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jeudi 23 août 2012

Mohamed Merah en contacts avec l'étranger et les salafistes toulousains



Mohamed Merah, un loup pas si solitaire

LE MONDE | • Mis à jour le

Durant son voyage en Afghanistan et au Moyen Orient en 2010-2011, Mohamed Merah passe de nombreux coups de fil dans une trentaine de pays aussi improbables que la Bolivie ou le Bhoutan.

Mohamed Merah n'avait pas de téléphone à son nom. Pour échapper aux surveillances de la police, l'auteur des tueries perpétrées les 11, 15 et 19 mars à Toulouse et à Montauban s'en était procuré un à celui de sa mère, Mme Aziri. La liste des appels fait partie des documents confidentiels de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) transmis le 3 août aux trois juges de Paris chargés d'instruire le dossier.

Ces notes permettent de se faire une idée des liens que le djihadiste de 24 ans avait tissés à travers le monde, et elles mettent à mal l'argument avancé par l'ex-patron de la DCRI, Bernard Squarcini, selon lequel Mohamed Merah se serait "radicalisé seul" et qu'il n'appartenait "à aucun réseau" (Le Monde du 24 mars). Il semble que la police française n'ignorait quasiment rien du parcours du jeune djihadiste toulousain.
DES CORRESPONDANTS AU KENYA, EN CROATIE, EN BOLIVIE, AU BHOUTAN
Ainsi, l'une des 23 notes partiellement déclassifiées et dont Le Monde a eu connaissance, datée du 26 avril 2011, fait état de "1 863 communications relevées entre le 1er septembre 2010 et le 20 février 2011". Durant cette période, celui qui n'est encore qu'un apprenti terroriste effectue un voyage dans plusieurs pays du Moyen-Orient et en Afghanistan. Il passe notamment 186 appels à des correspondants installés hors de France, dans 20 pays différents.
Le détail montre que Mohamed Merah a joint vocalement ou par SMS 94 numéros de téléphones localisés en Egypte, où se trouvait son frère Abdelkader, en Algérie, où demeurent son père et une partie de sa famille, mais aussi au Maroc, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Côte d'Ivoire, au Kenya, en Croatie, en Roumanie, en Bolivie, en Thaïlande, en Russie, au Kazhastan, au Laos, à Taïwan, en Turquie, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, en Israël, et pour finir au Bhoutan, minuscule royaume enclavé en plein cœur du massif himalayen, où Mohamed Merah appelle neuf numéros.
Avec qui le petit voyou de la cité des Izards de Toulouse correspond-il à travers ces nombreux appels dans ces multiples pays ? Les enquêteurs de la DCRI ont sûrement identifié quelques-uns de ces interlocuteurs, mais les pièces transmises aux magistrats instructeurs, qui n'ont été que très partiellement déclassifiées par le ministre de l'intérieur, Manuel Valls, n'en disent rien.
UN "COMPORTEMENT INQUIÉTANT"
Ces notes attestent également que le renseignement intérieur connaissait Mohamed Merah au moins depuis 2009, après s'être intéressé à son frère Abdelkader dès 2008. Abdelkader, 29 ans, mis en examen pour "complicité" et en détention provisoire à Fresnes depuis le 25 mars, mais aussi sa sœur Souad, 34 ans, étaient surveillés par les services. Les déplacements du premier en Egypte, où il suit des cours dans les écoles coraniques d'obédience salafistes, sont suivis à la trace. Ainsi, le 23 février 2011, les services allemands alertent leurs collègues français de son passage à l'aéroport de Francfort, en provenance du Caire et à destination de Toulouse. Même chose pour Souad, dont le départ pour Le Caire prévu le 30 novembre 2010 de l'aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy est signalé à la DCRI.
Et, à cette occasion, Mohamed apparaît aussi sur les radars du renseignement intérieur. Mais ce n'est qu'en mars 2011, après son long voyage jusqu'en Afghanistan, qu'un dispositif plus serré est mis en place autour du jeune homme. Un fonctionnaire fait état d'une "surveillance au domicile de Mohamed Merah, 17, rue du Sergent-Vigné, appartement numéro 2, volets toujours fermés". Dans son compte rendu, le policier souligne que la mission a réussi : "Il a été possible d'identifier formellement la présence de l'objectif."
Durant cette période, les policiers ne lâchent pas leur "objectif". Ils le prennent en filature et prêtent une attention soutenue à sa téléphonie. Mohamed Merah a un "comportement inquiétant", estime l'un d'eux. "Le changement fréquent de boîtiers et de cartes SIM attribués à Mme Aziri (...) laisse supposer que la famille Merah souhaite brouiller les pistes", suggère un autre.
Visiblement, les fonctionnaires de police qui se sont collés aux basques de Mohamed Merah pendant plusieurs semaines ne doutent guère des orientations de leur client. "Le comportement prudent et suspicieux de Mohamed Merah influe sur sa famille", écrivent-ils, avant de préciser : "Le dispositif de surveillance dynamique engagé sur Mohamed Merah démontre qu'après une période de latence et d'observation, l'objectif amorce un rapprochement avec la mouvance salafiste toulousaine, en particulier avec [ici le nom est noirci pour préserver sa confidentialité] mais également et plus intéressant encore avec [là, deux noms sont noircis pour les mêmes raisons] tous deux partis récemment en Mauritanie." Cet extrait d'une note d'avril 2011 nuance la thèse défendue par la DCRI et son ex-directeur Bernard Squarcini au lendemain de l'assaut contre le terroriste, selon laquelle Mohamed Merah se serait "autoradicalisé en prison [en 2009], tout seul, en lisant le Coran" (Le Monde du 24 mars).
Lors de ses séjours à l'étranger, notamment en Afghanistan en 2010 et au Pakistan en 2011, Mohamed Merah a également fait l'objet d'une surveillance de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Aussi, plusieurs représentants des familles de victimes qui se sont constituées parties civiles ont demandé au ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, de mettre les documents confidentiels de la DGSE à la disposition de la justice. Selon nos informations, le ministère de la défense ne s'y opposera pas, dès lors qu'une demande des juges sera parvenue à l'hôtel de Brienne, siège du ministère, et que la commission consultative du secret de la défense nationale aura délivré un avis favorable.

