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jeudi 23 août 2012

Mohamed Merah en contacts avec l'étranger et les salafistes toulousains



Mohamed Merah, un loup pas si solitaire

LE MONDE | • Mis à jour le

Durant son voyage en Afghanistan et au Moyen Orient en 2010-2011, Mohamed Merah passe de nombreux coups de fil dans une trentaine de pays aussi improbables que la Bolivie ou le Bhoutan.

Mohamed Merah n'avait pas de téléphone à son nom. Pour échapper aux surveillances de la police, l'auteur des tueries perpétrées les 11, 15 et 19 mars à Toulouse et à Montauban s'en était procuré un à celui de sa mère, Mme Aziri. La liste des appels fait partie des documents confidentiels de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) transmis le 3 août aux trois juges de Paris chargés d'instruire le dossier.

Ces notes permettent de se faire une idée des liens que le djihadiste de 24 ans avait tissés à travers le monde, et elles mettent à mal l'argument avancé par l'ex-patron de la DCRI, Bernard Squarcini, selon lequel Mohamed Merah se serait "radicalisé seul" et qu'il n'appartenait "à aucun réseau" (Le Monde du 24 mars). Il semble que la police française n'ignorait quasiment rien du parcours du jeune djihadiste toulousain.
DES CORRESPONDANTS AU KENYA, EN CROATIE, EN BOLIVIE, AU BHOUTAN
Ainsi, l'une des 23 notes partiellement déclassifiées et dont Le Monde a eu connaissance, datée du 26 avril 2011, fait état de "1 863 communications relevées entre le 1er septembre 2010 et le 20 février 2011". Durant cette période, celui qui n'est encore qu'un apprenti terroriste effectue un voyage dans plusieurs pays du Moyen-Orient et en Afghanistan. Il passe notamment 186 appels à des correspondants installés hors de France, dans 20 pays différents.
Le détail montre que Mohamed Merah a joint vocalement ou par SMS 94 numéros de téléphones localisés en Egypte, où se trouvait son frère Abdelkader, en Algérie, où demeurent son père et une partie de sa famille, mais aussi au Maroc, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Côte d'Ivoire, au Kenya, en Croatie, en Roumanie, en Bolivie, en Thaïlande, en Russie, au Kazhastan, au Laos, à Taïwan, en Turquie, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, en Israël, et pour finir au Bhoutan, minuscule royaume enclavé en plein cœur du massif himalayen, où Mohamed Merah appelle neuf numéros.
Avec qui le petit voyou de la cité des Izards de Toulouse correspond-il à travers ces nombreux appels dans ces multiples pays ? Les enquêteurs de la DCRI ont sûrement identifié quelques-uns de ces interlocuteurs, mais les pièces transmises aux magistrats instructeurs, qui n'ont été que très partiellement déclassifiées par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, n'en disent rien.
UN "COMPORTEMENT INQUIÉTANT"
Ces notes attestent également que le renseignement intérieur connaissait Mohamed Merah au moins depuis 2009, après s'être intéressé à son frère Abdelkader dès 2008. Abdelkader, 29 ans, mis en examen pour "complicité" et en détention provisoire à Fresnes depuis le 25 mars, mais aussi sa sœur Souad, 34 ans, étaient surveillés par les services. Les déplacements du premier en Egypte, où il suit des cours dans les écoles coraniques d'obédience salafistes, sont suivis à la trace. Ainsi, le 23 février 2011, les services allemands alertent leurs collègues français de son passage à l'aéroport de Francfort, en provenance du Caire et à destination de Toulouse. Même chose pour Souad, dont le départ pour Le Caire prévu le 30 novembre 2010 de l'aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy est signalé à la DCRI.
Et, à cette occasion, Mohamed apparaît aussi sur les radars du renseignement intérieur. Mais ce n'est qu'en mars 2011, après son long voyage jusqu'en Afghanistan, qu'un dispositif plus serré est mis en place autour du jeune homme. Un fonctionnaire fait état d'une "surveillance au domicile de Mohamed Merah, 17, rue du Sergent-Vigné, appartement numéro 2, volets toujours fermés". Dans son compte rendu, le policier souligne que la mission a réussi : "Il a été possible d'identifier formellement la présence de l'objectif."
Durant cette période, les policiers ne lâchent pas leur "objectif". Ils le prennent en filature et prêtent une attention soutenue à sa téléphonie. Mohamed Merah a un "comportement inquiétant", estime l'un d'eux. "Le changement fréquent de boîtiers et de cartes SIM attribués à Mme Aziri (...) laisse supposer que la famille Merah souhaite brouiller les pistes", suggère un autre.
Visiblement, les fonctionnaires de police qui se sont collés aux basques de Mohamed Merah pendant plusieurs semaines ne doutent guère des orientations de leur client. "Le comportement prudent et suspicieux de Mohamed Merah influe sur sa famille", écrivent-ils, avant de préciser : "Le dispositif de surveillance dynamique engagé sur Mohamed Merah démontre qu'après une période de latence et d'observation, l'objectif amorce un rapprochement avec la mouvance salafiste toulousaine, en particulier avec [ici le nom est noirci pour préserver sa confidentialité] mais également et plus intéressant encore avec [là, deux noms sont noircis pour les mêmes raisons] tous deux partis récemment en Mauritanie." Cet extrait d'une note d'avril 2011 nuance la thèse défendue par la DCRI et son ex-directeur Bernard Squarcini au lendemain de l'assaut contre le terroriste, selon laquelle Mohamed Merah se serait "autoradicalisé en prison [en 2009], tout seul, en lisant le Coran" (Le Monde du 24 mars).
Lors de ses séjours à l'étranger, notamment en Afghanistan en 2010 et au Pakistan en 2011, Mohamed Merah a également fait l'objet d'une surveillance de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aussi, plusieurs représentants des familles de victimes qui se sont constituées parties civiles ont demandé au ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, de mettre les documents confidentiels de la DGSE à la disposition de la justice. Selon nos informations, le ministère de la défense ne s'y opposera pas, dès lors qu'une demande des juges sera parvenue à l'hôtel de Brienne, siège du ministère, et que la commission consultative du secret de la défense nationale aura délivré un avis favorable.

mercredi 7 décembre 2011

La Lybie sous le feu des armes

Kadhafi semble chercher une issue, les Etats-Unis prolongent leurs frappes

Mouammar Kadhafi semble chercher une voie diplomatique pour sortir du conflit alors que les Etats-Unis ont décidé de prolonger lundi leurs frappes en Libye ralenties en raison du mauvais temps, plus de deux semaines après le début de l'intervention internationale.
Lundi 4 avril 2011, les combats entre insurgés et loyalistes ont repris près du port pétrolier de Brega, 800 km à l'est de Tripoli, où des familles entières fuient les bombardements en voiture, selon les journalistes de l'AFP.

"Le centre de la ville est bombardé. Il n'y a personne pour nous protéger", dit une vieille femme bédouine. "Les soldats de Kadhafi tirent sur tous ceux qui sortent dans la rue. Il n'y a plus d'eau, plus d'électricité", raconte son mari.

Les rebelles ont réussi à avancer jusqu'aux abords est de la ville avant d'être repoussés par des tirs d'artillerie et d'obus des forces pro-Kadhafi, mieux armées et mieux organisées, qui ne cèdent pas de terrain malgré des frappes de l'Otan.

"Quand ils entendent les avions, les hommes de Kadhafi se terrent, dans les maisons ou des bâtiments. Quand c'est silencieux, ils nous attaquent", selon Saïd Bohlega, 27 ans, technicien dans le pétrole devenu insurgé.

Sur le plan politique, le pouvoir libyen a connu un nouveau revers avec la démission dimanche d'un conseiller du colonel Kadhafi, Ali Triki, doyen des diplomates, quatre jours après la défection du chef de la diplomatie, Moussa Koussa.

Ce nouveau coup dur pour M. Kadhafi, de plus en plus isolé, est intervenu alors qu'au moins deux de ses fils, Seif al-Islam et Saadi, proposent une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père, a rapporté le New York Times.

Le quotidien américain, citant un diplomate sous couvert de l'anonymat et un responsable libyen informés du projet, indique que la transition serait pilotée par Seif al-Islam.

Le Conseil national de transition (CNT), qui représente les rebelles, a aussitôt rejeté cette idée. "Kadhafi et ses fils doivent partir avant toute négociation diplomatique", a déclaré un des porte-parole du CNT, Chamseddine Abdulmelah, à Benghazi (est), fief des insurgés.

Par ailleurs, le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Laabidi, a rencontré dimanche le Premier ministre grec Georges Papandreou avant de se rendre en Turquie.

A Athènes, l'émissaire du colonel Kadhafi a transmis un message faisant apparaître que le régime "cherche une solution" au conflit.

Il est arrivé à Ankara pour "demander l'aide de la Turquie" pour l'instauration d'un cessez-le-feu, de sources officielles turques.

Il doit ensuite se rendre à Malte, selon le ministre grec des Affaires étrangères, Dimitris Droutsas, qui a évoqué "un petit espoir d'aller vers une solution politique ou diplomatique".

Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a jugé que les propositions de sortie de crise du régime "ne sont pas crédibles". Après la France et le Qatar, l'Italie a décidé de reconnaître le CNT comme le "seul interlocuteur légitime".

Londres a indiqué ne pas chercher "de stratégie de sortie pour Kadhafi".

"La population libyenne sera la seule juge de ce qu'un gouvernement convenable doit être", a ajouté un porte-parole du Premier ministre britannique, interrogé sur le rôle que pourraient jouer les fils Kadhafi.

Le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, est la cible depuis le 15 février d'une révolte populaire qui s'est transformée en guerre civile entre insurgés et forces loyales au dirigeant.

Une coalition internationale, avec à sa tête les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, est intervenue en Libye le 19 mars, dans la cadre d'une résolution de l'ONU. L'Otan a pris jeudi le commandement des opérations.

L'armée américaine avait prévu de retirer ses avions de combat et ses missiles Tomahawk des opérations à partir du week-end. Mais selon le Pentagone, "en raison du mauvais temps récent en Libye, les Etats-Unis ont répondu positivement à la demande de l'Otan de prolonger leurs frappes" aériennes jusqu'à lundi.

Le chef de la Royal Air Force (RAF), le maréchal Stephen Dalton, cité par The Guardian, a indiqué que des avions britanniques participeraient aux opérations de maintien de la zone d'exclusion aérienne "pendant au moins six mois".

L'Otan a indiqué dimanche qu'elle continuait à enquêter sur une possible bavure après la mort vendredi soir, selon les insurgés, de neuf rebelles et quatre civils dans une frappe de l'Otan près de la ville pétrolière de Brega.

Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a affirmé au quotidien italien La Stampa que certaines des victimes civiles étaient en réalité des "infiltrés de Kadhafi".

Sur le plan humanitaire, un navire affrété par Médecins sans frontières a quitté dimanche Misrata (200 km à l'est de Tripoli) assiégée et bombardée depuis 40 jours par les forces pro-Kadhafi pour Sfax, en Tunisie, avec 60 blessés à bord.

Un ferry turc, transformé en hôpital, a par ailleurs évacué dimanche 460 blessés et réfugiés de Libye, selon la presse turque, depuis Misrata et Benghazi.

