http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/international/asiepacifique/20091015.FAP8314/litalie_dement_avoir_paye_des_talibans_en_afghanistan.html
Asie-Pacifique
AP | 15.10.2009 | 12:40
Le gouvernement italien a démenti jeudi des informations du "Times" de Londres selon lesquelles ses services secrets avaient payé plusieurs milliers de dollars à des chefs talibans pour maintenir la sécurité dans une région afghane qui était contrôlée par des Italiens.
Le "Times" affirme que l'Italie n'a pas prévenu ses alliés, induisant en erreur les Français, qui ont pris la relève dans le district de Surobi (à l'est de Kaboul) mi-2008, pensant que cette zone n'était pas dangereuse. Peu après, dix soldats français avaient été tués dans une embuscade. Le "Times" cite des sources militaires occidentales, dont de hauts responsables de l'OTAN.
Le porte-parole de l'OTAN, James Appathurai, a refusé de commenter ces informations.
A Paris, le contre-amiral Christophe Prazuck, porte-parole de l'état-major des armées, a affirmé qu'entre les Français, les Italiens et les Turcs, qui surveillent la région de Kaboul, il y avait une relation "de confiance" et de "transparence".
"Le gouvernement Berlusconi n'a jamais autorisé, ni permis aucune forme de paiement à des membres de l'insurrection talibane", souligne un communiqué des services du président du Conseil italien Silvio Berlusconi, qualifiant ces informations de "complètement infondées" et précisant que les autorités n'étaient pas au courant d'un tel paiement effectué par le gouvernement précédent.
Berlusconi a remporté les élections en avril 2008, remplaçant un gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi.
Selon le communiqué, pendant le premier semestre 2008, le contingent italien a subi plusieurs attaques, notamment dans le district de Surobi où un soldat a été tué en février 2008.
Le ministre de la Défense Ignazio La Russa a affirmé que le journal britannique avait "recueilli des bêtises".
A l'été 2008, "j'étais ministre depuis peu de temps, je n'ai jamais reçu des informations des services secrets faisant état de paiement aux chefs des talibans", a-t-il précisé.
La Russa a affirmé que l'attitude bienveillante envers les Italiens servant en Afghanistan était due au "comportement de notre armée, qui est très différente de celle d'autres contingents".
"Ils ont toujours montré qu'ils étaient proches des gens et ils obtiennent la même chose en retour", a-t-il observé, faisant référence aux soldats italiens. "Relier tout cela à la mort de soldats français (...) semble être une absurdité pour moi".
L'Italie dispose d'environ 2.800 soldats basés à Herat et à Kaboul, la capitale. AP
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dimanche 4 décembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
Mauritanie : les corps de 12 soldats retrouvés dans le désert après une embuscade
AP - samedi 20 septembre 2008 21 H 28
NOUAKCHOTT - Le gouvernement mauritanien a annoncé samedi soir la découverte des corps sans vie de 12 soldats tombés cette semaine, en plein désert, dans une embuscade revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Le porte-parole du gouvernement Mohamed Ould Mohamed Abderahmane Ould Moine a précisé que des équipes de l'armée avait retrouvé samedi les soldats morts, la gorge tranchée, à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Tourine, sur les lieux de l'attaque de lundi.
Le gouvernement mauritanien avait d'abord annoncé que les soldats étaient morts sous les balles des assaillants, avant de reconnaître qu'ils restaient introuvables.
Plusieurs sites web réputés proches de mouvements islamistes ont publié une déclaration attribué à Al-Qaïda au Maghreb islamique, dans laquelle la branche nord-africaine du réseau terroriste revendique l'embuscade. AP
NOUAKCHOTT - Le gouvernement mauritanien a annoncé samedi soir la découverte des corps sans vie de 12 soldats tombés cette semaine, en plein désert, dans une embuscade revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique.
Le porte-parole du gouvernement Mohamed Ould Mohamed Abderahmane Ould Moine a précisé que des équipes de l'armée avait retrouvé samedi les soldats morts, la gorge tranchée, à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Tourine, sur les lieux de l'attaque de lundi.
Le gouvernement mauritanien avait d'abord annoncé que les soldats étaient morts sous les balles des assaillants, avant de reconnaître qu'ils restaient introuvables.
Plusieurs sites web réputés proches de mouvements islamistes ont publié une déclaration attribué à Al-Qaïda au Maghreb islamique, dans laquelle la branche nord-africaine du réseau terroriste revendique l'embuscade. AP
vendredi 18 novembre 2011
Quatre soldats français auraient été "faits prisonniers avant d'être executés" dans l'embuscade en Afghanistan
'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français en Afghanistan, le 18 août, ne se serait pas exactement déroulée dans les conditions évoquée par l'état-major des armées. Selon Le Canard enchaîné du mercredi 27 août, dès le début de l'opération, quatre militaires français auraient été faits prisonniers et exécutés par les insurgés.
D'après le récit officiel, relaté mardi 26 août par le ministre de la défense, Hervé Morin, devant les commissions défense et affaires étrangères de l'Assemblée, le groupe de tête a été attaqué à 15h45, "les insurgés, selon nos informations une petite centaine, attaquent simultanément l'arrière de la section, et la section de l'armée nationale afghane qui la suit. Les combats sont extrêmement durs et la section de tête alerte la base" de Tora "à 15h52". "Cette violence a amené à ce que nous perdions un certain nombre de nos hommes dans les premières minutes des combats", avait expliqué la semaine dernière M. Morin. A aucun moment le ministre n'a fait état d'une possible capture de soldats.
TRAHIS PAR L'INTERPRÈTE
Le Canard enchaîné laisse également entendre que que les insurgés avaient été avertis de la venue des troupes françaises, peut-être par leur interprète. "Quelques heures avant le départ en opération, le 18 août, (...) l'interprète qui devait accompagner cette petite troupe avait disparu", écrit l'hebdomadaire. "Le simple bon sens aurait dû conduire ses chefs à craindre qu'il n'ait alerté les insurgés de l'arrivée de cette 'patrouille'", souligne le rédacteur en chef du journal, Claude Angeli, au lendemain des auditions des ministres de la défense et des affaires étrangères par l'Assemblée nationale. "A Paris, on admet que les insurgés avaient été avertis, soit par l'interprète disparu, soit par des policiers ou par des soldats afghans", ajoute Le Canard.
Le journal relève d'autres exemples d'"impréparation" : les hélicoptères français qui auraient pu mener une opération de reconnaissance étaient indisponibles, car affectés à la protection du président afghan Karzaï. Le soutien aérien américain, appelé à la rescousse, n'a pu intervenir avec efficacité, poursuit l'hebdomadaire, car les combattants étaient trop proches les uns des autres.
Journal le monde.fr avec Reuters du 27 août 2008. Cest aussi la version du Canard enchaîné qui soutient que les instances gouvernementales en sont informées, ce dont le ministre de la Défense, Hervé Morin dément formellement.
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Afghanistan: l'otage japonais des talibans a été tué
JALALABAD (AFP) - Le corps d'un travailleur humanitaire japonais enlevé mardi dans l'est de l'Afghanistan par les talibans a été retrouvé criblé de balles mercredi, illustrant une nouvelle fois la situation critique des ONG dans le pays.
Le cadavre de Kazuya Ito, âgé de 31 ans, a été retrouvé mercredi matin dans une vallée à quelques 20 km de Jalalabad, la grande ville de l'est du pays.
Il avait été enlevé mardi par des hommes armés, alors qu'il se rendait sur le site d'un projet d'irrigation, dans le district de Kuz Kunar de la province de Nangarhar (est). Ce rapt avait été revendiqué par les talibans qui mènent une insurrection meurtrière dans le pays.
"Nous avons retrouvé le corps du Japonais il y a quelques minutes, dans une vallée éloignée. Il était criblé de balles. Nous le ramenons maintenant à Jalalabad", a déclaré à l'AFP Malim Mashouq, gouverneur de Kuz Kunar.
"Son chauffeur, enlevé avec lui puis libéré mardi, a identifié son corps", a-t-il ajouté.
Kazuya Ito, un agronome, travaillait en Afghanistan depuis 2003 pour Peshawar-kai, une association japonaise qui s'occupe de centres médicaux au Pakistan et en Afghanistan.
"On nous a confirmé que son corps avait malheureusement été retrouvé", a indiqué Noor Zaman, responsable adjoint de l'ONG à Jalalabad.
"Nous avons vu les informations de la presse, mais nous cherchons toujours à les vérifier", a seulement commenté un responsable du ministère des Affaires étrangères à Tokyo.
Mardi après-midi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Zemaraï Bashary, avait annoncé la libération de l'otage japonais, avant de faire marche arrière, invoquant un "malentendu" et une erreur de communication.
Les parents du jeune homme avaient imploré mardi ses ravisseurs de le libérer, dans une intervention à la télévision japonaise.
"Mon fils aime l'Afghanistan et il s'est installé là-bas uniquement pour le bien de l'Afghanistan", avait assuré sa mère.
La mort de Kazuya Ito intervient alors que la violence a atteint un niveau sans précédent en Afghanistan depuis le renversement du régime des talibans fin 2001 par la coalition internationale. Cette violence touche indistinctement les civils, les forces de sécurité afghanes et internationales ou les humanitaires.
Plus de 1.000 civils afghans ont ainsi été tués depuis le début de l'année dans des attentats ou des bavures de la coalition, selon l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan (ACBAR).
Les forces de sécurité afghanes ne sont pas en reste: 650 policiers ont péri dans des attaques au cours des seuls cinq derniers mois, selon le ministère de l'Intérieur.
Pour leur part, les ONG ont perdu 25 de leurs employés, des Afghans en grande majorité, depuis le début de l'année, soit plus qu'au cours de toute l'année 2007.
"Sans aller jusqu'à cesser leurs activités, beaucoup d'ONG ne peuvent tout simplement plus en faire autant qu'elles voudraient, leur champ d'action se rétrécit sans cesse dans le pays", explique Anja de Beer, responsable d'ACBAR, l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan,
Parallèlement, les enlèvements d'étrangers se multiplient du fait de talibans ou de groupes criminels à l'affût de rançons.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.
Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080827/twl-afghanistan-japon-enlevement-aide-hu-3caf257.html
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Les familles des militaires tués en Afghanistan, les 12 et 13 septembre sur place
Par Thomas MORFIN AFP - Mercredi 27 août, 08h45
PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Castres (Tarn) que les familles des militaires français tués en Afghanistan se rendraient dans ce pays "les 12 et 13 septembre prochains" lors d'un voyage organisé par l'armée, pour qu'ils puissent "commencer le travail de deuil".
Le chef de l'Etat s'est rendu dans la base militaire de Castres pour rendre une nouvelle fois hommage aux huit soldats du 8e RPIMa qui ont été tués le 18 août en Afghanistan.
S'adressant "aux familles qui, la semaine dernière, aux Invalides (ndlr: jeudi, lors de l'hommage national aux soldats tombés en Afghanistan), (lui) ont fait part de leur souhait de se rendre en Afghanistan pour voir le camp français où est stationné le 8è RPIMa", M. Sarkozy a dit: "je vous l'avais promis, je vous annonce que ce déplacement se déroulera les 12 et 13 septembre prochains". "Je veux que ce déplacement aille vite. Car pour certains d'entre vous, voir le lieu où (les soldats tués) ont passé leurs derniers moments, c'est un élément qui vous permettra de commencer le travail de deuil", a-t-il ajouté.
M. Sarkozy a également souhaité que "tous les enseignements soient tirés de l'embuscade d'Uzbeen. Un tel drame ne peut pas se reproduire, en tous cas dans les mêmes conditions", a-t-il ajouté.
"J'ai demandé au ministre de la Défense et au chef d'Etat-major des armées de me proposer, très rapidement - c'est une affaire de quelques jours - les mesures qui me permettront de garantir à nos soldats les meilleures conditions de sécurité possibles dans l'accomplissement de leur mission. J'ai également souhaité que vous soyez informés de mes décisions et de leur calendrier de mise en oeuvre. Je vous dois la transparence. Vous l'aurez", a déclaré le président Sarkozy.
Les huit soldats du 8è RPMIa tués le 18 août font partie des dix tués dans une embuscade tendue par des talibans, à une cinquantaine de km à l'est de Kaboul, dans la vallée d'Uzbeen. Les combats ont également fait 21 blessés, dont 17 appartiennent également au 8E RPIMa.
Les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, ont averti mardi du risque de nouvelles pertes françaises en Afghanistan, en défendant l'engagement de la France dans ce pays, huit jours après une embuscade qui a tué dix soldats.
Lors d'une audition par les commissions Défense et Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, organisée à la suite du drame, M. Morin s'est efforcé de démontrer qu'il n'y avait pas eu de dysfonctionnement lors de la mission effectuée par les forces françaises le 18 août à l'est de Kaboul. "Rien ne permettait de prévoir" l'embuscade, a-t-il assuré, alors que l'attaque, l'incident le plus meurtrier pour des troupes françaises depuis 1983, a causé une émotion considérable.
Ce week-end, le général français commandant la force de l'Otan à Kaboul avait jeté le trouble en estimant que les militaires avaient péché par "excès de confiance".
"Nous mettons tout en oeuvre pour protéger nos soldats", a ajouté le ministre, en réponse aux critiques, notamment de certaines familles de tués. Mais, semblant vouloir préparer les esprits, M. Morin a averti : "Le risque zéro n'existe pas dans les armées". Bernard Kouchner a également prévenu qu'il était "probable malheureusement" que la France subisse de nouvelles pertes dans une mission d'une durée encore indéterminée.
Pour tirer les "enseignements" du drame, le ministre de la Défense a évoqué un renforcement des moyens de reconnaissance et de renseignement, qui avaient fait défaut lors de la mission. "Je proposerai au président de la République au début de la semaine prochaine un certain nombre de moyens supplémentaires, de drones, etc.", a-t-il dit, tout en soulignant les limites de "la supériorité technologique" sur un théâtre d'opération.
Au-delà du drame, si les ministres ont affiché leur désaccord sur l'emploi du mot "guerre" - M. Kouchner acceptant un terme que son collègue "conteste totalement" - tous deux ont cherché à justifier l'engagement de la France dans une force de l'Otan opérant sous mandat de l'Onu.
