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dimanche 25 décembre 2011

Le Nigeria nouvelle cible : 2 églises chrétiennes auraient été atteintes le soir de Noël

Nigeria: nouvelle explosion près d'une église
Une explosion a retenti dimanche de Noel près d'une église de la ville de Jos, dans le centre du Nigeria, peu après qu'un attentat présumé eut fait au moins une quinzaine de morts près d'une église de la périphérie d'Abuja, la capitale, ont déclaré des habitants
"Il y a eu une explosion dans la zone de Rikkos de la ville où des fidèles assistaient à une cérémonie relgieuse de Noel", a dit un habitant interrogé par téléphone, David Pam. "On ne sait pas si l'église était la cible de l'attaque", a-t-il ajouté.
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Fait étrange le blog dont il était question ouvre sa première page d'accueil en évoquant le Nigeria. Nulle autre région du monde a été touchée, uniquement le Nigeria, avouer que c'est étrange. L'année passée c'était l'Egypte qui était visée, sujet d'un autre des sites que j'administre. Bizarre et étrange tout de même.
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Le 25 décembre les attentats ont été revendiqués d'une secte islamiste, la même qui avait déjà perpétré des attentats l'an passé à la même époque.
http://actu.orange.fr/revue/actualite-internationale/attentats-de-noel-au-nigeria-40-morts-revendication-d-une-secte-islamiste-73469/
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Ola AWONIYI
Agence France-Presse
MADALLA


Des attentats attribués à la secte islamiste Boko Haram ont visé le jour de Noël des églises et les services secrets dans le nord-est du Nigeria, y faisant 40 morts dont un kamikaze.
«Ces actes de violence contre des citoyens innocents sont un affront injustifié à notre sécurité et à notre liberté collectives» et «les Nigérians doivent unanimement les condamner», a réagi dimanche le président nigérian Goodluck Jonathan.

Le «gouvernement ne faiblira pas dans sa détermination à déférer devant la justice tous les auteurs des actes de violence d'aujourd'hui et de tous les autres (commis) auparavant», a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le conseiller nigérian pour la sécurité, Owoye Azeazi, a de son côté dénoncé des «attaques lâches et irréfléchies et (...) préméditées» perpétrées, a-t-il dit, par Boko Haram, dont un porte-parole a revendiqué au moins un des attentats.


Ces violences, condamnées par le Vatican comme étant le fruit d'une «haine aveugle et absurde», sont survenues après deux jours d'affrontements, jeudi et vendredi, entre des membres de la secte islamiste et les forces de l'ordre dans le nord-est, qui auraient fait près de cent morts.

L'attentat le plus meurtrier, qui a fait 35 morts selon le dernier bilan en date, s'est produit à l'extérieur d'une église catholique à Madalla, en périphérie d'Abuja, la capitale fédérale.

La vague d'attaques survenue samedi soir et dimanche dans le pays a été revendiquée par Boko Haram, un groupe qui prône la création d'un État islamique au Nigeria et auquel sont imputées la plupart des violences récurrentes dans le nord.

«Nous sommes responsables de toutes les attaques de ces derniers jours, y compris de celle à la bombe contre l'église de Madalla. Nous continuerons à lancer de telles attaques dans le nord du pays dans les prochains jours», a déclaré au téléphone à l'AFP un porte-parole du groupe islamiste, Abul Qaqa.

À Washington, la Maison-Blanche a condamné «la violence gratuite et les morts tragiques le jour de Noël».

L'Allemagne, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne ont également dénoncé ces attaques ainsi qu'Israël qui va fournir une aide médicale aux blessés.

Après celui de Madalla, un deuxième attentat a visé une église évangélique de Jos, épicentre de violences intercommunautaires dans le centre du pays, selon un responsable local et des témoins.

«Une bombe a explosé à l'église Mountain of fire. Un policier qui surveillait l'église a été tué et trois véhicules ont brûlé», a déclaré à l'AFP Pam Ayuba, porte-parole du gouverneur de l'État du Plateau, dont Jos est la capitale.

À Damaturu, dans le nord-est, un kamikaze qui a lancé sa voiture contre un convoi des services de renseignement de la police (SSS), tuant trois agents et trouvant lui-même la mort dans cette action, selon un communiqué des SSS.

