De notre correspondant à Moscou, Fabrice Nodé-Langlois le 03/09/2008
Après l'Azerbaïdjan (ci-dessus à son arrivée à Bakou), Dick Cheney va poursuivre sa tournée jeudi en Géorgie, puis en Ukraine avant de terminer par l'Italie. Crédits photo : AFP
Le numéro deux américain Dick Cheney arrive jeudi en Géorgie avec une aide humanitaire de un milliard de dollars.
Jamais depuis un quart de siècle le spectre de la guerre froide n'avait autant hanté Washington et Moscou. Le vice-président américain, Dick Cheney, après une étape en Azerbaïdjan hier, vient soutenir jeudi à Tbilissi le président géorgien Mikhaïl Saakachvili. Pour rallier depuis l'aéroport la capitale de l'ancienne république soviétique devenue une protégée de la Maison-Blanche, Dick Cheney devrait emprunter l'avenue George-W. Bush. Cette tournée européenne du faucon de Washington intervient au moment où, sur fond de convention républicaine aux États-Unis, la rhétorique de confrontation entre les deux grandes puissances s'emballe. Hier soir, c'est George Bush lui-même qui a annoncé une aide humanitaire de un milliard de dollars pour la Géorgie. Cet appui sonnant et trébuchant ne fait que conforter, à Moscou, la version des événements défendue par Vladimir Poutine selon laquelle la Maison-Blanche est largement responsable de «l'agression géorgienne» contre la région séparatiste d'Ossétie du Sud. La Russie accuse les États-Unis de vouloir réarmer rapidement la Géorgie. En outre, le sentiment russe d'être encerclé par l'Otan ne pourra qu'être renforcé par la visite en Géorgie des représentants des vingt-six États de l'Alliance, annoncée le 15 septembre. La délégation de l'Otan évaluera notamment les besoins de l'armée géorgienne défaite par les chars et l'aviation russes.
Mardi soir, le président russe Dmitri Medvedev a franchi un pas de plus dans l'escalade verbale en déclarant à la télévision italienne que «le président Saakachvili n'existe plus pour nous. Il est un “cadavre politique”.» Une prise de position qui n'est guère de nature à faciliter la tâche de Nicolas Sarkozy, qui se rend lundi à Moscou et Tbilissi avec la volonté d'appliquer l'accord de cessez-le-feu du 12 août. «Il est temps que nos partenaires américains revoient leurs relations avec le régime (géorgien) actuel», a poursuivi Dmitri Medvedev. Le successeur de Vladimir Poutine a récemment déclaré qu'il ne craint pas la guerre froide, et répété mardi ne pas avoir peur d'être exclu du G8.
Recul des droits de l'homme
Le candidat républicain à la Maison-Blanche, John McCain, avait dès avant la guerre de Géorgie plaidé pour l'exclusion du G8 de la Russie, disqualifiée à ses yeux par ses manquements à la démocratie. Son adversaire, Barack Obama, n'avait pas souscrit à cette approche frontale. La semaine dernière, McCain, estimant que les événements lui ont donné raison, a poussé ses feux. Réagissant à la reconnaissance par Moscou de l'indépendance des provinces géorgiennes prorusses d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, il a suggéré que «les pays occidentaux devraient penser à l'indépendance du Caucase du Nord et de la Tchétchénie». À la fin de sa tournée européenne, ce week-end en Italie, Dick Cheney pourrait prononcer un discours «encore plus dur que son fameux discours de Vilnius», s'attend le quotidien russe Kommersant. En mai 2006, l'influent vice-président avait impulsé un tournant dans la relation bilatérale en critiquant le recul des droits de l'homme en Russie et l'emploi de l'arme énergétique. Vladimir Poutine avait accouché neuf mois plus tard d'un discours riposte, à Munich, où il avait fustigé l'unilatéralisme de l'empire américain.
Qu'elle semble lointaine, la solennelle «déclaration stratégique États-Unis-Russie» du 6 avril dernier : «Nous réaffirmons que l'ère dans laquelle les États-Unis et la Russie se considéraient comme des ennemis ou des menaces stratégiques est révolue». George W. Bush et Vladimir Poutine, celui-ci encore président en exercice, avaient approuvé ce texte de neuf pages, à Sotchi, à quelques encablures de l'Abkhazie, sur le rivage de cette même mer Noire où les flottes russe et américaine se toisent jeudi.
