mercredi 16 novembre 2011

Pendant qu'Afghanistan et Pakistan ne parviennent pas à développer la démocratie sur leur territoire, l'Irak doit faire face aux factions locales de l'armée du Mahdi chiite

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080330/tts-irak-sadr-972e905.html

Sadr ordonne à l'Armée du Mahdi de cesser le combat en Irak

NADJAF, Irak (Reuters) - L'imam chiite radical Moktada Sadr a demandé aux miliciens de son Armée du Mahdi de quitter les rues des villes d'Irak où leurs affrontements avec les forces gouvernementales et l'armée américaine ont fait en six jours quelque 300 morts et des centaines de blessés.

"Par souci de responsabilité religieuse et pour mettre fin à l'effusion de sang irakien, nous appelons à la fin de la présence armée à Bassorah et dans toutes les autres provinces", déclare le dirigeant chiite dans un communiqué distribué aux journalistes par ses collaborateurs.

"Quiconque porte une arme et prend pour cible les institutions du gouvernement ne fera plus partie de nos rangs", poursuit-il, réclamant la fin de la répression contre ses fidèles et une amnistie pour ceux qui se trouvent derrière les barreaux.

S'adressant à la presse dans les bureaux de l'imam à Nadjaf après avoir distribué son communiqué , Hazem al Aradji, l'un de ses collaborateurs, a ensuite réaffirmé que les miliciens ne rendraient pas leurs armes et a indiqué que le mouvement avait reçu l'assurance d'un arrêt des "interpellations aveugles" dans ses rangs.

Ali al Dabbagh, porte-parole du Premier ministre Nouri al Maliki, s'est félicité de la "déclaration positive" de Sadr. "Nous pensons que cela contribuera aux efforts du gouvernement d'Irak pour assurer la sécurité", a-t-il ajouté.

Maliki a lancé mardi les forces gouvernementales dans une vaste offensive contre les membres de l'Armée du Mahdi à Bassorah, deuxième ville du pays et maillon essentiel de l'industrie pétrolière, dans le Sud. Les combats, très violents, se sont rapidement étendus aux villes voisines et à Bagdad, mettant en péril la fragile accalmie observée depuis quelques mois.

Après avoir laissé 72 heures aux activistes chiites pour déposer les armes, le chef du gouvernement avait prolongé cet ultimatum jusqu'au 8 avril.

"MOMENT DÉCISIF"

Sadr, qui soupçonne Maliki et le Conseil islamique suprême d'Irak, son plus puissant allié parlementaire, de chercher à éradiquer son mouvement avant les élections régionales d'octobre, y a répondu samedi en exhortant ses partisans à ne pas rendre les armes à un gouvernement incapable de chasser les "occupants".

Bien que l'opération en soit à son sixième jour à Bassorah, les forces gouvernementales ne sont pas parvenues à prendre le contrôle des rues de la grande ville du Sud.

Des images tournées par Reuters TV montrent des miliciens masqués de l'Armée du Mahdi munis de mitrailleuses et de lance-roquettes laissant éclater leur joie devant un émetteur de la télévision nationale après avoir incendié des transports de troupes de l'armée.

Washington a jusqu'ici fermement soutenu l'offensive ordonnée par Maliki et George Bush a jugé il s'agissait d'un "moment décisif dans l'histoire d'un Irak libre".

Les Etats-Unis ont confirmé dimanche que des forces spéciales américaines participaient à l'opération aux côtés des troupes irakiennes à Bassorah.

L'armée américaine a publié un communiqué évoquant une attaque conjointe menée par les forces spéciales irakiennes et américaines, lors de laquelle 22 militants chiites, dont "16 combattants criminels", ont été tués dans un raid aérien qui a visé trois habitations.

Les troupes britanniques, qui se sont retirées de Bassorah en décembre, ont dépêché une dizaine de blindés dimanche aux abords de la ville, rapportent des témoins. Les militaires britanniques ont installé un barrage routier sur un pont du sud de la ville, précisent-ils. Leur état-major a en outre annoncé que l'artillerie avait appuyé la veille les forces gouvernementales.

Les derniers combats ont dressé face aux forces américaines un nouvel adversaire de taille, alors même que l'essentiel des efforts militaires visaient depuis un an la guérilla sunnite.

Samedi, Maliki a déclaré que ses nouveaux ennemis étaient "pires qu'Al Qaïda".

Version française Eric Faye

Par Khaled Fahran Reuters - Dimanche 30 mars, 15h44

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