mercredi 1 août 2012

Le secret défense levé sur certains dossiers de l'affaie Merah

Nouveau gouvernement après les élections de mai dernier, nouveau ministre nouvelles décisions dans l'affaire Mohamed Merah

Dossier secret défense sur Merah : la thèse de l’indic refait surface

Dossier secret défense sur Merah : la thèse de l’indic refait surface ()
Dossier secret défense sur Merah : la thèse de l’indic refait surface
Le dossier classé secret défense sur Mohamed Merah et détenu par la DCRI a été transmis à Manuel Valls. Le ministre de l’Intérieur l’a à son tour remis à la commission du secret de la Défense nationale pour qu’elle statue sur une éventuelle déclassification des documents. Paris Match fait ce jeudi des révélations concernant les informations que détenaient les renseignements sur le tueur au scooter. Et la thèse d’un éventuel lien entre Mohamed Merah et les services français est plus que jamais d’actualité.

Un homme "fiable"

Paris Match révèle en effet que Manuel Valls n’aurait pas été rassuré à la lecture des 23 documents que contient le dossier. Une source ministérielle confie que Merah était considéré comme quelqu’un de « fiable » dans les notes de la DCRI. Un adjectif plus couramment utilisé pour décrire une source plutôt qu’un ennemi.
Dans un procès-verbal intitulé « Informations concernant Mohamed Merah » et rédigée au lendemain de la tuerie dans l’école Ozar Hatorah le 19 mars dernier, la DCRI présente le Toulousain comme « un individu connu de (leur) direction pour son implication dans l’islamisme radical ». « Mohamed Merah a fréquenté la mouvance radicale par l’entremise de sa sœur Souad et de son frère Abdelkader, tous deux étudiants dans un institut coranique du Caire en Egypte », explique la DCRI. Un autre paragraphe établit des liens entre Merah et des djihadistes dont Jean-Michel Clain « leader de la mouvance salafiste radicale toulousaine, interpellé en 2008 pour son implication dans les filières djihadistes à destination d’Irak », et son frère Fabien arrêté et condamné « connu pour avoir des liens avec des individus de la bande de Gaza dès 2008, plus particulièrement avec l’armée islamique ».

