LE MONDE | 31.07.09 | 11h39
C'est une décision hautement symbolique. Les troupes britanniques sont en train de quitter la dernière ville où elles étaient présentes en Irak. Elles ont commencé, dimanche 2 septembre, à se retirer de leur base du palais de Bassora, deuxième localité du pays. L'opération ne devrait pas prendre plus d'un ou deux jours. Les 550 soldats stationnés dans leur quartier général au coeur de la grande cité du Sud irakien sont redéployés sur l'aéroport, situé à 25 km et où se trouvent les quelque 5 000 hommes opérant encore dans le pays.
Le retrait a été annoncé par le général Mohan Tahir, chef des forces de sécurité de la province. Les troupes irakiennes, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse, contrôlent désormais le palais de Bassora. L'opération a été confirmée par un porte-parole du premier ministre britannique, Gordon Brown. La base évacuée abritait les logements de militaires et de diplomates depuis l'invasion du pays, en 2003.
Regroupé totalement à l'aéroport, le contingent britannique continuera à jouer un rôle de "supervision". Il entraînera et conseillera la 10e division irakienne. Il l'épaulera si nécessaire lors d'opérations ponctuelles. Ce repli devrait permettre, comme prévu, de réduire à 5 000 le nombre total de soldats d'ici à décembre.
L'opération comporte bien sûr un risque : laisser le champ libre aux nombreuses milices chiites qui se disputent le contrôle de la ville. L'armée irakienne pourra-t-elle ou voudra-t-elle les tenir en respect ? Le retrait du palais de Bassora marque une étape nouvelle et significative dans la poursuite de la réduction de l'engagement britannique en Irak. Au nombre de 18 000 en mai 2003, après la chute de Saddam Hussein, et de 7 000 au début de 2007, les soldats ne sont plus que 5 500 aujourd'hui. Ils ont évacué trois provinces en un an.
Gordon Brown se refuse toujours, cependant, à fixer un calendrier de retrait, de peur de "miner le travail magnifique" des troupes en Irak, a-t-il souligné, il y a quelques jours, dans sa réponse à une lettre de Sir Menzies Campbell, chef du Parti des démocrates libéraux (LibDem), hostile à la guerre. Ce dernier a accueilli la nouvelle du retrait de Bassora comme la preuve que l'armée britannique ne peut plus jouer un "rôle efficace" sur le terrain.
L'évolution de la situation lui donne largement raison. Les relations entre les soldats, accueillis avec une certaine sympathie en 2003, et les civils se sont gravement dégradées après une série d'incidents en 2005. La surenchère entre les milices chiites, entraînées ou soutenues par l'Iran voisin, le noyautage par elles de la police et le manque d'autorité du pouvoir central ont placé les Britanniques face à des attaques au coût humain toujours plus fort et jugé de plus en plus intolérable par l'opinion. Londres a perdu 159 soldats en Irak.
En cautionnant un désengagement progressif, quoique prudent, Gordon Brown tient compte aussi des voeux de l'état-major, inquiet des tensions subies par une armée aux effectifs insuffisants et désireux de puiser en Irak les troupes qui lui permettront de "mettre le paquet" en Afghanistan, dans une guerre à ses yeux beaucoup plus légitime.
Les anciens chefs militaires ne se gênent plus maintenant pour critiquer ouvertement l'allié américain. "Il n'y a aucun doute, avec le recul, que le plan américain pour l'après-guerre était défectueux, et nombre d'entre nous le pressentaient à l'époque", a déclaré, dimanche, au Sunday Mirror le général Tim Cross. Cet officier supérieur était le plus haut gradé britannique chargé de la planification de l'après-guerre. Il met en cause directement l'ancien ministre de la défense américain, Donald Rumsfeld : "Dès le tout début, nous étions très préoccupés par le manque de précision du plan pour l'après-guerre. Rumsfeld n'a pas voulu entendre ce message. Les Américains étaient convaincus que l'Irak s'en sortirait assez rapidement comme une démocratie stable."
Même son de cloche du côté du général à la retraite Sir Mike Jackson, chef de l'armée au moment de l'invasion. "M. Rumsfeld est l'une des personnes les plus responsables de la situation actuelle en Irak", écrit-il dans son autobiographie, dont des extraits ont été publiés par le Daily Telegraph. Le général y qualifie la politique américaine de "faillite intellectuelle". Réagissant à ce jugement, l'ancien ambassadeur américain à l'ONU, John Bolton, accuse le général de donner "une version de l'Histoire appuyée par aucune preuve".
