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mardi 6 décembre 2011

Les négociations avec l'Iran échappent à une fin prématurée


Les négociations entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de Téhéran se heurtent à l'intransigeance des deux parties mais reprennent ce samedi après avoir échappé à une fin prématurée.

Catherine Ashton, haute représentante de la diplomatie européenne, a convaincu la délégation iranienne de ne pas quitter Istanbul, a dit un diplomate occidental.

Le groupe des Six - Allemagne, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine, Etats-Unis - ne s'attendent pas pour autant à des avancées majeures, l'Iran se refusant à envisager de suspendre l'enrichissement d'uranium. Les puissances occidentales soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce dont Téhéran se défend, affirmant vouloir utiliser l'énergie atomique pour produire de l'électricité.

Les deux jours de discussions d'Istanbul constituent le prolongement d'entretiens qui se sont déroulés le mois dernier à Genève, les premiers à se tenir en plus d'un an. "Nous étions préparés à la possibilité d'un potentiel effondrement" des pourparlers, a dit un diplomate occidental, saluant la ligne dure adoptée par Ashton et l'unité des Six. "Elle semble avoir réussi à réduire le fossé et les Iraniens semblent négocier positivement avec elle", a dit un autre diplomate.

Le Conseil national de sécurité iranien a publié un communiqué repris par la télévision iranienne dans lequel il fait état d'une "atmosphère positive" lors de la première journée de discussions, vendredi.

ÉCHANGE

L'un des collaborateurs à Istanbul du négociateur iranien Saeed Jalili a fixé lors de la réunion les limites que Téhéran n'entend pas laisser franchir. "Nous n'admettrons aucune discussion à la réunion d'Istanbul sur le gel ou la suspension des activités iraniennes d'enrichissement (de l'uranium)", a dit Abolfazl Zohrevand. "Jusqu'ici cette question n'a pas été abordée, n'a pas été soulevée ou mentionnée par l'autre partie", a-t-il ajouté. "Il ne peut être question de discuter des droits nucléaires de l'Iran."

Durant leur entretien d'une heure et demie, Ashton et Jalili sont restés sur leurs positions. La diplomate britannique avait pour objectif de le convaincre d'accepter une série de réunions bilatérales, en particulier avec les Etats-Unis avec lesquels l'Iran n'entretient pas de relations depuis trente ans. Washington se dit prêt à débattre avec Téhéran. "Nous avons fortement mis en avant le fait que nous voudrions entamer ce processus", a dit Ahston. "Nous n'avons pas encore réussi à entrer dans les détails."

Ashton a ébauché une possible nouvelle offre d'échange de combustible nucléaire mais ne l'a pas encore formulée, l'Iran posant comme condition la suspension des sanctions économiques.

Cette offre consisterait à transférer à l'étranger du combustible faiblement enrichi en échange de combustible nucléaire enrichi à 20% pour alimenter un réacteur de recherches médicales à Téhéran.

Le but serait de faire sortir d'Iran assez d'uranium faiblement enrichi pour éviter que Téhéran en accumule des quantités suffisantes pour se doter de l'arme atomique.

L'Iran en avait accepté le principe en octobre 2009, avant de faire marche arrière quelques semaines plus tard. Depuis lors, les stocks iraniens d'uranium faiblement enrichi ont doublé et Téhéran a commencé à purifier de l'uranium à 20%.

On estime que les 1.200 kg évoqués en 2009 correspondent en gros à la quantité de combustible nécessaire à la fabrication d'une bombe, à condition qu'il soit enrichi à plus de 90%.

Les grandes puissances estiment dès lors que tout futur échange devra porter sur des quantités supérieures à ces 1.200 kg.

