Reuters que le chef de l'Etat géorgien cherchait à faire diversion devant les difficultés qu'il affronte.

Cette soudaine poussée de fièvre intervient à la veille de manoeuvres communes entre l'Otan et la Géorgie, prévues de longue date, mais que Moscou avait demandé à l'Alliance atlantique d'annuler, les estimant "nocives dans les circonstances actuelles".

Quelques instants avant que le ministre géorgien de l'Intérieur n'annonce à Reuters par téléphone que la mutinerie de la base de blindés de Moukhrovani avait pris fin et que son commandant avait été arrêté, des officiers limogés et ses soldats consignés, Saakachvili avait évoqué une "grave menace".

Le président géorgien, politiquement déstabilisé par l'issue du bras de fer qu'il avait engagé avec la Russie l'an dernier en tentant de lui reprendre par la force le contrôle de l'Ossétie du Sud, a carrément mis en cause la Russie.

Dans une allocution télévisée, il a affirmé que les mutins avaient "des liens avec les forces spéciales d'un pays que nous connaissons" et a "demandé instamment à (son) voisin du Nord de s'abstenir de toute provocation".

La police géorgienne a tenu les journalistes à distance de la base de Moukhrovani, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, et l'on ignore l'ampleur qu'a pu prendre la mutinerie de cette garnison qui compte plusieurs centaines d'hommes.

"ASILE DE FOUS"

Dans la matinée, le ministère géorgien de l'Intérieur avait annoncé avoir éventé des préparatifs de soulèvement militaire visant à perturber les manoeuvres de l'Otan et ourdis par des éléments à la solde de Moscou.

L'annonce de ce complot intervient le jour-même où l'opposition avait annoncé son intention de bloquer les axes routiers menant à Tbilissi, accentuant sa campagne pour obtenir le départ du président Saakachvili.

Avant son arrestation, le commandant de la base des mutins, Mamuka Gorgichvili, avait déclaré à l'agence de presse russe Interfax qu'il ne pouvait "regarder sans réagir le processus de déliquescence du pays et l'affrontement vers lequel il courait".

Des experts militaires à Tbilissi n'excluent pas que cette rébellion éphémère permette à Mikheïl Saakachvili de justifier le recours à la force pour empêcher l'opposition de bloquer les accès à la capitale et mettre fin à sa campagne pour le renverser .

Le représentant russe au siège bruxellois de l'Otan, Dmitri Rogozine, a déclaré que le soulèvement de la base de Moukhrovani était "juste une illustration de la crise politique et économique globale qui résulte de la présidence de Saakachvili".

Rogozine a estimé que ça n'aurait pas été pire pour l'Otan d'organiser ses manoeuvres dans un asile de fous plutôt que dans ce pays "dont les militaires ne peuvent accueillir correctement leurs collègues parce qu'ils se révoltent contre leur propre président".

L'Otan, dont un millier de soldats d'une douzaine de pays membres participeront durant un mois à une simulation de "réponse de crise" dans une ancienne base aérienne russe à l'est de Tbilissi, s'est refusée à tout commentaire sur les événements de mardi.

L'Alliance considère ces manoeuvres, prévues avant le conflit d'août dernier, comme une consolation pour un pays qui frappe à la porte de l'Otan mais dont l'adhésion ne fait pas l'unanimité et pourrait faire les frais du réchauffement des relations entre Washington et Moscou sous la présidence de Barack Obama.

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