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jeudi 14 juin 2012

Albert Chennouf, le père d'un des soldats tués par Mohamed Merah, a été reçu mardi par le ministère de la Défense. Une réunion où, à la demande expresse du ministère, Albert Chennouf s'est présenté sans ses conseils... Au menu des discussions : la proposition faite par l'administration, à l'époque où Gérard Longuet était ministre, de verser la somme de 35 000 euros contre "l'abandon des poursuites contre l'État ou un de ses services". Cette clause est jugée scandaleuse par Mes Dubreuil et Maktouf, les avocates d'Albert Chennouf, "alors même, affirment-elles, que l'enquête nous apprend tous les jours des éléments nouveaux susceptibles de servir à une action en justice contre l'État ou un de ses services".
Le Point.fr : Vous avez été reçu au ministère de la Défense, comment cela s'est-il passé ?
Albert Chennouf : Le gouvernement sortant était dans le déni. Je n'oublie pas la première interview de monsieur Longuet qui qualifiait les assassinats de soldats, le 15 mars, comme un "malheureux hasard et un fait divers"...
Y a-t il un changement avec la nouvelle administration ?
Absolument : je n'avais pas reçu le moindre appel, ni le moindre courrier officiel depuis la mort de mon enfant jusqu'au changement de gouvernement. J'ai vu plus de personnalités et de ministres en deux semaines qu'en deux mois.
Sur le fond du dossier, où en êtes-vous ?
Ça bouge, pas aussi vite que je le souhaiterais, je me perds dans le labyrinthe administratif. J'aurais apprécié qu'il y ait un interlocuteur gouvernemental unique. Durant les deux derniers mois de Sarkozy, toutes les portes étaient fermées. Mes avocates, Mes Dubreuil et Maktouf, font un travail formidable et elles sont optimistes.
Maintenez-vous votre plainte contre Bernard Squarcini et Nicolas Sarkozy ?
Plus que jamais et personne ne réussira à m'en dissuader. C'est une question morale : j'ai juré sur le cercueil de mon fils de connaître la vérité. Il y a eu de graves dysfonctionnements au sein des services de sécurité qui ont abouti à cette tragédie. Des pistes sérieuses sont évoquées par des enquêteurs indépendants. À la justice de faire son travail.
Est-ce à la DCRI d'enquêter sur ses propres dysfonctionnements ?
Non, on ne peut pas être juge et partie. Je fais confiance au ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui m'a promis qu'il irait au bout et qu'il ne cacherait rien.
Êtes-vous favorable à la création d'une commission d'enquête parlementaire ?
Oui. Je pense que la vérité doit être révélée. La République en sortira grandie.
Comment réagissez-vous aux derniers développements consécutifs à la plainte déposée par le père de Mohamed Merah ?
Ce monsieur fait ce qu'il veut. Je n'ai aucune valeur commune avec lui. C'est un opportuniste, suceur de sang et dépourvu d'empathie. Qu'il commence par présenter ses condoléances aux familles de victimes, comme je l'ai fait à son ex-épouse. Il m'indiffère et je trouve qu'on lui accorde trop d'importance dans les médias. J'ai plus de respect pour madame Merah que pour lui. Il doit se terrer et se taire, c'est le moins qu'il puisse faire pour les victimes.

source :  http://www.lepoint.fr/societe/le-pere-de-mohamed-merah-est-un-suceur-de-sang-14-06-2012-1473255_23.php

Pendant les élections présidentielles, l'affaire du tueur de Montauban et Toulouse avait semer le trouble parmi les électeurs. Le chef de la DCRI, Bernard Squarcini dialoguait avec le soi-disant forcené qui en fait aurait été pris au piège dans un traquenard monté de toutes pièces depuis plusieurs années. Ses voyages passant par Israél pour se rendre au Pakistan via l'Algérie comme en atteste les tampons de son passeport sont des aveux de double jeu de la part des services secrets français et israéliens.

vendredi 21 octobre 2011

Amésys entre guerre et amnésie

Libye : une filiale de Bull accusée de "complicité d'actes de torture"


La Fédération internationale des droits de l'homme accuse Amesys d'avoir fourni au colonel Kadhafi un système d'interception massive des communications. L'affaire pourrait devenir embarrassante pour le gouvernement français.