"Pas d'autre choix, d'après M. Morin, que de poursuivre l'effort de la communauté internationale", qui "concerne notre sécurité et la sécurité de nos concitoyens".
55% des français se disent opposés à l'engagement français en Afghanistan, selon un sondage réalisé après l'embuscade.
S'il insiste sur "les motifs d'espérer", Bernard Kouchner a d'ailleurs reconnu que la situation "reste préoccupante", évoquant notamment "la présence nouvelle et croissante de jihadistes internationalistes relais d'Al-Qaïda".
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080827/tpl-france-afghanistan-otan-parlement-pr-ee974b3.html
publié le 27/08/2008 15:15 sur romandie blog
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Afghanistan: dix soldats français tués, une base américaine attaquée
AFP - Mardi 19 août, 13h57
KABOUL (AFP) - Dix soldats français tués dans des combats à 50 km de Kaboul, une base américaine attaquée pour la seconde journée consécutive dans l'est du pays: les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan, en dépit de la présence de 70.000 soldats étrangers.
L'annonce de l'envoi de renforts français dans l'est de l'Afghanistan, où les talibans sont de plus en plus présents, avait fait craindre une augmentation des pertes dans le pays.
Mais les insurgés ont frappé à moins d'une heure de route de la capitale, qui paraît de plus en plus menacée.
Les soldats français ont péri lors d'affrontements déclenchés par une "embuscade tendue par les talibans", qui ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit de lundi à mardi. Les combats ont fait 10 morts et 21 blessés, a annoncé dans un communiqué le président français Nicolas Sarkozy qui va se rendre mardi soir en Afghanistan.
"Ma détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre", a-t-il ajouté. Il s'agit de la journée la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre le Drakkar, à Beyrouth en 1983, au cours duquel 58 parachutistes avaient été tués, selon des sources militaires françaises.
Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.
Un porte-parole des talibans a affirmé que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan.
"Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed, qui a reconnu la mort de cinq talibans.
Le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi, a affirmé que 13 insurgés, parmi lesquels un Pakistanais, avaient été tués dans les combats de Saroubi.
La présence inédite de talibans dans ce district témoigne de leur tentative progressive d'encercler la capitale et de multiplier les opérations dans ses environs.
Lundi, les cérémonies de la fête de l'indépendance ont été réduites au strict minimum à Kaboul, sillonnée par plus de 7.000 policiers déployés en hâte, alors que l'armée américaine a fait état de "sérieuses menaces".
Mercredi, trois humanitaires canadiennes et américaine avaient été tuées avec leur chauffeur dans la province de Logar, à moins de 50 km au sud de la capitale.
Depuis le début de l'année, les talibans mènent des opérations de plus en plus spectaculaires dans la capitale, comme l'attentat visant le 14 janvier le luxueux hôtel Serena ou la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï lors d'un défilé militaire le 27 avril.
Dans le même temps, les insurgés ne relâchent pas la pression dans leurs bastions du sud du pays, mais aussi dans l'est frontalier des zones tribales pakistanaises.
Ainsi, des dizaines d'insurgés, dont certains portant des vestes bourrées d'explosifs, ont attaqué mardi matin la base militaire américaine Salerno, à proximité de la ville de Khost (est), à quelque 30 km de la frontière avec le Pakistan, déjà frappée lundi par un attentat suicide des talibans qui a tué 10 civils.
"Quelque 30 talibans ont tenté d'attaquer la base. Nous avons découvert les corps de six personnes portant des vestes bourrées d'explosifs", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province de Khost, Arsala Jamal.
"Deux enfants ont été tués et trois hommes blessés alors qu'ils se trouvaient dans une maison proche de la base. Nous ne savons pas dans quelles circonstances ils ont été atteints", a précisé le service de presse du gouverneur.
Pour sa part, la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a fait état de sept insurgés tués
"Les forces de l'Isaf ont identifié un groupe d'insurgés se préparant à attaquer la base et ont ouvert le feu contre eux", a indiqué la force dans un communiqué.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats étrangers.
Publié le 23/08/2008 22:34 sur Romandie blog
D'après le récit officiel, relaté mardi 26 août par le ministre de la défense, Hervé Morin, devant les commissions défense et affaires étrangères de l'Assemblée, le groupe de tête a été attaqué à 15h45, "les insurgés, selon nos informations une petite centaine, attaquent simultanément l'arrière de la section, et la section de l'armée nationale afghane qui la suit. Les combats sont extrêmement durs et la section de tête alerte la base" de Tora "à 15h52". "Cette violence a amené à ce que nous perdions un certain nombre de nos hommes dans les premières minutes des combats", avait expliqué la semaine dernière M. Morin. A aucun moment le ministre n'a fait état d'une possible capture de soldats.
TRAHIS PAR L'INTERPRÈTE
Le Canard enchaîné laisse également entendre que que les insurgés avaient été avertis de la venue des troupes françaises, peut-être par leur interprète. "Quelques heures avant le départ en opération, le 18 août, (...) l'interprète qui devait accompagner cette petite troupe avait disparu", écrit l'hebdomadaire. "Le simple bon sens aurait dû conduire ses chefs à craindre qu'il n'ait alerté les insurgés de l'arrivée de cette 'patrouille'", souligne le rédacteur en chef du journal, Claude Angeli, au lendemain des auditions des ministres de la défense et des affaires étrangères par l'Assemblée nationale. "A Paris, on admet que les insurgés avaient été avertis, soit par l'interprète disparu, soit par des policiers ou par des soldats afghans", ajoute Le Canard.
Le journal relève d'autres exemples d'"impréparation" : les hélicoptères français qui auraient pu mener une opération de reconnaissance étaient indisponibles, car affectés à la protection du président afghan Karzaï. Le soutien aérien américain, appelé à la rescousse, n'a pu intervenir avec efficacité, poursuit l'hebdomadaire, car les combattants étaient trop proches les uns des autres.
Journal le monde.fr avec Reuters du 27 août 2008. Cest aussi la version du Canard enchaîné qui soutient que les instances gouvernementales en sont informées, ce dont le ministre de la Défense, Hervé Morin dément formellement.
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Afghanistan: l'otage japonais des talibans a été tué
JALALABAD (AFP) - Le corps d'un travailleur humanitaire japonais enlevé mardi dans l'est de l'Afghanistan par les talibans a été retrouvé criblé de balles mercredi, illustrant une nouvelle fois la situation critique des ONG dans le pays.
Le cadavre de Kazuya Ito, âgé de 31 ans, a été retrouvé mercredi matin dans une vallée à quelques 20 km de Jalalabad, la grande ville de l'est du pays.
Il avait été enlevé mardi par des hommes armés, alors qu'il se rendait sur le site d'un projet d'irrigation, dans le district de Kuz Kunar de la province de Nangarhar (est). Ce rapt avait été revendiqué par les talibans qui mènent une insurrection meurtrière dans le pays.
"Nous avons retrouvé le corps du Japonais il y a quelques minutes, dans une vallée éloignée. Il était criblé de balles. Nous le ramenons maintenant à Jalalabad", a déclaré à l'AFP Malim Mashouq, gouverneur de Kuz Kunar.
"Son chauffeur, enlevé avec lui puis libéré mardi, a identifié son corps", a-t-il ajouté.
Kazuya Ito, un agronome, travaillait en Afghanistan depuis 2003 pour Peshawar-kai, une association japonaise qui s'occupe de centres médicaux au Pakistan et en Afghanistan.
"On nous a confirmé que son corps avait malheureusement été retrouvé", a indiqué Noor Zaman, responsable adjoint de l'ONG à Jalalabad.
"Nous avons vu les informations de la presse, mais nous cherchons toujours à les vérifier", a seulement commenté un responsable du ministère des Affaires étrangères à Tokyo.
Mardi après-midi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Zemaraï Bashary, avait annoncé la libération de l'otage japonais, avant de faire marche arrière, invoquant un "malentendu" et une erreur de communication.
Les parents du jeune homme avaient imploré mardi ses ravisseurs de le libérer, dans une intervention à la télévision japonaise.
"Mon fils aime l'Afghanistan et il s'est installé là-bas uniquement pour le bien de l'Afghanistan", avait assuré sa mère.
La mort de Kazuya Ito intervient alors que la violence a atteint un niveau sans précédent en Afghanistan depuis le renversement du régime des talibans fin 2001 par la coalition internationale. Cette violence touche indistinctement les civils, les forces de sécurité afghanes et internationales ou les humanitaires.
Plus de 1.000 civils afghans ont ainsi été tués depuis le début de l'année dans des attentats ou des bavures de la coalition, selon l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan (ACBAR).
Les forces de sécurité afghanes ne sont pas en reste: 650 policiers ont péri dans des attaques au cours des seuls cinq derniers mois, selon le ministère de l'Intérieur.
Pour leur part, les ONG ont perdu 25 de leurs employés, des Afghans en grande majorité, depuis le début de l'année, soit plus qu'au cours de toute l'année 2007.
"Sans aller jusqu'à cesser leurs activités, beaucoup d'ONG ne peuvent tout simplement plus en faire autant qu'elles voudraient, leur champ d'action se rétrécit sans cesse dans le pays", explique Anja de Beer, responsable d'ACBAR, l'agence de coordination de l'aide à l'Afghanistan,
Parallèlement, les enlèvements d'étrangers se multiplient du fait de talibans ou de groupes criminels à l'affût de rançons.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.
Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080827/twl-afghanistan-japon-enlevement-aide-hu-3caf257.html
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Les familles des militaires tués en Afghanistan, les 12 et 13 septembre sur place
Par Thomas MORFIN AFP - Mercredi 27 août, 08h45
PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy a annoncé mardi à Castres (Tarn) que les familles des militaires français tués en Afghanistan se rendraient dans ce pays "les 12 et 13 septembre prochains" lors d'un voyage organisé par l'armée, pour qu'ils puissent "commencer le travail de deuil".
Le chef de l'Etat s'est rendu dans la base militaire de Castres pour rendre une nouvelle fois hommage aux huit soldats du 8e RPIMa qui ont été tués le 18 août en Afghanistan.
S'adressant "aux familles qui, la semaine dernière, aux Invalides (ndlr: jeudi, lors de l'hommage national aux soldats tombés en Afghanistan), (lui) ont fait part de leur souhait de se rendre en Afghanistan pour voir le camp français où est stationné le 8è RPIMa", M. Sarkozy a dit: "je vous l'avais promis, je vous annonce que ce déplacement se déroulera les 12 et 13 septembre prochains". "Je veux que ce déplacement aille vite. Car pour certains d'entre vous, voir le lieu où (les soldats tués) ont passé leurs derniers moments, c'est un élément qui vous permettra de commencer le travail de deuil", a-t-il ajouté.
M. Sarkozy a également souhaité que "tous les enseignements soient tirés de l'embuscade d'Uzbeen. Un tel drame ne peut pas se reproduire, en tous cas dans les mêmes conditions", a-t-il ajouté.
"J'ai demandé au ministre de la Défense et au chef d'Etat-major des armées de me proposer, très rapidement - c'est une affaire de quelques jours - les mesures qui me permettront de garantir à nos soldats les meilleures conditions de sécurité possibles dans l'accomplissement de leur mission. J'ai également souhaité que vous soyez informés de mes décisions et de leur calendrier de mise en oeuvre. Je vous dois la transparence. Vous l'aurez", a déclaré le président Sarkozy.
Les huit soldats du 8è RPMIa tués le 18 août font partie des dix tués dans une embuscade tendue par des talibans, à une cinquantaine de km à l'est de Kaboul, dans la vallée d'Uzbeen. Les combats ont également fait 21 blessés, dont 17 appartiennent également au 8E RPIMa.
Les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, ont averti mardi du risque de nouvelles pertes françaises en Afghanistan, en défendant l'engagement de la France dans ce pays, huit jours après une embuscade qui a tué dix soldats.
Lors d'une audition par les commissions Défense et Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, organisée à la suite du drame, M. Morin s'est efforcé de démontrer qu'il n'y avait pas eu de dysfonctionnement lors de la mission effectuée par les forces françaises le 18 août à l'est de Kaboul. "Rien ne permettait de prévoir" l'embuscade, a-t-il assuré, alors que l'attaque, l'incident le plus meurtrier pour des troupes françaises depuis 1983, a causé une émotion considérable.
Ce week-end, le général français commandant la force de l'Otan à Kaboul avait jeté le trouble en estimant que les militaires avaient péché par "excès de confiance".
"Nous mettons tout en oeuvre pour protéger nos soldats", a ajouté le ministre, en réponse aux critiques, notamment de certaines familles de tués. Mais, semblant vouloir préparer les esprits, M. Morin a averti : "Le risque zéro n'existe pas dans les armées". Bernard Kouchner a également prévenu qu'il était "probable malheureusement" que la France subisse de nouvelles pertes dans une mission d'une durée encore indéterminée.
Pour tirer les "enseignements" du drame, le ministre de la Défense a évoqué un renforcement des moyens de reconnaissance et de renseignement, qui avaient fait défaut lors de la mission. "Je proposerai au président de la République au début de la semaine prochaine un certain nombre de moyens supplémentaires, de drones, etc.", a-t-il dit, tout en soulignant les limites de "la supériorité technologique" sur un théâtre d'opération.
Au-delà du drame, si les ministres ont affiché leur désaccord sur l'emploi du mot "guerre" - M. Kouchner acceptant un terme que son collègue "conteste totalement" - tous deux ont cherché à justifier l'engagement de la France dans une force de l'Otan opérant sous mandat de l'Onu.
"Pas d'autre choix, d'après M. Morin, que de poursuivre l'effort de la communauté internationale", qui "concerne notre sécurité et la sécurité de nos concitoyens".
55% des français se disent opposés à l'engagement français en Afghanistan, selon un sondage réalisé après l'embuscade.
S'il insiste sur "les motifs d'espérer", Bernard Kouchner a d'ailleurs reconnu que la situation "reste préoccupante", évoquant notamment "la présence nouvelle et croissante de jihadistes internationalistes relais d'Al-Qaïda".
