samedi 3 décembre 2011

10 jours après les élections : entre le 20 et 21 juin 2009. Treize personnes tuées dans des affrontements avec la police en Iran, selon la télévision publique

La télévision publique iranienne a annoncé dimanche que 13 personnes avaient été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et ce qu'elle a qualifié de "groupes terroristes".

La télévision n'a pas précisé les circonstances de ces morts, mais elle avait annoncé un peu plus tôt que plusieurs personnes avaient été tuées samedi quand "des émeutiers" ont attaqué une mosquée dans l'ouest de Téhéran.

D'après la chaîne en langue anglaise de la télévision d'Etat, qui n'est diffusée qu'en dehors de l'Iran, "des émeutiers" ont aussi incendié deux stations-services et attaqué un poste militaire.

Une chaîne de télévision publique, diffusée en Iran, a également annoncé que cent personnes avaient été blessées samedi. Mais elle a cité un responsable de la police affirmant que les policiers n'avaient pas utilisé de munitions pour disperser les manifestants.

C'est la deuxième fois que le autorités annoncent publiquement des décès liés à la crise de ces derniers jours. Plus tôt cette semaine, elles avaient annoncé que sept personnes avaient été tuées, ce qui porte à 20 le nombre officiel de morts.

Amnesty International a toutefois prévenu qu'il était "très difficile" de vérifier le bilan des victimes. "Le climat de peur a jeté une ombre sur toute la situation", a déclaré à l'Associated Press Drewery Dyke, spécialiste de l'Iran pour Amnesty.

L'ONG "International Campaign for Human Rights", en Iran, a affirmé pour sa part que de nombreux manifestants blessés qui voulaient se faire soigner après les affrontements de samedi avaient été arrêtés par les forces de sécurité dans des hôpitaux de Téhéran. Selon l'ONG, les médecins ont reçu l'ordre de signaler les blessés aux autorités, et certains manifestants grièvement blessés ont cherché refuge dans des ambassades étrangères pour essayer d'échapper à une arrestation.

Toujours dimanche, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a critiqué la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne pour leurs déclarations concernant les allégations de fraudes électorales dans l'élection présidentielle iranienne, remportée par Mahmoud Ahmadinejad.

M. Mottaki a critiqué la France pour ses "approches perfides et injustes", et il a dit que la Grande-Bretagne avait "toujours créé des problèmes" dans les relations entre pays.

L'Iran se préparait à la possibilité de nouveaux affrontements sanglants entre manifestants et forces de l'ordre dans les rues de Téhéran, où un calme précaire régnait dimanche.

Parallèlement, des images montrant de nouvelles brutalités circulaient dimanche malgré la volonté du régime iranien de ne pas diffuser d'informations sur les événements. Les informations données par des bloggers et des utilisateurs de Twitter en Iran ne pouvaient toutefois pas être vérifiées dans l'immédiat.

Une vidéo amateur montrait aussi des heurts dans la ville de Shiraz (sud), et des témoins ont fait état de violences dans les rues à Isfahan, au sud de Téhéran.

Parallèlement, une chaîne de télévision publique a annoncé qu'un attentat-suicide à l'explosif au mausolée de l'ayatollah Ruhollah Khomeini, à une vingtaine de kilomètres au sud du centre de Téhéran, avait fait au moins deux morts et huit blessés samedi. Une autre chaîne publique a diffusé des images de verre brisé, sans faire état d'autres dégâts ni de victimes, et a montré un témoin affirmant que trois personnes avaient été blessées.

Selon un témoin non identifié, cité par la télévision publique, un homme portant une ceinture d'explosifs s'est fait exploser à l'entrée du mausolée. "Grâce à Dieu, il n'y a pas eu beaucoup de victimes", a affirmé le témoin. Ces informations n'ont pu être vérifiées de source indépendante en raison des restrictions imposées aux médias par les autorités iraniennes.

Samedi soir, le président Mahmoud Ahmadinejad a remercié dans une lettre l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, pour son soutien: "Sans aucun doute, vous avez hissé fermement le drapeau de la dignité et de la conscience de la nation iranienne contre l'arrogant". AP
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http://www.rue89.com/chinatown/2009/06/17/la-meurtriere-devenue-heroine-du-web-liberee-par-la-justice-chinoise

La meurtrière devenue héroine du web libérée par la justice chinoise

C'est une victoire incontestable de l'opinion publique chinoise telle qu'elle s'exprime sur internet. Une jeune employée d'hôtel qui avait tué un cadre qui tentait d'abuser d'elle sexuellement a été laissée libre par la justice chinoise, d'ordinaire moins clémente pour ce genre de crime.

Deng Yujiao, 21 ans, a été reconnue coupable, mais n'a pas été condamnée à l'issue de son procès. Un juge du tribunal de Badong (centre), où s'est déroulé le procès, a déclaré à l'AFP, citée par le site Aujourd'hui la Chine, partenaire de Rue89 :

« Elle n'a pas eu de peine pour quatre raisons : elle a fait un usage excessif de la force mais en état de légitime défense, elle a une responsabilité pénale limitée, elle s'est rendue de son propre gré à la police et il y a eu grave erreur de la partie adverse ».



La jeune femme encourait la peine de mort. Mais son cas avait enflammé les débats sur la Toile où une grande partie des internautes avaient pris parti pour la jeune femme, présentée comme la victime de la bureaucratie locale corrompue. Deng, employée dans un hôtel-sauna, avait été accusée d'avoir tué le 10 mai un cadre local de Badong à coups de couteau de cuisine et d'en avoir blessé un autre.

L'affaire a montré l'influence croissante de l'internet, qui joue de plus en plus un rôle de contre-pouvoir face aux abus des autorités locales. Selon l'avocat de Pékin Zhang Tianyong, spécialisé dans la défense des droits de l'Homme,

« s'il n'y avait pas eu la pression des internautes, il n'y aurait pas eu ce genre de verdict ».

« C'est une victoire du peuple », commentait un internaute sur l'un des principaux portails Sohu.com.

La mobilisation des internautes en faveur de Deng Yujiao rappelle celle qui avait entouré le cas de Yang Jia, le meurtrier de six policiers à Shanghaï, l'an dernier pour se venger d'un tabassage resté impuni dans leur commissariat. La cyberopinion publique avait pris fait et cause pour le jeune chômeur malgré la gravité des faits, mais n'avait pas réussi à empêcher qu'il soit condamné à mort, et exécuté.


publié sur romandie blog le 21/06/2009 17:52

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