Publié le 20/10/2011, 18h18

"La Fédération internationale des droits de l'homme et la Ligue des droits de l'homme ont déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile auprès du tribunal de grande instance de Paris mettant en cause la société Amesys, filiale de Bull, pour complicité d'actes de torture en Libye", expliquent les deux association de défense des droits de l'homme. La filiale de Bull est accusée d'avoir fourni au colonel Kadhafi en 2007 des technologies permettant d'intercepter massivement les télécommunications dans son pays.

Un vaste système fourni par Amesys, appelé Eagle, aurait alors équipé dès la fin 2009 le centre de surveillance d'Internet de Tripoli, avec un système d'analyse du trafic internet (DPI). Amesys a reconnu il y a quelques semaines avoir fourni au régime de Muammar Kadhafi du "matériel d'analyse" portant sur des "connexions Internet". Pour mémoire, l'actuel P-DG de Bull, Philippe Vannier, était président d'Amesys lors de son acquisition par Bull en mai 2010. Bull n'a pas encore officiellement réagi à ces accusations.

L'affaire devient embarrassante pour Bull, mais pourrait aussi le devenir pour le gouvernement. En effet, si le ministre de la Défense, Gérard Longuet a récemment déclaré que "son ministère n'avait pas eu à donner son avis" sur cette vente, ce n'est pas ce que pensent tous les élus, comme Christian Paul, député (PS) de la Nièvre, qui a demandé au gouvernement "le contrôle et l'autorisation des autorités françaises sur ce type de marché", les outils vendus étant selon lui "assimilables à des armes technologiques".

En outre, nos confrères d'Owni viennent également de publier une enquête titrée "Amesys surveille aussi la France". Elle passe en revue la longue la liste de contrats portant sur diverses technologies d'écoute et d'analyse, signés entre Amesys et la Direction du renseignement militaire français ou le ministère de l'Intérieur.



La rédaction , Journal du Net
 
c'était la veille de l'arrestation suivie de la mort du colonnel Kadafi. Depuis les medias ne parlent plus que de cela, oublié Amesys
 
les quatre oppresseurs avec lesquels le président Sarkozy entretenait de chaleureux échanges et qui sont aujourd'hui à éliminer...

mercredi 14 septembre 2011

Droite française : L'intermédiaire Ziad Takieddine mis en examen

..PARIS (Reuters) - Le milliardaire Ziad Takieddine a été mis en examen mercredi pour abus de biens sociaux dans le cadre d'un présumé financement politique frauduleux de la droite en France, a déclaré son avocat.

Cet intermédiaire dans des contrats d'armement a été placé sous contrôle judiciaire "classique", une interdiction de quitter le territoire et d'entrer en contact avec les autres protagonistes de l'affaire, a ajouté Ludovic Landivaux.
Ziad Takieddine a été interrogé par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke dans une affaire visant un supposé financement de la campagne présidentielle de 1995 du candidat de droite Edouard Balladur par des commissions frauduleuses en marge d'un marché de livraison de sous-marins au Pakistan.
Selon le site Mediapart, le juge dispose d'un témoignage mettant en cause l'homme d'affaires, ainsi que Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy et Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon.
Selon ce témoin, Thierry Gaubert a accompagné à plusieurs reprises Ziad Takieddine dans une banque suisse pour y retirer des fonds, remis à Paris à Nicolas Bazire, directeur de campagne d'Edouard Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était porte-parole de cette campagne.
Ziad Takieddine est au centre de deux importants contrats d'armement des années 1990, la vente de sous-marins au Pakistan en 1994 et un marché de frégates avec l'Arabie saoudite à la même époque.
Une mission d'information parlementaire et des éléments des procédures judiciaires publiées dans la presse ont désigné Ziad Takieddine comme l'intermédiaire par lequel sont passés 33 millions d'euros de commissions occultes dans le contrat des sous-marins au Pakistan et 200 millions en marge du contrat saoudien.
Les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire pensent que cet argent a pu revenir en partie financer la campagne d'Edouard Balladur, qui a utilisé selon la police plusieurs millions d'euros en espèces.
Les biens de Ziad Takieddine ont été gelés le 4 août dernier dans le cadre d'un litige avec sa femme, Nicola Johnson, avec laquelle il est en instance de divorce. Le juge Van Ruymbeke a fait convoquer cette femme pour un interrogatoire par la police, et elle a remis des documents aux enquêteurs.
Une autre enquête est ouverte sur un attentat ayant tué en 2002 au Pakistan 11 Français travaillant sur le contrat de sous-marins, et qui pourrait avoir un lien avec la corruption.
Le site d'information Mediapart prête à l'homme d'affaires un rôle d'intermédiaire sur divers dossiers, judiciaires et économiques, entre le pouvoir français actuel et le régime de Mouammar Kadhafi avant la guerre qui a renversé son régime.
Total a confirmé avoir versé à l'homme d'affaires libanais près de dix millions de dollars pour racheter des droits d'exploitation en Libye, mais c'était une opération courante et aucunement secrète, a dit la société française.