Source : http://actu.orange.fr/une/kadhafi-semble-chercher-une-issue-les-etats-unis-prolongent-leurs-frappes_120539.html

publié sur romandie blog le 4/04/2011 22:06

Situation instable et incertaine

En Côte d'Ivoire http://fr.news.yahoo.com/4/20110418/twl-cote-divoire-patrouilles-monde-bd5ae06.html

Des patrouilles mixtes jugées nécessaires en Côte d'Ivoire
La nouvelle armée formée en Côte d'Ivoire n'est pas prête à assumer des patrouilles de sécurité sans l'assistance de l'Onu et de la France, certains de ses soldats risquant de basculer dans le pillage, a estimé lundi un haut responsable de l'armée ivoirienne. Les combattants qui ont soutenu le président Alassane Ouattara, parmi lesquels figurent de nombreux anciens rebelles, ont renversé la semaine dernière l'ex-président Laurent Gbagbo après de violents affrontements à Abidjan, mettant ainsi fin à un bras de fer postélectoral de plus de quatre mois. Ces troupes forment à présent l'ossature de la nouvelle armée ivoirienne, les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), qui est chargée de rétablir la sécurité bien que ses soldats aient été accusés de pillages, de viols et d'exécutions sommaires durant leur offensive entre le Nord et Abidjan. "Nous allons augmenter les patrouilles, mais nous devons être prudents", a dit à Reuters le commandant Issiaka Wattao, chef d'état-major adjoint des troupes des ex-Forces nouvelles intégrées aux FRCI. Si ces patrouilles ne se font pas en coordination avec la mission militaire française en Côte d'Ivoire Licorne, des dérapages sont à craindre, a-t-il dit. "C'est pourquoi je préfère mélanger ces patrouilles avec Licorne, qui sont des gars respectueux devant lesquels ils ne pourraient jamais commettre des vols", a-t-il dit. "Il y aura davantage de patrouilles mixtes avec Licorne et les Nations unies afin de rassurer la population et la convaincre qu'elle peut sortir en toute sécurité." Abidjan, qui est la capitale économique ivoirienne, revient lentement à la normale après de violents combats entre les combattants de Ouattara et ceux de Gbagbo, et les autorités du pays misent sur une relance rapide de l'économie. Mais les pillages restent courants et des partisans de Gbagbo opèrent encore dans certains quartiers comme Yopougon, où des habitants font état de coups de feu durant la nuit.Wattao a dit que des négociations étaient en cours avec les miliciens pour les amener à déposer les armes. Certains d'entre eux pourraient à terme devenir policiers, gendarmes ou même soldats, a-t-il ajouté.

EN LYBIE : après de multiples propsositions c'est l'option commandos qui est dans l'air du temps.... signe que la situation est faite pour durer. Après avoir vendu les armes à celui que maintenant tous combattent la France qui est à l'initiative et des vente d'armes et de l'intervention passe la patate chaude...

Libye: la coalition n'exclut pas l'envoi de commandos
La stagnation des offensives rebelles et les résultats mitigés des frappes aériennes ont relancé, dans le camp allié, la réflexion sur l'assistance militaire à la rébellion. Des troupes au sol en Libye pour aider l'insurrection? Le pas a été franchi, pour la première fois lundi, par le député (UMP) Axel Poniatowski. Évoquant les perspectives d'un enlisement qu'il juge néanmoins «évitable», le président de la commission des affaires étrangères préconise «que l'Otan envoie au sol non pas des troupes combattantes, mais des forces spéciales dont la seule mission est d'identifier les coordonnées des objectifs». Selon M. Poniatowski, cette initiative ne contreviendrait pas à la résolution 1973 de l'ONU autorisant «toutes les mesures nécessaires» pour protéger les populations civiles. «Il ne s'agirait aucunement de troupes d'occupation, ce qu'exclut la résolution, mais de 200 à 300 hommes des forces spéciales servant d'appui au sol pour guider les bombardements», explique Axel Poniatowski. Selon lui, «cela permettrait de rendre l'intervention de la coalition plus efficace et d'éviter les bavures qui risquent de se multiplier». La stagnation des offensives rebelles et les résultats mitigés des frappes aériennes ont relancé, dans le camp allié, la réflexion sur l'assistance militaire à la rébellion, et notamment l'envoi de commandos, dont certains seraient déjà sur place. Selon la presse britannique, des membres des forces spéciales de Sa Majesté présentes sur le terrain pourraient être sollicités pour entraîner les rebelles peu aguerris. Le premier ministre David Cameron a confirmé ce week-end qu'il réfléchissait au moyen d'aider davantage l'insurrection. Interrogé sur la possibilité d'envoyer des troupes au sol, le chef du gouvernement s'est contenté de répondre que «nous n'allons pas envahir la Libye, nous n'allons pas l'occuper», sans se prononcer sur une intervention terrestre ponctuelle. Son chef de la diplomatie, William Hague, avait également suggéré, la semaine dernière, la possibilité de fournir des armes aux rebelles. Un débat récurrent ces jours derniers lors des tractations diplomatiques autour de la Libye, à Luxembourg, Doha et Berlin.

Les regards se tournent vers le Qatar
Le «groupe de contact» réuni mercredi dernier au Qatar n'avait pas retenu cette éventualité dans la panoplie d'aides, politique, humanitaire et financière, à la rébellion, outre la poursuite des frappes aériennes. La déclaration finale a toutefois retenu «la poursuite du soutien matériel à l'opposition en conformité avec les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies». Les Britan­niques fournissent déjà des «armes non létales», en l'occurrence des gilets pare-balles et du matériel de communication. Côté français, on estime que les résolutions n'empêcheraient pas d'envoyer des armes à la rébellion. «Nous ne souhaitons pas le faire, d'autres le peuvent», souligne une source au Quai d'Orsay. Tous les regards se tournent vers le Qatar, très motivé par l'intervention, et qui aurait déjà fourni des missiles antichars Milan à l'insurrection. Doha aurait en outre dépêché des instructeurs. À Paris, on souligne qu'envoyer des armes sophistiquées à la rébellion se heurterait au manque de formation des combattants. La crainte de voir ces matériels tomber dans les mains d'al-Qaida reste un obstacle majeur. Les lignes pourraient néanmoins bouger si les défenseurs de Benghazi se retrouvaient un jour dos au mur.
Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, s'en réfère désormais à la commission parlementaire des affaires étrangères dirigée par Axel Poniatovski à écouter sur franceinfo : http://www.france-info.com/chroniques-l-invite-de-la-mi-journee-2010-07-27-axel-poniatowski-il-faut-eradiquer-les-groupuscules-d-al-qaida-au-470331-81-252.html

Mais le ministre des Affaires Etrangères n'approuve pas la décision de la commission et réitère sa demande auprès de l'OTAN, il juge que malgré les conditions météo les avions doivent être en mesure de reconnaitre un canon (c'est wrai que les caméras infrarouges permettent de reconnaître d'infimes mouvements... ou alors l'OTAN n'est pas équipé des dernières technologies ou alors il y a un malaise quelque part... l'OTAN dirige les opérations militaires sur de nombreux terrains militaires. Il est vrai que les "bavures" se produisent souvent, que les Talibans agissent souvent... l'OTAN devrait-il être contrôlé par une instance politique et démocratique ? Au point où ils en sont, ils n'ont plus rien à cacher... Déjà à sa création pendant la guerre des Balkans ils étaient critiqués... qui ne voulait pas d'une armée européenne ? Qui a tué Moucharaf après son allocution au Parlement européen ? Qui vient d'annonce un nouvel rappel à l'ordre à l'Europe depuis la Chine ? Vieux continent, malheureux de tant d'affronts et de luttes... en plus la Hongrie vient rajouter une nouvelle épine !

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/04/19/97001-20110419FILWWW00500-libyetroupes-au-sol-juppe-hostile.php

INDE : la question du nucléaire provoque des heurts violents :

la police tire sur des opposants à un projet Areva, un manifestant tué

La police a tiré sur des opposants à un projet nucléaire du géant français Areva à Jaïtapur, dans l'ouest de l'Inde, faisant un mort, ont annoncé lundi la police et les autorités locales.
Des centaines de manifestants s'étaient rassemblés près du site choisi pour un projet de construction de six réacteurs EPR, dans l'Etat du Maharashtra, dans un contexte où la crise nucléaire au Japon a ravivé les inquiétudes sur les ambitions nucléaires de l'Inde. L'inspecteur général de la police de cet Etat, Gulabrao Pol, a déclaré que les policiers n'avaient eu d'autre choix que de tirer sur la foule. "Nous avions tout fait pour contrôler la situation mais la foule composée de centaines de personnes a pris la loi et l'ordre entre ses mains", a-t-il déclaré, cité par l'agence Press Trust of India (PTI). "Nos hommes ont lancé des grenades lacrymogènes, ont chargé (avec des bâtons) et tiré des balles en caoutchouc. Ensuite, nous n'avions d'autre option que de tirer (à balles réelles) et une personne a été tuée", a-t-il ajouté. Le ministre de l'Intérieur du Maharashtra, R.R. Patil, a déclaré devant le parlement local que cette personne avait été tuée pendant qu'environ 600 à 700 manifestants attaquaient le poste de police local. Selon le ministre, cité par PTI, les manifestants ont mis à sac le bâtiment, blessant plusieurs personnes dans l'incident. Alors que les manifestants mettaient le feu à des véhicules de police, la police a tiré en l'air pour disperser la foule, mais échouant à reprendre le contrôle de la situation, elle a tiré sur la foule, a expliqué le ministre. Selon la police, plus de 20 personnes ont été arrêtées et huit policiers ont été blessés. Areva et la société publique NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) ont signé deux accords-cadre pour la construction de deux réacteurs EPR, pendant la visite en Inde du président français Nicolas Sarkozy en décembre. Au total, six réacteurs doivent être construits sur le site pour une production d'énergie de 9.900 mégawatts (MW). Ce projet avait déjà provoqué des manifestations au sein de la population locale, dont de nombreux pêcheurs et paysans qui devront déménager pour laisser la place à la centrale et qui ont rejeté des offres d'indemnisation. Ces habitants craignent de voir leur pêche contaminée et de perdre leurs terres agricoles. L'assurance des autorités, selon lesquelles le projet devrait transformer l'économie locale et créer de nouveaux emplois, a été accueillie avec beaucoup de scepticisme parmi les habitants. La crise nucléaire au Japon, provoquée par un séisme suivi d'un tsunami, a ravivé les inquiétudes sur les ambitions nucléaires de l'Inde qui cherche à se doter de 60.000 mégawatts (MW) supplémentaires d'ici vingt ans pour alimenter sa solide croissance. La troisième puissance économique d'Asie a aujourd'hui en activité 20 réacteurs nucléaires générant 4.780 MW. Le projet de Jaïtapur a en particulier cristalisé les craintes, car il est situé sur une zone sismique et proche du littoral. Alors que plusieurs scientifiques avaient demandé un moratoire sur le nucléaire en Inde, le ministre de l'Environnement Jairam Ramesh a affirmé vendredi qu'il n'y aurait pas de nouvelle réflexion sur le projet de Jaïtapur, tout en admettant que de plus grandes mesures de sécurité pourraient être requises pour faire face à toute éventualité. Dans un communiqué, Karuna Raina, responsable du nucléaire chez Greenpeace Inde, a jugé "honteuse" l'action de la police, estimant que la population locale ne faisait qu'exercer son droit à manifester.

PAKISTAN : Les enfants perdus

Terroriste kamikaze à 14 ans, il raconte l'attentat auquel il a survécu
PAKISTAN - Sa veste s'est mal déclenchée, contrairement à celle de son partenaire...
Que passe-t-il par la tête d'un adolescent de 14 ans qui décide de rejoindre les talibans et de se faire exploser pour la cause? Oumar raconte son histoire choc à la BBC, alors qu'il a participé à un attentat-suicide, le 3 avril dernier, qui a fait 41 morts dans le centre du Pakistan, dans un mausolée soufi (*). «Le plan était qu'Ismaël se fasse sauter près du temple. Moi, je devais attendre que les ambulances arrivent pour tuer le plus de monde possible», explique-t-il. Laa première partie se déroule comme prévu, la veste d'Oumar, elle, se déclenche mal. L'explosion lui déchiquette le bras et une partie de l'abdomen, mais le jeune Pakistanais n'a pas rejoint le «paradis» promis. Dans quel état d'esprit se trouvait-il? «On a d'abord enfilé nos gilets explosifs, à l'écart. Ensuite, on s'est dit au revoir et on s'est promis de prier l'un pour l'autre. Je pensais que ça ferait un peu mal, mais qu'ensuite, on serait au paradis», confie-t-il depuis son lit d'hôpital, où il se trouve toujours dans un état grave.