Une autre explosion s'est produite dimanche à Damaturu, sur un rond-point et, samedi soir, un engin explosif a été lancé contre une église de Gadaka (nord-est) devant laquelle se trouvaient des fidèles, ont raconté des témoins.

Aucune victime n'avait été signalée dans l'immédiat.

Damaturu et Gadaka sont des localités situées dans l'État de Yobe, déjà secoué en fin de semaine par une vague d'attaques revendiquées par Boko Haram.

À Madalla, près d'Abuja, l'attentat a provoqué des scènes de chaos et endommagé l'église Ste Theresa. Des trous étaient visibles dans les murs et le toit était très abîmé. Les murs extérieurs étaient maculés de sang.

Des jeunes en colère ont allumé des feux et menacé d'attaquer un commissariat de police des environs. Les policiers ont tiré en l'air pour les disperser et fermé un grand axe routier.

Boko Haram, qui multiplie et intensifie ses actions depuis des mois, avait revendiqué l'attentat suicide d'août 2011 contre le siège des Nations unies à Abuja, qui avait fait 24 morts.

Le mouvement s'était également attribué la responsabilité d'une vague d'attaques la veille de Noël 2010 ayant visé plusieurs églises et, avec les représailles, ayant fait des dizaines de morts à Jos.

Jeudi, Damaturu et Potiskum, dans l'État de Yobe, et Maiduguri, capitale de l'État voisin de Borno, avaient été secouées par des explosions et des tirs et les violences se sont poursuivies vendredi.

Ces attaques et les affrontements consécutifs avec soldats et policiers pourraient avoir fait jusqu'à 100 morts, d'après une source policière et une ONG.

Le chef d'état-major des armées a été cité disant que les militaires avaient tué 59 membres de la secte.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants), compte pratiquement autant de musulmans, plus nombreux dans le nord, que de chrétiens, majoritaires dans le sud.

Des observateurs craignent que Boko Haram n'ait développé des liens avec la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

source : http://www.cyberpresse.ca/international/afrique/201112/25/01-4480856-attentats-de-noel-au-nigeria-40-morts-une-secte-islamiste-mise-en-cause.php

mardi 6 décembre 2011

Quand la CIA finançait les Frères musulmans

Quand la CIA finançait les Frères musulmans
Le Point.fr - Publié le 06/12/2011 à 12:44 - Modifié le 06/12/2011 à 13:17
Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte.


Saïd Ramadan, mort à Genève en 1995, fondateur des Frères musulmans et père de Hani et Tariq Ramadan


notre correspondant à Genève, Ian Hamel

Le fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d'Hassan el-Banna, fondateur des Frères musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Saïd Ramadan a créé le Centre islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l'un des fondateurs de la Ligue islamique mondiale inspirée par les Saoudiens. Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la "sympathie" de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l'État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute : "Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains."

Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un "agent d'information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu'il a rendu des services - sur le plan d'informations - à la BUPO." Toujours est-il qu'une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d'accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité "que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l'un ou l'autre État aujourd'hui qualifié de progressiste ou socialiste".

Saïd Ramadan et le président américain
Ces documents déclassés vont dans le même sens que l'ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Dans une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.

Le 28 octobre dernier, dans un article intitulé "Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan", le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, "notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme", relève Ian Johnson. Quelques années du plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA, installé à Munich.

Une thèse sur la charia
Saïd Ramadan vient d'obtenir en 1959 un doctorat en droit de l'université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d'envie d'étendre son influence à l'Europe entière. "Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l'endroit idéal où établir une sorte de base avancée", lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe ?


Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l'agence de renseignements ne peut être consultée. "Tout indique que Dreher et l'Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe", écrit-il. L'Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Bolshevism, était un faux nez des services américains.

Il roulait en Cadillac
René Naba, ancien responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP, penche davantage pour une sous-traitance par la Jordanie et l'Arabie saoudite. Pour preuve, Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d'Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu'il roulait en Cadillac...

Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l'islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n'a pas souhaité nous répondre.

(*) Ian Johnson, Une mosquée à Munich, JC Lattès