dimanche 4 décembre 2011

Nucléaire : Hillary Clinton "s'inquiète" de la résistance de Pyongyang

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a dénoncé jeudi en Thaïlande le refus de la Corée du Nord de se dénucléariser, alors que Pyongyang excluait tout retour aux pourparlers tant que Washington ne mettra pas fin à sa politique "hostile".


Photographe : Pornchai Kittiwongsakul AFP :: La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, lors d'une conférence de presse dans un hôtel de Phuket (Thaïlande), le 23 juillet 2009.
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photo : Pornchai Kittiwongsakul , AFP
"La délégation nord-coréenne n'a offert qu'un refus insistant de reconnaître que la Corée du Nord était engagée sur le mauvais chemin", a estimé Mme Clinton en marge d'un Forum sur la sécurité (ARF) de l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est (Asean). "Ils n'ont manifesté aucune volonté de poursuivre sur la voie de la dénucléarisation et c'est inquiétant".

L'ARF regroupe les dix pays de l'Asean (Thaïlande, Malaisie, Singapour, Indonésie, Philippines, Brunei, Vietnam, Laos, Birmanie, Cambodge) et 17 pays ou bloc dont les Etats-Unis, la Chine et l'Union européenne. Leurs chefs de la diplomatie étaient réunis sur l'île de Phuket, dans le sud de la Thaïlande.

Pour tenter de convaincre la Corée du Nord, la responsable américaine a avancé la perspective d'"une aide énergétique et économique significative".

Mais Pyongyang a jugé son offre "absurde" et laissé peu d'espoir d'un retour aux pourparlers à Six (les deux Corées, Chine, Japon, Russie, Etats-Unis) sur sa dénucléarisation. Un responsable présent à Phuket, Ri Hung-Sik, a affirmé que le dialogue ne reprendrait pas tant que Washington n'abandonnerait pas "sa politique hostile".

Depuis Pyongyang, le régime s'en est même directement pris à la secrétaire d'Etat, une femme "inintelligente" et "vulgaire", qui "tantôt ressemble à une écolière, tantôt à une retraitée allant faire des courses".

Les Etats-Unis ont retourné le compliment. "Ce qui est vulgaire, c'est que le gouvernement nord-coréen choisisse de récolter des missiles plutôt que de quoi nourrir sa population", a déclaré un porte-parole du département d'Etat.

"Et ce qui est inintelligent, c'est la voie que la Corée du Nord a apparemment choisie: c'est une voie sans issue qui condamne les Nord-Coréens à un avenir funeste".

Pyongyang a quitté la table des pourparlers après avoir été condamné par l'ONU pour un tir de fusée en avril. Depuis, le régime communiste a procédé à un deuxième essai nucléaire et des tirs de missiles, déclenchant une nouvelle résolution de l'ONU que Mme Clinton à demandé à l'ARF de fermement appliquer.

Adoptée le 12 juin, la résolution 1874 prévoit un système renforcé d'inspection des cargaisons aériennes, maritimes et terrestres à destination ou en provenance de Corée du Nord et un élargissement de l'embargo sur les armes.

La secrétaire d'Etat s'est félicitée d'avoir été entendue par de "nombreux" pays, y compris la Birmanie, sur cet appel à un respect des sanctions.

Plus tôt dans la semaine, Mme Clinton avait fait part de ses inquiétudes sur une possible coopération nucléaire entre Pyongyang et la junte au pouvoir en Birmanie.

Le chapitre birman était également à l'agenda des ministres de l'ARF.

Mercredi, les Etats-Unis ont redemandé à la junte birmane de libérer l'opposante Aung San Suu Kyi incarcérée depuis mi-mai pour violation de son assignation à résidence.

Avant de repartir, Mme Clinton a encore convenu de réunions annuelles entre son pays et quatre riverains du Mékong -- Thaïlande, Vietnam, Laos et Cambodge -- en vue d'une coopération en matière de ressources hydrauliques.

Le Mékong est considéré comme l'un des fleuves à la biodiversité la plus vaste du monde. Mais des organisations écologistes craignent qu'une cascade de projets de barrages ne mettent cette richesse en péril.

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