Cinq mois d'entraînement

Comme beaucoup de jeunes terroristes, Oumar s'est fait recruter à l'école, à la frontière avec l'Afghanistan. «Les talibans étaient partout. Un jour, un homme s'est présenté et m'a dit de venir avec lui, pour devenir un kamikaze. Je lui ai dit que s'il voulait tuer des gens, il pouvait le faire tout seul», raconte l'adolescent. «Mais il revenait, encore et toujours. Il disait 'Ça ne sert à rien d'étudier, il n'y a rien de mieux que le paradis, tu peux le rejoindre en tuant des hérétiques'.»

Petit à petit, l'idée fait son chemin. «Les talibans prient tout le temps et lisent le Coran. J'ai fini par penser qu'ils avaient raison. Mon coeur m'a dit d'aller m'entraîner avec eux». L'entraînement dure cinq mois. En compagnie de deux autres adolescents, Oumar apprend à manier armes et explosifs. «Souvent, ils nous bandaient les yeux», précise-t-il. Pour que l'emplacement du camp reste secret.

«J'espère que les gens me pardonneront»
Quand sa veste s'est mal déclenchée, Oumar a fait ce que tout terroriste formé par les talibans apprend: il a tenté de dégoupiller sa grenade de secours avec les dents, pour finir sa mission. Mais avant qu'il puisse s’exécuter, un policier est parvenu à le neutraliser, d'une balle dans le bras. Oumar dit avoir réalisé qu'il avait eu tort quand il a vu les médecins s'activer pour tenter de lui sauver la vie. «Je suis reconnaissant, ils m'ont sauvé de l'enfer. La douleur est intense, mais il y a beaucoup de gens à l'hôpital dans un état bien plus grave que le mien. Ce que nous avons fait est inexcusable, nous avons tué des enfants, des femmes et des personnes âgés. Aujourd'hui, je réalise que les attentats-suicides vont à l'encontre de l'enseignement de l'Islam. J'espère que les gens me pardonneront.»

(*) le soufisme est un mouvement minoritaire de l'islam. Ses disciples sont considérés comme des impies et des hérétiques par les musulmans les plus radicaux.

source : http://www.20minutes.fr/article/709089/monde-terroriste-kamikaze-14-ans-raconte-attentat-auquel-survecu

BURKINA FASSO : la rebellion s'étend

Burkina Faso Après les militaires, les commerçants en colère

Burkina Faso Après les militaires, les commerçants en colère
Déjà confronté depuis jeudi à une mutinerie de militaires, le régime du président Compaoré a dû faire face à la colère de commerçants, qui ont incendié plusieurs édifices publics hier à Ouagadougou, pour protester contre les pillages des mutins. Un couvre-feu a été instauré dans la capitale de 19 h à 6 h. Les incidents ont fait 45 blessés, dont certains par balle, en plus de « quelques cas de viols ».

Côte d´Ivoire Blé Goudé serait en liberté
Le chef des « Jeunes patriotes », Charles Blé Goudé, personnage clé du régime de Laurent Gbagbo, faisait toujours l´objet d´intenses spéculations hier, son camp affirmant qu´il était « en lieu sûr », alors que les rumeurs le disaient aux mains des forces du président Ouattara.

Nigeria 73 millions d’électeurs appelés à voter pour la présidentielle
Les bureaux de vote ont ouvert hier au Nigeria pour l´élection présidentielle, à laquelle sont appelés à voter 73 millions d´électeurs de ce pays le plus peuplé d´Afrique et premier producteur de pétrole du continent. Le président sortant, Goodluck Jonathan, est donné favori face à une opposition dispersée.

Nigeria/élections: 15.000 déplacés

Les émeutes au Nigeria qui ont éclaté dans le Nord après la présidentielle de samedi ont déplacé plus de 15.000 personnes et fait au moins 276 (BIEN 276) blessés.

"Nous avons assisté plus de 276 personnes que nous avons évacuées dans des hôpitaux. Nous allons fournir des abris à plus de 15.000 déplacés", a déclaré le Dr Abdul Mairiga, coordinateur de la Croix-Rouge nigérianne.

Les émeutes d'aujourd'hui dans le Nord à dominante musulmane du Nigeria où les résultats de la présidentielle assuraient de la victoire le dirigeant sortant Goodluck Jonathan, un chrétien sudiste, ont aussi fait plusieurs morts, selon un responsable de la sécurité, qui n'a pas donné de chiffre.

Les émeutes ont éclaté en plusieurs endroits du Nord, notamment à Kano (Etat de Kano) où des maisons ont été attaquées et incendiées, et dans l'Etat voisin de Kaduna, a-t-il ajouté.


Source : AFP -->
Syrie La loi d´urgence bientôt abolie
Le président syrien Bachar al-Assad a affirmé hier, dans un discours devant le nouveau gouvernement, que la loi d´urgence, adoptée en 1962 et dont l´abrogation est l´une des principales revendications des contestataires, serait abolie dans « une semaine maximum ».

Afghanistan Neuf soldats tués
Neuf militaires — quatre Afghans et cinq de la Force de l´Otan en Afghanistan (Isaf) — ont été tués hier lors d´un attentat suicide, revendiqué par les insurgés talibans, contre le quartier général de l´armée afghane pour l´est du pays, non loin de Jalalabad. Le ministre des affaires étrangères français aurait été visé. Il n'était pas dans les locaux au moment des faits.

Autorité palestinienne Mahmoud Abbas vient chercher conseil en Europe
Le président Mahmoud Abbas a annoncé qu´il se rendrait en France le 21 avril et en Allemagne en mai pour demander « conseil » aux dirigeants européens sur la création d´un Etat palestinien.

Tunise : La douche froide, la révolution du Jasmin a du mal à se structurer

http://www.france-info.com/chroniques-le-plus-france-info-2011-04-19-immigration-clandestine-l-europe-met-la-pression-sur-tunis-530841-81-184.html

Trois mois après la chute du dictateur tunisien Ben Ali, poussé au départ par la révolution, où en est la Tunisie ? Comment s’organise le nouveau gouvernement ?
Journée spéciale Tunisie sur France Info, à l’occasion de l’ouverture d’un bureau du groupe Radio France à Tunis.

Face à l’arrivée massive de migrants tunisiens sur les côtes italiennes, l’Union européenne conditionne son aide financière à la jeune démocratie tunisienne, à la lutte contre cette immigration clandestine.
Reportage de l’envoyé spécial permanent de France Info à Tunis : Bruno Cadène. (à écouter en suivant le lien ci-dessus)

La visite de Jose Manuel Barroso la semaine dernière était très attendue par les Tunisiens. Et la déception a été à la hauteur de l’espérance.
Certes, le président de la Commission européenne a salué la révolution du Jasmin, mais il a surtout parlé d’immigration clandestine, conditionnant même l’aide financière européenne à la lutte contre la vague d’immigration de clandestins tunisiens.

L’Union européenne est prête à une rallonge financière de 140 millions d’euros pour les trois années à venir, mais en échange, Tunis doit empêcher ses ressortissants de rejoindre Lampedusa (Italie). En somme, la jeune démocratie tunisienne fait l’apprentissage de la real politik.

Pour les organisations humanitaire tunisiennes, cette position européenne est très difficilement compréhensible, au regard des difficultés économiques et politiques de cette transition. "On oublie que nous sommes entourés de deux régimes, libyen et algérien, hostiles à notre révolution (…) Et nous sommes nous aussi submergés par les réfugiés venant de Libye", explique Abdjil Bedoui, du Forum pour les Droits Economiques et Sociaux.

Les autorités tunisiennes et les ONG sont cependant d’accord avec les Européens sur un point : une amélioration de la situation économique en Tunisie sera le seul véritable moyen de stopper cette vague d’immigration clandestine. "Il y a la liberté et la dignité qui sont les valeurs fondatrices de la révolution, mais il y a aussi le pain, c’est-à-dire les considérations économiques. C’est surtout un problème de répartition des fruits de la croissance", résume Jawhar Chatty, éditorialiste du quotidien La Presse de Tunisie.

Depuis le début de la révolution, le nombre de chômeurs est passé de 500.000 à 700.000 en Tunisie, pour un pays de 10 millions d’habitants.
Il y a quelques semaines, Christine Lagarde était allée à Tunis évoquer la mise en place d’un véritable "plan Marshall" pour la Tunisie. Avec une aide – modeste – de 140 millions d’euros, de plus, conditionnée au contrôle de l’immigration, les Tunisiens ne comprennent pas ce revirement de situation.

EMMIGRATION : La France ne veut pas subir elle a fait appel auprès de la commission européenne qui a confirmé son droit d'arrêter un train en entre Vingtimille et Menton baptisé "le train de la dignité"

L’Italie a décidé de délivrer aux clandestins des permis de séjour temporaires valables dans tout l’espace Schengen pour impliquer les autres pays européens.
Le pays est confronté depuis janvier à un afflux d’immigrants illégaux tunisiens.
Mais cette décision a aussitôt déclenché une polémique avec la France.
suivre le fil info http://www.lemonde.fr/societe/portfolio/2011/04/18/train-de-la-dignite-nous-ne-voulions-pas-faire-un-coup-de-force_1509146_3224.html

publié sur romandie blog le 19/04/2011 13:14

mardi 6 décembre 2011

Après les émeutes et la révolution du Jasmin en Tunisie qui a vu la fuite puis le décès par AVC du chef contesté Ben Ali et sa belle famille Beltrasi, la Lybie est prise au piège par les seuls opposants locaux : des islamistes extrêmistes qui s'en prennent aux occidentaux

Après les émeutes et la révolution du Jasmin en Tunisie qui a vu la fuite puis le décès par AVC du chef contesté Ben Ali et sa belle famille Beltrasi, la Lybie est prise au piège par les seuls opposants locaux : des islamistes extrêmistes qui s'en prennent aux occidentaux

L'article que fait rue 89 aujourd'hui illustre parfaitement les risques que font peser la prise du pouvoir par les extrêmistes islamistes à l'Est de la Lybie. Déjà les émeutes avaient causé la mort d'un prêtre polonais à Tunis, un journaliste américain en Egypte ainsi qu'une femme journaliste violée alors qu'elle était encerclée près près de 200 personnes. La Tunisie a arrêté le coupable, l'armée et les femmes sont venus au secous de la jeune américaine. Mais ce qui se passe en Lybie est inquiétant. Alors que la Tunisie et l'Egypte reprennent les initiatives pour ouvrir à nouveau le territoire u tourisme, principale source d'économie, les étrangers fuient la Lybie tellement l'incertitude et la menace sont préoccupants.

article de rue 89

Pourquoi l'Occident ne vole pas au secours des Libyens
Par Marie Kostrz | Rue89 | 23/02/2011 | 12H34


Pétrole, lutte contre l'immigration et l'islamisme… Kadhafi exploite les limites de la diplomatie des droits de l'homme. Explicateur.


Depuis lundi, une avalanche de condamnations officielles s'abat sur le régime libyen. Pourtant, les puissances occidentales n'ont aucune emprise sur le cours des événements. Et ne cherchent pas forcément à en avoir.

Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, certains actes commis par le régime ces derniers jours peuvent pourtant être qualifiés de crimes de guerre.

Au moins cinq éléments expliquent les atermoiements des pays occidentaux.

La rente pétrolière a muselé les pays importateurs

La Libye, quatrième producteur en Afrique, dispose des plus importantes réserves de pétrole du continent. Elle exporte 85% de son or noir vers l'Europe occidentale. Premier client, l'Italie, dont 22% de ses importations proviennent du pays nord-africain.
Selon Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences-Po, cette forte dépendance explique l'inertie des puissances occidentales :

« Le marché pétrolier est extrêmement tendu actuellement. La situation est suffisamment critique pour que les Etats exercent eux-mêmes une autocensure sans que Kadhafi ne les menace de fermer le robinet de brut. »

Depuis la fin de l'embargo sur la Libye déclaré en 1999, Kadhafi a attisé la compétition entre les puissances occidentales gourmandes en pétrole. Le Guide a abandonné ses habits de terroriste et ouvert ses exploitations pétrolières aux pays étrangers. Le régime est alors devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. L'Italie, la France, l'Allemagne et surtout la Grande-Bretagne ont sauté sur l'occasion.