Les politiques sont aussi montés au créneau. Des Browne et David Miliband, ministres de la défense et des affaires étrangères, ont jugé "déplacées" les remarques d'un général américain à la retraite faisant état de la "frustration" des Etats-Unis face à la dégradation de la sécurité autour de Bassora. "Les troupes britanniques ont-elles échoué ? demandent les ministres, dans une tribune au Washington Post : la réponse est non. Il n'y a aucune insurrection antigouvernementale à Bassora, et très peu d'indications d'une présence d'Al-Qaida dans le sud de l'Irak."
Jean-Pierre Langellier
Article paru dans l'édition du 04.09.07.
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http://www.lemonde.fr/international/article/2009/07/31/l-armee-britannique-evacue-son-qg-de-bassora-dans-le-sud-de-l-irak_950604_3210.html#xtor=AL-32280184
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dimanche 4 décembre 2011
dimanche 27 novembre 2011
Les Américains remplaceront les Britanniques à Bassorah
Les troupes américaines remplaceront les quelque 4.000 soldats britanniques qui doivent quitter Bassorah d'ici la fin du mois de mai, indique le général Ray Odierno, patron des forces américaines et alliées en Irak. Parallèlement, un compromis a été trouvé dimanche au Parlement irakien en vue d'adopter un texte prévoyant le maintien en Irak des forces étrangères jusqu'en juillet 2009.
Dans un entretien accordé samedi soir à l'Associated Press, le général Odierno déclare envisager de transférer le QG d'une brigade ou d'une division, soit une centaine de personnes, ainsi qu'un nombre indéterminé d'hommes de combat à Bassorah.
Ville portuaire du sud de l'Irak, Bassorah est la deuxième agglomération du pays. Elle constitue l'un des centres névralgiques de l'industrie pétrolière irakienne. Actuellement, ce sont les forces britanniques qui assurent la sécurité dans toute sa région.
A Bagdad, les principaux partis représentés au Parlement sont parvenus dimanche à un accord sur la présence des troupes étrangères sur le territoire national. Les soldats autres qu'américains pourront rester jusqu'en juillet 2009. C'est la teneur de la résolution qu'ils ont convenu d'adopter lundi.
Un accord séparé avait été conclu pour les troupes américaines le 4 décembre. Ces dernières peuvent rester dans le pays jusqu'en 2011. Mais les dispositions de l'accord, qui entre en vigueur le 1er janvier, donne à Bagdad un contrôle strict sur les près de 150.000 soldats américains postés sur son territoire.
D'après Abbas al-Bayati, de l'Alliance chiite irakienne unie, "les chefs des groupes politiques sont parvenus à la décision d'approuver le projet de résolution" sur la présence des troupes étrangères, et les parlementaires voteront sur ce texte lundi. Si la loi est adoptée, elle "donnera au gouvernement l'autorité de garder certaines troupes à des fins d'entraînement", a-t-il ajouté.
Le Parlement irakien a déjà rejeté un compromis de ce type à deux reprises. Si un texte n'est pas adopté avant l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre, la présence de ces troupes étrangères n'aura plus aucune justification légale.
Londres a déjà fait savoir que les troupes britanniques se retireraient de Bassorah avant la fin du mois de mai 2009. Et le général Odierno a expliqué que les troupes américaines les remplaceraient. "Ce sera une présence plus petite qu'actuellement", a-t-il précisé après avoir été informé par le général britannique Andy Salmon de la situation dans la région et des préparatifs du retrait britannique.
"Nous croyons qu'il est important de maintenir une présence ici parce que nous pensons que Bassorah est une ville importante et qu'il est essentiel que nous y conservions une forme de contrôle", a estimé le général Odierno.
Une fois ce transfert effectué, les troupes américaines auront l'entière responsabilité, aussi bien dans la région de Bassorah que dans le reste du pays, d'assister et de former les forces de sécurité irakiennes.
Le général Odierno a par ailleurs répondu au commandant des Marines, le général James Conway, qui avait évoqué dans un entretien à l'AP l'hypothèse d'un retrait de ses 22.000 hommes de la province d'Anbar (ouest), relativement calme, au profit d'un redéploiement en Afghanistan. "Toute décision sur la structure des forces en Irak sera prise par moi-même", a martelé le général Odierno, affirmant qu'aucune décision n'avait encore été prise pour la province d'Anbar.
Le patron des forces américaines et alliées en Irak veut avant tout s'assurer que les élections régionales du 31 janvier prochain se déroulent bien, et que les perdants reconnaissent pacifiquement leur défaite. Il envisage de prendre une décision sur l'avenir des forces américaines en Irak seulement deux mois après ce scrutin. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20081221/twl-irak-forces-etrangeres-synthese-1def439.html
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Les forces américaines, elles, peuvent rester en Irak jusqu'à la fin 2011, en vertu d'un accord de sécurité signé entre les gouvernements de Washington et de Bagdad le 4 décembre dernier et qui entre en vigueur au 1er janvier. Les près de 150.000 militaires américains actuellement déployés en Irak sont placés sous la supervision de Bagdad.