Chine Labbé et Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

source : http://fr.news.yahoo.com/
Eh bien des millions en espèces !!! tout le monde en veut ! Pas que Sarkozy et ses copains !!!

mardi 13 septembre 2011

Libye : le rapport d'Amnesty International n'épargne pas les rebelles



On connaissait la violence de la répression des manifestations libyennes. Un rapport d'Amnesty International – fruit d'une enquête de terrain effectuée entre fin février et fin mai, en juin et fin août – met le doigt sur des crimes de guerre et violations des droits de l'homme commis par les rebelles, à plus petite échelle toutefois.

Le document ne fait pas l'impasse sur les exactions des kadhafistes : des tirs à l'arme automatique sur la foule de manifestants, aux représailles aveugles contre la population civile, en passant par les agissements des redoutés des officiers de l'Agence de sécurité intérieure (ISA), le document décrit par le menu l'horreur de la répression qui sévit en Libye depuis des mois. Il jette cependant un éclairage nouveau sur les actes perpétrés – à plus petite échelle toutefois – par une partie des rebelles. En l'occurence des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme, jusqu'ici mal documentés.


DU CÔTÉ DE L'OPPOSITION

Dès les premiers jours de la rébellion, en février, des rebelles capturent et tuent des soldats et des présumés mercenaires étrangers. Certains sont lynchés, au moins trois sont pendus, d'autres tués par balle, relève Amnesty International. Des groupes semblent s'organiser pour assouvir des vengeances. Parmi les victimes, Hussein Gaith Bou Shiha, ancien de l'ISA, a été capturé chez lui et retrouvé tué d'une balle dans la tête, avec des traces de coups et les poings liés. Des insurgés sont allés jusqu'à traquer les soldats loyalistes dans les hôpitaux : une vidéo montre ainsi, selon l'ONG, un ancien soldat à l'hôpital al-Jala de Benghazi, humilié et forcé de répéter : "Je suis un chien de Kadhafi".

S'il a connaissance de ces faits, et les condamne, le CNT (Conseil national de transition) tend à les minimiser. Le Conseil n'a d'ailleurs pas dilligenté d'enquête indépendante sur ce sujet ni cherché à prendre des mesures contre les responsables, dénonce l'organisation. Pour Amnesty International, "il est confronté à la difficile tâche de contrôler les combattants de l'opposition et les groupes d'autodéfense responsables de graves atteintes aux droits de l'homme, y compris d'éventuels crimes de guerre, mais se montre réticent à les tenir responsables." Le rapport souligne en outre les difficultés de contrôler ces groupes de combattants armés manquant d'expérience et opérant sans être encadrés ni supervisés.