Le régime jouit ainsi d'une manne financière colossale. Il encaisse chaque années 35 milliards de dollars. Une opulence dont s'est servi Kadhafi pour asservir la communauté internationale, selon Hasni Habidi :

« Il a mis en place une politique d'arrosage visant à faire taire toute contestation au niveau national, mais aussi international : il a financé des groupes d'amitié franco-libyens par exemple.

L'Italie et l'Allemagne forment la police libyenne, car le régime paye cash. Les pays étrangers se retrouvent prisonniers de cette relation avec le pouvoir. »

Selon Bertrand Badie, la situation libyenne actuelle montre que la mondialisation a permis à n'importe quel pays de se doter de moyens de pression :

« Dans un contexte d'interdépendance croissante, les puissances sont condamnées à la prudence : chaque Etat a une influence grâce à sa capacité de déstabilisation. »

La Libye, un verrou contre l'immigration…

Depuis plusieurs années, la Libye a été érigée en rempart contre les flux migratoires. Elle empêche les centaines de milliers de migrants d'Afrique sub-saharienne de rejoindre les côtes européennes de la Méditerranée. Bertrand Badie précise :

« La possibilité que le verrou libyen saute est une grande angoisse, quasiment obsessionnelle, de l'Occident. »

Cela inquiète particulièrement l'Italie : le pays craint un nouvel afflux massif d'immigrés, après l'arrivée à Lampedusa de plusieurs milliers de Tunisiens suite à la chute de Ben Ali.

… et contre l'islamisme

Autre peur : l'islamisme. Les puissances étrangères se sont aussi accommodées d'une dictature ferme envers ses partisans, très présents dans le Sahel. Elles ménagent ainsi un régime qui a maté la contestation islamiste.

Instabilité tribale et absence d'opposition

Dans son discours-fleuve prononcé mardi, Kadhafi a brandi la menace tribale :

« Aucune tribu ne peut en dominer une autre et nous plongerons dans la guerre civile. »

L'organisation particulière de la Libye, structurée autour de grandes tribus alliées à Kadhafi, est également prise en compte par les puissances étrangères. Certaines viennent de prendre leurs distances avec le régime. La Warfalla, allié historique de Kadhafa et pilier du régime, a ainsi condamné lundi la répression.

Contrairement aux autres pays arabes, comme la Tunisie ou l'Algérie, le pays n'a pas de mouvements d'opposition, de diaspora active constituant un contre-pouvoir indirect. Hasni Abidi regrette :

« La Libye est le seul pays qui n'a de compte à rendre à personne. »



Dans ce contexte, les pays étrangers observent prudemment l'évolution des alliances tribales. Une source diplomatique française détaille :

« Les Occidentaux maîtrisent très peu la structure et les rapports inter-tribus. Ils attendent d'en savoir un peu plus avant d'agir, car ils ne connaissent pas vraiment les forces en présence.

Sur qui exactement s'appuyer en Libye ? Est-ce une révolution contre Khadafi ou le fait d'une tribu qui cherche à s'imposer sur les autres ? Si oui, laquelle et quel est son projet politique ? »

Les expatriés pris au piège
Kadhafi a choisi de combattre les protestataires « jusqu'à la dernière goutte de sang ». Des paroles qui obligent les pays étrangers à la plus grande prudence.

Selon notre source diplomatique, la France ne tentera rien tant que ses 750 ressortissants présents sur le sol libyen n'auront pas été évacués. L'imprévisibilité de Kadhafi, son passé terroriste et les menaces brandies lors de son discours inquiètent :

« En cas d'agression, on ne sait pas de quoi Khadafi est capable, ni quelles sont exactement ses capacités militaires ou ses alliances dans la région. Dans la mesure où il est prêt à sacrifier son propre peuple, on ne sait pas jusqu'où il peut aller et ce n'est pas pour rassurer les Occidentaux. »



Les pays limitrophes, cantonnés dans un rôle inférieur par Kadhafi, s'inquiètent aussi du sort de leurs ressortissants en cas d'intervention étrangère. D'après les sources officielles de chaque pays, il y aurait entre 50 000 et 80 000 Tunisiens et environ 1,5 million d'Egyptiens en Libye.

Et les Tunisiens ont été formellement accusés par le régime de fournir de la drogue aux contestataires. La Tunisie essaye donc de faire comprendre à la France qu'elle ne souhaite pas d'intervention qui risquerait de mettre en danger ses citoyens.

Avec l'exemple libyen, un constat s'impose. La diplomatie des droits de l'homme, qui a eu le vent en poupe après la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui délaissée. Les interventions humanitaires et le rétablissement des droits de l'homme en cas d'agression sont aujourd'hui des actions qui ne mobilisent plus la communauté internationale. Bertrand Badie conclut :

« Ce type de diplomatie n'est utilisé que quand ça nous arrange et il a en plus montré ses faiblesses. Aujourd'hui, plus personne ne croit sincèrement en elle. »

Photo : Berlusconi, Sarkozy, Medvedev, Obama, Ban Ki-Moon et Kadhafi, le 10 juillet 2009 au G8 de L'Aquila (Tony Gentile/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Kadhafi : « Je combattrai jusqu'à la dernière goutte de sang »
► Tous nos articles sur la Libye
► Tous nos articles sur Kadhafi
Ailleurs sur le Web
► La Libye et l’Occident depuis 1999 : entre tropisme américain et ancrage euroméditerranéen, de Saïd Haddad, sur Cairn.info
► Kadhafi sur le départ, par Robert Fisk, sur TheIndependant.co.uk (en anglais)
Source : http://www.rue89.com/explicateur/2011/02/23/pourquoi-loccident-ne-vole-pas-au-secours-des-libyens-191890

=========================================


Wikileaks montre un Kadhafi maître de la manipulation
Mouammar Kadhafi, le tyran qui mène la Libye d'une main de fer depuis plus de quarante ans, a été souvent décrit comme un bouffon excentrique et mégalomane. Au travers des câbles diplomatiques confidentiels américains révélés par Wikileaks, le personnage décrit est assez différent, plus dangereux, brutal et machiavélique. Il a conservé son pouvoir depuis plus de quatre décennies en ne cessant de manipuler et de contrôler les tribus libyennes et leurs chefs. C'est notamment ce que le montrent des articles publiés par The Washington Post et The New York Times.
Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Libye et la réouverture de l'ambassade américaine à Tripoli en 2009, les diplomates américains ont décrit, parfois avec une certaine admiration, les talents politiques de Kadhafi et sa capacité à marginaliser ses alliés et ses rivaux, y compris ses propres enfants.

Kadhafi «reste intimement impliqué dans les questions les plus importantes pour le régime», écrit l'ambassadeur américain Gene A. Cretz le 28 janvier 2009 dans un câble adressé au Département d'Etat à Washington. «Sa maîtrise de la tactique politique l'a maintenu au pouvoir pendant près de quarante ans», ajoute-t-il. Depuis sa prise de pouvoir en 1969, Mouammar Kadhafi a empêché le développement de toute opposition, y compris au sein de l'armée. Il a aboli les grades militaires supérieurs au sien, celui de colonel.

«La réalité est qu'aucun successeur potentiel a aujourd'hui une crédibilité suffisante pour maintenir un équilibre délicat. Kadhafi est l'architecte de sa propre cage dorée et ne peut pas laisser à d'autres les décisions à prendre au jour le jour, même s'il le voulait», écrit encore Gene A. Cretz.

La personnalité à facettes de Mouammar Kadhafi apparaît clairement dans une rencontre le 14 août 2009 avec une délégation du Congrès américain menée par le sénateur républicain John McCain. La délégation était convoquée à 11 heures dans la luxueuse tente du dictateur. Kadhafi est apparu «comme s'il sortait d'un profond sommeil» et avait «les cheveux en bataille et les yeux gonflés». Il portait un pantalon froissé et un tea-shirt trop court avec une carte du continent africain. Mais durant toute la conversation, Mouammar Kadhafi était «lucide et impliqué» montrant qu'il était maître de lui et connaissait parfaitement les sujets et les usages diplomatiques. Quand son fils Muatassim, qui est son conseiller pour les questions de sécurité, a essayé d'interrompre un élu américain, Mouammar l'a sèchement «rabroué» et a demandé au visiteur de continuer.

Toujours selon les câbles Wikileaks, le même Muatassim a demandé 1,2 milliard de dollars en 2008 au président de la compagnie pétrolière nationale libyenne pour financer sa propre milice. L'un de ses frères, Seif al-Islam, avait lui payé 1 million de dollars à Mariah Carey pour qu'elle chante quatre chansons pour lui lors d'une fête à Saint-Barthélémy, dans les Petites Antilles.

Plus drôle, un câble de septembre 2009 adressé à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, note que Mouammar Kadhafi n'est plus accompagné par sa légendaire garde personnelle constituée uniquement de femmes, mais est très attaché à son infirmière ukrainienne, une «voluptueuse blonde» prénommée Galyna qui le suit partout.

Photo: Mouammar Kadhafi. REUTERS / Vasily Fedosenko

source : http://www.slate.fr/lien/34617/wikileaks-kadhafi-maitre-manipulation

publié sur facebook le L'article que fait rue 89 aujourd'hui illustre parfaitement les risques que font peser la prise du pouvoir par les extrêmistes islamistes à l'Est de la Lybie. Déjà les émeutes avaient causé la mort d'un prêtre polonais à Tunis, un journaliste américain en Egypte ainsi qu'une femme journaliste violée alors qu'elle était encerclée près près de 200 personnes. La Tunisie a arrêté le coupable, l'armée et les femmes sont venus au secous de la jeune américaine. Mais ce qui se passe en Lybie est inquiétant. Alors que la Tunisie et l'Egypte reprennent les initiatives pour ouvrir à nouveau le territoire u tourisme, principale source d'économie, les étrangers fuient la Lybie tellement l'incertitude et la menace sont préoccupants.

article de rue 89

Pourquoi l'Occident ne vole pas au secours des Libyens
Par Marie Kostrz | Rue89 | 23/02/2011 | 12H34


Pétrole, lutte contre l'immigration et l'islamisme… Kadhafi exploite les limites de la diplomatie des droits de l'homme. Explicateur.


Depuis lundi, une avalanche de condamnations officielles s'abat sur le régime libyen. Pourtant, les puissances occidentales n'ont aucune emprise sur le cours des événements. Et ne cherchent pas forcément à en avoir.

Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, certains actes commis par le régime ces derniers jours peuvent pourtant être qualifiés de crimes de guerre.

Au moins cinq éléments expliquent les atermoiements des pays occidentaux.

La rente pétrolière a muselé les pays importateurs

La Libye, quatrième producteur en Afrique, dispose des plus importantes réserves de pétrole du continent. Elle exporte 85% de son or noir vers l'Europe occidentale. Premier client, l'Italie, dont 22% de ses importations proviennent du pays nord-africain.
Selon Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences-Po, cette forte dépendance explique l'inertie des puissances occidentales :

« Le marché pétrolier est extrêmement tendu actuellement. La situation est suffisamment critique pour que les Etats exercent eux-mêmes une autocensure sans que Kadhafi ne les menace de fermer le robinet de brut. »

Depuis la fin de l'embargo sur la Libye déclaré en 1999, Kadhafi a attisé la compétition entre les puissances occidentales gourmandes en pétrole. Le Guide a abandonné ses habits de terroriste et ouvert ses exploitations pétrolières aux pays étrangers. Le régime est alors devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. L'Italie, la France, l'Allemagne et surtout la Grande-Bretagne ont sauté sur l'occasion.

Le régime jouit ainsi d'une manne financière colossale. Il encaisse chaque années 35 milliards de dollars. Une opulence dont s'est servi Kadhafi pour asservir la communauté internationale, selon Hasni Habidi :

« Il a mis en place une politique d'arrosage visant à faire taire toute contestation au niveau national, mais aussi international : il a financé des groupes d'amitié franco-libyens par exemple.