Le député Abbas al-Bayati de l'Alliance irakienne unifiée, chiite, a déclaré dimanche que le Parlement, après avoir rejeté le texte pour la deuxième fois samedi, avait accepté de transformer le projet de loi en simple résolution parlementaire pouvant être adopté par la majorité simple. De cette façon, la forte opposition d'une minorité de députés chiites est balayée. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20081221/twl-irak-forces-etrangeres-1def439.html
publié sur romandie blog le 21/12/2008 23:16
Dans un entretien accordé samedi soir à l'Associated Press, le général Odierno déclare envisager de transférer le QG d'une brigade ou d'une division, soit une centaine de personnes, ainsi qu'un nombre indéterminé d'hommes de combat à Bassorah.
Ville portuaire du sud de l'Irak, Bassorah est la deuxième agglomération du pays. Elle constitue l'un des centres névralgiques de l'industrie pétrolière irakienne. Actuellement, ce sont les forces britanniques qui assurent la sécurité dans toute sa région.
A Bagdad, les principaux partis représentés au Parlement sont parvenus dimanche à un accord sur la présence des troupes étrangères sur le territoire national. Les soldats autres qu'américains pourront rester jusqu'en juillet 2009. C'est la teneur de la résolution qu'ils ont convenu d'adopter lundi.
Un accord séparé avait été conclu pour les troupes américaines le 4 décembre. Ces dernières peuvent rester dans le pays jusqu'en 2011. Mais les dispositions de l'accord, qui entre en vigueur le 1er janvier, donne à Bagdad un contrôle strict sur les près de 150.000 soldats américains postés sur son territoire.
D'après Abbas al-Bayati, de l'Alliance chiite irakienne unie, "les chefs des groupes politiques sont parvenus à la décision d'approuver le projet de résolution" sur la présence des troupes étrangères, et les parlementaires voteront sur ce texte lundi. Si la loi est adoptée, elle "donnera au gouvernement l'autorité de garder certaines troupes à des fins d'entraînement", a-t-il ajouté.
Le Parlement irakien a déjà rejeté un compromis de ce type à deux reprises. Si un texte n'est pas adopté avant l'expiration du mandat de l'ONU le 31 décembre, la présence de ces troupes étrangères n'aura plus aucune justification légale.
Londres a déjà fait savoir que les troupes britanniques se retireraient de Bassorah avant la fin du mois de mai 2009. Et le général Odierno a expliqué que les troupes américaines les remplaceraient. "Ce sera une présence plus petite qu'actuellement", a-t-il précisé après avoir été informé par le général britannique Andy Salmon de la situation dans la région et des préparatifs du retrait britannique.
"Nous croyons qu'il est important de maintenir une présence ici parce que nous pensons que Bassorah est une ville importante et qu'il est essentiel que nous y conservions une forme de contrôle", a estimé le général Odierno.
Une fois ce transfert effectué, les troupes américaines auront l'entière responsabilité, aussi bien dans la région de Bassorah que dans le reste du pays, d'assister et de former les forces de sécurité irakiennes.
Le général Odierno a par ailleurs répondu au commandant des Marines, le général James Conway, qui avait évoqué dans un entretien à l'AP l'hypothèse d'un retrait de ses 22.000 hommes de la province d'Anbar (ouest), relativement calme, au profit d'un redéploiement en Afghanistan. "Toute décision sur la structure des forces en Irak sera prise par moi-même", a martelé le général Odierno, affirmant qu'aucune décision n'avait encore été prise pour la province d'Anbar.
Le patron des forces américaines et alliées en Irak veut avant tout s'assurer que les élections régionales du 31 janvier prochain se déroulent bien, et que les perdants reconnaissent pacifiquement leur défaite. Il envisage de prendre une décision sur l'avenir des forces américaines en Irak seulement deux mois après ce scrutin. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20081221/twl-irak-forces-etrangeres-synthese-1def439.html
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Les forces américaines, elles, peuvent rester en Irak jusqu'à la fin 2011, en vertu d'un accord de sécurité signé entre les gouvernements de Washington et de Bagdad le 4 décembre dernier et qui entre en vigueur au 1er janvier. Les près de 150.000 militaires américains actuellement déployés en Irak sont placés sous la supervision de Bagdad.
Le député Abbas al-Bayati de l'Alliance irakienne unifiée, chiite, a déclaré dimanche que le Parlement, après avoir rejeté le texte pour la deuxième fois samedi, avait accepté de transformer le projet de loi en simple résolution parlementaire pouvant être adopté par la majorité simple. De cette façon, la forte opposition d'une minorité de députés chiites est balayée. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20081221/twl-irak-forces-etrangeres-1def439.html
publié sur romandie blog le 21/12/2008 23:16
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