Le rapport s'attarde également sur le traitement infligé aux soldats loyalistes par centaines par les rebelles. Interviewés par Amnesty International à Benghazi et à Misratah, certains de ces prisonniers disent avoir été capturés par des hommes lourdement armés et masqués lors de raids nocturnes, parfois à leur domicile. De nombreux faits de torture sont rapportés : coups de barres métalliques ou d'autres objets, éléctrochocs, viols, absence de soins pour les blessés. Sous la violence, les tortionnaires tentent d'obtenir des aveux, arrachent la signature de documents ou se rendent eux-mêmes justice pour des crimes attribués aux détenus.

LE SORT DES LIBYENS NOIRS

Parmi les personnes détenues ou tuées, figurent nombre d'individus présentés comme des mercenaires africains aux ordres de Kadhafi, sans que, bien souvent, leur identité soit réellement renseignée. Dès le 20 février, une vidéo montrait par exemple deux Africains morts, attachés sur le capot d'un pick-up paradant triomphalement sous les cris de "Dieu est grand" et les tirs de fusil, rapporte l'ONG. Aucun d'eux ne portait d'uniforme policier ou militaire, laissant craindre qu'ils aient pu être pris, à tort, pour des mercenaires.


Amnesty International dénonce un "climat de racisme et de xénophobie des deux côtés" – antérieur au printemps arabe – à l'égard de ces Libyens d'origine étrangère, en majorité d'Afrique subsaharienne et constituant environ un tiers de la population. Depuis le début de l'insurrection, la stigmatisation a été entretenue de part et d'autre. Kadhafi n'a pas hésité à opposer "frères arabes et Africains". De son côté, le président du CNT, Mustapha Abdeljalil lui-même, ne s'est pas privé d'indiquer qu'en tant qu'ancien ministre de la justice, il avait constaté que "40 % des criminels en Libye étaient des Africains qui envahissaient le pays par sa frontière sud, le traversaient et espéraient, avidement, vivre en Europe."

LA NON-ASSISTANCE DES PAYS EUROPÉENS


A ce sujet, "les Etats membres de l'UE (...) n'ont pas répondu de manière adéquate à la tragédie humaine qui se déployait", estime Amnesty International à propos de "ceux qui fuyaient les conflits et les persécutions en Libye pour assurer leur sécurité". Depuis mars, 1 500 Libyens qui ont essayé de gagner l'Europe par la mer ont trouvé la mort, selon Amnesty. L'ONG cite par ailleurs le témoignage d'un migrant de 23 ans qui a survécu à cette périlleuse traversée : il a payé 800 dollars pour embarquer sur une barque qui a dérivé pendant seize jours, croisant un navire militaire, deux hélicoptères et d'autres bateaux, sans recevoir aucun secours.


Amnesty International rappelle enfin qu'en mai, malgré le nombre réduit de demandes d'asile, l'UE s'inquiétait d'un afflux massif et renforçait les contrôles aux frontières. Il faut se souvenir, rapelle l'ONG, que le colonel Kadhafi et l'UE, Italie en tête, coopéraient auparavant pour "contrôler les migrations", "encourageant dans les faits les pratiques abusives contre les réfugiés".


Dans la même lignée, le CNT a déjà promis de "fermer les frontières à ces Africains". Le 17 juin, il a signé un memorandum avec l'Italie, dans lequel les deux parties ont renouvelé leur engagement à mettre en œuvre les accords contre la "migration illégale", y compris le rapatriement des migrants alors que la Libye est encore loin d'être pacifiée.

Le Monde.fr le 13 septembre 2011
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A lire aussi : Le calvaire des Africains noirs de Tripoli, brutalisés par les révolutionnaires libyens. Le 2 septembre 2011
 
Le calvaire des Africains noirs de Tripoli, brutalisés par les révolutionnaires libyens




Tripoli, envoyé spécial - Comme les vieux rafiots qui rouillent à quai, ils ont échoué là, dans cette crique abandonnée. Le petit port de Sayad, à 25 km à l'ouest de Tripoli, est devenu le refuge de plusieurs centaines d'Africains fuyant les exactions et les arrestations arbitraires dans la nouvelle Libye libre. Huit cents hommes et quelques femmes. Certains sont là depuis deux mois, d'autres sont arrivés la veille, mercredi 31 août.