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080827/tpl-france-afghanistan-otan-parlement-pr-ee974b3.html
publié le 27/08/2008 15:15 sur romandie blog
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Afghanistan: dix soldats français tués, une base américaine attaquée
AFP - Mardi 19 août, 13h57
KABOUL (AFP) - Dix soldats français tués dans des combats à 50 km de Kaboul, une base américaine attaquée pour la seconde journée consécutive dans l'est du pays: les insurgés multiplient les attaques d'envergure à travers l'Afghanistan, en dépit de la présence de 70.000 soldats étrangers.
L'annonce de l'envoi de renforts français dans l'est de l'Afghanistan, où les talibans sont de plus en plus présents, avait fait craindre une augmentation des pertes dans le pays.
Mais les insurgés ont frappé à moins d'une heure de route de la capitale, qui paraît de plus en plus menacée.
Les soldats français ont péri lors d'affrontements déclenchés par une "embuscade tendue par les talibans", qui ont débuté lundi et se sont poursuivis tout au long de la nuit de lundi à mardi. Les combats ont fait 10 morts et 21 blessés, a annoncé dans un communiqué le président français Nicolas Sarkozy qui va se rendre mardi soir en Afghanistan.
"Ma détermination est intacte. La France est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté. La cause est juste, c'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre", a-t-il ajouté. Il s'agit de la journée la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre le Drakkar, à Beyrouth en 1983, au cours duquel 58 parachutistes avaient été tués, selon des sources militaires françaises.
Quelque 176 soldats étrangers sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.
Un porte-parole des talibans a affirmé que les insurgés avaient infligé "de lourdes pertes" aux forces de l'Otan.
"Ce matin, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'Otan dans le district de Saroubi, à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes", a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahed, qui a reconnu la mort de cinq talibans.
Le porte-parole du ministère de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi, a affirmé que 13 insurgés, parmi lesquels un Pakistanais, avaient été tués dans les combats de Saroubi.
La présence inédite de talibans dans ce district témoigne de leur tentative progressive d'encercler la capitale et de multiplier les opérations dans ses environs.
Lundi, les cérémonies de la fête de l'indépendance ont été réduites au strict minimum à Kaboul, sillonnée par plus de 7.000 policiers déployés en hâte, alors que l'armée américaine a fait état de "sérieuses menaces".
Mercredi, trois humanitaires canadiennes et américaine avaient été tuées avec leur chauffeur dans la province de Logar, à moins de 50 km au sud de la capitale.
Depuis le début de l'année, les talibans mènent des opérations de plus en plus spectaculaires dans la capitale, comme l'attentat visant le 14 janvier le luxueux hôtel Serena ou la tentative d'assassinat du président Hamid Karzaï lors d'un défilé militaire le 27 avril.
Dans le même temps, les insurgés ne relâchent pas la pression dans leurs bastions du sud du pays, mais aussi dans l'est frontalier des zones tribales pakistanaises.
Ainsi, des dizaines d'insurgés, dont certains portant des vestes bourrées d'explosifs, ont attaqué mardi matin la base militaire américaine Salerno, à proximité de la ville de Khost (est), à quelque 30 km de la frontière avec le Pakistan, déjà frappée lundi par un attentat suicide des talibans qui a tué 10 civils.
"Quelque 30 talibans ont tenté d'attaquer la base. Nous avons découvert les corps de six personnes portant des vestes bourrées d'explosifs", a déclaré à l'AFP le gouverneur de la province de Khost, Arsala Jamal.
"Deux enfants ont été tués et trois hommes blessés alors qu'ils se trouvaient dans une maison proche de la base. Nous ne savons pas dans quelles circonstances ils ont été atteints", a précisé le service de presse du gouverneur.
Pour sa part, la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) a fait état de sept insurgés tués
"Les forces de l'Isaf ont identifié un groupe d'insurgés se préparant à attaquer la base et ont ouvert le feu contre eux", a indiqué la force dans un communiqué.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats étrangers.
Publié le 23/08/2008 22:34 sur Romandie blog
Révélations : le récit détaillé de l'embuscade en Afghanistan
Des forces françaises patrouillent mardi dans le secteur de Kapisa. Crédits photo : AFP
Isabelle Lasserre
22/08/2008 - Le figaro
«Le Figaro» a pu reconstituer la chronologie minute par minute de l'attaque dans laquelle dix militaires français ont péri le 18 août en Afghanistan.
Grâce à des informations obtenues auprès de plusieurs sources très proches du dossier, Le Figaro est en mesure de reconstituer en détail l'embuscade lancée par les insurgés afghans contre une patrouille de reconnaissance, qui a coûté la vie à dix soldats français le 18 août.
Cette chronologie minute par minute invalide les témoignages recueillis à Kaboul auprès de certains soldats blessés, que Le Monde avait publiés dans son édition datée de jeudi. Selon ces premiers témoignages, le nombre élevé de victimes de l'embuscade menée par les talibans contre la patrouille française s'expliquerait en partie par la lenteur de la réaction du commandement et par des ratés dans la coordination. Toujours selon Le Monde, l'unité partie reconnaître à pied le col de Saroubli serait restée quatre heures sous le feu ennemi sans renfort. Elle aurait, de surcroît, manqué de munitions. Quant aux avions de l'Otan venus en renfort, ils auraient manqué leur cible et touché des soldats français.
L'Otan a catégoriquement démenti jeudi les informations faisant état de tirs fratricides, estimant qu'elles étaient «totalement infondées». Quant à la rapidité de réaction, elle n'est pas en doute non plus. De nombreux éléments de renforts ont été envoyés sur place très vite, 25 minutes, pour les premiers, après le début de l'attaque. Mais il leur fallait le temps d'arriver, et de progresser sur un terrain accidenté et peu sûr.
Si l'arrière de la colonne n'a pas pu porter secours aux éléments avancés partis à pied reconnaître le col, ce n'est pas en raison d'une défaillance des troupes françaises, mais parce que les talibans ont coupé la patrouille en deux. Ils ont d'abord attaqué les 22 militaires qui évoluaient à pied sur la crête. Puis ils les ont encerclés et ont immédiatement frappé la section arrière, pour empêcher qu'elle puisse porter secours à l'avant. Les talibans ont aussi délibérément visé l'adjoint du chef de section et le radio, les premiers à être tombés sous les tirs de leurs snipers. Ce qui explique pourquoi les communications ont été coupées. L'embuscade avait été très bien préparée. Les assaillants bénéficiaient manifestement de renseignements d'une grande précision concernant la patrouille française, son itinéraire et le nombre de forces engagées.
Depuis que la France a pris le commandement de la région centre, le 5 août, plusieurs patrouilles avaient effectué des missions de reconnaissance et de renseignement dans le secteur, qui se trouve dans les vallées d'Uzbin et de Tizin. Les talibans se faisaient plutôt rares dans la région. Les forces italiennes, qui avaient précédemment commandé la région, n'avaient pas rencontré de problèmes. Même si, selon plusieurs témoignages, elles ne s'étaient guère aventurées hors de leur camp. Quoi qu'il en soit, en cette mi-août torride, «la situation est calme», rapportaient les militaires sur place. Il y avait bien eu quelques «menaces d'attaques», non suivies d'effet. Jusqu'au 18 août.
Voici le déroulé des faits, tel que nous avons pu le reconstituer :
Le 18 août au matin, deux sections françaises d'élite, du 8e RPIMa et du régiment de marche du Tchad, font route vers la vallée d'Uzbin avec deux sections de l'armée afghane et des éléments des forces spéciales américaines. Ces dernières concentrent leur attention sur la présence des talibans en Afghanistan. Quant aux forces armées afghanes, elles sont formées depuis plusieurs années par des instructeurs français. La zone patrouillée se trouve au nord-est de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, Kaboul. Soit environ 45 minutes, par la route.
13 h 30 : Les fantassins du 8e RPIMa partent reconnaître à pied un col qui culmine à 2 000 mètres, sur une route en lacet s'étirant sur 4 à 5 kilomètres. L'ambiance est suffocante, il fait plus de 30 degrés. Les fantassins sont ralentis par la poussière orange qui s'infiltre partout et par la lourdeur de leurs gilets pare-balles.
15 h 30 : La section à pied est attaquée à l'arme légère et au lance-roquettes par des insurgés. Plusieurs militaires sont blessés. Après avoir encerclé l'avant-garde de la section, les talibans, qui sont environ une centaine, attaquent l'arrière de la colonne, avant de l'encercler. Les combats sont intenses. Le régiment de marche du Tchad (RMT) placé en appui, est à son tour encerclé. Le piège s'est refermé.
15 h 52 : La patrouille alerte la base.
15 h 55 : La section de réaction rapide est envoyée en renfort. Elle arrive sur place une heure plus tard.
16 h 30 : Une nouvelle section est envoyée en renfort de la base Tora. Elle est équipée de mortiers de 81 mm.
16 h 50 : Des avions de combat, guidés par les soldats américains au sol, arrivent. Les F 15 s'abstiennent de tirer, par crainte de commettre des dégâts collatéraux, les insurgés et les forces alliées étant trop imbriqués.
17 h 50 : Deux hélicoptères américains tentent d'évacuer les blessés, mais ne peuvent pas se poser. Les tirs sont trop nourris. Toute la zone est à feu et à sang.
17 h 58 : Deux hélicoptères français Caracals décollent vers la zone de combat pour tenter d'apporter un appui aux troupes au sol.
18 h 15 : Les hélicoptères déposent un médecin et dix commandos. Le bataillon français de Kaboul engage trois sections d'infanterie, dont l'une est héliportée à proximité, sur la base Tora.
18 h 25 : Les mortiers de 81 mm arrivés en renfort ouvrent le feu.
Vers 20 heures, les hélicoptères Caracals réussissent à évacuer plusieurs blessés.
Jusqu'à 21 h 30, les insurgés continuent leurs attaques contre la patrouille. Ils sont bien équipés et semblent bénéficier d'énormes réserves de munitions.
À 21 h 30, le feu se calme. Des groupes d'infanterie se dirigent dans la vallée d'Uzbin pour reprendre le contrôle de la zone. Leur travail est compliqué par la tombée de la nuit. Quelques blessés sont évacués.
À partir de 23 heures, des munitions sont acheminées sur les lieux pour aider les forces françaises à répliquer aux insurgés. Les recherches pour retrouver les disparus se poursuivent jusque tard dans la nuit. Mais les hommes peinent. L'obscurité est totale. L'ensemble des corps ne sera retrouvé que le matin.
À 4 heures, le 19 août, un véhicule de transport blindé participant aux évacuations tombe dans un ravin à cause d'un effondrement de terrain. Un soldat français est tué et trois autres sont blessés. L'évacuation des blessés se poursuit toute la nuit.
À 9 heures, les insurgés attaquent à nouveau au mortier les unités françaises. Mais cette fois brièvement et sans faire de blessés.
Pendant toute la durée des combats, les drones de combat Predator de l'Otan ont surveillé les alentours pour prévenir l'arrivée éventuelle de renforts talibans. Deux avions tueurs de chars A 10 Thunderbolt ont ouvert le feu : ils ont tiré 1 340 coups en 30 minutes. Les unités françaises ont aussi bénéficié du soutien rapproché aérien des avions américains, qui ont été guidés par les forces spéciales américaines.
Bilan de l'embuscade : 10 morts français au combat et 21 blessés. Les talibans auraient perdu 39 ou 40 hommes, dont un de leurs chefs. L'armée afghane déplore deux blessés. Un interprète afghan a aussi été tué.
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Les renforts ont-ils tardé? Y a-t-il eu des tirs fratricides? Les soldats sont-ils trop jeunes? Suffisamment entraînés? Les réponses à sept questions, quelques jours après la mort de dix soldats français en Afghanistan.
JEAN-DOMINIQUE MERCHET et JEAN-PIERRE PERRIN
QUOTIDIEN : vendredi 22 août 2008
Hélicoptère de l'armée française à Kaboul. (AFP)
Quatre jours après l’embuscade meurtrière dans laquelle est tombée l’armée française en Afghanistan, l’état-major des armées essaie toujours de reconstituer le déroulement exact des faits qui ont abouti à la mort de dix soldats. Si les informations précises remontent lentement du théâtre des opérations, c’est que la priorité a été donnée au sort des victimes puis… à la visite impromptue du président de la République. Le débriefing était en cours. Voici les éléments que nous avons déjà pu recueillir.
1. Comment s’est déroulée l’embuscade ?
Lundi, une colonne d’une centaine d’hommes quitte la base opérationnelle avancée (FOB) de Tora, dans la bourgade de Saroubi, située sur l’une des routes qui relie Kaboul au Pakistan. Il s’agit de reconnaître la vallée d’Uzbin, au-delà du 35e parallèle. Depuis qu’ils ont relevé le contingent italien, début août, les militaires français ne sont pas remontés aussi loin dans cette vallée orientée nord-sud. En tête de la colonne, une section du 8e RPIMa - le «8» -, à bord de quatre véhicules de l’avant blindé (VAB). Derrière, des hommes de l’armée nationale afghane et une section du régiment de marche du Tchad (RMT), également sur VAB. Quelques forces spéciales américaines, chargées de l’appui aérien, les accompagnent.
A l’approche d’un col, sur une piste escarpée à environ 2 000 mètres d’altitude, la section Carmin 2 débarque des véhicules - qui restent en appui à l’arrière, avec leur mitrailleuse - pour aller reconnaître les lieux. A 15 h 45 (et non 13 h 30, comme indiqué précédemment), ils sont pris sous le feu d’un groupe ennemi de 30 à 50 hommes, dont des éléments installés dans les maisons d’un hameau. Les premiers paras français tombent, en particulier le radio, l’adjoint du chef de section et l’interprète afghan. L’adjudant qui les commande est blessé au bras et récupère la radio. Le contact radio est repris au terme d’un gros quart d’heure.
Le dispositif est désorganisé, les hommes ripostent avec leur arme individuelle et cherchent des abris pour se protéger des tirs, précis, de l’adversaire. Celui-ci s’en prend également au reste de la colonne sur la route. Un VAB est touché par des tirs, vraisemblablement une roquette RPG, sans faire de victime. Neuf Français sont tués et dix-huit blessés pendant les quatre premières heures. Un légionnaire, qui sert comme infirmier, est tué alors qu’il porte secours aux blessés. Après les premiers affrontements, très violents, des combats sporadiques vont se poursuivre pendant plusieurs heures. La priorité était de dégager la section prise sous le feu de l’ennemi. Les talibans auraient reçu des renforts, atteignant jusqu’à une centaine d’hommes.