L'Iran s'en tient à la proposition initiale. Avec Simon Cameron-Moore; Nicole Dupont et Clément Guillou pour le service français

source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110122/twl-iran-nucleaire-negociations-bd5ae06.html

publié sur romandie blog le 22/01/2011 13:31

La crise économique frappe de plein fouet les universités européennes

L'ambiance est morose pour les universités européennes. Alors que les universitaires français déplorent la faiblesse des efforts budgétaires en 2011, leurs collègues européens font très grise mine, comme le révèle une note de l'Association européenne des universités (EUA) datée de janvier. Pour l'EUA, "les systèmes universitaires européens n'ont pas été épargnés par la crise (…). Alors que les établissements dans la majorité des pays sont encore dans l'incertitude par rapport à leur sort et s'attendent à des coupes budgétaires dans les prochains mois ou années, d'autres, comme le Royaume-Uni, démontrent que les coupes budgétaires décidées vont mener vers une recomposition universitaire importante à travers l'Europe".

Dans son panorama européen, l'EUA a classé les pays selon l'importance des efforts budgétaires consentis. Parmi les systèmes universitaires les plus sévèrement touchés par la crise, figure la Lettonie. Après une chute de 48 % des budgets en 2009, les universités publiques ont subi une seconde coupe de 18 % en 2010... En Italie, les coupes budgétaires prévues d'ici à 2013 représentent 20 % des budgets actuels, alors que quelque 25 universités sont sur le point de faire faillite... En Grèce, le gouvernement a coupé de 30 % les budgets, tandis qu'en Angleterre, 40 % de coupes sont prévus d'ici à 2014-2015.

DES AUGMENTATIONS ÉTALÉES DANS LE TEMPS

Moins affectées, les universités irlandaises ont tout de même subi en 2010 une chute de près de 10 % de leurs moyens, et doivent faire avec une baisse de 7 % de leurs budgets en 2011. En Islande, Estonie, Roumanie ou Lituanie, les baisses s'établissaient pour leur part l'an dernier entre -6 et -10 %. En République tchèque ou dans les pays des Balkans, les baisses ont été contenues l'an dernier sous les -5 %. Les pays scandinaves, la Finlande, les Pays-Bas ou la Pologne voient leurs subventions publiques légèrement faiblir.

Enfin, en Belgique, en Autriche ou en Hongrie, si les gouvernements maintiennent les promesses de hausse des moyens, ces coups de pouce seront étalés dans le temps. Pour l'Association européenne des universités, deux pays sortent résolument du rang : la France avec les investissements d'avenir et l'opération campus, et l'Allemagne, avec son pacte pour l'éducation.

Au-delà de ce panorama géographique, l'EUA précise comment ces coupes budgétaires sont absorbées par les établissements. La majorité des baisses affectent en premier lieu les missions d'enseignement des universités. En Angleterre, pas moins de 80 % des subventions pour l'enseignement seront supprimés d'ici à 2014, les étudiants devant payer des frais d'inscription importants pour compenser ce retrait de l'Etat. Dans d'autres pays, pour faire face aux chutes des subventions, les universités fusionnent, comme en Islande, se réorganisent complètement, comme au Danemark ou en Lettonie, ou coupent dans toutes leurs dépenses : rénovation, achat de livres, baisse de l'offre de formation…

LES RECOURS AU PRIVÉ EST ILLUSOIRE

Et les universitaires, en première ligne, trinquent : des postes sont supprimés, comme en Hongrie ou au Royaume-Uni, ou des recrutements gelés comme en Irlande ou en Italie. Si les activités de recherche sont préservées dans la plupart des pays, certains ont tout de même entrepris des coupes importantes comme aux Pays-Bas, en Autriche ou en Espagne. Surtout, la crise a accentué le recours à une forme de financements de la recherche sur appel d'offres. "Cette forme de financement sur appel d'offres compétitif peut mettre en danger la capacité financière des universités", déplore l'EUA. Au Danemark, relève la note, la mise en place du financement sur appel d'offres compétitif a fragilisé les universités.