Mike et Harrison, deux Nigérians de respectivement 19 et 20 ans, ont tout fait ensemble : l'arrivée en Libye, il y a deux ans, l'embauche chez un installateur de télévision par câble à 200 dinars (120 euros) par mois, et maintenant la fuite. "Avant la révolution, les Libyens étaient déjà arrogants avec nous, raconte Mike. Parfois, ils ne nous payaient pas. Mais depuis février, tout est difficile. Les propriétaires ont commencé à nous chasser en disant que nous étions des mercenaires de Kadhafi. Des jeunes nous attaquaient pour nous voler."

Les deux compères ont déménagé pour Abou Salim, un quartier jouxtant Bab Al-Aziziya, le grand complexe occupé par Mouammar Kadhafi, et réputé abriter des tribus qui lui étaient acquises ainsi que des combattants de ses milices. "Un jour, on nous a dit de partir, enchaîne Harrison. Nous sommes venus ici." Le lieu est une ancienne garnison italienne, devenue une base militaire navale comme en témoigne une grande structure de béton qui devait être futuriste au moment de sa construction. Après son bombardement par l'aviation américaine en 1986, l'endroit a été abandonné. Des pêcheurs s'en servent, ainsi que des trafiquants de clandestins, manifestement avec la bénédiction des autorités. Les bateaux de pêche, dont nombre sont en cale sèche, ne semblent même plus en état de naviguer jusqu'aux îles de Lampedusa (Italie) ou de Malte, situées en face de la Libye. "De toute façon, personne ne sait les conduire ici", déplore Harrison, qui a élu domicile, avec une vingtaine d'autres, sous la coque d'un navire.

"LÀ, C'EST DEVENU LA PANIQUE"

Au fil des semaines et via le bouche-à-oreille, le flux des arrivées à Sayad de ceux pris au piège d'une guerre de plus en plus proche n'a cessé de grossir. Puis les rebelles ont pris Tripoli. "Là, c'est devenu la panique, témoigne Modibo, un Malien. Les Africains comme nous se font prendre aux barrages." Kizita Okosun, originaire de Benin-City (Nigeria), lui, a été arrêté à la maison. "Quelqu'un du quartier à dû me dénoncer. Ils ont volé mes biens et si ma propriétaire n'avait pas été là, je serais mort à l'heure qu'il est."

Il a été conduit dans un centre de détention provisoire. "Nous étions 59 Africains de toutes les nationalités dans la même cellule, sans eau, sans toilettes, sans matelas. On nous donnait à manger et à boire une fois par jour. Il y a un Malien blessé qui disait qu'il préférait mourir que rester là. Mais ils ne l'ont jamais amené à l'hôpital. Certains gardiens nous battaient, d'autres pas. Jamais ils ne nous ont interrogés." Kizita doit son salut à un Libyen d'origine américaine, revenu au pays pour combattre le colonel Kadhafi et ému par son sort. "Au bout d'une semaine, il a ouvert la porte et m'a dit : “Toi, suis moi!” Il m'a amené jusqu'ici en voiture. Dieu m'a sauvé, mais les autres sont toujours là-bas. Que vont-ils devenir?"

Et que vont devenir les réfugiés de Sayad ? Ils tuent le temps et l'angoisse dans des parties de foot, qui dégénèrent parfois en pugilat, ou entonnent des cantiques. L'argent et les vivres commencent à manquer. Médecins sans frontières, qui a découvert le campement improvisé le 27 août, effectue des visites journalières pour prodiguer des soins de base. Une réserve d'eau potable de 1 500 litres était en cours d'installation jeudi après-midi. "Mais ce qu'il faut, c'est une protection et une solution pour ces gens-là", souligne François Dumont, de MSF. D'après lui, un autre campement de ce type, plus petit, se trouve dans des fermes au sud de Tripoli.

"Le jour de l'attaque de Tripoli, les rebelles sont arrivés ici, ils nous ont fait asseoir cinq heures sous le soleil, se souvient Mike. Puis ils sont partis sans rien dire." Les réfugiés africains de Sayad se plaignent d'être régulièrement intimidés par des jeunes du coin, qui viennent tirer en l'air la nuit ou les rançonner de leurs maigres effets. Des jeunes Libyens passent en voiture à vive allure, mais refusent de répondre aux questions des journalistes.