Selon nos informations, le bataillon français n’a pas demandé de reconnaissance aérienne avant d’engager la colonne dans la vallée. Si la France ne dispose d’aucun drone en Afghanistan, elle maintient deux hélicoptères à Kaboul, en l’occurrence deux EC-725 Caracal de l’armée de l’air. Ceux-ci n’ont reçu aucune demande de la part du commandement français pour éclairer l’itinéraire. Arrivés sur place depuis avril, ils avaient pourtant déjà rempli des missions de ce type pour les Italiens, déployés précédemment dans le secteur.
2. Quelle est l’importance stratégique de cette route ?
Peu fréquentée parce que peu sûre et très accidentée, la route en lacets où a eu lieu l’embuscade relie le district de Saroubi, dans la région de Kaboul, où les Français sont déployés depuis six ans, à celui de Tagab, dans la province voisine de Kapissa, où s’installe le nouveau contingent français de 700 hommes envoyé en Afghanistan. C’est une zone stratégique dominant la plaine de Chomali et la base aérienne de Bagram, la principale du dispositif de l’Otan en Afghanistan. Cette région, le Kohistan - le pays des montagnes en farsi - mène au Panshir, fief du défunt commandant Massoud. La province de Kapissa est peuplée en majorité de Pachtouns, l’ethnie majoritaire du pays (38 %), dont les talibans sont issus.
3. Les renforts ont-ils tardé ?
Dix minutes après le début de l’accrochage, une section en alerte sur la base de Saroubi est dépêchée en renfort. Elle arrive sur les lieux, distants de plus de dix kilomètres, une heure plus tard. Une autre section, équipée de mortiers, la suit, puis une compagnie (environ 150 hommes) arrivera plus tard de Kaboul. Ils participeront essentiellement au «ratissage» nocturne de la zone, afin de regrouper les éléments français et permettre leur exfiltration. Par ailleurs, les artilleurs français vont tirer 42 coups de mortier de 120 mm sur les talibans. Les contrôleurs aériens américains qui accompagnent la colonne appellent aussitôt l’aviation à l’aide. Deux F-15 de l’US Air Force sont en alerte dans le ciel à ce moment-là. Toutefois, ils ne peuvent faire usage de leurs bombes guidées à cause de la trop grande imbrication des forces amies et ennemies. Deux avions d’attaque A-10, armés d’un puissant canon de 30 mm, décollent alors de la base voisine de Bagram. Ils interviennent contre les talibans à 16 h 50, soit une heure après le début de l’embuscade.
D’autres appuis aériens seront fournis par des hélicoptères de combat Kiowa et, dans la nuit, par un gunship C-130 américain. Les deux hélicoptères français Caracal de l’armée de l’air sont utilisés pour l’évacuation des blessés, l’envoi de renforts et de munitions.
4. Y a-t-il eu des tirs fratricides ?
L’accusation est portée par un blessé français, cité par le Monde. A l’état-major des armées, deux sources très proches du dossier assurent ne pas disposer «d’éléments» allant dans ce sens. L’armée américaine comme l’Otan affirment la même chose. Toutefois, l’imbrication des paras du 8e RPIMa et des talibans était telle - se mesurant en dizaines de mètres - qu’il n’est pas totalement exclu que des éclats de munitions ou de pierres provenant de tirs amis aient pu toucher des soldats français. Plusieurs milliers d’obus d’aviation ont été tirés au cours des combats et les tirs fratricides sont malheureusement un grand classique de toute bataille.
5. Les soldats sont-ils bien entraînés ? Sont-ils trop jeunes ?
Les militaires du rang sont en général des hommes jeunes. Les hommes de la section avaient environ 20 ans et étaient commandés par des sous-officiers de moins de 30 ans. Il n’y a là rien d’extraordinaire. Les paras du «8» sont considérés comme appartenant à une troupe d’élite. La sélection et la formation y sont rigoureuses, effectuées par des cadres qui ont une longue expérience des opérations extérieures. La formation de base dure six mois, puis les hommes se préparent à partir en mission. Le «8» s’est entraîné et préparé pendant près d’un semestre avant de partir en Afghanistan. Les hommes engagés là-bas ont tous au moins un an de service.
Pour beaucoup, cependant, c’était leur première opération. Là encore, il ne faut pas en tirer des conclusions trop rapides. Rien ne prépare mieux à la guerre que la guerre elle-même. C’est la première fois qu’ils la rencontraient. Il n’en aurait pas été autrement s’ils avaient effectué auparavant quelques séjours plus paisibles au Sud-Liban, au Kosovo ou même en Afghanistan.
6. Que sait-on des assaillants ?
La guérilla afghane a ses règles : un groupe ne lance jamais une attaque - jadis contre les Soviétiques ou aujourd’hui contre l’Otan - s’il n’est pas de la région ou s’il n’a pas négocié avec les chefs locaux, aussi bien politiques que religieux, qui auront à subir les représailles. En ces terres pachtounes, les talibans ont des appuis mais la région fut et reste avant tout une place forte du Hezb-e islami, le groupe fondamentaliste de Gulbuddin Hekmatyar, seigneur de guerre qui mena la lutte contre l’armée soviétique, combattit un moment les talibans, puis s’allia avec eux après 2002 et son départ d’Iran, où il s’était réfugié en 1998.
Tout rapproche le Hezb-e islami des talibans, le fondamentalisme religieux comme les liens avec l’ISI, les services secrets pakistanais, qui sont, pour ce groupe, encore plus étroits et plus anciens. Cela fait trente ans que les hommes d’Hekmatyar font la guerre. Même s’ils ne sont plus très nombreux, ils ont l’expérience et ils ont du matériel.
7. L’équipement est-il adapté ?
Des soldats engagés dans l’embuscade se seraient plaints d’avoir été à cours de munitions. C’est possible, car ils avaient sans doute laissé une partie de leur équipement à bord des véhicules. Qui plus est, dans l’action, seules des troupes qui ont déjà connu le feu à plusieurs reprises sont réellement capables d’appliquer la règle essentielle qui est d’économiser ses munitions. La dotation d’un soldat est de six chargeurs de 25 cartouches, soit 150 coups. A l’entraînement, c’est énorme. A la guerre, quasiment rien.
Pour le reste, le choix fait par l’état-major a été d’envoyer des troupes d’infanterie légère en Afghanistan. C’est une tradition bien enracinée dans l’armée française, qui est de privilégier le para «souple, félin, manœuvrier» face aux moyens plus lourds. Les militaires français sont équipés aussi bien que peuvent l’être de telles troupes. Le blindage des véhicules a été renforcé, même s’ils restent encore très vulnérables. Ainsi, le plancher des chars légers AMX-10 RC ne résisterait pas à l’explosion d’une mine. Des équipements de brouillage des engins explosifs improvisés ont été installés, après avoir été prélevés auprès du contingent français au Liban. Les hommes sont tous équipés de gilets pare-balles et de casques lourds performants. En revanche, leurs effets personnels (chaussures, sac à dos, couchage, etc.) sont souvent acquis à leurs frais, ceux en dotation n’étant pas de très bonne qualité.
Mais l’infanterie légère reste l’infanterie légère. Le soldat qui sert la mitrailleuse du VAB le fait sans protection. On débarque pour reconnaître à pied un site dangereux, là où des blindés se risqueraient sous la protection de leur blindage. Il manque de moyens d’appui, comme des canons. Pire, une reconnaissance aérienne de l’itinéraire aurait sans doute permis de voir le piège tendu.
A la demande expresse du chef de l’Etat, l’état-major va devoir tirer les enseignements de cette embuscade et sans doute revoir une partie de ses procédures.
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selon la journaliste de France Info il n'y aurait pas eu besoin de faire des reconnaissances en hélicoptère avant l'opération en suivant le code de procédure. Elles ne doivent avoir lieu que si avant l'opération de reconnaissance des informations militaires ont averti d'un risque d'attaque ou si les opérations sont des opérations d'attaqe à proprement parler. Ce qui n'était pas le cas dans la situation.
Les troupesfrançaises avaient seulement dépassé la zone de reconnaissance qu'ils avaient faite la veille en visitant un village pour questionner les habitants. Ils ont dépassé le village qu'ils avaent visité la veile et c'est en se dirigeant vers le col qu'ils ont reçu l'ordre de descendre pour faire la reconnaissance. C'est à ce moment,,vers 18H15, que les Talibans ort attaqué. Un héliocptère américain est arrivé pour tirer sur les assaillants mais ils ont essuyé des tis de requêtes et dans la confusion ils ont pu laisser éclater des impacts sur les soldats de la coalition. Ils sont alors repartis. Et quelques minutes plus tard deux hélicoptères français sont venus chercher les blessés. Tard dans la nuit, vers 2 H l'opération de sauvetage était terminée. Et c'est en retournant vers la base que le blindé s'est retourné das un ravin vers 4H du matin dans la nut noire. C'est pouquoi le bilan est aussi lourd : 21 décès dont 10 français du RPIMA du Tchad à Castres.
Publié le 22.08.08 sur romandie blog
Isabelle Lasserre
22/08/2008 - Le figaro
«Le Figaro» a pu reconstituer la chronologie minute par minute de l'attaque dans laquelle dix militaires français ont péri le 18 août en Afghanistan.
Grâce à des informations obtenues auprès de plusieurs sources très proches du dossier, Le Figaro est en mesure de reconstituer en détail l'embuscade lancée par les insurgés afghans contre une patrouille de reconnaissance, qui a coûté la vie à dix soldats français le 18 août.
Cette chronologie minute par minute invalide les témoignages recueillis à Kaboul auprès de certains soldats blessés, que Le Monde avait publiés dans son édition datée de jeudi. Selon ces premiers témoignages, le nombre élevé de victimes de l'embuscade menée par les talibans contre la patrouille française s'expliquerait en partie par la lenteur de la réaction du commandement et par des ratés dans la coordination. Toujours selon Le Monde, l'unité partie reconnaître à pied le col de Saroubli serait restée quatre heures sous le feu ennemi sans renfort. Elle aurait, de surcroît, manqué de munitions. Quant aux avions de l'Otan venus en renfort, ils auraient manqué leur cible et touché des soldats français.
L'Otan a catégoriquement démenti jeudi les informations faisant état de tirs fratricides, estimant qu'elles étaient «totalement infondées». Quant à la rapidité de réaction, elle n'est pas en doute non plus. De nombreux éléments de renforts ont été envoyés sur place très vite, 25 minutes, pour les premiers, après le début de l'attaque. Mais il leur fallait le temps d'arriver, et de progresser sur un terrain accidenté et peu sûr.
Si l'arrière de la colonne n'a pas pu porter secours aux éléments avancés partis à pied reconnaître le col, ce n'est pas en raison d'une défaillance des troupes françaises, mais parce que les talibans ont coupé la patrouille en deux. Ils ont d'abord attaqué les 22 militaires qui évoluaient à pied sur la crête. Puis ils les ont encerclés et ont immédiatement frappé la section arrière, pour empêcher qu'elle puisse porter secours à l'avant. Les talibans ont aussi délibérément visé l'adjoint du chef de section et le radio, les premiers à être tombés sous les tirs de leurs snipers. Ce qui explique pourquoi les communications ont été coupées. L'embuscade avait été très bien préparée. Les assaillants bénéficiaient manifestement de renseignements d'une grande précision concernant la patrouille française, son itinéraire et le nombre de forces engagées.
Depuis que la France a pris le commandement de la région centre, le 5 août, plusieurs patrouilles avaient effectué des missions de reconnaissance et de renseignement dans le secteur, qui se trouve dans les vallées d'Uzbin et de Tizin. Les talibans se faisaient plutôt rares dans la région. Les forces italiennes, qui avaient précédemment commandé la région, n'avaient pas rencontré de problèmes. Même si, selon plusieurs témoignages, elles ne s'étaient guère aventurées hors de leur camp. Quoi qu'il en soit, en cette mi-août torride, «la situation est calme», rapportaient les militaires sur place. Il y avait bien eu quelques «menaces d'attaques», non suivies d'effet. Jusqu'au 18 août.
Voici le déroulé des faits, tel que nous avons pu le reconstituer :
Le 18 août au matin, deux sections françaises d'élite, du 8e RPIMa et du régiment de marche du Tchad, font route vers la vallée d'Uzbin avec deux sections de l'armée afghane et des éléments des forces spéciales américaines. Ces dernières concentrent leur attention sur la présence des talibans en Afghanistan. Quant aux forces armées afghanes, elles sont formées depuis plusieurs années par des instructeurs français. La zone patrouillée se trouve au nord-est de Surobi, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, Kaboul. Soit environ 45 minutes, par la route.
13 h 30 : Les fantassins du 8e RPIMa partent reconnaître à pied un col qui culmine à 2 000 mètres, sur une route en lacet s'étirant sur 4 à 5 kilomètres. L'ambiance est suffocante, il fait plus de 30 degrés. Les fantassins sont ralentis par la poussière orange qui s'infiltre partout et par la lourdeur de leurs gilets pare-balles.
15 h 30 : La section à pied est attaquée à l'arme légère et au lance-roquettes par des insurgés. Plusieurs militaires sont blessés. Après avoir encerclé l'avant-garde de la section, les talibans, qui sont environ une centaine, attaquent l'arrière de la colonne, avant de l'encercler. Les combats sont intenses. Le régiment de marche du Tchad (RMT) placé en appui, est à son tour encerclé. Le piège s'est refermé.
15 h 52 : La patrouille alerte la base.
15 h 55 : La section de réaction rapide est envoyée en renfort. Elle arrive sur place une heure plus tard.
16 h 30 : Une nouvelle section est envoyée en renfort de la base Tora. Elle est équipée de mortiers de 81 mm.
16 h 50 : Des avions de combat, guidés par les soldats américains au sol, arrivent. Les F 15 s'abstiennent de tirer, par crainte de commettre des dégâts collatéraux, les insurgés et les forces alliées étant trop imbriqués.
17 h 50 : Deux hélicoptères américains tentent d'évacuer les blessés, mais ne peuvent pas se poser. Les tirs sont trop nourris. Toute la zone est à feu et à sang.