L'Italie et l'Allemagne forment la police libyenne, car le régime paye cash. Les pays étrangers se retrouvent prisonniers de cette relation avec le pouvoir. »

Selon Bertrand Badie, la situation libyenne actuelle montre que la mondialisation a permis à n'importe quel pays de se doter de moyens de pression :

« Dans un contexte d'interdépendance croissante, les puissances sont condamnées à la prudence : chaque Etat a une influence grâce à sa capacité de déstabilisation. »

La Libye, un verrou contre l'immigration…

Depuis plusieurs années, la Libye a été érigée en rempart contre les flux migratoires. Elle empêche les centaines de milliers de migrants d'Afrique sub-saharienne de rejoindre les côtes européennes de la Méditerranée. Bertrand Badie précise :

« La possibilité que le verrou libyen saute est une grande angoisse, quasiment obsessionnelle, de l'Occident. »

Cela inquiète particulièrement l'Italie : le pays craint un nouvel afflux massif d'immigrés, après l'arrivée à Lampedusa de plusieurs milliers de Tunisiens suite à la chute de Ben Ali.

… et contre l'islamisme

Autre peur : l'islamisme. Les puissances étrangères se sont aussi accommodées d'une dictature ferme envers ses partisans, très présents dans le Sahel. Elles ménagent ainsi un régime qui a maté la contestation islamiste.

Instabilité tribale et absence d'opposition

Dans son discours-fleuve prononcé mardi, Kadhafi a brandi la menace tribale :

« Aucune tribu ne peut en dominer une autre et nous plongerons dans la guerre civile. »

L'organisation particulière de la Libye, structurée autour de grandes tribus alliées à Kadhafi, est également prise en compte par les puissances étrangères. Certaines viennent de prendre leurs distances avec le régime. La Warfalla, allié historique de Kadhafa et pilier du régime, a ainsi condamné lundi la répression.

Contrairement aux autres pays arabes, comme la Tunisie ou l'Algérie, le pays n'a pas de mouvements d'opposition, de diaspora active constituant un contre-pouvoir indirect. Hasni Abidi regrette :

« La Libye est le seul pays qui n'a de compte à rendre à personne. »



Dans ce contexte, les pays étrangers observent prudemment l'évolution des alliances tribales. Une source diplomatique française détaille :

« Les Occidentaux maîtrisent très peu la structure et les rapports inter-tribus. Ils attendent d'en savoir un peu plus avant d'agir, car ils ne connaissent pas vraiment les forces en présence.

Sur qui exactement s'appuyer en Libye ? Est-ce une révolution contre Khadafi ou le fait d'une tribu qui cherche à s'imposer sur les autres ? Si oui, laquelle et quel est son projet politique ? »

Les expatriés pris au piège
Kadhafi a choisi de combattre les protestataires « jusqu'à la dernière goutte de sang ». Des paroles qui obligent les pays étrangers à la plus grande prudence.

Selon notre source diplomatique, la France ne tentera rien tant que ses 750 ressortissants présents sur le sol libyen n'auront pas été évacués. L'imprévisibilité de Kadhafi, son passé terroriste et les menaces brandies lors de son discours inquiètent :

« En cas d'agression, on ne sait pas de quoi Khadafi est capable, ni quelles sont exactement ses capacités militaires ou ses alliances dans la région. Dans la mesure où il est prêt à sacrifier son propre peuple, on ne sait pas jusqu'où il peut aller et ce n'est pas pour rassurer les Occidentaux. »



Les pays limitrophes, cantonnés dans un rôle inférieur par Kadhafi, s'inquiètent aussi du sort de leurs ressortissants en cas d'intervention étrangère. D'après les sources officielles de chaque pays, il y aurait entre 50 000 et 80 000 Tunisiens et environ 1,5 million d'Egyptiens en Libye.

Et les Tunisiens ont été formellement accusés par le régime de fournir de la drogue aux contestataires. La Tunisie essaye donc de faire comprendre à la France qu'elle ne souhaite pas d'intervention qui risquerait de mettre en danger ses citoyens.

Avec l'exemple libyen, un constat s'impose. La diplomatie des droits de l'homme, qui a eu le vent en poupe après la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui délaissée. Les interventions humanitaires et le rétablissement des droits de l'homme en cas d'agression sont aujourd'hui des actions qui ne mobilisent plus la communauté internationale. Bertrand Badie conclut :

« Ce type de diplomatie n'est utilisé que quand ça nous arrange et il a en plus montré ses faiblesses. Aujourd'hui, plus personne ne croit sincèrement en elle. »

Photo : Berlusconi, Sarkozy, Medvedev, Obama, Ban Ki-Moon et Kadhafi, le 10 juillet 2009 au G8 de L'Aquila (Tony Gentile/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Kadhafi : « Je combattrai jusqu'à la dernière goutte de sang »
► Tous nos articles sur la Libye
► Tous nos articles sur Kadhafi
Ailleurs sur le Web
► La Libye et l’Occident depuis 1999 : entre tropisme américain et ancrage euroméditerranéen, de Saïd Haddad, sur Cairn.info
► Kadhafi sur le départ, par Robert Fisk, sur TheIndependant.co.uk (en anglais)
Source : http://www.rue89.com/explicateur/2011/02/23/pourquoi-loccident-ne-vole-pas-au-secours-des-libyens-191890

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Wikileaks montre un Kadhafi maître de la manipulation
Mouammar Kadhafi, le tyran qui mène la Libye d'une main de fer depuis plus de quarante ans, a été souvent décrit comme un bouffon excentrique et mégalomane. Au travers des câbles diplomatiques confidentiels américains révélés par Wikileaks, le personnage décrit est assez différent, plus dangereux, brutal et machiavélique. Il a conservé son pouvoir depuis plus de quatre décennies en ne cessant de manipuler et de contrôler les tribus libyennes et leurs chefs. C'est notamment ce que le montrent des articles publiés par The Washington Post et The New York Times.
Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Libye et la réouverture de l'ambassade américaine à Tripoli en 2009, les diplomates américains ont décrit, parfois avec une certaine admiration, les talents politiques de Kadhafi et sa capacité à marginaliser ses alliés et ses rivaux, y compris ses propres enfants.

Kadhafi «reste intimement impliqué dans les questions les plus importantes pour le régime», écrit l'ambassadeur américain Gene A. Cretz le 28 janvier 2009 dans un câble adressé au Département d'Etat à Washington. «Sa maîtrise de la tactique politique l'a maintenu au pouvoir pendant près de quarante ans», ajoute-t-il. Depuis sa prise de pouvoir en 1969, Mouammar Kadhafi a empêché le développement de toute opposition, y compris au sein de l'armée. Il a aboli les grades militaires supérieurs au sien, celui de colonel.

«La réalité est qu'aucun successeur potentiel a aujourd'hui une crédibilité suffisante pour maintenir un équilibre délicat. Kadhafi est l'architecte de sa propre cage dorée et ne peut pas laisser à d'autres les décisions à prendre au jour le jour, même s'il le voulait», écrit encore Gene A. Cretz.

La personnalité à facettes de Mouammar Kadhafi apparaît clairement dans une rencontre le 14 août 2009 avec une délégation du Congrès américain menée par le sénateur républicain John McCain. La délégation était convoquée à 11 heures dans la luxueuse tente du dictateur. Kadhafi est apparu «comme s'il sortait d'un profond sommeil» et avait «les cheveux en bataille et les yeux gonflés». Il portait un pantalon froissé et un tea-shirt trop court avec une carte du continent africain. Mais durant toute la conversation, Mouammar Kadhafi était «lucide et impliqué» montrant qu'il était maître de lui et connaissait parfaitement les sujets et les usages diplomatiques. Quand son fils Muatassim, qui est son conseiller pour les questions de sécurité, a essayé d'interrompre un élu américain, Mouammar l'a sèchement «rabroué» et a demandé au visiteur de continuer.

Toujours selon les câbles Wikileaks, le même Muatassim a demandé 1,2 milliard de dollars en 2008 au président de la compagnie pétrolière nationale libyenne pour financer sa propre milice. L'un de ses frères, Seif al-Islam, avait lui payé 1 million de dollars à Mariah Carey pour qu'elle chante quatre chansons pour lui lors d'une fête à Saint-Barthélémy, dans les Petites Antilles.

Plus drôle, un câble de septembre 2009 adressé à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, note que Mouammar Kadhafi n'est plus accompagné par sa légendaire garde personnelle constituée uniquement de femmes, mais est très attaché à son infirmière ukrainienne, une «voluptueuse blonde» prénommée Galyna qui le suit partout.

Photo: Mouammar Kadhafi. REUTERS / Vasily Fedosenko

source : http://www.slate.fr/lien/34617/wikileaks-kadhafi-maitre-manipulation
publié sur romandie blog le L'article que fait rue 89 aujourd'hui illustre parfaitement les risques que font peser la prise du pouvoir par les extrêmistes islamistes à l'Est de la Lybie. Déjà les émeutes avaient causé la mort d'un prêtre polonais à Tunis, un journaliste américain en Egypte ainsi qu'une femme journaliste violée alors qu'elle était encerclée près près de 200 personnes. La Tunisie a arrêté le coupable, l'armée et les femmes sont venus au secous de la jeune américaine. Mais ce qui se passe en Lybie est inquiétant. Alors que la Tunisie et l'Egypte reprennent les initiatives pour ouvrir à nouveau le territoire u tourisme, principale source d'économie, les étrangers fuient la Lybie tellement l'incertitude et la menace sont préoccupants.

article de rue 89

Pourquoi l'Occident ne vole pas au secours des Libyens
Par Marie Kostrz | Rue89 | 23/02/2011 | 12H34


Pétrole, lutte contre l'immigration et l'islamisme… Kadhafi exploite les limites de la diplomatie des droits de l'homme. Explicateur.


Depuis lundi, une avalanche de condamnations officielles s'abat sur le régime libyen. Pourtant, les puissances occidentales n'ont aucune emprise sur le cours des événements. Et ne cherchent pas forcément à en avoir.

Selon Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, certains actes commis par le régime ces derniers jours peuvent pourtant être qualifiés de crimes de guerre.

Au moins cinq éléments expliquent les atermoiements des pays occidentaux.

La rente pétrolière a muselé les pays importateurs

La Libye, quatrième producteur en Afrique, dispose des plus importantes réserves de pétrole du continent. Elle exporte 85% de son or noir vers l'Europe occidentale. Premier client, l'Italie, dont 22% de ses importations proviennent du pays nord-africain.
Selon Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales et professeur à Sciences-Po, cette forte dépendance explique l'inertie des puissances occidentales :

« Le marché pétrolier est extrêmement tendu actuellement. La situation est suffisamment critique pour que les Etats exercent eux-mêmes une autocensure sans que Kadhafi ne les menace de fermer le robinet de brut. »

Depuis la fin de l'embargo sur la Libye déclaré en 1999, Kadhafi a attisé la compétition entre les puissances occidentales gourmandes en pétrole. Le Guide a abandonné ses habits de terroriste et ouvert ses exploitations pétrolières aux pays étrangers. Le régime est alors devenu fréquentable aux yeux des Occidentaux. L'Italie, la France, l'Allemagne et surtout la Grande-Bretagne ont sauté sur l'occasion.

Le régime jouit ainsi d'une manne financière colossale. Il encaisse chaque années 35 milliards de dollars. Une opulence dont s'est servi Kadhafi pour asservir la communauté internationale, selon Hasni Habidi :

« Il a mis en place une politique d'arrosage visant à faire taire toute contestation au niveau national, mais aussi international : il a financé des groupes d'amitié franco-libyens par exemple.

L'Italie et l'Allemagne forment la police libyenne, car le régime paye cash. Les pays étrangers se retrouvent prisonniers de cette relation avec le pouvoir. »

Selon Bertrand Badie, la situation libyenne actuelle montre que la mondialisation a permis à n'importe quel pays de se doter de moyens de pression :

« Dans un contexte d'interdépendance croissante, les puissances sont condamnées à la prudence : chaque Etat a une influence grâce à sa capacité de déstabilisation. »

La Libye, un verrou contre l'immigration…

Depuis plusieurs années, la Libye a été érigée en rempart contre les flux migratoires. Elle empêche les centaines de milliers de migrants d'Afrique sub-saharienne de rejoindre les côtes européennes de la Méditerranée. Bertrand Badie précise :

« La possibilité que le verrou libyen saute est une grande angoisse, quasiment obsessionnelle, de l'Occident. »

Cela inquiète particulièrement l'Italie : le pays craint un nouvel afflux massif d'immigrés, après l'arrivée à Lampedusa de plusieurs milliers de Tunisiens suite à la chute de Ben Ali.

