samedi 3 décembre 2011

La piste islamiste abandonnée pour l'attentat de Karachi en 2002

PARIS (Reuters) - La justice française ne considère plus comme sérieuse la piste islamiste dans l'enquête sur un attentat suicide qui avait fait 14 morts, dont 11 Français, en 2002 au Pakistan, ont déclaré jeudi deux juges d'instruction.

C'est désormais celle d'un attentat commandité par des militaires pakistanais afin de punir la France du non paiement de commissions dans un marché d'armement qui va être suivie, ont expliqué les magistrats Marc Trévidic et Yves Jannier aux familles des victimes réunies au tribunal de Cherbourg (Manche).

"La piste islamiste ne tient plus la route. Une autre piste s'ouvre, elle paraît crédible. La justice française va la travailler", a dit à Reuters une source judiciaire qui a souhaité garder l'anonymat en rapportant ces déclarations.

Ce dossier menace les relations entre la France et le Pakistan, un pays clé dans la lutte contre l'islamisme radical.

Il est encombrant pour l'Elysée, puisque le contrat d'armement a été négocié en 1994 sous le gouvernement d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le lieutenant.

Un kamikaze avait précipité un véhicule rempli d'explosifs sur un bus en mai 2002 à la sortie d'un hôtel de Karachi. Au nombre des 14 morts, figuraient 11 ingénieurs et techniciens français de la Direction des constructions navales (DCN) qui travaillaient à la construction de sous-marins français Agosta.

Le régime pakistanais avait initialement mis en cause des activistes islamistes, mais deux d'entre eux condamnés à mort en 2003 ont finalement été acquittés en appel le mois dernier.

DES FAMILLES INDIGNÉES

Certaines des familles se sont indignées lors de la réunion de Cherbourg que l'Etat leur ait menti, a raconté à Reuters Me Olivier Morice, un de leurs avocats, présent à la réunion.

"Il serait temps qu'au plus haut niveau de l'Etat, on se comporte dignement avec les familles et qu'on arrête de leur cacher la vérité", a-t-il dit. Nicolas Sarkozy a refusé en mai dernier une demande d'audition des familles de Cherbourg.

La nouvelle piste impliquant les militaires pakistanais vient d'un mémorandum saisi dans une autre enquête et versé en octobre 2008 au dossier de l'enquête.

Il s'agit d'un rapport anonyme provenant de la DCN, daté de septembre 2002, et concluant que le mobile de l'action était le non versement de commissions promises par la France en marge du contrat portant sur la livraison de sous-marins.

L'hypothèse retenue était que le problème de commissions serait venu du président Jacques Chirac. Après son élection en 1995, il aurait refusé le versement à des responsables pakistanais des sommes initialement convenues.

Le contrat prévoyant la vente de trois sous-marins Agosta avait été signé au moment où s'affirmait la rivalité d'Edouard Balladur avec Jacques Chirac en vue de l'élection présidentielle de 1995. Nicolas Sarkozy était alors dans le camp du Premier ministre de l'époque.

Par Thierry Lévêque - Édité par Yves Clarisse

http://www.lemonde.fr/web/depeches/texte/0,14-0,39-39626817,0.html

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L'Express du 23/10/2003

Terrorisme
Imprudence à Karachi?
par Eric Pelletier
La Direction des constructions navales a-t-elle tout fait pour protéger ses expatriés, victimes d'un attentat en 2002? La justice va trancher

L 'attentat de Karachi était-il prévisible? Le 8 mai 2002, 11 employés ou sous-traitants de la Direction des constructions navales (DCN) et 3 de leurs accompagnateurs pakistanais étaient tués dans l'explosion de leur bus. Un an et demi plus tard, six familles de disparus poursuivent la DCN pour «faute inexcusable». Ils considèrent, avec leurs avocats, Mes Jean-Paul Teissonnière et Sylvie Topaloff, que l'entreprise nationale n'a pas mis tous les moyens en œuvre pour assurer la sécurité de son personnel. L'affaire sera jugée le 13 novembre devant le tribunal des affaires de sécurité sociale de la Manche.