17 h 58 : Deux hélicoptères français Caracals décollent vers la zone de combat pour tenter d'apporter un appui aux troupes au sol.
18 h 15 : Les hélicoptères déposent un médecin et dix commandos. Le bataillon français de Kaboul engage trois sections d'infanterie, dont l'une est héliportée à proximité, sur la base Tora.
18 h 25 : Les mortiers de 81 mm arrivés en renfort ouvrent le feu.
Vers 20 heures, les hélicoptères Caracals réussissent à évacuer plusieurs blessés.
Jusqu'à 21 h 30, les insurgés continuent leurs attaques contre la patrouille. Ils sont bien équipés et semblent bénéficier d'énormes réserves de munitions.
À 21 h 30, le feu se calme. Des groupes d'infanterie se dirigent dans la vallée d'Uzbin pour reprendre le contrôle de la zone. Leur travail est compliqué par la tombée de la nuit. Quelques blessés sont évacués.
À partir de 23 heures, des munitions sont acheminées sur les lieux pour aider les forces françaises à répliquer aux insurgés. Les recherches pour retrouver les disparus se poursuivent jusque tard dans la nuit. Mais les hommes peinent. L'obscurité est totale. L'ensemble des corps ne sera retrouvé que le matin.
À 4 heures, le 19 août, un véhicule de transport blindé participant aux évacuations tombe dans un ravin à cause d'un effondrement de terrain. Un soldat français est tué et trois autres sont blessés. L'évacuation des blessés se poursuit toute la nuit.
À 9 heures, les insurgés attaquent à nouveau au mortier les unités françaises. Mais cette fois brièvement et sans faire de blessés.
Pendant toute la durée des combats, les drones de combat Predator de l'Otan ont surveillé les alentours pour prévenir l'arrivée éventuelle de renforts talibans. Deux avions tueurs de chars A 10 Thunderbolt ont ouvert le feu : ils ont tiré 1 340 coups en 30 minutes. Les unités françaises ont aussi bénéficié du soutien rapproché aérien des avions américains, qui ont été guidés par les forces spéciales américaines.
Bilan de l'embuscade : 10 morts français au combat et 21 blessés. Les talibans auraient perdu 39 ou 40 hommes, dont un de leurs chefs. L'armée afghane déplore deux blessés. Un interprète afghan a aussi été tué.
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Les renforts ont-ils tardé? Y a-t-il eu des tirs fratricides? Les soldats sont-ils trop jeunes? Suffisamment entraînés? Les réponses à sept questions, quelques jours après la mort de dix soldats français en Afghanistan.
JEAN-DOMINIQUE MERCHET et JEAN-PIERRE PERRIN
QUOTIDIEN : vendredi 22 août 2008
Hélicoptère de l'armée française à Kaboul. (AFP)
Quatre jours après l’embuscade meurtrière dans laquelle est tombée l’armée française en Afghanistan, l’état-major des armées essaie toujours de reconstituer le déroulement exact des faits qui ont abouti à la mort de dix soldats. Si les informations précises remontent lentement du théâtre des opérations, c’est que la priorité a été donnée au sort des victimes puis… à la visite impromptue du président de la République. Le débriefing était en cours. Voici les éléments que nous avons déjà pu recueillir.
1. Comment s’est déroulée l’embuscade ?
Lundi, une colonne d’une centaine d’hommes quitte la base opérationnelle avancée (FOB) de Tora, dans la bourgade de Saroubi, située sur l’une des routes qui relie Kaboul au Pakistan. Il s’agit de reconnaître la vallée d’Uzbin, au-delà du 35e parallèle. Depuis qu’ils ont relevé le contingent italien, début août, les militaires français ne sont pas remontés aussi loin dans cette vallée orientée nord-sud. En tête de la colonne, une section du 8e RPIMa - le «8» -, à bord de quatre véhicules de l’avant blindé (VAB). Derrière, des hommes de l’armée nationale afghane et une section du régiment de marche du Tchad (RMT), également sur VAB. Quelques forces spéciales américaines, chargées de l’appui aérien, les accompagnent.
A l’approche d’un col, sur une piste escarpée à environ 2 000 mètres d’altitude, la section Carmin 2 débarque des véhicules - qui restent en appui à l’arrière, avec leur mitrailleuse - pour aller reconnaître les lieux. A 15 h 45 (et non 13 h 30, comme indiqué précédemment), ils sont pris sous le feu d’un groupe ennemi de 30 à 50 hommes, dont des éléments installés dans les maisons d’un hameau. Les premiers paras français tombent, en particulier le radio, l’adjoint du chef de section et l’interprète afghan. L’adjudant qui les commande est blessé au bras et récupère la radio. Le contact radio est repris au terme d’un gros quart d’heure.
Le dispositif est désorganisé, les hommes ripostent avec leur arme individuelle et cherchent des abris pour se protéger des tirs, précis, de l’adversaire. Celui-ci s’en prend également au reste de la colonne sur la route. Un VAB est touché par des tirs, vraisemblablement une roquette RPG, sans faire de victime. Neuf Français sont tués et dix-huit blessés pendant les quatre premières heures. Un légionnaire, qui sert comme infirmier, est tué alors qu’il porte secours aux blessés. Après les premiers affrontements, très violents, des combats sporadiques vont se poursuivre pendant plusieurs heures. La priorité était de dégager la section prise sous le feu de l’ennemi. Les talibans auraient reçu des renforts, atteignant jusqu’à une centaine d’hommes.
Selon nos informations, le bataillon français n’a pas demandé de reconnaissance aérienne avant d’engager la colonne dans la vallée. Si la France ne dispose d’aucun drone en Afghanistan, elle maintient deux hélicoptères à Kaboul, en l’occurrence deux EC-725 Caracal de l’armée de l’air. Ceux-ci n’ont reçu aucune demande de la part du commandement français pour éclairer l’itinéraire. Arrivés sur place depuis avril, ils avaient pourtant déjà rempli des missions de ce type pour les Italiens, déployés précédemment dans le secteur.
2. Quelle est l’importance stratégique de cette route ?
Peu fréquentée parce que peu sûre et très accidentée, la route en lacets où a eu lieu l’embuscade relie le district de Saroubi, dans la région de Kaboul, où les Français sont déployés depuis six ans, à celui de Tagab, dans la province voisine de Kapissa, où s’installe le nouveau contingent français de 700 hommes envoyé en Afghanistan. C’est une zone stratégique dominant la plaine de Chomali et la base aérienne de Bagram, la principale du dispositif de l’Otan en Afghanistan. Cette région, le Kohistan - le pays des montagnes en farsi - mène au Panshir, fief du défunt commandant Massoud. La province de Kapissa est peuplée en majorité de Pachtouns, l’ethnie majoritaire du pays (38 %), dont les talibans sont issus.
3. Les renforts ont-ils tardé ?
Dix minutes après le début de l’accrochage, une section en alerte sur la base de Saroubi est dépêchée en renfort. Elle arrive sur les lieux, distants de plus de dix kilomètres, une heure plus tard. Une autre section, équipée de mortiers, la suit, puis une compagnie (environ 150 hommes) arrivera plus tard de Kaboul. Ils participeront essentiellement au «ratissage» nocturne de la zone, afin de regrouper les éléments français et permettre leur exfiltration. Par ailleurs, les artilleurs français vont tirer 42 coups de mortier de 120 mm sur les talibans. Les contrôleurs aériens américains qui accompagnent la colonne appellent aussitôt l’aviation à l’aide. Deux F-15 de l’US Air Force sont en alerte dans le ciel à ce moment-là. Toutefois, ils ne peuvent faire usage de leurs bombes guidées à cause de la trop grande imbrication des forces amies et ennemies. Deux avions d’attaque A-10, armés d’un puissant canon de 30 mm, décollent alors de la base voisine de Bagram. Ils interviennent contre les talibans à 16 h 50, soit une heure après le début de l’embuscade.
D’autres appuis aériens seront fournis par des hélicoptères de combat Kiowa et, dans la nuit, par un gunship C-130 américain. Les deux hélicoptères français Caracal de l’armée de l’air sont utilisés pour l’évacuation des blessés, l’envoi de renforts et de munitions.
4. Y a-t-il eu des tirs fratricides ?
L’accusation est portée par un blessé français, cité par le Monde. A l’état-major des armées, deux sources très proches du dossier assurent ne pas disposer «d’éléments» allant dans ce sens. L’armée américaine comme l’Otan affirment la même chose. Toutefois, l’imbrication des paras du 8e RPIMa et des talibans était telle - se mesurant en dizaines de mètres - qu’il n’est pas totalement exclu que des éclats de munitions ou de pierres provenant de tirs amis aient pu toucher des soldats français. Plusieurs milliers d’obus d’aviation ont été tirés au cours des combats et les tirs fratricides sont malheureusement un grand classique de toute bataille.
5. Les soldats sont-ils bien entraînés ? Sont-ils trop jeunes ?
Les militaires du rang sont en général des hommes jeunes. Les hommes de la section avaient environ 20 ans et étaient commandés par des sous-officiers de moins de 30 ans. Il n’y a là rien d’extraordinaire. Les paras du «8» sont considérés comme appartenant à une troupe d’élite. La sélection et la formation y sont rigoureuses, effectuées par des cadres qui ont une longue expérience des opérations extérieures. La formation de base dure six mois, puis les hommes se préparent à partir en mission. Le «8» s’est entraîné et préparé pendant près d’un semestre avant de partir en Afghanistan. Les hommes engagés là-bas ont tous au moins un an de service.
Pour beaucoup, cependant, c’était leur première opération. Là encore, il ne faut pas en tirer des conclusions trop rapides. Rien ne prépare mieux à la guerre que la guerre elle-même. C’est la première fois qu’ils la rencontraient. Il n’en aurait pas été autrement s’ils avaient effectué auparavant quelques séjours plus paisibles au Sud-Liban, au Kosovo ou même en Afghanistan.
6. Que sait-on des assaillants ?
La guérilla afghane a ses règles : un groupe ne lance jamais une attaque - jadis contre les Soviétiques ou aujourd’hui contre l’Otan - s’il n’est pas de la région ou s’il n’a pas négocié avec les chefs locaux, aussi bien politiques que religieux, qui auront à subir les représailles. En ces terres pachtounes, les talibans ont des appuis mais la région fut et reste avant tout une place forte du Hezb-e islami, le groupe fondamentaliste de Gulbuddin Hekmatyar, seigneur de guerre qui mena la lutte contre l’armée soviétique, combattit un moment les talibans, puis s’allia avec eux après 2002 et son départ d’Iran, où il s’était réfugié en 1998.
Tout rapproche le Hezb-e islami des talibans, le fondamentalisme religieux comme les liens avec l’ISI, les services secrets pakistanais, qui sont, pour ce groupe, encore plus étroits et plus anciens. Cela fait trente ans que les hommes d’Hekmatyar font la guerre. Même s’ils ne sont plus très nombreux, ils ont l’expérience et ils ont du matériel.
7. L’équipement est-il adapté ?
Des soldats engagés dans l’embuscade se seraient plaints d’avoir été à cours de munitions. C’est possible, car ils avaient sans doute laissé une partie de leur équipement à bord des véhicules. Qui plus est, dans l’action, seules des troupes qui ont déjà connu le feu à plusieurs reprises sont réellement capables d’appliquer la règle essentielle qui est d’économiser ses munitions. La dotation d’un soldat est de six chargeurs de 25 cartouches, soit 150 coups. A l’entraînement, c’est énorme. A la guerre, quasiment rien.
Pour le reste, le choix fait par l’état-major a été d’envoyer des troupes d’infanterie légère en Afghanistan. C’est une tradition bien enracinée dans l’armée française, qui est de privilégier le para «souple, félin, manœuvrier» face aux moyens plus lourds. Les militaires français sont équipés aussi bien que peuvent l’être de telles troupes. Le blindage des véhicules a été renforcé, même s’ils restent encore très vulnérables. Ainsi, le plancher des chars légers AMX-10 RC ne résisterait pas à l’explosion d’une mine. Des équipements de brouillage des engins explosifs improvisés ont été installés, après avoir été prélevés auprès du contingent français au Liban. Les hommes sont tous équipés de gilets pare-balles et de casques lourds performants. En revanche, leurs effets personnels (chaussures, sac à dos, couchage, etc.) sont souvent acquis à leurs frais, ceux en dotation n’étant pas de très bonne qualité.
Mais l’infanterie légère reste l’infanterie légère. Le soldat qui sert la mitrailleuse du VAB le fait sans protection. On débarque pour reconnaître à pied un site dangereux, là où des blindés se risqueraient sous la protection de leur blindage. Il manque de moyens d’appui, comme des canons. Pire, une reconnaissance aérienne de l’itinéraire aurait sans doute permis de voir le piège tendu.
A la demande expresse du chef de l’Etat, l’état-major va devoir tirer les enseignements de cette embuscade et sans doute revoir une partie de ses procédures.
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selon la journaliste de France Info il n'y aurait pas eu besoin de faire des reconnaissances en hélicoptère avant l'opération en suivant le code de procédure. Elles ne doivent avoir lieu que si avant l'opération de reconnaissance des informations militaires ont averti d'un risque d'attaque ou si les opérations sont des opérations d'attaqe à proprement parler. Ce qui n'était pas le cas dans la situation.
Les troupesfrançaises avaient seulement dépassé la zone de reconnaissance qu'ils avaient faite la veille en visitant un village pour questionner les habitants. Ils ont dépassé le village qu'ils avaent visité la veile et c'est en se dirigeant vers le col qu'ils ont reçu l'ordre de descendre pour faire la reconnaissance. C'est à ce moment,,vers 18H15, que les Talibans ort attaqué. Un héliocptère américain est arrivé pour tirer sur les assaillants mais ils ont essuyé des tis de requêtes et dans la confusion ils ont pu laisser éclater des impacts sur les soldats de la coalition. Ils sont alors repartis. Et quelques minutes plus tard deux hélicoptères français sont venus chercher les blessés. Tard dans la nuit, vers 2 H l'opération de sauvetage était terminée. Et c'est en retournant vers la base que le blindé s'est retourné das un ravin vers 4H du matin dans la nut noire. C'est pouquoi le bilan est aussi lourd : 21 décès dont 10 français du RPIMA du Tchad à Castres.