… et contre l'islamisme

Autre peur : l'islamisme. Les puissances étrangères se sont aussi accommodées d'une dictature ferme envers ses partisans, très présents dans le Sahel. Elles ménagent ainsi un régime qui a maté la contestation islamiste.

Instabilité tribale et absence d'opposition

Dans son discours-fleuve prononcé mardi, Kadhafi a brandi la menace tribale :

« Aucune tribu ne peut en dominer une autre et nous plongerons dans la guerre civile. »

L'organisation particulière de la Libye, structurée autour de grandes tribus alliées à Kadhafi, est également prise en compte par les puissances étrangères. Certaines viennent de prendre leurs distances avec le régime. La Warfalla, allié historique de Kadhafa et pilier du régime, a ainsi condamné lundi la répression.

Contrairement aux autres pays arabes, comme la Tunisie ou l'Algérie, le pays n'a pas de mouvements d'opposition, de diaspora active constituant un contre-pouvoir indirect. Hasni Abidi regrette :

« La Libye est le seul pays qui n'a de compte à rendre à personne. »



Dans ce contexte, les pays étrangers observent prudemment l'évolution des alliances tribales. Une source diplomatique française détaille :

« Les Occidentaux maîtrisent très peu la structure et les rapports inter-tribus. Ils attendent d'en savoir un peu plus avant d'agir, car ils ne connaissent pas vraiment les forces en présence.

Sur qui exactement s'appuyer en Libye ? Est-ce une révolution contre Khadafi ou le fait d'une tribu qui cherche à s'imposer sur les autres ? Si oui, laquelle et quel est son projet politique ? »

Les expatriés pris au piège
Kadhafi a choisi de combattre les protestataires « jusqu'à la dernière goutte de sang ». Des paroles qui obligent les pays étrangers à la plus grande prudence.

Selon notre source diplomatique, la France ne tentera rien tant que ses 750 ressortissants présents sur le sol libyen n'auront pas été évacués. L'imprévisibilité de Kadhafi, son passé terroriste et les menaces brandies lors de son discours inquiètent :

« En cas d'agression, on ne sait pas de quoi Khadafi est capable, ni quelles sont exactement ses capacités militaires ou ses alliances dans la région. Dans la mesure où il est prêt à sacrifier son propre peuple, on ne sait pas jusqu'où il peut aller et ce n'est pas pour rassurer les Occidentaux. »



Les pays limitrophes, cantonnés dans un rôle inférieur par Kadhafi, s'inquiètent aussi du sort de leurs ressortissants en cas d'intervention étrangère. D'après les sources officielles de chaque pays, il y aurait entre 50 000 et 80 000 Tunisiens et environ 1,5 million d'Egyptiens en Libye.

Et les Tunisiens ont été formellement accusés par le régime de fournir de la drogue aux contestataires. La Tunisie essaye donc de faire comprendre à la France qu'elle ne souhaite pas d'intervention qui risquerait de mettre en danger ses citoyens.

Avec l'exemple libyen, un constat s'impose. La diplomatie des droits de l'homme, qui a eu le vent en poupe après la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui délaissée. Les interventions humanitaires et le rétablissement des droits de l'homme en cas d'agression sont aujourd'hui des actions qui ne mobilisent plus la communauté internationale. Bertrand Badie conclut :

« Ce type de diplomatie n'est utilisé que quand ça nous arrange et il a en plus montré ses faiblesses. Aujourd'hui, plus personne ne croit sincèrement en elle. »

Photo : Berlusconi, Sarkozy, Medvedev, Obama, Ban Ki-Moon et Kadhafi, le 10 juillet 2009 au G8 de L'Aquila (Tony Gentile/Reuters).

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Ailleurs sur le Web
► La Libye et l’Occident depuis 1999 : entre tropisme américain et ancrage euroméditerranéen, de Saïd Haddad, sur Cairn.info
► Kadhafi sur le départ, par Robert Fisk, sur TheIndependant.co.uk (en anglais)
Source : http://www.rue89.com/explicateur/2011/02/23/pourquoi-loccident-ne-vole-pas-au-secours-des-libyens-191890

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Wikileaks montre un Kadhafi maître de la manipulation
Mouammar Kadhafi, le tyran qui mène la Libye d'une main de fer depuis plus de quarante ans, a été souvent décrit comme un bouffon excentrique et mégalomane. Au travers des câbles diplomatiques confidentiels américains révélés par Wikileaks, le personnage décrit est assez différent, plus dangereux, brutal et machiavélique. Il a conservé son pouvoir depuis plus de quatre décennies en ne cessant de manipuler et de contrôler les tribus libyennes et leurs chefs. C'est notamment ce que le montrent des articles publiés par The Washington Post et The New York Times.
Depuis le rétablissement des relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Libye et la réouverture de l'ambassade américaine à Tripoli en 2009, les diplomates américains ont décrit, parfois avec une certaine admiration, les talents politiques de Kadhafi et sa capacité à marginaliser ses alliés et ses rivaux, y compris ses propres enfants.

Kadhafi «reste intimement impliqué dans les questions les plus importantes pour le régime», écrit l'ambassadeur américain Gene A. Cretz le 28 janvier 2009 dans un câble adressé au Département d'Etat à Washington. «Sa maîtrise de la tactique politique l'a maintenu au pouvoir pendant près de quarante ans», ajoute-t-il. Depuis sa prise de pouvoir en 1969, Mouammar Kadhafi a empêché le développement de toute opposition, y compris au sein de l'armée. Il a aboli les grades militaires supérieurs au sien, celui de colonel.

«La réalité est qu'aucun successeur potentiel a aujourd'hui une crédibilité suffisante pour maintenir un équilibre délicat. Kadhafi est l'architecte de sa propre cage dorée et ne peut pas laisser à d'autres les décisions à prendre au jour le jour, même s'il le voulait», écrit encore Gene A. Cretz.

La personnalité à facettes de Mouammar Kadhafi apparaît clairement dans une rencontre le 14 août 2009 avec une délégation du Congrès américain menée par le sénateur républicain John McCain. La délégation était convoquée à 11 heures dans la luxueuse tente du dictateur. Kadhafi est apparu «comme s'il sortait d'un profond sommeil» et avait «les cheveux en bataille et les yeux gonflés». Il portait un pantalon froissé et un tea-shirt trop court avec une carte du continent africain. Mais durant toute la conversation, Mouammar Kadhafi était «lucide et impliqué» montrant qu'il était maître de lui et connaissait parfaitement les sujets et les usages diplomatiques. Quand son fils Muatassim, qui est son conseiller pour les questions de sécurité, a essayé d'interrompre un élu américain, Mouammar l'a sèchement «rabroué» et a demandé au visiteur de continuer.

Toujours selon les câbles Wikileaks, le même Muatassim a demandé 1,2 milliard de dollars en 2008 au président de la compagnie pétrolière nationale libyenne pour financer sa propre milice. L'un de ses frères, Seif al-Islam, avait lui payé 1 million de dollars à Mariah Carey pour qu'elle chante quatre chansons pour lui lors d'une fête à Saint-Barthélémy, dans les Petites Antilles.

Plus drôle, un câble de septembre 2009 adressé à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, note que Mouammar Kadhafi n'est plus accompagné par sa légendaire garde personnelle constituée uniquement de femmes, mais est très attaché à son infirmière ukrainienne, une «voluptueuse blonde» prénommée Galyna qui le suit partout.

Photo: Mouammar Kadhafi. REUTERS / Vasily Fedosenko

source : http://www.slate.fr/lien/34617/wikileaks-kadhafi-maitre-manipulation
Alliot-Marie écarte toute démission, dit payer ses vacances en Tunisie

La chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, accusée d'avoir profité des largesses d'un homme d'affaires lié au clan Ben Ali et déjà critiquée pour des propos controversés sur la Tunisie, a rejeté mercredi toute démission, réclamée par l'opposition socialiste.
"Pour des choses qui sont fausses, pour des assertions, non, pas du tout", a déclaré Mme Alliot-Marie, interrogée pour savoir si elle pensait démissionner. La ministre, 64 ans, et membre du gouvernement depuis 2002, dirige la diplomatie française depuis deux mois et demi.

"Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels", a-t-elle assuré ensuite devant l'Assemblée nationale.

Elle répondait à des interrogations sur l'utilisation fin 2010 par elle et sa famille d'un jet privé en Tunisie, alors en révolte contre son président. Pour l'opposition socialiste, Michèle Alliot-Marie s'est "totalement disqualifiée" avec ce voyage et n'a "plus sa place au gouvernement".

L'hebdomadaire Le Canard Enchaîné a révélé qu'elle avait bénéficié entre Noël et le Jour de l'An de l'avion d'un Tunisien, Aziz Miled, entre Tunis et la ville de Tabarka, pour y passer des vacances dans un hôtel lui appartenant. Elle était accompagnée de ses parents et de son compagnon, Patrick Ollier, lui aussi ministre (Relations avec le Parlement). Ce voyage est intervenu deux semaines après le début de la révolte tunisienne.

Ami du couple, Aziz Miled est présenté par Le Canard Enchaîné comme un proche de Belhassen Trabelsi, beau-frère de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali. Cet homme d'affaires fait partie d'une liste de personnalités tunisiennes dont la Suisse a gelé les avoirs le 19 janvier.

Pour le compagnon de la ministre, Patrick Ollier, Aziz Miled est "une victime" du clan Ben Ali. "Certainement il connaissait le président Ben Ali, mais il a construit sa fortune de ses propres mains" et a été "spolié" par les Trabelsi qui lui ont "pris 20% de sa compagnie" aérienne, a-t-il précisé à la radio RTL.

Cet ami "est un chef d'entreprise respecté en Tunisie", a renchéri Michèle Alliot-Marie, dont l'adjoint chargé des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a dénoncé une "campagne indigne d'acharnement" contre elle.

Michèle Alliot-Marie avait récemment admis ces vacances en Tunisie. "Comme des millions de Français, je vais en Tunisie. Voilà tout", avait-elle expliqué.

"Quand on est dans un gouvernement, on n'a pas à utiliser des moyens privés" liés à une famille controversée, a rétorqué également sur RTL la patronne du parti socialiste Martine Aubry. Avoir "des liens très personnels avec la Tunisie" rend "aveugle", avait jugé récemment Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007.

Ministre depuis plus de huit ans en France (Intérieur, Défense et Justice), Michèle Alliot-Marie avait déjà été critiquée après son offre le 11 janvier d'une coopération policière au régime de l'ex-président, alors que les manifestations se multipliaient en Tunisie.

Après avoir dû reconnaître que la diplomatie française avait sous-estimé l'ampleur de la protestation en Tunisie, elle a aussi été sommée de s'expliquer sur la fourniture de grenades lacrymogènes au régime Ben Ali.

Pour les socialistes, la ministre n'"a pas dit la vérité" à ce sujet. Le 25 janvier, Michèle Alliot-Marie avait assuré que la coopération policière de la France avec la Tunisie s'effectuait "essentiellement dans le cadre d'Interpol".

Depuis, le Premier ministre François Fillon a indiqué que la France avait bien autorisé l'exportation de produits explosifs en Tunisie en novembre 2010 et janvier 2011, juste avant le départ de Ben Ali, mais que les livraisons n'avaient pas été effectuées.

source : http://actu.orange.fr/une/alliot-marie-ecarte-toute-demission-dit-payer-ses-vacances-en-tunisie_95325.html

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AFP - 04/02/2011 à 15:44
Le jet emprunté par Alliot-Marie en Tunisie surtout utilisé par le clan Ben Ali
L'avion qui a transporté fin 2010 la ministre française Michèle Alliot-Marie pendant ses vacances tunisiennes était surtout utilisé par le beau-frère de Zine el-Abidine Ben Ali affirme vendredi le site Médiapart, une information jugée sans nouveauté par son cabinet.
La ministre française des Affaires étrangères a déclaré vendredi que le propriétaire de l'avion ne figure pas sur la liste des proches de l'ex-président Ben Ali dont les avoirs sont gelés par l'UE.