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http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080906/twl-russie-georgie-usa-cheney-bd5ae06.html
Dick Cheney accuse Moscou de recourir à la "force brutale"
Par Tabassum Zakaria Reuters - le samedi 6 septembre 2008
CERNOBBIO, Italie (Reuters) - Le vice-président américain Dick Cheney a accusé samedi la Russie, après son intervention militaire en Géorgie le mois dernier, de revenir à de vieilles méthodes d'intimidation et de recourir à la "force brutale".
Par Tabassum Zakaria Reuters -
CERNOBBIO, Italie (Reuters) - Le vice-président américain Dick Cheney a accusé samedi la Russie, après son intervention militaire en Géorgie le mois dernier, de revenir à de vieilles méthodes d'intimidation et de recourir à la "force brutale".
Il s'agit des plus vives critiques d'un responsable américain envers la Russie depuis le début de la crise dans le Caucase il y a un mois.
"Cet enchaînement d'initiatives agressives et de revirements diplomatiques n'a fait que nourrir les inquiétudes sur les objectifs que poursuit plus largement la Russie", a dit Cheney, selon le texte du discours qu'il devait prononcer lors d'une conférence économique internationale à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme, dans le nord de l'Italie.
"La brutalité contre un (pays) voisin n'est que la dernière en date d'une série d'initiatives malheureuses et inutiles du gouvernement russe", ajoute le vice-président américain.
Il a accusé la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole, d'utiliser ses ressources énergétiques "comme un instrument de rapport de force et de manipulation" en Asie centrale, dans le Caucase et ailleurs en menaçant de suspendre ses exportations de pétrole et de gaz naturel.
Moscou a tenté d'intimider ainsi l'Ukraine qui, comme la Géorgie, cherche à adhérer à l'Otan, a-t-il poursuivi.
"NOTIONS ERRONEES ET IDEES DEPASSEES"
"Par moment, il semble que la politique de la Russie est fondée sur le désir d'imposer sa volonté à des pays qu'elle dominait autrefois, et non comme elle le dit sur la nécessité de défendre ses intérêts propres", a poursuivi le dirigeant américain.
Rappelant qu'un responsable militaire russe avait menacé la Pologne de représailles en raison de la participation de Varsovie au bouclier antimissile américain, Cheney a estimé que ce n'était "pas là le comportement d'une puissance responsable".
"Cela illustre la notion erronée que tout pays peut proclamer autour de lui une 'zone d'exclusion' où il exerce son autorité par la force et la menace (...) Ce sont des idées dépassées, tout cela est fini et la guerre froide est terminée", a-t-il souligné.
"Les dirigeants russes ne peuvent jouer sur tous les tableaux. Ils ne peuvent pas penser recueillir les bénéfices du commerce, de la concertation, du prestige international, et en même temps avoir recours à la force brutale, aux menaces et à d'autres formes d'intimidation contre des pays souverains."
Au Proche-Orient, a ajouté le vice-président américain, les ventes d'armes russes à la Syrie et à l'Iran mettent en danger les chances de paix. "Certaines des armes russes vendues à Damas ont été ensuite remises aux terroristes en Irak et au Liban", a-t-il affirmé.
Au Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui a un jour déclaré que l'effondrement de l'Union soviétique avait été une catastrophe, Cheney répond: "A mon avis, la chute de l'Union soviétique était inévitable et elle a marqué le progrès le plus important de ces soixante dernières années pour la liberté de l'homme".
Version française Guy Kerivel
publié sur romandie blog le 6/09/2008 15:15
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dimanche 27 novembre 2011
lundi 24 octobre 2011
La troisième guerre mondiale n'aura pas lieu selon Roméo Dallaire, lieutenant général retraité des Forces armées canadiennes
http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2006/03.09/rwanda.html
9 mars 2006
La Troisième Guerre mondiale n'aura pas lieu
Roméo Dallaire, ex commandant en chef de la Mission d'assistance des Nations unies au Rwanda, rappelle que la rage gronde en Afrique, que le terrorisme menace le monde et qu'il nous faut apprendre à vivre dans l'incertitude
par Renée Larochelle
J'ai serré la main du diable. Le titre du livre écrit par Roméo Dallaire, lieutenant général retraité des Forces armées canadiennes, sur l'expérience qu'il a vécue lors du génocide rwandais de 1994, parle de lui-même. Témoin des pires atrocités, ayant vu le mal dans toute son horreur, Roméo Dallaire demeure hanté à jamais par certaines images. Ayant choisi de pactiser avec la vie plutôt qu'avec la mort, c'est pourtant un homme respirant la sérénité et dégageant une force peu commune que les étudiants ont rencontré, le 3 mars, dans une salle remplie à craquer du pavillon Ferdinand-Vandry. Invité par le Comité des relations internationales et d'action communautaire (CRIAC) des étudiants en médecine, ce militaire humaniste a captivé son auditoire du début à la fin, parlant de son expérience au Rwanda et partageant sa vision du Canada comme puissance moyenne dans la résolution des conflits actuels et futurs.