Les thuwar (combattants rebelles) assurent que le Guide libyen était essentiellement défendu par des mourtazaka (mercenaires). Les Africains rencontrés à Sayad jurent qu'ils ne connaissent aucun mercenaire. La réalité, selon plusieurs sources concordantes, se situe autour d'un tiers de mercenaires africains – essentiellement des Tchadiens, des Soudanais et des Touaregs du Niger et du Mali – dans les forces kadhafistes. A Tripoli, des mercenaires se cacheraient dans des appartements, certains d'entre eux grièvement blessés mais trop terrorisés pour se rendre dans les hôpitaux, où ils craignent d'être livrés à la justice expéditive des rebelles. Les rumeurs d'exactions et d'arbitraire, ainsi que les conditions de détention des Africains alarment de plus en plus les organisations des droits de l'homme.

Interrogé à ce sujet, Oussama Al-Abed Al-Abed, vice-président du conseil municipal autoproclamé de Tripoli, assurait jeudi : "Il n'y a pas d'inquiétude à avoir. Ces gens seront jugés tout ce qu'il y a de plus légalement. Mais à l'avenir, les immigrés devront avoir des papiers. L'ancien régime laissait venir n'importe qui et ce n'est pas acceptable." Mais dans la rue, le ton est plus agressif : "Kadhafi a dilapidé tout notre argent auprès des Noirs", se plaignent nombre de Libyens.

Tous les Africains de Tripoli ne sont pas inquiétés. Certains d'entre eux, connus dans leur quartier, sont protégés par leurs voisins. Mais il arrive aussi que des Libyens noirs soient arrêtés dans ces rafles. Mercredi soir, une vingtaine de femmes gorane et toubou – deux ethnies africaines du Sud libyen, à la frontière tchadienne – campaient devant le complexe sportif de Bab Al-Bahr, où croupissent 210 mercenaires présumés. Elles réclament la libération d'un mari, d'un frère ou d'un fils, tous arrêtés, selon leurs récits, durant la nuit. Elles assurent qu'ils n'étaient pas des miliciens et que les révolutionnaires venus les arrêter en ont profité pour les voler et les battre. Un homme, la barbe fine et les épaules étroites, sort du bâtiment et leur intime l'ordre de se taire : "Vous n'avez pas le droit de ternir la révolution. Ce sont des mensonges." Un instant interdites, elles se ressaisissent : "Alors, c'est ça, la liberté ?"

Christophe Ayad




dimanche 11 septembre 2011

Notons que je reproduis le 11 septembre 2011 les textes déjà publiés sur le blog de romandie. Ce n'était pas calculé, je pensais faire ce travail depuis longtemps mais réfléchissais à la méthode. Voilà qui est fait par hasard aujourd'hui. Une façon personnelle de commémorer l'événement.

Alors que je reprends les textes sur le 11 septembre 2001 tous les medias reprennent ce qui s'est produit en 10 ans. C'est aussi la date que le FN a choisi pour tenir son assemblée à Nice, est-ce calculé ou pas ? Allez savoir ! C'est aussi la date que l'UMP a retenu pour se regrouper à Nice également.

La journée a été riche en communiqués plus retentissants les uns que les autres. Hier c'était le pique-nique entre voisins (d'ailleurs ils avaient balançé 3 sacs poubelles remplis de canettes de bière et mégots devant ma porte, l'un était éventré et des bouteilles en verre avaient été cassées...) aujourd'hui c'est le grand déballage entre voisins politiques et ils se jettent aussi les sacs poubelles à la figure. Et dire que tous se moquent des disputes de la gauche. Ils parlent d'unité de la droite, mais alors là c'est l'unité des attaques. 