L'avion dans lequel j'ai fait le trajet Tunis-Tabarka appartient à la société Nouvelair, qui a été créée par M. Miled. M. Miled a été spolié et associé de force avec M. Trabelsi (Belhassen Trabelsi, beau-frère honni du président déchu, ndlr) qui l'a forcé à fusionner Nouvelair avec sa compagnie Karthago. Dans cette opération, M. Trabelsi a tout simplement pris 20% des parts et la présidence de la société", a expliqué Mme Alliot-Marie.

Le site internet d'informations affirme avoir recueilli des indices convergents montrant que l'avion appartenait bien au clan Ben Ali, ce qui semble affaiblir la défense de la chef de la diplomatie française, dont l'opposition demande la démission.

Il est reproché à la ministre de s'être rendue fin décembre en Tunisie, avec son compagnon Patrick Ollier, également ministre, alors que la révolte contre Ben Ali avait commencé, puis d'avoir bénéficié pour un vol intérieur du jet privé d'un de ses amis, l'homme d'affaires tunisien Aziz Miled.

La ministre assure qu'Aziz Miled est "une victime" plus qu'un proche du clan Ben Ali.

Selon Médiapart, ce jet privé, un Bombardier Challenger immatriculé TS-IBT, est celui qui, lors d'une escale en Sardaigne, avait été soupçonné d'avoir transporté Zine Ben Ali, lorsqu'il avait fui son pays, dans la soirée du 14 janvier.

L'ex-président, qui s'est réfugié en Arabie Saoudite, ne s'y trouvait pas, mais Médiapart se demande si des membres du clan Ben Ali n'y avaient pas pris place.

Le site doute aussi que l'avion soit la propriété du seul Aziz Miled. "Officiellement, il appartient au groupe Nouvelair, fruit d'une fusion entre la compagnie éponyme de M. Miled et celle de Belhassen Trabelsi, Karthago Airlines, devenu PDG de la nouvelle entité", dit Médiapart.

"D'après les relevés de l'office européen d'aviation EuroControl, le jet du scandale (...) est enregistré au seul nom de la compagnie Karthago Airlines, une société fondée par Belhassen Trabelsi, le beau-frère honni de Ben Ali, et pièce centrale du système de corruption tunisien", ajoute-t-il.

II n'y a "rien de neuf dans les faits", a réagi l'entourage de la ministre. "Depuis le début, on dit que l'avion appartenait à la société Nouvelair dont Aziz Miled est fondateur et qui a été associé de force à Trabelsi", a-t-on ajouté.

Médiapart se réfère également à des témoignages en Tunisie pour affirmer que Belhassen Trabelsi était le principal utilisateur de l'appareil.

Selon le site, les lettres BT à la fin de l'immatriculation de l'avion peuvent signifier que ce dernier en était le propriétaire ou le principal utilisateur, comme cela est l'usage dans l'aviation

source : http://actu.orange.fr/une/le-jet-emprunte-par-alliot-marie-en-tunisie-surtout-utilise-par-le-clan-ben-ali_96393.html

publié sur romandie blog le 2/02/2011 20:42

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Quatre personnes au moins ont été tuées et 17 autres blessées,samedi 5 février, dans le nord de la Tunisie, où la police a ouvert le feu pour repousser des manifestants qui lançaient pierres et cocktails Molotov sur un poste de police.

Environ un millier de personnes, selon une source au ministère de l'intérieur tunisien, s'étaient rassemblées pour dénoncer le chef du commissariat de lka ville Kef, accusé d'abus de pouvoir. Ils ont jeté des pierres et des cocktails molotov dans le commissariat. Les policiers locaux ont tiré, selon eux pour les empêcher de rentrer à l'intérieur du bâtiment, faisant deux morts. Le ministère de l'Intérieur a arrêté le chef de la police du Kef suite à ces événements.

L'après-Ben Ali en Tunisie est marqué par des accrochages entre police, proche du pouvoir déchu, et population. A Sidi Bouzid, d'où est partie la 'révolution du jasmin', deux policiers ont été arrêtés samedi 5 février. Ils sont soupçonnés d'avoir provoqué un incendie qui a ravagé leur commissariat, tuant deux jeunes hommes qui se trouvaient en détention pour état d'ébriété sur la voie publique

lemonde.fr le 6 février 2011

L'entourage familial du président Ben Ali est une "quasi-mafia", affirmaient des télégrammes confidentiels américains obtenus par WikiLeaks et révélés cet automne.

AFP/FETHI BELAID

C'est ce qui ressortait des notes diplomatiques diffusées par WikiLeaks, avant la vague de manifestations qui touchent actuellement le pays.
L'entourage familial du président Zine El-Abidine Ben Ali est une "quasi-mafia", affirmaient des télégrammes confidentiels américains obtenus par WikiLeaks et révélés cet automne, dans le cadre du vaste "Cablegate". Un constat que font et dénoncent aussi les manifestants qui descendent dans la rue en Tunisie depuis près d'un mois et dont les revendications dépassent largement les questions économiques.
Un régime "corrompu" et "sclérosé"

Les accusations de corruption adressées au régime visent en particulier la famille Trabelsi, dont est issue la femme du président Ben Ali, Leila, qui règne sur de larges pans de l'économie tunisienne. Dans un câble daté de juin 2008, sous le titre "Ce qui est à vous est à moi", l'ambassade cite plus d'une dizaine d'exemples de "magouilles" à mettre au compte de ce "clan". Au total, selon une citation choisie par le Guardian, "la moitié du monde des affaires en Tunisie peut se targuer d'être lié à Ben Ali", d'une façon ou d'une autre et notamment "par le mariage".

Par exemple, écrit-il, l'épouse du président se voit accorder gratuitement par l'Etat un terrain, qui sera viabilisé tout aussi gratuitement, pour construire un établissement scolaire privé, revendu depuis. Autre exemple: le gendre du président, Sakhr Materi, aurait récupéré "un immense manoir tape-à-l'oeil", construit sur un terrain au préalable exproprié par l'Etat qui, officiellement, le destinait à l'Agence de l'eau.

Présenté comme "corrompu", le régime tunisien est aussi "sclérosé", pointe un autre mémo émis à l'été 2009 par l'ambassade américaine à Tunis. Tout en saluant la robuste croissance économique (5% en moyenne) et le statut avancé de la femme, il relève que le président Ben Ali "prend de l'âge", qu'"il n'y a pas de successeur avéré".

Une population "en colère"

"Frustrés par le manque de liberté politique et en colère contre la corruption de la famille de la première dame". C'est ainsi que ces mémos décrivent les Tunisiens, frappés par une situation économique difficile, "une inflation croissante et un taux de chômage élevé". Cette colère, "nourrie par les démonstrations de richesse des puissants et par les rumeurs de corruption persistantes", a fini par jaillir à la suite de l'étincelle provoquée par le suicide du jeune Mohamed Bouazizi, le 17 décembre dernier.

Face à cela, "le gouvernement n'accepte ni critique ni conseil. A l'inverse, il ne cherche qu'à imposer un contrôle plus strict, souvent en s'appuyant sur la police", selon les mémos révélés par WikiLeaks. Un raidissement que l'on a pu observer ces derniers jours: critiqué dans la rue, le régime tunisien a recouru à une répression dans le sang et à une censure plus poussée qui n'a fait qu'attiser la mobilisation.

Les Etats-Unis devraient aussi demander aux pays européens d'intensifier leurs efforts pour "persuader le gouvernement tunisien d'accélérer les réformes politiques", ajoutent ces télégrammes. L'Allemagne et la Grande-Bretagne sont acquis à cette idée, mais "des pays-clés hésitent à faire pression" sur la Tunisie. Parmi ces "pays-clés", la France qui s'est davantage illustrée par sa prudence que par son soutien aux manifestants qui ont soif de changement.

source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/en-tunisie-une-quasi-mafia-entoure-ben-ali_951792.html#xtor=AL-447

publié sur romandie blog le 20/01/2011 22:10

L'Autorité palestinienne interdit une manifestation de soutien à la Tunisie

L'Autorité palestinienne interdit une manifestation de soutien à la Tunisie
pour Le Monde.fr | 20.01.11 | 09h22 • Mis à jour le 20.01.11 | 11h51






A peine un jeune Palestinien a-t-il commencé à agiter un drapeau tunisien, qu'un officier de police a arraché l'étendard.AFP/ABBAS MOMANI


Ramallah, envoyé spécial - L'Autorité palestinienne a empêché la tenue d'un rassemblement de soutien à la révolution tunisienne, qui devait avoir lieu mercredi 19 janvier, à Ramallah, la capitale politique de la Cisjordanie. Les quelque dizaines de manifestants qui ont bravé l'interdiction des autorités, se sont heurtés, lorsqu'ils sont arrivés sur le Manara, la grande place de la ville, à un rassemblement de militants du Fatah, le parti du président palestinien, Mahmoud Abbas.

Organisé pour défendre la cause des prisonniers palestiniens en Israël, cet évènement est tombé à point nommé pour servir de contre-manifestation. Le cordon de policiers autour du Manara et la présence parmi les manifestants de nombreux agents des moukhabarrat (services secrets) ne laissaient guère de doute quant à l'intention de l'Autorité palestinienne d'empêcher toute expression de solidarité avec la "révolution du jasmin".

A peine un jeune Palestinien a-t-il commencé à agiter un drapeau tunisien, qu'un officier de police a arraché l'étendard, au motif qu'il perturbait la manifestation en l'honneur des prisonniers. "C'est incroyable, explique Omar Barghouti, l'une des figures de proue de la société civile palestinienne, qui était présent sur place. La police est en train de confirmer l'accusation selon laquelle l'Autorité palestinienne est du côté de Ben Ali [l'ex-président tunisien, chassé par la révolution] et qu'elle a aussi peur que lui du peuple et de la rue. Ben Ali est parti, mais il y a encore plein de Ben Ali au pouvoir dans le monde arabe et l'Autorité palestinienne ne veut surtout pas les froisser."

"UNE DÉCISION PRÉSIDENTIELLE"

Joint par Le Monde, Ghassan Khattib, le porte-parole du gouvernement palestinien, a appelé la police pour demander des précisions sur ce qui s'était passé. La police a répondu qu'"un tel incident ne devrait pas arriver, et s'il est arrivé, nous le déplorons. Si nous recevons une plainte, nous enquêterons'.'

La décision de manifester en faveur de la Tunisie avait été prise par une poignée de jeunes Palestiniens, dont certains ont fait des études dans ce pays. Il s'agissait d'une initiative spontanée, en dehors de tout cadre partisan ou institutionnel. Le gouvernorat de Ramallah, responsable pour les questions d'ordre public, avait initialement donné son feu vert.

"Mais un contre-ordre est tombé cinq minutes plus tard, en provenance de la Moqata'a, le siège de la présidence palestinienne, interdisant la manifestation et tout usage du drapeau tunisien", affirme Shawan Jabarin, le directeur d'Al Haq, une ONG de défense des droits de l'homme auprès de qui les organisateurs étaient venus chercher conseil. "Des contacts au sein du gouvernement m'ont confirmé qu'il y a une décision présidentielle pour interdire toute manifestation en dehors du cadre du Fatah, assure un organisateur qui requiert l'anonymat. Ils ont la trouille que la moindre étincelle mène à un soulèvement contre Israël ou bien que les gens demandent des comptes à l'Autorité palestinienne."

Hasard ou non, le régime de Ramallah avait décidé entretemps d'autoriser une manifestation pour les prisonniers, à la même heure et au même emplacement que le rassemblement pour la Tunisie. Il s'agissait d'une réunion de soutien à la famille d'un détenu, victime d'un empoisonnement dans sa cellule en Israël. C'est ainsi que les manifestants pro-Tunisie qui avaient décidé de passer outre l'interdiction de la Moqata'a, ont vu leur voix étouffer par la sono et les slogans des Fatahwis, venus en nombre bien plus grand.