Publié le 22.08.08 sur romandie blog
L'embuscade des Français, la positon des Talibans
AP - le 20 août 2008
PARIS - Le ministre de la Défense Hervé Morin a souhaité mercredi que l'armée française tire "les conséquences en matière de renseignement" de l'embuscade qui a coûté la vie lundi à 10 soldats français en Afghanistan.
"Les talibans sont capables de mener des opérations nettement mieux organisées, ils nous ont pris par surprise dans le cadre d'une embuscade qui avait été extrêmement bien préparée", a expliqué M. Morin sur France-Info, ajoutant que "nos hommes n'ont pas été en mesure de riposter et sont tombés de toute évidence dans les premières minutes".
Selon lui, il faut en tirer "les conséquences en matière de renseignement, de connaissance du terrain avant le départ des missions pour qu'une telle attaque surprise et non-prévisible nous puissions l'éviter au maximum".
"Nous n'éviterons jamais à 100% le risque qui est inhérent à la condition militaire et qui peut aller jusqu'au don ultime", a toutefois prévenu M. Morin, c'est pour quoi il faut mettre "en oeuvre l'ensemble des moyens dont nous disposons (...) afin que nous soyons en mesure de mieux anticiper".
"C'est toujours un moment de tristesse et de peine de voir dix cercueils avec dix drapeaux français et les photos d'hommes jeunes venus combattre pour une cause juste, pour un combat nécessaire qui est celui des droits de l'Homme, celui de la lutte contre le terrorisme, de la sécurité et de la stabilité du monde", a-t-il déclaré.
"Cela fait 15 mois que je suis ministre de la Défense, des cérémonies militaires j'en ai malheureusement vécu déjà beaucoup et on ne s'y fait jamais", a confié M. Morin qui, avec son collègue des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a accompagné le président de la République à Kaboul. AP
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http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-ong-deces-fcd69a8.html
Un employé afghan de l'ONG Acted tué en Afghanistan
PARIS - Un employé afghan de l'Agence française d'aide à la coopération technique et au développement (Acted) a été tué dans la région de Kunduz en Afghanistan, a annoncé mardi soir l'ONG française dans un communiqué.
L'homme, qui travaillait comme formateur communautaire, a été retrouvé mort mardi. Il avait été enlevé deux jours auparavant, alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule d'Acted.
Les motivations de l'assassinat restent pour l'heure encore incertaines, précisait le communiqué. Les forces de police afghanes mènent leur enquête sur les circonstances de ce drame, qui touche pour la première fois Acted, présente en Afghanistan depuis 1995.
Acted est une organisation non gouvernementale créée en 1993 et qui a pour vocation de soutenir les populations vulnérables de par le monde, ainsi que de les accompagner dans la construction d'un futur meilleur. Les programmes mis en oeuvre (près de 150 par an) en Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique Latine/Caraïbes cherchent à répondre aux besoins des populations touchées par les crises et agit pour concilier urgences, réhabilitation et développement. AP
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Soldats français tués en Afghanistan: Nicolas Sarkozy demande aux troupes de "relever la tête"
Par Philippe ALFROY AFP -
CAMP WAREHOUSE (Afghanistan), (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mercredi à Kaboul aux soldats français de "relever la tête", au nom du "combat contre le terrorisme", après la mort de dix des leurs dans l'attaque la plus meurtrière contre les troupes étrangères en Afghanistan.
Accompagné par les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, le chef de l'Etat s'est rendu au camp Warehouse, quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.
Là, en périphérie de Kaboul, Nicolas Sarkozy s'est adressé aux militaires français réunis sur la place d'armes.
"La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer le travail, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels", a-t-il lancé aux soldats.
"Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme", a poursuivi le président français.
"Je n'ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j'étais sous le choc (...), mais je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici", a-t-il souligné.
M. Sarkozy avait décidé en avril de renforcer le contingent français en Afghanistan.
Le président français et les deux ministres se sont recueillis devant les cercueils des dix soldats, dans la chapelle ardente dressée dans le camp, puis il s'est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les talibans, dans la vallée d'Uzbeen du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul.
Une centaine d'insurgés islamistes avaient pris en embuscade une unité de reconnaissance se déplaçant à pied sous un "feu nourri", tuant aussitôt neuf soldats dans les rangs français.
Il a fallu l'intervention d'une force de réaction rapide et un soutien aérien rapproché pour dégager les troupes. Une trentaine d'insurgés auraient été tués, selon Hervé Morin.
Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est mort mardi, lorsque son véhicule blindé s'est renversé.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar à Beyrouth en 1983 (58 morts).
Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu à l'hôpital du camp, où il a rencontré 10 des 21 soldats blessés.
Après un entretien avec le général Michel Stollsteiner, commandant français des troupes internationales dans la région de Kaboul, le chef de l'Etat a rencontré le président afghan Hamid Karzaï au palais présidentiel.
Il devait ensuite repartir vers la France. Un autre avion va rapatrier les corps des tués et certains blessés français. Une cérémonie est prévue jeudi aux Invalides à Paris.
Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.
Avant le drame de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2001, dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.
Quelque 176 soldats étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.
Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l'Otan et l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).
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Hamid Karzaï et Nicolas Sarkozy le 20 août 2008
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Hamid Karzaï présente "les condoléances et la douleur de son pays" après l'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français
KABOUL - Le président afghan Hamid Karzaï a tenu mercredi à présenter "les condoléances et la douleur de son pays et de ses habitants au peuple français pour la perte qu'il a subie", après l'embuscade des talibans dans une vallée près de Kaboul qui a coûté la vie à dix soldats français et en a blessé 21 autres.
S'exprimant à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy, Hamid Karzaï a souligné que "la France a toujours été un grand ami de l'Afghanistan et un grand soutien de l'Afghanistan. Et nous sommes profondément attristés et secoués".
Interrogé sur le regain de violence actuellement vécu par son pays, le président afghan a répondu: "cette montée de la violence tient directement au fait que nous ne nous soyons pas -les alliés et nous tous- suffisamment intéressés aux sanctuaires, aux camps d'entraînement, aux ressources financières des terroristes et des talibans. Si nous ne le faison pas, nous continuerons à souffrir", a averti Karzaï en faisant ouvertement référence sans les nommer aux zones tribales du Pakistan situées à la frontière avec l'Afghanistan. AP
http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-soldats-karzai-fcd69a8.html
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Le monde du 20 août 2008
KABOUL ENVOYÉ SPÉCIAL
La France a connu, dans la soirée du lundi 18 août, ses premières lourdes pertes en Afghanistan, au cours d'une embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français et blessés vingt et un de leurs camarades. Selon une source militaire en poste à Kaboul, les combats ont fait rage de 13 h 30 jusqu'à la nuit. Les derniers blessés ont été évacués mardi vers 2 heures du matin.
Les dix soldats tués appartenaient au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Castres (Tarn), au 2e Régiment étranger de parachutistes (REP), basé à Calvi (Haute-Corse), et au Régiment de marche du Tchad (RMT), basé à Noyon (Oise).
Dès l'annonce officielle de leur décès, Nicolas Sarkozy a tenu à justifier la présence et l'envoi de troupes françaises sur le sol afghan. "La cause est juste, a déclaré le président français. C'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre. Au nom de tous les Français, je renouvelle à nos armées la confiance de la Nation pour remplir leur mission." Au même moment, interrogé par l'Agence France-Presse, un porte-parole des talibans revendiquait l'attaque. "Ce matin, a déclaré Zabihullah Mujahed, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'OTAN dans le district de Saroubi à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes."
L'opération dans laquelle étaient engagés les soldats s'inscrivait dans le cadre de l'extension du mandat des troupes françaises en Afghanistan, et notamment dans la province de Kapisa, décision prise par le président Sarkozy après le sommet de l'OTAN de Bucarest début avril. Les soldats du 8e RPIMa, arrivés le 23 juillet en Afghanistan, figuraient à l'avant-garde d'un convoi, comprenant aussi des troupes de l'armée afghane et des forces spéciales de l'armée américaine, chargé de reprendre le contrôle d'une zone abandonnée aux insurgés entre les provinces de Kaboul et de Kapisa.
Au sein de l'état-major de l'OTAN, à Kaboul, on confirmait, mardi soir, que la mission de ce convoi consistait à sécuriser une route jusque-là considérée comme dangereuse et peu fréquentée entre les districts de Saroubi, appartenant à la région de Kaboul où se trouvent des troupes françaises depuis 2002, et de Tag Ab, dans la province voisine de Kapisa où a été affecté le nouveau contingent envoyé cet été par la France.
Cette route en lacet, interminable et idéale pour les embuscades, ne revêt, en soi, que peu d'intérêt stratégique, car on peut accéder à cette région, connue sous le nom de Kohistan, par d'autres voies. On note juste la présence d'un barrage dans le district de Saroubi. Cette mission consistait à faire le lien entre deux provinces désormais sous contrôle des Français.
Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a décrit, lors d'une conférence de presse à Paris, ce qu'il a décrit comme "une embuscade bien montée". "Arrivé à proximité d'un col, le chef de section a fait débarquer l'élément de tête de sa section pour aller reconnaître le site à pied." C'est à ce moment-là que "le feu nourri" des assaillants a surpris la patrouille. "Le chef de section a été blessé à l'épaule tout de suite, ce qui a contribué à la désorganisation", a ajouté le général Georgelin, pour lequel l'attaque a correspondu à "un schéma d'embuscade classique". Puis s'est engagée "une série de combats qui ont duré jusque tard le soir, sur un terrain extrêmement favorable à l'ennemi", selon le général, tandis que "les appuis aériens étaient apportés par la coalition".
Ce récit officiel paraît toutefois fort incomplet en comparaison des témoignages de soldats français blessés dans l'embuscade et rencontrés par Le Monde mercredi matin à Kaboul.
Le nombre de victimes s'expliquerait notamment, selon ces soldats, par la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination. L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied est restée sous le feu ennemi "pendant près de quatre heures sans renfort". "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", raconte un blessé.
Les frappes aériennes de l'OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.
"Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n'ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d'élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes."
Les survivants à l'attaque s'interrogent également sur l'absence de mise en veille, comme c'est le cas pour ce type de mission à risque, d'une force d'action rapide. "Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée."
Contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais, selon les soldats interrogés, au fil des affrontements.
La région de l'embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l'emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation y est toujours présente, mais l'implantation islamiste radicale s'est largement diversifiée. Hekmatyar est passé, comme Jalaluddin Haqqani dans l'est de l'Afghanistan, de la résistance à l'armée russe à la lutte aux côtés du mouvement taliban du mollah Omar.
C'est cette coalition d'insurgés, talibans afghans et combattants d'Hekmatyar, alliés aux talibans pakistanais et à Al-Qaida, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.
Jacques Follorou
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/les-soldats-blesses-racontent-l-embuscade-les-combats-les-erreurs_1085788_3216.html#ens_id=1049814
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Les soldats blessés racontent l'embuscade, les combats, les erreurs...
Polémique sur l'envoi de soldats au "casse-pipe" en Afghanistan
PARIS (Reuters) - Des soldats blessés dans l'embuscade de Saroubi évoquent dans Le Monde des erreurs de commandement et de coordination lors de l'opération qui a fait 10 morts et 21 blessés.
Dans le même temps, des proches des victimes dénoncent les conditions dans lesquelles des jeunes soldats sont envoyés sur un terrain extrêmement périlleux.
"Il ne fallait pas envoyer ces jeunes au casse-pipe. Maintenant, c'est arrivé, le pire", a déclaré à Reuters Roland Grégoire, oncle d'un caporal tué lundi à Saroubi.
"Il faut qu'il fasse revenir les autres, il ne faut plus que ça arrive", a lancé la mère d'un autre soldat tué sur RTL.
"Il s'est engagé il y a un an. Je leur en veux d'avoir envoyé des enfants, au bout d'un an, pour une mission aussi dure que l'Afghanistan", a-t-elle ajouté.
En réponse aux polémiques naissantes, le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre, a assuré que cette opération serait décortiquée "pour améliorer les procédures, la façon de travailler".
"On tire toujours les enseignements d'incidents comme cela, et surtout de la gravité de celui-là, mais rien ne remettra en cause le choix que nous avons fait avec 45 pays de défendre la liberté et la sécurité du monde", a déclaré pour sa part le Premier ministre, François Fillon.
Mardi, le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, avait estimé lors d'une conférence de presse à Paris "qu'il n'y avait pas eu d'erreurs des soldats sur le terrain."
Selon des témoignages anonymes recueillis mercredi par Le Monde, le nombre des victimes lors du guet-apens de lundi et mardi s'expliquerait par "la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination."
"PLUS DE MUNITIONS"
L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied "est restée sous le feu ennemi pendant près de quatre heures sans renfort", raconte un soldat. "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", ajoute-t-il.
Le quotidien ajoute que les frappes aériennes de l'Otan visant à permettre aux soldats de s'extraire du guet-apens ont parfois raté leur cible et "touché des soldats français".
En outre, les communications radio auraient été coupées avec les unités du Régiment de marche du Tchad en appui au sein du convoi.
Pour le Monde, contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais "au fil des affrontements."
"Il est vraiment facile de juger de très loin dans son fauteuil. Il faut prendre le déroulement de toute l'opération dans le détail, à tête reposée", répond le lieutenant-colonel Bruno Louisfert, adjoint à la communication du général Michel Stollsteiner, commandant de la région de Kaboul.
"Il y a un temps pour la compassion, la solidarité avec les familles. Passé ce temps là, nous allons, en vrai professionnels - car c'est une armée de métier -, décortiquer toute cette affaire et en tirer tous les enseignements", a renchéri le général Irastorza sur RTL.
"A chaque fois que nous avons un incident de ce type, à chaque fois que nous avons un engagement opérationnel, nous avons des procédures de retour d'expérience, nous analysons ce qui a été fait, ce qui aurait peut être pu l'être, et nous en tirons des conclusions", a-t-il ajouté.
Dans l'entourage du ministre de la Défense, Hervé Morin, on confirme qu'il y aura des "éclaircissements" sur les événements dans le cadre de la procédure menée systématiquement après un tel événement.
Mais des proches des victimes expriment leur "colère".