Hier Yves Bertand un ancien patron des RG plaidait pour Marine Le Pen. Dans un entretien au site Causeur.fr, Yves Bertrand, ancien patron des Renseignements généraux (RG) de 1992 à 2004, adepte des coups de billard à plusieurs bandes, semble esquisser un début de rapprochement avec le FN de Marine Le Pen.
Selon lui, "Marine Le Pen est quelqu’un de respectable et elle devrait pouvoir participer pleinement au débat politique. Elle est victime d’une diabolisation injuste et absurde à cause de son nom. Elle est née en 1968. Qu’a-t-elle à voir avec la Seconde guerre mondiale ou la guerre d’Algérie ? Elle a exclu des gens qui tenaient des propos antisémites et elle a eu raison."
Se prononçant pour la fin de la politique du cordon sanitaire [initiée notamment par Jacques Chirac, cette politique visait à isoler le FN en empêchant toute alliance avec la droite classique], M. Bertrand ajoute: "Le FN doit être réintégré dans la famille [de la droite]. (...) Il faut en finir avec la diabolisation. Je suis favorable à l’introduction de la proportionnelle. Et si on ne le fait pas, il devrait y avoir des accords en cas de triangulaire. Si cela avait été le cas, la gauche ne dirigerait pas 21 régions sur 22."
Il enfonce le clou: " Ce que je souhaite, comme citoyen et comme ancien serviteur de l’Etat, c’est qu’on en finisse avec la diabolisation du FN et que Marine Le Pen puisse pleinement participer au débat public. Je n’ai pas à proclamer mon vote."
Homme symbole de la chiraquie, personnage mystérieux il a été soupçonnéd'avoir monté un "cabinet noir" au profit de JAcques Chirac et Dominique de Villepin, chose dont il s'est toujours défendu.
Du côté du Front national, cela fait quelques jours que l'on se réjouit à l'avance d'un tel "coming out". Pour expliquer ce rapprochement, la présidente du FN a évoqué samedi 10 septembre devant la presse, "plusieurs contacts" avec M. Bertrand, "grâce à un ami commun" dont le nom n'a pas été précisé.

lu sur le blog de droites extrêmes, c'est dire si la droite Sarkozy est bien de l'extrême, ce n'est pas pour rien s'ils ont envoyé Chirac et son ami de Villepin devant les juges, Yves Bertrand avait déjà participé aux accusations dans l'affaire clearstream avant la présidentielle de 2007 qui a fait élire Sarkozy... et ils continuent encore ce 11 septembre voilà du nouveau :