Dernier constat relativement logique, si le recours aux fonds privés est nécessaire, il est très difficile. Si elles poursuivent leurs investissements en recherche, les entreprises prennent plus de temps avant d'engager des contrats de recherche avec les universités, notamment en Autriche, en Belgique, en Allemagne et même en Suisse. Pis, le recours à la philanthropie relève de l'illusion. A Chypre, en Finlande, aux Pays-Bas ou en Angleterre, les collectes de fonds privés chutent. La crise affecte tout le monde…

Philippe Jacqué

source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/01/21/la-crise-economique-frappe-de-plein-fouet-les-universites-europeennes_1468914_3214.html#xtor=AL-32280184

publié sur romandie blog le 22/01/2011 03:22

mercredi 19 octobre 2011

L'organisation de coopération de Shanghaï

B. Raman, in Outlook*, Courrier International n°816, 22 juin 2006.




L’Organisation de coopération de Shanghai, organisée autour de l’Asie centrale, sert avant tout les intérêts russes et chinois. L’Inde, pays observateur, se doit de rester en retrait.

L’Inde aura été le seul pays, parmi les membres et observateurs de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à ne pas être représenté par son chef de l’Etat ou du gouvernement au sommet qui se tenait à Shanghai le 15 juin. La réunion marquait le cinquième anniversaire de cette organisation qui regroupe la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. L’Inde, le Pakistan, l’Iran et la Mongolie ont le statut d’observateur. L’Afghanistan, qui n’est ni membre ni observateur, était un invité spécial. La décision de notre Premier ministre, Manmohan Singh, de ne pas faire le déplacement et de déléguer Shri Murli Deora, le ministre du Pétrole et du Gaz naturel, traduit le dilemme dans lequel se trouve l’Inde, à savoir quelle importance donner à cette organisation et à ses objectifs. Que ce soit le ministre du Pétrole et du Gaz naturel qui le remplace souligne les sentiments positifs de New Delhi à l’égard de l’OCS, considérée comme un instrument de coopération transnationale par le renforcement des économies de la région, de promotion du commerce et d’instauration de la sécurité énergétique. Parallèlement, l’absence du Premier ministre au sommet reflète – sans les exprimer ouvertement – les réticences de l’Inde quant à l’orientation politique prise par l’OCS depuis sa création. A son lancement, en juin 2001 – et même avant, alors qu’il s’agissait d’une réunion non structurée des “cinq de Shanghai” [les mêmes moins l’Ouzbékistan] –, l’OCS avait pour principale mission d’assurer la paix transfrontalière et la sécurité, et de lutter contre le terrorisme. En matière de lutte contre le terrorisme, l’Inde possède une longue expérience de coopération avec de nombreux pays, aux orientations idéologiques et aux régimes politiques très divers, mais la coopération transnationale pour combattre le séparatisme et l’extrémisme lui est complètement étrangère. Comment l’Inde peut-elle se sentir parfaitement à l’aise dans une organisation dont certains Etats membres ou observateurs considèrent comme extrémistes les mouvements qui œuvrent pour une véritable démocratie et dont d’autres emploient le terrorisme d’Etat comme arme stratégique ? Comment l’Inde peut-elle concilier son appartenance à l’OCS avec le fait qu’elle y est la seule véritable démocratie et qu’elle est par ailleurs membre d’organisations qui ont précisément pour vocation de promouvoir la démocratie dans le monde ? Le deuxième dilemme tient à l’orientation politique prise par l’OCS depuis sa formation. Initialement axée sur la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, elle a maintenant pour objectif de favoriser l’instauration d’un système multipolaire. Un euphémisme pour dire qu’il s’agit de contrer l’influence américaine dans la région Asie-Pacifique. Même si la Russie et la Chine nient toute intention dans ce sens et toute arrière-pensée, les Etats-Unis et les pays occidentaux considèrent l’OCS comme une organisation politique visant à permettre à la Chine et à la Russie d’atteindre leurs objectifs stratégiques au détriment de ceux des Etats-Unis et des autres pays occidentaux.