"NOUS SOUHAITONS LE MEILLEUR POUR LA CHÈRE TUNISIE"

"Je ne sais pas s'il s'agit d'une manœuvre délibérée", explique un autre organisateur, qui demande lui aussi l'anonymat et qui se dit soucieux d'éviter toute confrontation avec l'Autorité palestinienne. "Nous n'avons pas voulu détourner l'attention de la question des prisonniers, qui est une priorité plus importante. C'est pour cela que nous avons accepté de reporter notre manifestation. Je ne sais pas si nous aurons un permis. L'Autorité palestinienne donne l'impression de ne pas vouloir prendre de position sur la question tunisienne."

Au lendemain du départ du président Ben Ali, un communiqué de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) avait rendu hommage au "courage sans précédent" et au "sacrifice héroïque" du peuple tunisien. Mais ce texte publié par Yasser Abed Rabbo, le secrétaire général de la centrale palestinienne, avait été désavoué peu après par un conseiller de Mahmoud Abbas, Ahmed Abdel Rahmane. "Nous souhaitons le meilleur pour la chère Tunisie et présentons nos condoléances aux familles des victimes et affirmons que nous maintiendrons les meilleurs relations avec la Tunisie", affirmait ce dernier dans une mise au point très prudente.

Après avoir été chassé du Liban en 1982 par une offensive israélienne, Yasser Arafat, alors chef de l'OLP, avait trouvé refuge en Tunisie. La direction du mouvement palestinien était restée dans ce pays jusqu'en 1994, date de son installation à Gaza. Durant cette période, elle avait noué de très bonnes relations avec le président tunisien Habib Bourguiba et son successeur, Zine El Abidine Ben Ali, aujourd'hui réfugié en Arabie saoudite.


Benjamin Barthe

Suite aux émeutes et au flotement politique en Tunisie les entreprises rapatrient leurs salariés

BLAGNAC (Dow Jones)--Airbus a annoncé lundi avoir rapatrié de Tunisie quinze responsables français qui travaillaient sur un site que l'avionneur est en train d'installer dans le pays.

"Nous les avons tous ramenés hier, tous les quinze", a déclaré Fabrice Brégier, le directeur général délégué d'Airbus, en marge d"une conférence de presse destinée à présenter la performance de l'avionneur en 2010.

Le groupe espère être en mesure de reprendre les opérations lorsque la situation dans le pays se sera stabilisée, car le démarrage de l'usine a été excellent, a ajouté le dirigeant.

Le site est détenu par Aerolia, une filiale à 100% de European Aeronautic Defence & Space Co. NV (EAD.FR). Il est situé à 50 kilomètres au sud de Tunis, et a commencé en mai 2010 à produire des sous-ensembles de pointes avant et de pièces pour les avions d'Airbus, y compris l'A320.

-David Pearson, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 40; david.pearson@dowjones.com

(Version française Emilie Palvadeau)

et l'article de la dépêche

Aerolia, filiale à 100 % d'EADS, spécialisé dans la fourniture d'aérostructures (fuselage, nez d'avions…) a décidé de rapatrier d'urgence la quinzaine d'expatriés en poste en Tunisie. « Nous avons préféré rapatrier l'ensemble de nos personnels français et de fermer l'usine car ce qui prime c'est la sécurité » a confié hier Fabrice Brégier, numéro deux d'Airbus et président du conseil d'administration d'Aerolia. « Il s'agit d'une quinzaine de salariés qui sont tous rentrés dimanche soir de manière temporaire, le temps que la situation tunisienne se stabilise » a-t-il précisé. Le site d'Aerolia situé au sud de Tunis qui emploie 150 à 200 salariés tunisiens est donc fermé jusqu'à nouvel ordre. Spécialisée dans l'assemblage de pièces d'aérostructure, l'usine était en phase de montée en cadence.

Il n'y a donc pour Airbus aucune conséquence industrielle pour l'instant. « Nous n'avons aucun problème d'approvisionnement et nous espérons que la situation tunisienne puisse rapidement revenir à la normale » a ajouté Fabrice Brégier.

Les entreprises toulousaines appellent à la prudence
Imitant le grand donneur d'ordre EADS, les sociétés toulousaines présentes en Tunisie jouent la carte de la prudence. « La plupart d'entre elles ont rapatrié leurs salariés français et nous recommandons aux directeurs de filiales sur place de privilégier la sécurité des personnels tant français que tunisiens » a déclaré hier Philippe Robardey, président du Medef de Haute-Garonne. Parmi les sociétés régionales présentes sur place, de grands noms de l'aéronautique sont concernés comme Latelec (groupe Latécoère), le bureau d'études Aeroconseil mais aussi l'éditeur de logiciels IGE + XAO, Sogeclair, Actia (automobile) et Rouleau (textile).
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Projecteur sur une famille désormais honnie en Tunisie. La seconde épouse de Ben Ali aurait réussi à prendre la fuite emportant 1,5T de lingot d'or (45 millions d'EURO environ) qu'elle aurait voulu retirer, mais le directeur de la banque s'y opposant elle a fait appel à son mari alors toujours président. Dans un premier temps il aurait refusé puis aurait cédé à la demande de son épouse.

Mustapha Ben Jaafar, l’un des trois opposants entrés hier au gouvernement, a démissionné aujourd’hui pour protester contre la présence de proches de Ben Ali.
Avant lui, ce sont les trois ministres issus du syndicat UGTT qui avaient claqué la porte.

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C’est en 1992 que le président Ben Ali prend Leïla Trabelsi pour deuxième épouse. Une accession au pouvoir pour sa famille tout entière. Dès lors, le clan n’aura de cesse de faire main basse sur tous les postes clés du pays et des pans entiers de l’économie tunisienne, soit "80% de la richesse nationale", selon Mahmoud Baroudi, l’un des représentants du PDP, parti d’opposition.

"Méthodes de bandits"
Accumuler un tel trésor ne s’est évidemment pas fait sans exaction : expropriations, extorsions de fonds, pots de vin, vols, intimidations... Le clan est considéré dans son pays comme une véritable "mafia", se servant dans ses banques comme dans son propre portefeuille. Alors que la parole s’est libérée ces derniers jours, les témoignages à charge abondent. Radhia Nasraoui, avocate et militante des Droits de l’Homme, dénonce des "méthodes de bandits" pour avoir vu son mari tabassé par des hommes de main des Trabelsi, au cœur de l’aéroport de Tunis.

La fuite en Arabie Saoudite
Aujourd’hui, le clan est fragilisé, contraint de se réfugier, avec le président déchu, en Arabie Saoudite. L’un des neveux, Imed Trabelsi n’a pas survécu à cette période de trouble. Soupçonné d’avoir volé un yacht, il a été tué dans ce qui ressemble à un règlement de compte le jour de la fuite de Ben Ali. La famille, en tous cas, détiendrait plusieurs millions d’euros sur des comptes français, des propriétés immobilières à Paris, à Courchevel et sur la Côte d’Azur. Leïla Trabelsi est en outre accusée d’avoir quitté le pays avec 1,5 tonne d’or en lingots. Trois ONG ont déposé plainte pour obtenir une enquête sur les biens détenus en France.

http://www.france-info.com/chroniques-le-plus-france-info-2011-01-18-coup-de-projecteur-sur-le-clan-trabelsi-belle-famille-de-ben-ali-509743-81-184.html

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Combien de milliards d’euros le clan Trabelsi a-t-il bien pu détourner ? quelles sont leurs possessions exactes et comment cet argent pourra-t-il être rendu aux Tunisiens ? Voici une question de taille que devra gérer le nouveau gouvernement de Tunisie.
Alors que la situation reste tendue en Tunisie, la colère de la population s’est concentrée sur des cibles bien précises. Qu’il s’agisse de magnifiques villas, d’un magasin Carrefour ou d’une concession Ford, elles ont en commun d’appartenir à la « Famille », le Clan Trabelsi.

En Tunisie comme ailleurs tout le monde connaissait les détournements financiers du Clan Trabelsi, du nom de famille de la seconde épouse de Ben Ali qui avait depuis une dizaine d’années la haute main sur l’économie tunisienne. La publication des mémos américains par WikiLeaks a donné un coup de projecteur extraordinaire sur le système qu’avait mis en place la première dame tunisienne. Les câbles de l’ambassade américaine ont eu une influence certaine sur les émeutes car ils montrent en détail un système de corruption organisé par un véritable clan mafieux.

Autour de Leila Trabelsi gravite une famille élargie qui représente une centaine de personnes contrôlant la majorité de l’économie tunisienne. Le plus connu est son frère Belhassen Trabelsi, qui passe pour être le plus riche et le plus corrompu. Il posséderait, selon les mémos américains publiés par WikiLeaks et traduits par le journal Le Monde, « de nombreuses entreprises [1], parmi lesquelles une compagnie aérienne, plusieurs hôtels, une des deux radios privées tunisiennes, des usines d’assemblage d’automobiles, le réseau de distribution Ford, une société de développement immobilier, et la liste n’est pas finie. [...] ». Belhassen Trabelsi est par ailleurs au Conseil d’Administration de la Banque de Tunisie, premier établissement financier du pays.

Mais chaque membre de la famille a bénéficié à plus ou moins grande échelle de l’influence de l’ex-première dame pour s’enrichir. Dans leur livre « La régente de Carthage. Main basse sur la Tunisie », Nicolas Beau et Catherine Graciet expliquaient qu’aucun secteur d’activité n’échappait à la mainmise du Clan. A tel point que la bourgeoisie traditionnelle tunisienne n’avait plus qu’un rêve, celui de les voir partir, car le commerce normal n’était plus possible et aucune réussite économique n’était tolérée hors celle de la Famille.

L’immobilier : la privatisation des terres de Tunisie au profit du Clan

Le développement de la Tunisie et la progression du tourisme entraîne un boom immobilier sans précédent. Le prix des terrains explosent, en particulier lorsqu’ils sont bien placés et qu’ils peuvent devenir constructibles. La méthode est alors simple. Le terrain est donné ou vendu à bas prix à un membre de la famille, puis rendu constructible. Il n’y a plus alors qu’à y faire construire un hôtel, une villa ou un centre commercial et le revendre au prix fort. Les mémos américains racontent ainsi l’histoire d’un terrain donné à Leila Trabelsi sur laquelle elle aurait fait bâtir la Carthage International School. En quelques semaines, le gouvernement tunisien aurait fait construire les routes permettant de desservir l’école, ce qui aurait permis à Madame Ben Ali de revendre dans la foulée le bâtiment avec une énorme plus-value.

Mais comment évaluer exactement la fortune accumulée par le Clan ? Si certaines affaires de pot-de-vin ou de corruption pourront être démontrées, il n’en reste pas moins que le Clan Trabelsi a des participations dans de multiples sociétés et que de nombreux procès seront nécessaires pour prouver qu’elles ont été acquises de manières frauduleuses. Nul n’est d’ailleurs capable aujourd’hui d’établir avec exactitude la liste des avoirs de la famille. Combien de centaines de millions ou milliards d’euros cela peut-il bien représenter ? Une seule certitude, c’est une fortune qui permettrait sans aucun doute de faciliter la vie du peuple tunisien dans les prochains mois. A contrario, c’est aussi une arme que la famille Ben Ali pourrait utiliser pour bloquer l’économie du pays dans le cas où le gouvernement ne réussit pas rapidement à en reprendre le contrôle.

Anticipant sans doute les demandes du nouveau gouvernement, la France a annoncé que des dispositions ont été prises afin de bloquer les comptes d’un certain nombre de personnalités tunisiennes. Il faut maintenant espérer que d’autres pays comme la Suisse adopteront rapidement la même démarche. Le Clan Trabelsi ne sera de toute façon pas à court d’argent, Leïla Trabelsi ayant retiré 45 millions d’euros en or de la Banque de Tunisie avant de quitter le pays.

Retrouvez le mémo original publié par Wikileaks et la traduction en français par le journal Le Monde qui n’a été publié que le 15 janvier 2011, après la chute de Ben Ali.

[1] Karthago Group

source : http://www.afrik.com/article21743.html

publié sur romandie blog le 18/01/2011 20:02