"Là bas, c'était trop dangereux. L'histoire l'a prouvé. Ou alors, ils étaient trop jeunes, ou ils manquaient de matériel. Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont morts dans une embuscade, comme du gibier", dénonce Roland Grégoire.
Dans Midi-Libre, son neveu, Julien Grégoire, juge "anormal d'envoyer des jeunes se faire tuer dans un pays où nous n'avons rien à faire".
Gérard Bon avec Elizabeth Pineau et Nicolas Fichot
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http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-3216,54-1085997@51-1049814,0.html
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Le monde du 20 août 2008
L'OTAN tenu en échec par les talibans
En deux opérations de grande ampleur, et presque simultanées, les talibans ont fait une spectaculaire démonstration de leur capacité de frappe contre le contingent de l'OTAN en Afghanistan : à Khost contre une base américaine, et à Saroubi (Est) contre un détachement de parachutistes français, faisant 10 morts. Les pertes de l'armée française lors de cette attaque sont les plus importantes jamais enregistrées lors d'une opération de combat depuis la guerre d'Algérie.
Ce regain d'offensive des talibans illustre avec acuité les difficultés de la coalition internationale en Afghanistan, rendues plus importantes encore, selon les experts militaires occidentaux, par le délitement du Pakistan voisin, où les insurgés disposent de bases arrière. Depuis le début de l'année, en Afghanistan, le nombre de tués parmi les soldats étrangers s'élève à 183, contre un total de 232 en 2007, l'année la plus meurtrière depuis le renversement du régime taliban en 2001. L'embuscade meurtrière tendue contre les forces françaises à Saroubi, à 60 kilomètres à l'est de Kaboul, s'est produite dans une région escarpée qui représente un verrou stratégique sur l'axe de pénétration des talibans entre le Pakistan et la capitale afghane.
Les troupes françaises du 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) venaient de commencer à se déployer dans cette zone depuis le 5août. Elles y avaient remplacé des soldats américains, conformément à la décision annoncée au printemps par Nicolas Sarkozy d'envoyer un bataillon supplémentaire de 700 hommes en Afghanistan. Ce nouvel activisme des talibans est attribué au fait qu'au Pakistan les insurgés islamistes agissent avec une mobilité croissante, lançant leurs opérations à partir des vastes poches qu'ils contrôlent dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan (les FATA, Federally Administered Tribal Areas).
Les talibans profitent du vide du pouvoir central au Pakistan, où la crise politique vient d'être marquée par la démission du président Pervez Musharraf.
Les islamistes bénéficient de réseaux de soutien réactivés au sein des services secrets militaires pakistanais (ISI), qui agissent comme un Etat dans l'Etat. Cette connivence est de plus en plus perçue par les services occidentaux comme la source principale des problèmes en Afghanistan.
EMBALLEMENT RÉGIONAL
Les talibans ont pour tactique en Afghanistan de "fixer" les troupes américaines dans les régions du Sud, en les soumettant à des attaques croissantes, tandis que de nouveaux groupes djihadistes, liés à Al-Qaida et protégés par l'ISI, se déploient dans les zones de l'est du pays, constatent des sources officielles occidentales. L'attaque de lundi à Khost est le deuxième assaut de grande ampleur mené contre une base américaine depuis l'attaque contre la base de Kandahar au cours de laquelle 500 talibans s'étaient échappés d'une prison.
La crise relève désormais d'un emballement régional, et non plus du seul face-à-face, en Afghanistan, entre un contingent international et une guérilla locale, constatent des sources officielles occidentales. Les tensions se cristallisent entre Pakistan d'un côté, Afghanistan et Inde de l'autre. Une partie de la hiérarchie militaire pakistanaise, animée d'un vieux réflexe obsidional, redoute l'apparition en Afghanistan d'une armée nationale équipée et formée par les Occidentaux, et réagit très mal à ce qu'elle perçoit comme une pénétration de l'Afghanistan par l'Inde (qui y ouvre notamment des consulats). Les responsables occidentaux constatent que l'armée pakistanaise, aux prises avec une insurrection talibane et inquiète que sa réputation se soit effondrée après le soutien qu'elle a prodigué à M.Musharraf, agit de moins en moins contre les islamistes. Ceux-ci lui fourniraient parallèlement des gages, en multipliant les attaques contre les forces afghanes de l'autre côté de la frontière. L'ISI est, selon les services occidentaux, à l'origine de l'attentat contre l'ambassade d'Inde à Kaboul, et il aurait vraisemblablement trempé dans l'attaque ayant visé en mai une parade militaire dans la capitale afghane.
En Afghanistan, tandis que les talibans engrangent les revenus de la drogue (auxquels s'ajouteraient des financements en provenance de réseaux salafistes basés dans le Golfe), le pouvoir du président Hamid Karzaï reste rongé par la corruption, en dépit des mises en garde qui lui ont été adressées lors de la conférence des donateurs à Paris, en juin. Hamid Karzaï a en vue l'élection présidentielle de 2009, et il protégerait l'enrichissement de certains proches, qui détournent une partie des aides étrangères. Face à cet écheveau de problèmes, la stratégie des Occidentaux, Etats-Unis en tête, semble être de "tenir" coûte que coûte, en s'efforçant d'augmenter les effectifs du contingent international, en poursuivant la formation de l'armée afghane, et en adressant des messages virulents à l'ISI. Mais les luttes politiques en cours au Pakistan rendent peu probable une vraie mise sous pression de ces réseaux opaques liés aux militaires. L'attaque subie par le contingent français, au moment même où il se renforçait et se lançait dans des opérations de combat au sol, constitue une déconvenue pour l'Elysée. Depuis le printemps, le risque encouru par les militaires dans cette zone de l'Est, où des djihadistes se regroupaient, avait été à la fois anticipé et redouté.
Nicolas Sarkozy a déclaré que la France ne relâcherait pas son effort en Afghanistan contre le "terrorisme". Les avions français basés à Kandahar effectuent chaque jour des sorties dans le cadre des opérations de bombardement menées par la coalition. L'une des questions qui se posent désormais est celle du renvoi en Afghanistan des forces spéciales françaises (200 hommes) que Jacques Chirac avait retirées en janvier 2007.
Natalie Nougayrède
PARIS - Le ministre de la Défense Hervé Morin a souhaité mercredi que l'armée française tire "les conséquences en matière de renseignement" de l'embuscade qui a coûté la vie lundi à 10 soldats français en Afghanistan.
"Les talibans sont capables de mener des opérations nettement mieux organisées, ils nous ont pris par surprise dans le cadre d'une embuscade qui avait été extrêmement bien préparée", a expliqué M. Morin sur France-Info, ajoutant que "nos hommes n'ont pas été en mesure de riposter et sont tombés de toute évidence dans les premières minutes".
Selon lui, il faut en tirer "les conséquences en matière de renseignement, de connaissance du terrain avant le départ des missions pour qu'une telle attaque surprise et non-prévisible nous puissions l'éviter au maximum".
"Nous n'éviterons jamais à 100% le risque qui est inhérent à la condition militaire et qui peut aller jusqu'au don ultime", a toutefois prévenu M. Morin, c'est pour quoi il faut mettre "en oeuvre l'ensemble des moyens dont nous disposons (...) afin que nous soyons en mesure de mieux anticiper".
"C'est toujours un moment de tristesse et de peine de voir dix cercueils avec dix drapeaux français et les photos d'hommes jeunes venus combattre pour une cause juste, pour un combat nécessaire qui est celui des droits de l'Homme, celui de la lutte contre le terrorisme, de la sécurité et de la stabilité du monde", a-t-il déclaré.
"Cela fait 15 mois que je suis ministre de la Défense, des cérémonies militaires j'en ai malheureusement vécu déjà beaucoup et on ne s'y fait jamais", a confié M. Morin qui, avec son collègue des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a accompagné le président de la République à Kaboul. AP
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http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-ong-deces-fcd69a8.html
Un employé afghan de l'ONG Acted tué en Afghanistan
PARIS - Un employé afghan de l'Agence française d'aide à la coopération technique et au développement (Acted) a été tué dans la région de Kunduz en Afghanistan, a annoncé mardi soir l'ONG française dans un communiqué.
L'homme, qui travaillait comme formateur communautaire, a été retrouvé mort mardi. Il avait été enlevé deux jours auparavant, alors qu'il se trouvait à bord d'un véhicule d'Acted.
Les motivations de l'assassinat restent pour l'heure encore incertaines, précisait le communiqué. Les forces de police afghanes mènent leur enquête sur les circonstances de ce drame, qui touche pour la première fois Acted, présente en Afghanistan depuis 1995.
Acted est une organisation non gouvernementale créée en 1993 et qui a pour vocation de soutenir les populations vulnérables de par le monde, ainsi que de les accompagner dans la construction d'un futur meilleur. Les programmes mis en oeuvre (près de 150 par an) en Afrique, Asie, Moyen-Orient et Amérique Latine/Caraïbes cherchent à répondre aux besoins des populations touchées par les crises et agit pour concilier urgences, réhabilitation et développement. AP
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Soldats français tués en Afghanistan: Nicolas Sarkozy demande aux troupes de "relever la tête"
Par Philippe ALFROY AFP -
CAMP WAREHOUSE (Afghanistan), (AFP) - Le président français Nicolas Sarkozy a demandé mercredi à Kaboul aux soldats français de "relever la tête", au nom du "combat contre le terrorisme", après la mort de dix des leurs dans l'attaque la plus meurtrière contre les troupes étrangères en Afghanistan.
Accompagné par les ministres des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et de la Défense, Hervé Morin, le chef de l'Etat s'est rendu au camp Warehouse, quartier général du commandement régional de Kaboul de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) de l'Otan.
Là, en périphérie de Kaboul, Nicolas Sarkozy s'est adressé aux militaires français réunis sur la place d'armes.
"La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer le travail, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels", a-t-il lancé aux soldats.
"Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme", a poursuivi le président français.
"Je n'ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j'étais sous le choc (...), mais je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici", a-t-il souligné.
M. Sarkozy avait décidé en avril de renforcer le contingent français en Afghanistan.
Le président français et les deux ministres se sont recueillis devant les cercueils des dix soldats, dans la chapelle ardente dressée dans le camp, puis il s'est entretenu avec des militaires du 8e Régiment parachutiste d'infanterie de marine (8e RPIMa), qui lui ont raconté l'embuscade et les combats contre les talibans, dans la vallée d'Uzbeen du district de Saroubi, à 50 km à l'est de Kaboul.
Une centaine d'insurgés islamistes avaient pris en embuscade une unité de reconnaissance se déplaçant à pied sous un "feu nourri", tuant aussitôt neuf soldats dans les rangs français.
Il a fallu l'intervention d'une force de réaction rapide et un soutien aérien rapproché pour dégager les troupes. Une trentaine d'insurgés auraient été tués, selon Hervé Morin.
Un dixième soldat, parmi ceux dépêchés pour récupérer les blessés, est mort mardi, lorsque son véhicule blindé s'est renversé.
Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière pour l'armée française depuis l'attentat contre l'immeuble le Drakkar à Beyrouth en 1983 (58 morts).
Nicolas Sarkozy s'est ensuite rendu à l'hôpital du camp, où il a rencontré 10 des 21 soldats blessés.
Après un entretien avec le général Michel Stollsteiner, commandant français des troupes internationales dans la région de Kaboul, le chef de l'Etat a rencontré le président afghan Hamid Karzaï au palais présidentiel.
Il devait ensuite repartir vers la France. Un autre avion va rapatrier les corps des tués et certains blessés français. Une cérémonie est prévue jeudi aux Invalides à Paris.
Environ 3.000 militaires français sont actuellement engagés en Afghanistan, au sein de l'Isaf, principalement à Kaboul et dans la province de Kapisa, au nord-est de la capitale.
Avant le drame de lundi, 13 militaires français étaient morts en Afghanistan depuis 2001, dans des accidents, opérations ou attentats. Le dernier avait péri le 21 septembre 2007, dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kaboul.
Quelque 176 soldats étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP basé sur les communiqués militaires.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis.
Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, celle de l'Otan et l'autre sous commandement américain (Operation Enduring Freedom).
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Hamid Karzaï et Nicolas Sarkozy le 20 août 2008
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Hamid Karzaï présente "les condoléances et la douleur de son pays" après l'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français
KABOUL - Le président afghan Hamid Karzaï a tenu mercredi à présenter "les condoléances et la douleur de son pays et de ses habitants au peuple français pour la perte qu'il a subie", après l'embuscade des talibans dans une vallée près de Kaboul qui a coûté la vie à dix soldats français et en a blessé 21 autres.
S'exprimant à l'issue d'un entretien avec le président français Nicolas Sarkozy, Hamid Karzaï a souligné que "la France a toujours été un grand ami de l'Afghanistan et un grand soutien de l'Afghanistan. Et nous sommes profondément attristés et secoués".
Interrogé sur le regain de violence actuellement vécu par son pays, le président afghan a répondu: "cette montée de la violence tient directement au fait que nous ne nous soyons pas -les alliés et nous tous- suffisamment intéressés aux sanctuaires, aux camps d'entraînement, aux ressources financières des terroristes et des talibans. Si nous ne le faison pas, nous continuerons à souffrir", a averti Karzaï en faisant ouvertement référence sans les nommer aux zones tribales du Pakistan situées à la frontière avec l'Afghanistan. AP
http://fr.news.yahoo.com/ap/20080820/twl-afghanistan-france-soldats-karzai-fcd69a8.html
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Le monde du 20 août 2008
KABOUL ENVOYÉ SPÉCIAL
La France a connu, dans la soirée du lundi 18 août, ses premières lourdes pertes en Afghanistan, au cours d'une embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français et blessés vingt et un de leurs camarades. Selon une source militaire en poste à Kaboul, les combats ont fait rage de 13 h 30 jusqu'à la nuit. Les derniers blessés ont été évacués mardi vers 2 heures du matin.
Les dix soldats tués appartenaient au 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa), basé à Castres (Tarn), au 2e Régiment étranger de parachutistes (REP), basé à Calvi (Haute-Corse), et au Régiment de marche du Tchad (RMT), basé à Noyon (Oise).