- Dans Le Journal du Dimanche, l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, 66 ans, décrit avec luxe de détails des remises de fonds émanant de chefs d'Etat africains -"plusieurs dizaines de millions de francs", "incalculable!" - qu'il aurait réalisées entre 1997 et 2005 auprès de l'ancien président et de celui qui fut son secrétaire général et Premier ministre, Dominique de Villepin.
L'ex-numéro 2 du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo a renchéri en affirmant dimanche à l'AFP que quelque trois millions d'euros avaient bien été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne pour la réélection de Jacques Chirac en 2002.
M. Bourgi "a parfaitement raison", a tranché Mamadou Koulibaly, toujours président de l'Assemblée nationale ivoirienne.
A Paris, un membre de l'entourage en France de M. Gbagbo a ajouté que "cela devait éclater un jour ou l'autre".
Le Sénégal a en revanche qualifié d'"archi-faux" ces propos, par le porte-parole de la présidence Serigne Mbacké Ndiaye, qui a ajouté: "je me demande qu'est-ce qui fait courir" Robert Bourgi ?
L'avocat de M. Chirac, Jean Veil, a aussitot annoncé un dépôt de plainte contre M. Bourgi pour diffamation, puis M. de Villepin opposait un démenti aux accusations, a lui aussi annoncé qu'ilm porterait plainte.
L'étonnante confession de M. Bourgi, un homme de l'ombre, coïncide avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan, "La République des mallettes", décrivant un tourbillon de commissions et rétrocommissions autour de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, ami de M. de Villepin.
M. Bourgi aurait commencé la noria de "valises" africaines en mars 1997, "le jour de l'enterrement de mon maître Jacques Foccart", confie-t-il.
Jacques Foccart créa, sous de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d'influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d'Afrique noire.
"Par mon intermédiaire", "cinq chefs d'Etat africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon)- ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002", prétend l'avocat.
L'actuel ministre des Affaires étrangères Alain Juppé n'est pas épargné. "L'argent d'Omar Bongo a servi a payé le loyer pendant des années" de son club 89, accuse M. Bourgi.
Bourgi exonère Sarkozy
Pourquoi ces révélations soudaines après un long silence ? "Je veux tourner la page du passé, un passé dont je ne suis pas très fier", dit M. Bourgi.
Une explication qui ne convainc pas tout le monde.
Il est "scandaleux que M. Bourgi ait attendu que le président Chirac ne soit plus en mesure de se défendre pour soulager son âme délicate", a ironisé Me Veil, en allusion à la maladie dont souffre l'ex-chef de l'Etat, 79 ans en novembre.
Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, M. Bourgi exonère l'actuel président français qui "m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par +valises+".
Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a confirmé dimanche que M. Bourgi avait évoqué avec le président Sarkozy "en terme très généraux" la question du financement par des fonds africains d'hommes politiques français.
Mais Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de M. Chirac, a assuré à M. Péan que M. Bourgi avait, avant l'élection présidentielle de 2007, déposé une mallette d'argent "aux pieds" de M. Sarkozy.
"Il appartient aux autorités judiciaires de faire leur travail", a dit M. Guéant.
Comme il avait qualifié le livre de M. Péan de "fantasmes", M. de Villepin parle à propos de M. Bourgi d'"écran de fumée", de "volonté de salir la présidence Chirac".
La dirigeante Marine Le Pen du Front national, le parti d'extrême-droite, s'est empressée de parler de "République pourrie jusqu'en son centre".
Le Parti socialiste, principal parti d'opposition, a demandé l'ouverture immédiate d'une information judiciaire. Mais il pour l'heure il n'y a pas ouverture d'enquête, a précisé le parquet de Paris.
source :
http://actu.orange.fr/une/chirac-accuse-a-paris-et-abidjan-de-financement-occulte-africain-afp_222750.html

Dominique de Villepin qui s'insurge contre ses accusations, comme il l'avait fait pour l'affaire clearstream, remarque que cela se produit alors que Sarkozy est inquiété pour son rôle dans le financement de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur. Il y aurait eu des valises pleines de billets qui ciruclaient depuis le Pakistan impliquant des industries de l'armement.

Comme quoi la troisième guerre mondiale a commencé depuis au moins les années 90, ce que j'ai toujours soutenu. Sarkozy y aurait bien joué un rôle actif, du moins c'est ce qui apparaîtra de plus en plus au fil de l'histoire. Il a reçu beaucoup de médailles en chocolat pour cela... Il avait calculé et prévu son coup (d'Etat) depuis plusieurs années.

Nous n'oublierons pas que le président Sarkozy avait invité en grande pompe son homologue lybien Kadafi alors fréquentable... et qu'il a préparé un coup militaire avec les opposants du chef lybien qui appartient au réseau al qaëda. Mais il est vrai que le président Sarkozy avait déjà de l'expérience avec le Pakistan et savait comment opérer et faire passer les valises de billets et d'armes.

Maintenant l'union Africaine se plaint de l'éparpillement des armes lourdes dans des mains d'extrêmiste en Afrique.

Mais c'est vrai que les droites extrêmes se serrent les coudes et sont solidaires. Sarkozy n'a pas de scrupules a armer les extrêmistes islamistes... La preuve une nouvelle fois. Ses médailles lui ont certainement donné tous les droits ! Du moins en est-il convaincu !

Il est fier de son affiliation au Général de Gaulle et se retranche derrière cette image. Mais De Gaulle vivait à une autre époque, sa guerre était la seconde pas la troisième. Et il en a été un des empêcheur pas un des déclencheurs ce qui fait la différence avec monsieur Sarkozy. Vous ne serez jamais un De Gaulle monsieur Sarkozy. Vous n'empêchez pas les guerres mais les provoquez.