Il apparaît d'ores et déjà, au travers d'une série de documents internes, que l'employeur avait conscience de la montée de la menace islamiste au Pakistan.
Trois notes, signées par le responsable de la DCN à Karachi, intéresseront particulièrement la justice. La première, en date du 4 février 2002, s'inquiète de la découverte, à Islamabad, d'une bombe sous la voiture d'un diplomate français. La deuxième, rédigée le 27 avril 2002, résume la teneur d'une réunion sur la sécurité au consulat général de France.
On évoque notamment le départ de nombreux expatriés américains, canadiens et britanniques, les menaces qui pèsent sur le procès de l'assassin du journaliste Daniel Pearl et le retour de nombreux taliban d'Afghanistan. Une description qui paraît, à l'époque, «inutilement pessimiste» au rédacteur de la note. Enfin, le 2 mai, six jours avant l'attentat, le troisième document recommande une grande vigilance lors des déplacements personnels. Les familles qui poursuivent aujourd'hui la DCN font remarquer que le trajet de la navette chargée d'acheminer leurs proches jusqu'aux chantiers navals n'a pas été modifié pour autant. Le bus a offert une cible de choix au kamikaze.

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Un groupe d'armement français est suspecté par la justice d'espionnage et de corruption
LE MONDE | 26.02.08 | 11h20 • Mis à jour le 26.02.08 | 11h44Retrouvez.

La justice est saisie d'une enquête qui va créer des remous. Le parquet de Paris dispose d'éléments qui suggèrent l'implication de la société DCN – l'ex-Direction des chantiers navals, aujourd'hui DCNS, détenu à 75 % par l'Etat et à 25 % par Thales –, premier constructeur français de porte-avions, sous-marins et autres frégates, dans des opérations de corruption pour acquérir des documents judiciaires et fiscaux.

DCNS affirme ne pas avoir "été informée" d'une "procédure"Contactée par Le Monde lundi 25 février, la société DCNS n'a pas souhaité s'exprimer sur le fond du dossier. "A ce jour, nous n'avons été informés par aucune autorité judiciaire d'une éventuelle procédure contre DCNI, a-t-elle indiqué. Nous ne sommes donc pas en mesure d'apporter un quelconque commentaire à ce sujet." DCNS (tel est le nom de l'entreprise depuis avril 2007), héritière de la Direction des constructions navales (DCN), est une entreprise de droit privé depuis juin 2003. L'Etat français en est actionnaire à 75%, Thales à 25%. Après le rachat de la branche Thales naval, DCN s'est transformée en DCNS, l'expert européen des systèmes navals militaires dans tous les domaines. La société emploie 13300 personnes et réalise 2,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

[-] fermerSelon les enquêteurs, le grand groupe d'armement aurait eu recours aux services de sociétés d'intelligence économique, gérées par d'ex-membres des services secrets français, pour se procurer des pièces de procédures judiciaires liées à des affaires, comme Clearstream ou les frégates de Taïwan, et pour enquêter sur l'entourage de magistrats, tels que le juge Renaud Van Ruymbeke ou le juge Paul Perraudin en Suisse, mais aussi sur l'entourage de personnalités politiques. Une information judiciaire a été ouverte, début février, contre X…, des chefs de "corruption active et passive", "abus de biens sociaux", "violation du secret de l'instruction" et "violation du secret de la défense nationale".

Nom de code de l'opération : "mission Bonaparte". But avoué, dans un courrier daté du 10 janvier 2002 : "Entrer en contact avec les avocats et experts désignés par la partie adverse, et d'en soutirer le maximum d'informations." D'après un échange de courriers saisis par les enquêteurs, la société Eurolux Gestion, basée au Luxembourg, est chargée par la DCNI, la branche commerciale de la DCN – qui deviendra DCNS en 2007 – d'investiguer sur la procédure judiciaire et le contentieux financier lié à l'affaire des frégates de Taïwan, construites par la DCN. Un dossier dans lequel Taïwan réclame 1,2 milliard de dollars à la France. C'est Gérard-Philippe Menayas, alors directeur financier et administratif de DCNI, qui signe les courriers. Joint par Le Monde, celui-ci n'a pas souhaité faire de commentaires.

"LUSTUCRU"

Rien d'illogique, au demeurant, à ce que la DCNI veuille aussi en savoir plus sur les investigations menées par les juges Van Ruymbeke et Perraudin dans le versant judiciaire du dossier des frégates. Mais, selon l'enquête préliminaire confiée en mars 2006 aux policiers, ce sont les moyens utilisés dans ce but qui posent problème. D'autant que la DCNI, à l'époque, cherche aussi à en savoir plus sur Thales, qui s'apprête à entrer dans son capital.

A cet effet, une deuxième mission est lancée, qui répond au nom de code, selon les policiers, de "Lustucru". Pour satisfaire la DCNI, Eurolux Gestion va avoir recours aux services d'une société d'intelligence économique, MJM Partners, basée à Kourou, en Guyane.