Dès l'annonce officielle de leur décès, Nicolas Sarkozy a tenu à justifier la présence et l'envoi de troupes françaises sur le sol afghan. "La cause est juste, a déclaré le président français. C'est l'honneur de la France et de ses armées de la défendre. Au nom de tous les Français, je renouvelle à nos armées la confiance de la Nation pour remplir leur mission." Au même moment, interrogé par l'Agence France-Presse, un porte-parole des talibans revendiquait l'attaque. "Ce matin, a déclaré Zabihullah Mujahed, nous avons tendu une embuscade aux troupes de l'OTAN dans le district de Saroubi à l'aide de mines et de roquettes. Nous avons détruit cinq véhicules et infligé de lourdes pertes."
L'opération dans laquelle étaient engagés les soldats s'inscrivait dans le cadre de l'extension du mandat des troupes françaises en Afghanistan, et notamment dans la province de Kapisa, décision prise par le président Sarkozy après le sommet de l'OTAN de Bucarest début avril. Les soldats du 8e RPIMa, arrivés le 23 juillet en Afghanistan, figuraient à l'avant-garde d'un convoi, comprenant aussi des troupes de l'armée afghane et des forces spéciales de l'armée américaine, chargé de reprendre le contrôle d'une zone abandonnée aux insurgés entre les provinces de Kaboul et de Kapisa.
Au sein de l'état-major de l'OTAN, à Kaboul, on confirmait, mardi soir, que la mission de ce convoi consistait à sécuriser une route jusque-là considérée comme dangereuse et peu fréquentée entre les districts de Saroubi, appartenant à la région de Kaboul où se trouvent des troupes françaises depuis 2002, et de Tag Ab, dans la province voisine de Kapisa où a été affecté le nouveau contingent envoyé cet été par la France.
Cette route en lacet, interminable et idéale pour les embuscades, ne revêt, en soi, que peu d'intérêt stratégique, car on peut accéder à cette région, connue sous le nom de Kohistan, par d'autres voies. On note juste la présence d'un barrage dans le district de Saroubi. Cette mission consistait à faire le lien entre deux provinces désormais sous contrôle des Français.
Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, a décrit, lors d'une conférence de presse à Paris, ce qu'il a décrit comme "une embuscade bien montée". "Arrivé à proximité d'un col, le chef de section a fait débarquer l'élément de tête de sa section pour aller reconnaître le site à pied." C'est à ce moment-là que "le feu nourri" des assaillants a surpris la patrouille. "Le chef de section a été blessé à l'épaule tout de suite, ce qui a contribué à la désorganisation", a ajouté le général Georgelin, pour lequel l'attaque a correspondu à "un schéma d'embuscade classique". Puis s'est engagée "une série de combats qui ont duré jusque tard le soir, sur un terrain extrêmement favorable à l'ennemi", selon le général, tandis que "les appuis aériens étaient apportés par la coalition".
Ce récit officiel paraît toutefois fort incomplet en comparaison des témoignages de soldats français blessés dans l'embuscade et rencontrés par Le Monde mercredi matin à Kaboul.
Le nombre de victimes s'expliquerait notamment, selon ces soldats, par la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination. L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied est restée sous le feu ennemi "pendant près de quatre heures sans renfort". "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", raconte un blessé.
Les frappes aériennes de l'OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.
"Lorsque nous sommes arrivés à cinquante mètres de la ligne de crête, raconte un soldat, les tirs ont commencé. Ils n'ont pas cessé pendant six heures. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d'élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient. On les entendait recharger leurs armes."
Les survivants à l'attaque s'interrogent également sur l'absence de mise en veille, comme c'est le cas pour ce type de mission à risque, d'une force d'action rapide. "Il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée."
Contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais, selon les soldats interrogés, au fil des affrontements.
La région de l'embuscade, située au nord de Kaboul, a longtemps été sous l'emprise du mouvement islamiste Hezb-e-Islami du chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Cette organisation y est toujours présente, mais l'implantation islamiste radicale s'est largement diversifiée. Hekmatyar est passé, comme Jalaluddin Haqqani dans l'est de l'Afghanistan, de la résistance à l'armée russe à la lutte aux côtés du mouvement taliban du mollah Omar.
C'est cette coalition d'insurgés, talibans afghans et combattants d'Hekmatyar, alliés aux talibans pakistanais et à Al-Qaida, qui a tendu un piège mortel aux soldats français.
Jacques Follorou
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2008/08/20/les-soldats-blesses-racontent-l-embuscade-les-combats-les-erreurs_1085788_3216.html#ens_id=1049814
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Les soldats blessés racontent l'embuscade, les combats, les erreurs...
Polémique sur l'envoi de soldats au "casse-pipe" en Afghanistan
PARIS (Reuters) - Des soldats blessés dans l'embuscade de Saroubi évoquent dans Le Monde des erreurs de commandement et de coordination lors de l'opération qui a fait 10 morts et 21 blessés.
Dans le même temps, des proches des victimes dénoncent les conditions dans lesquelles des jeunes soldats sont envoyés sur un terrain extrêmement périlleux.
"Il ne fallait pas envoyer ces jeunes au casse-pipe. Maintenant, c'est arrivé, le pire", a déclaré à Reuters Roland Grégoire, oncle d'un caporal tué lundi à Saroubi.
"Il faut qu'il fasse revenir les autres, il ne faut plus que ça arrive", a lancé la mère d'un autre soldat tué sur RTL.
"Il s'est engagé il y a un an. Je leur en veux d'avoir envoyé des enfants, au bout d'un an, pour une mission aussi dure que l'Afghanistan", a-t-elle ajouté.
En réponse aux polémiques naissantes, le général Elrick Irastorza, chef d'état-major de l'armée de terre, a assuré que cette opération serait décortiquée "pour améliorer les procédures, la façon de travailler".
"On tire toujours les enseignements d'incidents comme cela, et surtout de la gravité de celui-là, mais rien ne remettra en cause le choix que nous avons fait avec 45 pays de défendre la liberté et la sécurité du monde", a déclaré pour sa part le Premier ministre, François Fillon.
Mardi, le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, avait estimé lors d'une conférence de presse à Paris "qu'il n'y avait pas eu d'erreurs des soldats sur le terrain."
Selon des témoignages anonymes recueillis mercredi par Le Monde, le nombre des victimes lors du guet-apens de lundi et mardi s'expliquerait par "la lenteur de la réaction du commandement et de sérieux problèmes de coordination."
"PLUS DE MUNITIONS"
L'unité de reconnaissance chargée d'approcher le col à pied "est restée sous le feu ennemi pendant près de quatre heures sans renfort", raconte un soldat. "Nous n'avions plus de munitions pour nous défendre avec d'autres armes que nos Famas", ajoute-t-il.
Le quotidien ajoute que les frappes aériennes de l'Otan visant à permettre aux soldats de s'extraire du guet-apens ont parfois raté leur cible et "touché des soldats français".
En outre, les communications radio auraient été coupées avec les unités du Régiment de marche du Tchad en appui au sein du convoi.
Pour le Monde, contrairement à la version officielle, les victimes ne sont pas toutes mortes lors des premiers tirs ennemis mais "au fil des affrontements."
"Il est vraiment facile de juger de très loin dans son fauteuil. Il faut prendre le déroulement de toute l'opération dans le détail, à tête reposée", répond le lieutenant-colonel Bruno Louisfert, adjoint à la communication du général Michel Stollsteiner, commandant de la région de Kaboul.
"Il y a un temps pour la compassion, la solidarité avec les familles. Passé ce temps là, nous allons, en vrai professionnels - car c'est une armée de métier -, décortiquer toute cette affaire et en tirer tous les enseignements", a renchéri le général Irastorza sur RTL.
"A chaque fois que nous avons un incident de ce type, à chaque fois que nous avons un engagement opérationnel, nous avons des procédures de retour d'expérience, nous analysons ce qui a été fait, ce qui aurait peut être pu l'être, et nous en tirons des conclusions", a-t-il ajouté.
Dans l'entourage du ministre de la Défense, Hervé Morin, on confirme qu'il y aura des "éclaircissements" sur les événements dans le cadre de la procédure menée systématiquement après un tel événement.
Mais des proches des victimes expriment leur "colère".
"Là bas, c'était trop dangereux. L'histoire l'a prouvé. Ou alors, ils étaient trop jeunes, ou ils manquaient de matériel. Ce qui est sûr, c'est qu'ils sont morts dans une embuscade, comme du gibier", dénonce Roland Grégoire.
Dans Midi-Libre, son neveu, Julien Grégoire, juge "anormal d'envoyer des jeunes se faire tuer dans un pays où nous n'avons rien à faire".
Gérard Bon avec Elizabeth Pineau et Nicolas Fichot
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http://www.lemonde.fr/web/video/0,47-0@2-3216,54-1085997@51-1049814,0.html
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Le monde du 20 août 2008
L'OTAN tenu en échec par les talibans
En deux opérations de grande ampleur, et presque simultanées, les talibans ont fait une spectaculaire démonstration de leur capacité de frappe contre le contingent de l'OTAN en Afghanistan : à Khost contre une base américaine, et à Saroubi (Est) contre un détachement de parachutistes français, faisant 10 morts. Les pertes de l'armée française lors de cette attaque sont les plus importantes jamais enregistrées lors d'une opération de combat depuis la guerre d'Algérie.
Ce regain d'offensive des talibans illustre avec acuité les difficultés de la coalition internationale en Afghanistan, rendues plus importantes encore, selon les experts militaires occidentaux, par le délitement du Pakistan voisin, où les insurgés disposent de bases arrière. Depuis le début de l'année, en Afghanistan, le nombre de tués parmi les soldats étrangers s'élève à 183, contre un total de 232 en 2007, l'année la plus meurtrière depuis le renversement du régime taliban en 2001. L'embuscade meurtrière tendue contre les forces françaises à Saroubi, à 60 kilomètres à l'est de Kaboul, s'est produite dans une région escarpée qui représente un verrou stratégique sur l'axe de pénétration des talibans entre le Pakistan et la capitale afghane.
Les troupes françaises du 8e Régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa) venaient de commencer à se déployer dans cette zone depuis le 5août. Elles y avaient remplacé des soldats américains, conformément à la décision annoncée au printemps par Nicolas Sarkozy d'envoyer un bataillon supplémentaire de 700 hommes en Afghanistan. Ce nouvel activisme des talibans est attribué au fait qu'au Pakistan les insurgés islamistes agissent avec une mobilité croissante, lançant leurs opérations à partir des vastes poches qu'ils contrôlent dans les zones tribales frontalières de l'Afghanistan (les FATA, Federally Administered Tribal Areas).
Les talibans profitent du vide du pouvoir central au Pakistan, où la crise politique vient d'être marquée par la démission du président Pervez Musharraf.
Les islamistes bénéficient de réseaux de soutien réactivés au sein des services secrets militaires pakistanais (ISI), qui agissent comme un Etat dans l'Etat. Cette connivence est de plus en plus perçue par les services occidentaux comme la source principale des problèmes en Afghanistan.
EMBALLEMENT RÉGIONAL
Les talibans ont pour tactique en Afghanistan de "fixer" les troupes américaines dans les régions du Sud, en les soumettant à des attaques croissantes, tandis que de nouveaux groupes djihadistes, liés à Al-Qaida et protégés par l'ISI, se déploient dans les zones de l'est du pays, constatent des sources officielles occidentales. L'attaque de lundi à Khost est le deuxième assaut de grande ampleur mené contre une base américaine depuis l'attaque contre la base de Kandahar au cours de laquelle 500 talibans s'étaient échappés d'une prison.
La crise relève désormais d'un emballement régional, et non plus du seul face-à-face, en Afghanistan, entre un contingent international et une guérilla locale, constatent des sources officielles occidentales. Les tensions se cristallisent entre Pakistan d'un côté, Afghanistan et Inde de l'autre. Une partie de la hiérarchie militaire pakistanaise, animée d'un vieux réflexe obsidional, redoute l'apparition en Afghanistan d'une armée nationale équipée et formée par les Occidentaux, et réagit très mal à ce qu'elle perçoit comme une pénétration de l'Afghanistan par l'Inde (qui y ouvre notamment des consulats). Les responsables occidentaux constatent que l'armée pakistanaise, aux prises avec une insurrection talibane et inquiète que sa réputation se soit effondrée après le soutien qu'elle a prodigué à M.Musharraf, agit de moins en moins contre les islamistes. Ceux-ci lui fourniraient parallèlement des gages, en multipliant les attaques contre les forces afghanes de l'autre côté de la frontière. L'ISI est, selon les services occidentaux, à l'origine de l'attentat contre l'ambassade d'Inde à Kaboul, et il aurait vraisemblablement trempé dans l'attaque ayant visé en mai une parade militaire dans la capitale afghane.
En Afghanistan, tandis que les talibans engrangent les revenus de la drogue (auxquels s'ajouteraient des financements en provenance de réseaux salafistes basés dans le Golfe), le pouvoir du président Hamid Karzaï reste rongé par la corruption, en dépit des mises en garde qui lui ont été adressées lors de la conférence des donateurs à Paris, en juin. Hamid Karzaï a en vue l'élection présidentielle de 2009, et il protégerait l'enrichissement de certains proches, qui détournent une partie des aides étrangères. Face à cet écheveau de problèmes, la stratégie des Occidentaux, Etats-Unis en tête, semble être de "tenir" coûte que coûte, en s'efforçant d'augmenter les effectifs du contingent international, en poursuivant la formation de l'armée afghane, et en adressant des messages virulents à l'ISI. Mais les luttes politiques en cours au Pakistan rendent peu probable une vraie mise sous pression de ces réseaux opaques liés aux militaires. L'attaque subie par le contingent français, au moment même où il se renforçait et se lançait dans des opérations de combat au sol, constitue une déconvenue pour l'Elysée. Depuis le printemps, le risque encouru par les militaires dans cette zone de l'Est, où des djihadistes se regroupaient, avait été à la fois anticipé et redouté.
Nicolas Sarkozy a déclaré que la France ne relâcherait pas son effort en Afghanistan contre le "terrorisme". Les avions français basés à Kandahar effectuent chaque jour des sorties dans le cadre des opérations de bombardement menées par la coalition. L'une des questions qui se posent désormais est celle du renvoi en Afghanistan des forces spéciales françaises (200 hommes) que Jacques Chirac avait retirées en janvier 2007.
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