"Jusqu'à la fin de la Guerre froide, en 1989, il y avait deux forces en présence dans le monde: l'Ouest et l'Est, a expliqué Roméo Dallaire. Depuis cette date, la donne a changé. Le concept de guerre classique utilisant des forces classiques avec le maintien classique de la paix n'existe plus. Les pays se sont débarrassé de leurs colonisateurs et ont installé des dictateurs à leurs places. La démocratie n'a pas pu s'y développer et plusieurs pays ont connu la guerre civile, comme le Rwanda." Commandant en chef de la Mission d'assistance des Nations unies au Rwanda en 1993, Roméo Dallaire a vu des garçons de neuf ans armés jusqu'aux dents tirer sur d'autres enfants qu'on avait alignés pour servir de boucliers à des soldats adultes. Il a vu aussi des gens battus à coups de machette et qui, fous de douleur, suppliaient leurs bourreaux de mettre fin à leurs souffrances en les achevant par balle. Seuls les plus riches obtenaient ce privilège, puisqu'il leur fallait débourser pour obtenir le projectile. Sans compter les viols, innombrables, considérés aujourd'hui comme crimes de guerre.
Un mur d'indifférence
Au cours du génocide rwandais qui a fait 800 000 victimes en cent jours, jamais la communauté internationale n'a levé le petit doigt pour empêcher le massacre. "C'est simple: il n'y avait pas d'argent à faire là et donc, personne n'a bougé, de souligner Roméo Dallaire. En ne faisant rien pour les aider, nous avons signifié à ces êtres humains qu'ils étaient notre dernière priorité. Trois semaines avant le début du conflit, le président Bill Clinton a affirmé qu'il enverrait des soldats américains au Rwanda seulement si les États-Unis y trouvaient un intérêt personnel. On ne peut pas être plus clair."
Réclamant davantage de ressources et pressant la communauté internationale d'agir, le commandant en chef se sera heurté jusqu'à la fin du conflit à un mur d'indifférence. Aujourd'hui, l'homme ne peut s'empêcher de se demander si certains humains comptent davantage que d'autres. "Quand 80 % de la population du globe vit dans le sang, la boue et la misère, je comprends mal que le 20 % qui reste continue de vouloir se rendre sur la planète Mars, soutient-il. Je crois fermement que le Canada a une responsabilité envers cette partie de l'humanité qui souffre." Outré que les candidats en lice aux dernières élections fédérales aient parlé de tout sauf de l'avenir du développement international, Roméo Dallaire souligne que le rôle du Canada sur l'échiquier mondial en est un de gardien de la paix. "En Afghanistan, par exemple, nos soldats sont là pour aider à la résolution de conflits. Leur travail consiste à établir une atmosphère de paix afin que les habitants du pays vivent et se sentent davantage en sécurité." Heureux que le Canada ait refusé de faire partie de la coalition dans la guerre en Irak, le conférencier a indiqué qu'aucun pays n'avait le droit d'en envahir un autre sous prétexte d'y assurer le développement de la démocratie: "Un pays qui en envahit un autre le fait toujours dans son propre intérêt", a t-il insisté.
Conseiller spécial pour l'Agence canadienne de développement international (ACDI) sur les questions reliées aux enfants victimes de la guerre, auteur de plusieurs articles sur les droits de la personne et sur l'aide humanitaire, Roméo Dallaire a été nommé sénateur en mars 2005. Il milite actuellement contre la guerre au Darfour, un génocide devant lequel le monde entier ferme les yeux. Visiblement, le désastre qui a eu lieu au Rwanda n'a pas servi de leçon à la communauté internationale. "Il n'y aura pas de Troisième Guerre mondiale, a révélé Roméo Dallaire. La rage gronde en Afrique, le terrorisme menace le monde. Il nous faut apprendre à vivre dans l'ambiguïté."