Rien sur le Pakistan...

Mais concernant ses déplacements à l’étranger, la note se montre très évasive. La DCRI évoque des voyages en Syrie, en Turquie, au Liban, en Israël et en Egypte. En revanche, très peu d’informations sur ses déplacements en Afghanistan, et rien sur son passage entre les mains des Américains après son arrestation à Kandahar en 2010. Rien non plus sur le passage de Merah au Pakistan qui s’avèrera pourtant déterminant dans sa formation de djihadiste.

... et pourtant

D’après l’hebdomadaire, la DCRI en savait beaucoup plus qu’elle ne le laisse paraitre, grâce notamment à la coopération « inter-services » et l’aide de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure). Une note de surveillance montre notamment que Mohamed Merah était suivi à Bruxelles à son retour du Caire le 18 octobre 2010, alors qu’il n’était pas encore dans le collimateur de la DCRI. Pire, durant le siège de l’appartement de Mohamed Merah, son « référent » au niveau de la DCRI locale va s’entretenir longuement avec lui. Et l’une de leur conversation à propos du Pakistan est surprenante. Le négociateur demande à Merah : « Dis-moi, tu te rappelles l’entretien quand on s’est vus, on t’avait parlé de tes pérégrinations, on avait un peu suivi ton séjour au Pakistan, et t’avais été repéré, on va dire, assez proche de l’endroit où était mort Ben Laden. Et tu nous as dit "Ouais mais non mais c’est pas vrai du tout" (…) T’as été en pèlerinage là-bas ? ». Et le jeune islamiste de répondre : « J’ai pas dit "non c’est pas vrai", je t’ai dit: j’étais à quelques kilomètres de Abbottabad, de la maison du chef Oussama Ben Laden. » Lors de cet entretien en novembre 2011, la DRI semblait donc bien informée, contrairement à ce que contient le dossier secret défense.

Passeports manquants

Enfin, autre élément troublant : le dossier ne contient aucune photocopie des deux passeports de Mohamed Merah, pourtant retrouvés dans son appartement après sa mort. Seule la page où figure son identité est jointe aux autres documents. Pas de trace des pages comprenant les tampons de ses différentes destinations.
L'ancien patron de la DCRI Bernard Squarcini, limogé par le nouveau pouvoir de gauche, a nié que Mohamed Merah ait été un indicateur de son service. Le doute subsiste pourtant. Et le ministère de l’Intérieur pourrait décider également de lever le secret défense sur les documents de la DGSE.

L'IGS à Toulouse

Par ailleurs, Le Point révèle ce jeudi que l’Inspection Générale des Services auditionne actuellement à Toulouse le directeur local de la DCRI et le fonctionnaire qui a négocié la reddition de Mohamed Merah, afin de faire la lumière sur les conditions d’enregistrement des conversations entre le tueur et la police le 22 mars dernier.

source :  http://www.ladepeche.fr/article/2012/07/19/1403368-dossier-secret-defense-sur-merah-la-these-de-l-indic-refait-surface.html