En janvier 2006, les services fiscaux effectuent une perquisition au siège de MJM Partners, une société fondée par Michel Mauchand, 67 ans, un ancien de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), et Claude Thevenet, 58 ans, qui œuvrait, lui, à la direction de la surveillance du territoire (DST). "C'est abracadabrantesque, nous a indiqué M. Thevenet, il s'agit d'une intoxication, ma société n'a jamais commercé avec DCNI." MJM Partners est chargée de veiller à la sécurité du site de Kourou. Elle est liée à trois autres sociétés, créées par le duo Mauchand-Thevenet. Le fisc s'intéresse d'abord à des flux financiers jugés "atypiques" entre ces sociétés et découvre des abus de biens sociaux. Par ailleurs, lors de la perquisition, il découvre des propositions commerciales qui sont de réelles missions de renseignement réalisées, pour le compte, entre autres, de DCNI.

En mars 2006, une enquête préliminaire est lancée, suivie par des perquisitions à la DCN et à la DCNI. Les enquêteurs saisissent des documents : des pièces issues de procédures judiciaires auraient été acquises, contre rémunération. Il semble qu'un agent des services fiscaux ait accepté de communiquer des données bancaires confidentielles.

"REMISE GRACIEUSE"

Ces documents, émis par les sociétés des ex-espions, sont des comptes rendus de missions opérées entre 2001 et 2004 pour le compte de DCNI, via Eurolux Gestion. Les services d'anciens collègues de M.Mauchand auraient été utilisés : il précise, dans une note, que la majeure "partie des sources utilisées par nos diverses missions à l'étranger ont appartenu ou étaient d'honorables correspondants" de la DGSE.

Les enquêteurs mettent la main sur un courrier du 4 janvier 2002, adressé à Eurolux, signé par M.Menayas, qui, dans le cadre du "dossier Bonaparte", souhaite "étudier les modalités de mise en place d'un dispositif local apte à recueillir des informations juridiques et politiques". Eurolux propose en retour une mission "Méditerranée", à savoir "contacter les autorités judiciaires proches de ce dossier". Renaud Van Ruymbeke est désigné sous le nom de code "Méditerranée 1". Dans un document, la mission "Méditerranée" est jugée "fructueuse mais délicate".

Trois factures, qui établiraient les liens financiers entre Eurolux et la DCNI, sont dénichées par les policiers : 28 000 euros en janvier 2003, 28000 euros en novembre 2002, et 39 200 euros en mai 2002. Une autre facture, datée de mai 2002, porte la mention suivante : "Méditerranée 1 et 2 =remise gracieuse".

D'autres documents retrouvés en perquisition sont très précis. Le 28 février 2003, il est ainsi fait état du recrutement d'une source dans un cabinet d'avocats, avec comme objectif "la manipulation de la source recrutée". Le budget de l'opération se monte à 12 000 euros mensuels pour les "frais de manipulation".

Un compte rendu de mission daté du 17 mars 2004 parle d'une recherche sur l'ambiance "régnant au ministère de la défense, approche de personnalités (…) entourage de MAM \[Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense\]". Le 28 juillet 2004, un compte-rendu mentionne la "recherche de sources dans l'entourage immédiat de décideurs politiques français", et l'acquisition de la liste Clearstream (les listings informatiques truqués contenant les noms de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, accusés à tort de détenir des comptes à l'étranger) "émanant des milieux judiciaires" Le 10 décembre 2004, des pièces de procédure judiciaire liées aux fichiers Clearstream, dont "la copie intégrale de l'original reçu par la justice", auraient été acquises par Eurolux, contre la somme de 18 550 euros.

Lors d'une perquisition chez Armaris, la structure d'exportation de DCNS, les policiers tombent sur des copies d'auditions du dossier Clearstream, dont celle de Renaud van Ruymbeke. Pour les enquêteurs, la DCNI a confié depuis 1994, successivement aux sociétés Heine, Eurolux et Armaris, des missions illégales de "lobbying". Un autre courrier de M.Menayas est saisi : "J'ai mis en place l'organisation financière et juridique appropriée en vue de la gestion des réseaux internationaux, aussi bien chez DCNI que par la suite chez Armaris." Un contrat de prestations de services, entre Eurolux et DCNI, signé le 20 juin 2000, en fait foi.

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La piste des commisions non versées suivie par les juges Trevidic et Janier, figure aussi dans une pièce du dossier d'instruction AZF avec la référence au dossier Eurodif, pour que les choses soient claires pour ceux, magistrats et policiers, qui ignorent l'histoire de leur pays. Mais elle a été très vite étouffée par des gens comme le commissaire Paireau qui est venu témoigner à la barre pour dire que cette piste était totalement invraisemblable, sans fournir plus d'explication, foi de policier sous serment.