9 mars 2006
La Troisième Guerre mondiale n'aura pas lieu
Roméo Dallaire, ex commandant en chef de la Mission d'assistance des Nations unies au Rwanda, rappelle que la rage gronde en Afrique, que le terrorisme menace le monde et qu'il nous faut apprendre à vivre dans l'incertitude
par Renée Larochelle
J'ai serré la main du diable. Le titre du livre écrit par Roméo Dallaire, lieutenant général retraité des Forces armées canadiennes, sur l'expérience qu'il a vécue lors du génocide rwandais de 1994, parle de lui-même. Témoin des pires atrocités, ayant vu le mal dans toute son horreur, Roméo Dallaire demeure hanté à jamais par certaines images. Ayant choisi de pactiser avec la vie plutôt qu'avec la mort, c'est pourtant un homme respirant la sérénité et dégageant une force peu commune que les étudiants ont rencontré, le 3 mars, dans une salle remplie à craquer du pavillon Ferdinand-Vandry. Invité par le Comité des relations internationales et d'action communautaire (CRIAC) des étudiants en médecine, ce militaire humaniste a captivé son auditoire du début à la fin, parlant de son expérience au Rwanda et partageant sa vision du Canada comme puissance moyenne dans la résolution des conflits actuels et futurs.
"Jusqu'à la fin de la Guerre froide, en 1989, il y avait deux forces en présence dans le monde: l'Ouest et l'Est, a expliqué Roméo Dallaire. Depuis cette date, la donne a changé. Le concept de guerre classique utilisant des forces classiques avec le maintien classique de la paix n'existe plus. Les pays se sont débarrassé de leurs colonisateurs et ont installé des dictateurs à leurs places. La démocratie n'a pas pu s'y développer et plusieurs pays ont connu la guerre civile, comme le Rwanda." Commandant en chef de la Mission d'assistance des Nations unies au Rwanda en 1993, Roméo Dallaire a vu des garçons de neuf ans armés jusqu'aux dents tirer sur d'autres enfants qu'on avait alignés pour servir de boucliers à des soldats adultes. Il a vu aussi des gens battus à coups de machette et qui, fous de douleur, suppliaient leurs bourreaux de mettre fin à leurs souffrances en les achevant par balle. Seuls les plus riches obtenaient ce privilège, puisqu'il leur fallait débourser pour obtenir le projectile. Sans compter les viols, innombrables, considérés aujourd'hui comme crimes de guerre.
Un mur d'indifférence
Au cours du génocide rwandais qui a fait 800 000 victimes en cent jours, jamais la communauté internationale n'a levé le petit doigt pour empêcher le massacre. "C'est simple: il n'y avait pas d'argent à faire là et donc, personne n'a bougé, de souligner Roméo Dallaire. En ne faisant rien pour les aider, nous avons signifié à ces êtres humains qu'ils étaient notre dernière priorité. Trois semaines avant le début du conflit, le président Bill Clinton a affirmé qu'il enverrait des soldats américains au Rwanda seulement si les États-Unis y trouvaient un intérêt personnel. On ne peut pas être plus clair."
Réclamant davantage de ressources et pressant la communauté internationale d'agir, le commandant en chef se sera heurté jusqu'à la fin du conflit à un mur d'indifférence. Aujourd'hui, l'homme ne peut s'empêcher de se demander si certains humains comptent davantage que d'autres. "Quand 80 % de la population du globe vit dans le sang, la boue et la misère, je comprends mal que le 20 % qui reste continue de vouloir se rendre sur la planète Mars, soutient-il. Je crois fermement que le Canada a une responsabilité envers cette partie de l'humanité qui souffre." Outré que les candidats en lice aux dernières élections fédérales aient parlé de tout sauf de l'avenir du développement international, Roméo Dallaire souligne que le rôle du Canada sur l'échiquier mondial en est un de gardien de la paix. "En Afghanistan, par exemple, nos soldats sont là pour aider à la résolution de conflits. Leur travail consiste à établir une atmosphère de paix afin que les habitants du pays vivent et se sentent davantage en sécurité." Heureux que le Canada ait refusé de faire partie de la coalition dans la guerre en Irak, le conférencier a indiqué qu'aucun pays n'avait le droit d'en envahir un autre sous prétexte d'y assurer le développement de la démocratie: "Un pays qui en envahit un autre le fait toujours dans son propre intérêt", a t-il insisté.
Conseiller spécial pour l'Agence canadienne de développement international (ACDI) sur les questions reliées aux enfants victimes de la guerre, auteur de plusieurs articles sur les droits de la personne et sur l'aide humanitaire, Roméo Dallaire a été nommé sénateur en mars 2005. Il milite actuellement contre la guerre au Darfour, un génocide devant lequel le monde entier ferme les yeux. Visiblement, le désastre qui a eu lieu au Rwanda n'a pas servi de leçon à la communauté internationale. "Il n'y aura pas de Troisième Guerre mondiale, a révélé Roméo Dallaire. La rage gronde en Afrique, le terrorisme menace le monde. Il nous faut apprendre à vivre dans l'ambiguïté."
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