Le ministre de la Défense brésilien Nelson Jobim a estimé mercredi qu'une explosion de l'Airbus d'Air France qui s'est abîmé en mer était "improbable" en raison de la présence de carburant à la surface de l'océan.
"La présence d'huile ou de carburants signifie qu'il est improbable qu'il y ait eu un feu ou une explosion, mais cela n'est qu'une hypothèse", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Brasilia.
La disparition soudaine de l'Airbus A330 avec 228 personnes à bord dans la nuit de dimanche à lundi est encore inexpliquée.
Interrogé sur la possibilité d'un attentat, le ministre de la Défense a déclaré qu'"il n'y a aucun signe" pouvant le laisser penser.
M. Jobim a par ailleurs souligné qu'"aucun corps n'a été trouvé et on n'a vu aucun indice de survivants".
Une flottille d'avions et de navires de plusieurs pays convergaient mercredi vers le lieu de la catastrophe pour récupérer des débris de l'appareil et tenter de localiser les boites noires qui pourraient aider à expliquer les raisons de sa chute, à environ 1.000 km de la côte brésilienne
Plusieurs débris, dont une pièce "apparemment métallique" de 7 mètres de diamètre, ont déjà été repérés par les avions brésiliens depuis mardi.
Les recherches se concentrent sur un rayon de 200 km, a indiqué le ministre de la Défense
http://actu.orange.fr/articles/dossier/Vol-AF447-une-explosion-de-l-Airbus-improbable-d-apres-la-Defense-bresilienne.html
A ce stade de l'enquête sur la disparition dans l'Atlantique sud du vol Air France Rio-Paris, avec 228 personnes à bord, dans la nuit du dimanche 31 mai au lundi 1er juin, deux faits se dégagent : tout d'abord la vitesse de l'Airbus A330 était "erronée", ainsi que l'ont indiqué au "Monde" des sources proches de l'enquête ; et un enchaînement d'événements catastrophiques a conduit à sa désintégration en vol, comme en témoignent des messages émis automatiquement par l'appareil au cours des quatre dernières minutes de son vol, entre 23 h 10 et 23 h 14 locales (4 h 10 et 4 h 14 de Paris).
Airbus émet une recommandation sur la vitesse. Airbus devrait publier, jeudi 4 juin, une "recommandation", validée par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), destinée à toutes les compagnies utilisant des biréacteurs A330. Le constructeur veut rappeler, qu'en cas de conditions météorologiques difficiles, leurs équipages doivent conserver la poussée des réacteurs et l'assiette correctes pour garder l'avion en ligne.
La chronologie qui fait apparaître des pannes multiples. Un journal de Sao Paulo, le Jornal da Tarde, a eu connaissance de la chronologie et de la teneur des message sémis automatiquement par l'appareil, selon lui grâce à une source proche de la compagnie française.
Ces informations ont été publiées, mercredi 3 juin, par le très sérieux Estado de Sao Paulo (les deux quotidiens appartiennent au même groupe de presse).
23 heures : vingt minutes avant l'entrée prévue de l'Airbus dans l'espace aérien du Sénégal, le pilote envoie un message signalant qu'il traverse une zone de fortes turbulences, dans des cumulo-nimbus chargés d'électricité et des vents violents. Les satellites météo attestent que les vents soufflaient à 160 km/h.
23 h 10 : les problèmes commencent lorsqu'un message signale la déconnexion du pilote automatique. On ignore si cette opération a été effectuée par l'équipage ou si elle a été provoquée par les systèmes de sécurité. Cette déconnexion intervient, en effet, automatiquement lorsque les ordinateurs détectent une panne grave.
L'équipage a-t-il voulu dévier de sa trajectoire pour éviter les zones les plus dangereuses ? Si oui, l'opération s'annonçait délicate. Selon un pilote cité par l'Estado, le contrôle manuel d'un avion à haute altitude est "extrêmement difficile". Une chose est sûre : à partir de cet instant, l'Airbus est piloté manuellement.
A la même minute, un autre message informe que le "fly-by-wire", autrement dit les commandes électriques de vol qui activent les volets et les ailerons, passe sur le régime "alternate law". Cette alimentation de secours est actionnée automatiquement en cas de pannes électriques multiples. L'avion conserve alors suffisamment d'électricité pour voler, mais plusieurs systèmes de contrôle de la stabilité de l'appareil sont détériorés. Dans une telle situation, une alarme sonne pour alerter le personnel de cabine.
23 h 12 : deux autres messages auraient signalé des pannes dans deux équipements fondamentaux, Adiru (Air Data Inertial Reference Unit) et Isis (Integrated Standby Instruments System). Ces ordinateurs fournissent des informations capitales sur l'altitude, la vitesse et la direction du vol.
23 h 13 : de nouveaux messages indiquent des pannes électriques dans l'ordinateur principal (Prim1) et l'auxiliaire (Sec1) de vol.
23 h 14 : l'ultime message est envoyé. Il signale : "cabine en vitesse verticale". C'est l'indice d'une dépressurisation, cause ou conséquence d'une désintégration en vol.
Dans les milieux proches de l'enquête, on conteste formellement la chronologie des informations – et notamment la panne de l'Adiru et de l'Isis au moment indiqué – tout autant que les conclusions "hâtives" qu'en tire l'Estado.
Prudence côté français. Les informations de la presse brésilienne tranchent avec la prudence affichée par le BEA français en charge de l'enquête. Lors d'un point presse, mercredi 3 juin, Paul-Louis Arslanian, directeur général du Bureau, a insisté sur les difficultés de l'enquête qui "venait seulement de commencer et ne sera pas facile".
Il a ajouté : "Nous avons déjà rassemblé beaucoup d'éléments." Il a, par exemple, confirmé l'émission de messages automatiques durant environ trois minutes avec "une grande concentration de messages sur une minute". Ces messages, a ajouté M. Arslanian, "donnent des indications. Reste à les comprendre et à les mettre en perspective".
Quant aux deux "boîtes noires" qui contiennent les conversations de l'équipage et les paramètres du vol, M. Arslanian n'est pas "d'un optimisme total sur une éventuelle récupération", mais le BEA a "déjà travaillé sans enregistreurs", précise-t-il. Un premier rapport devrait être rendu à la fin du mois de juin.
François Bostnavaron, Alain Faujas et Jean-Pierre Langellier (à Rio)
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/04/l-avion-du-vol-rio-paris-ne-volait-pas-a-la-vitesse-adequate_1202076_3224.html#ens_id=1200707
publié le 4/06/2009 15:09 sur romandie blog
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