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Le Congrès américain s'intéresse à un livre français sur Al-Qaïda
FRANCE-USA-TERRORISME-ARGENT-ÉDITION - 20/05/2005 12h37 - AFP

PARIS, 20 mai 2005 (AFP) - Le service de recherche du Congrès américain a demandé à Guillaume Dasquié, auteur d'"Al-Qaïda vaincra" (Privé - Flammarion), paru il y un mois en France, de "l'assister" dans ses recherches sur le "financement du terrorisme international".
Cette demande figure dans un courrier daté de mercredi, transmis à l'AFP par l'éditeur et signé par un analyste des affaires du Proche-Orient, membre du service de recherche du Congrès américain, chargé de préparer les enquêtes et les auditions des commissions chargées des questions de défense et de sécurité.
Guillaume Dasquié a précisé à l'AFP que les demandes de l'enquêteur américain portaient en particulier sur un homme d'affaires saoudien, cheikh Ali ben Moussalim, décédé en 2004 à Lausanne, diplomate au service personnel du roi Fahd d'Arabie saoudite et intermédiaire sur plusieurs marchés d'armement entre l'Arabie saoudite et des pays occidentaux.
Dans son ouvrage, M. Dasquié, directeur de recherches à l'Intitut de relations internationales et stratégiques (Iris), raconte que la signature du contrat d'armement Sawari II (4,3 milliards d'euros) de livraison de frégates à la marine saoudienne, fut signé en 1994 par le gouvernement d'Edouard Balladur avec l'Arabie saoudite, grâce à l'entremise de cheikh Ali.
Ce dernier se révélera avoir été l'un des principaux argentiers d'Oussama ben Laden, selon un rapport du Trésor américain daté de janvier 2002 et cité par l'auteur.
pmg/sst/swi
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Source - http://www.guillaume-dasquie.com/content/view/17/34/

Alors quelques rappels pour ceux qui n'auraient pas suivi ce long fil depuis le début où l'on a beaucoup parlé de cette affaire.
Le patron d'Ali Ben Moussalim était Ben Mahfouz, (le véritable argentier que n'ose pas citer Dasquié parce qu'il a eu quelques ennuis avec lui), Ben Mahfouz conteste avoir financé Al Quaida, soit , mais il était un des financiers de Worldspace à Toulouse à hauteur de deux milliards de Francs, avec Idris et Amoudi.
Ali Ben Moussalim était en charge du contrat Sawari 2 (des frégates équipées de missiles achetées à la France sous le gouvernement Baladur).Cette affaire Sawari 2 a fait beaucoup de bruit lors des dernières élections présidentielles sous le nom de Clearstream 3. (les faux listing des rétrocommisssions et nous aurons l'occasion d'apporter des précisions sur cette affaire prochainement sur ce fil). Le même gouvernement Baladur traita avec les pakistanais simultanément un autre contrat, non pas sur des frégates mais sur des sous-marins, les Agusto équipés de missiles Exocet. C'est lors du transfert de cette technologie aux pakistanais qu'eut lieu en 2002 l'attentat de Karachi, quelques semaines après l'exécution de Daniel Pearl au Pakistan qui précisément enquêtait sur ces réseaux de financement.

Certaines sources font état que les garanties financières sur ce marché de sous-marins ont été apportées par les saoudiens qui de leur côté achetaient les frégates. Mais si comme les magistrats Trevidic et Janier le pensent les commissions ont été bloquées par Chirac sur le marché Agusta , on voit mal comment ces mêmes commissions n'auraient pas été bloquées dans le marché Sawari 2 puisqu'elles alimentaient les mêmes filières. Les commissions n'ont pas dû être versées non plus dans le cadre de Sawari.
C'est exactement ce schéma qu'est venu contester le commissaire Paireau à la barre, ce faisant il nous a rendu le fier service de reconnaître qu'il existait bel et bien un volet ' commissions saoudiennes' dans le dossier AZF.

Tout ceci ne fait donc que renforcer les soupçons à l'égard des saoudiens ou des pakistanais aussi bien pour l'attentat de Karachi que de Toulouse. Mais il semble beaucoup plus vraisemblable que ces contentieux commerciaux n'aient servi qu'à attiser des provocations qui existaient déjà par ailleurs .

http://forumazf.lesnews.org/posting.php?mode=reply&t=33&sid=7d606954a02c97881032be169e7d3616


publié sur romandie blog le 18/06/2009 22:02

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