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Ceci se produit alors que Montauban est à nouveau le théâtre d'atrocités : la mosquée a été profanée en plein ramadam. Du sang et deux têtes de cochon attendaient les fidèles devant la porte de l'édifice. Ce type d'incivilité c'est déjà produit à Castres en 2009
LIRE : http://www.ladepeche.fr/article/2012/08/01/1411253-profanation-a-montauban-deux-tetes-de-cochon-a-l-entree-de-la-mosquee.html

jeudi 14 juin 2012

Albert Chennouf, le père d'un des soldats tués par Mohamed Merah, a été reçu mardi par le ministère de la Défense. Une réunion où, à la demande expresse du ministère, Albert Chennouf s'est présenté sans ses conseils... Au menu des discussions : la proposition faite par l'administration, à l'époque où Gérard Longuet était ministre, de verser la somme de 35 000 euros contre "l'abandon des poursuites contre l'État ou un de ses services". Cette clause est jugée scandaleuse par Mes Dubreuil et Maktouf, les avocates d'Albert Chennouf, "alors même, affirment-elles, que l'enquête nous apprend tous les jours des éléments nouveaux susceptibles de servir à une action en justice contre l'État ou un de ses services".
Le Point.fr : Vous avez été reçu au ministère de la Défense, comment cela s'est-il passé ?
Albert Chennouf : Le gouvernement sortant était dans le déni. Je n'oublie pas la première interview de monsieur Longuet qui qualifiait les assassinats de soldats, le 15 mars, comme un "malheureux hasard et un fait divers"...
Y a-t il un changement avec la nouvelle administration ?
Absolument : je n'avais pas reçu le moindre appel, ni le moindre courrier officiel depuis la mort de mon enfant jusqu'au changement de gouvernement. J'ai vu plus de personnalités et de ministres en deux semaines qu'en deux mois.
Sur le fond du dossier, où en êtes-vous ?
Ça bouge, pas aussi vite que je le souhaiterais, je me perds dans le labyrinthe administratif. J'aurais apprécié qu'il y ait un interlocuteur gouvernemental unique. Durant les deux derniers mois de Sarkozy, toutes les portes étaient fermées. Mes avocates, Mes Dubreuil et Maktouf, font un travail formidable et elles sont optimistes.
Maintenez-vous votre plainte contre Bernard Squarcini et Nicolas Sarkozy ?
Plus que jamais et personne ne réussira à m'en dissuader. C'est une question morale : j'ai juré sur le cercueil de mon fils de connaître la vérité. Il y a eu de graves dysfonctionnements au sein des services de sécurité qui ont abouti à cette tragédie. Des pistes sérieuses sont évoquées par des enquêteurs indépendants. À la justice de faire son travail.
Est-ce à la DCRI d'enquêter sur ses propres dysfonctionnements ?
Non, on ne peut pas être juge et partie. Je fais confiance au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui m'a promis qu'il irait au bout et qu'il ne cacherait rien.
Êtes-vous favorable à la création d'une commission d'enquête parlementaire ?
Oui. Je pense que la vérité doit être révélée. La République en sortira grandie.
Comment réagissez-vous aux derniers développements consécutifs à la plainte déposée par le père de Mohamed Merah ?
Ce monsieur fait ce qu'il veut. Je n'ai aucune valeur commune avec lui. C'est un opportuniste, suceur de sang et dépourvu d'empathie. Qu'il commence par présenter ses condoléances aux familles de victimes, comme je l'ai fait à son ex-épouse. Il m'indiffère et je trouve qu'on lui accorde trop d'importance dans les médias. J'ai plus de respect pour madame Merah que pour lui. Il doit se terrer et se taire, c'est le moins qu'il puisse faire pour les victimes.

source :  http://www.lepoint.fr/societe/le-pere-de-mohamed-merah-est-un-suceur-de-sang-14-06-2012-1473255_23.php

Pendant les élections présidentielles, l'affaire du tueur de Montauban et Toulouse avait semer le trouble parmi les électeurs. Le chef de la DCRI, Bernard Squarcini dialoguait avec le soi-disant forcené qui en fait aurait été pris au piège dans un traquenard monté de toutes pièces depuis plusieurs années. Ses voyages passant par Israél pour se rendre au Pakistan via l'Algérie comme en atteste les tampons de son passeport sont des aveux de double jeu de la part des services secrets français et israéliens.