Le contrôle des ressources énergétiques de la région

Les autorités chinoises ont beau répéter que l’OCS n’est dirigée contre personne, d’aucuns soupçonnent que l’objectif secret de Pékin et de Moscou est de protéger leurs intérêts en Asie centrale, notamment en y combattant le terrorisme djihadiste et en gardant un certain contrôle sur les ressources énergétiques de la région. “L’évolution [vers une extension du mandat de l’OCS] reflète l’importance croissante de l’Asie centrale comme source de pétrole et de gaz, surtout pour la Chine”, commente David Zweig, professeur de sciences politiques à l’université des sciences et technologies de Hong Kong. “Cela montre, dans une certaine mesure, l’influence grandissante de la Chine dans cette partie du monde – qui revêt pour elle, désormais, une très grande importance pour des raisons liées à l’énergie et à la sécurité.” On peut à juste titre soupçonner l’OCS de n’être rien d’autre qu’une nouvelle version de l’idée chère à l’ancien premier secrétaire du Parti communiste d’Union soviétique Leonid Brejnev : une organisation de coopération asiatique sur la sécurité, qui n’avait à l’époque suscité aucun enthousiasme, même de la part de l’Inde – malgré les craintes qu’inspiraient à celle-ci la politique américaine dans la région et les relations étroites [qu’elle entretenait] avec l’ex-URSS. La grande différence est que la proposition de Brejnev était dirigée contre les Etats-Unis et la Chine, alors que la Chine et la Russie sont aujourd’hui les locomotives de l’OCS. Le troisième dilemme dans lequel est enfermée l’Inde tient au fait que cette réunion de l’OCS mettait en présence les deux grands responsables de la prolifération nucléaire dans le monde – la Chine et le Pakistan – et l’un des bénéficiaires de cette prolifération, à savoir l’Iran. De plus, le sommet avait lieu à un moment où les projecteurs étaient braqués sur l’Iran à cause de son programme nucléaire clandestin et des déclarations virulentes à l’encontre d’Israël et des Juifs prononcées par son président, Mahmoud Ahmadinejad, qui participait également au sommet. Bien que soucieux de ménager les sensibilités chinoises, Ahmadinejad risquait de se servir du sommet comme d’un forum pour attaquer les Etats-Unis et Israël. L’Inde aurait été bien embarrassée alors que ses relations avec Washington ne cessent de s’améliorer. Avec la bénédiction de la Chine, lourdement tributaire des ressources énergétiques iraniennes, l’Iran aurait pu profiter de l’événement pour se laver de ses supposés péchés d’omission à propos du nucléaire. [L’offre de reprise de négociations sur le nucléaire faite à l’Iran par les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU a été appuyée par la Chine lors du sommet de Shanghai. Cette offre comportait comme préalable la suspension de l’enrichissement d’uranium par l’Iran. Le président iranien a qualifié à Shanghai cette offre de “pas en avant”, mais l’Iran a cependant rejeté toute “condition préalable” au dialogue.] L’Inde devait-elle participer à cet exercice ? Compte tenu de tous ces éléments, on ne peut reprocher à notre Premier ministre sa défection. Cela ne diminue en rien l’importance que nous attachons à l’OCS, ni l’intérêt que nous portons à une appartenance comme membre à part entière. Cela signifie seulement qu’il nous faut faire preuve de prudence. Nous devons soutenir pleinement les projets économiques et commerciaux de l’OCS, mais rester vigilants sur les questions touchant à la sécurité.

*Outlook : Créé en octobre 1995, le titre est très vite devenu l’un des hebdos de langue anglaise les plus lus en Inde. Sa diffusion suit de près celle d’India Today, l’autre grand hebdo indien, dont il se démarque par ses positions nettement libérales. L’édition en hindi a été lancée en octobre 2002. Outlook se distingue de ses concurrents par sa couverture approfondie de l’actualité régionale du sous-continent ainsi que par ses critiques contre la droite religieuse hindoue.


Pour approfondir la réflexion :

La nécessaire émergence des régions du monde, le modèle européen et les relations entre l’Europe et la Communauté régionale arabe : Article pour la revue Bada’el, Par Pierre Calame
http://www.institut-gouvernance.org/fr/analyse/fiche-analyse-179.html

dossier : La difficile exportation de la démocratie en Asie centrale, inadaptation du projet ou extranéité du concept ? : Travaux de recherche menés par Antoine Buisson, candidat au doctorat au sein de l’EHESS.
http://www.institut-gouvernance.org/fr/dossiers/motcle-dossiers-24.html

Voir en ligne : Courrier International--> http://www.courrierinternational.com/