Par Sophie Tétrel AP - 12/07/2008 23:40
PARIS - A la veille du sommet de l'Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a annoncé samedi qu'il se rendrait à Damas en septembre, alors que la dernière visite d'un chef de l'Etat français datait de 2002. Le président veut développer de "nouvelles relations" entre les deux pays mais a souligné que le rapprochement dépendrait "des preuves et des faits".
La visite, prévue pour "avant la mi-septembre 2008", selon un communiqué commun franco-syrien, a été décidée pendant un entretien entre le chef de l'Etat français et son homologue syrien Bachar el-Assad. Elle sera précédée d'un déplacement à Paris du vice-Premier ministre syrien Abdallah Dardari les 21 et 22 juillet, et d'une visite à Damas du ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
En outre, en tant que président français de l'Union européenne, M. Sarkozy "engagera les procédures appropriées en vue de la signature de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Syrie, et du lancement du processus de ratification aussi tôt que possible".
"Nous entamons de nouvelles relations, pas pour quelques jours, pas pour quelques semaines, des relations structurelles, stratégiques", a expliqué Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec le président syrien, son homologue libanais Michel Sleimane et l'émir du Qatar Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani.
"La vitesse du développement de ces relations sera fonction, non plus des discours, des promesses, des paroles, mais des preuves et des faits, d'un côté comme de l'autre", a-t-il prévenu. Et d'insister fortement à l'intention de Bachar el-Assad: "c'est un choix politique important que j'ai fait" avec l'invitation à Paris, et "je suis sûr qu'il sera à la hauteur de cette invitation et de cette confiance".
La réunion de Paris marque le retour sur la scène internationale de la Syrie, ostracisée depuis l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005. Les progrès politiques au Liban et l'ouverture de négociations indirectes entre la Syrie et Israël ces derniers mois ont incité le président français à renouer le contact et inviter son homologue syrien au sommet de l'Union pour la Méditerranée.
Au-delà des relations bilatérales, la France peut espérer y gagner un poids plus important dans la région. Bachar el-Assad a ainsi demandé "à ce que la France soit partie prenante le jour où des négociations directes (avec Israël) auront lieu, aux cotés des Etats-Unis, comme parrain, témoin, aide, médiateur de ces négociations".
Le président syrien juge toutefois que le gouvernement américain actuel "n'est pas intéressé par le processus de paix". "Nous n'allons pas débattre (du passage à des négociations directes) avant l'arrivée d'une nouvelle administration américaine", a-t-il expliqué, en ajoutant qu'il n'était pas censé en parler...
Signe de ces nouvelles relations, le président français s'est vu confier l'annonce de la prochaine ouverture de représentations diplomatique syrienne au Liban et libanaise en Syrie.
Il a par ailleurs demandé à Damas de "convaincre l'Iran" "d'apporter les preuves" du caractère uniquement civil de son programme nucléaire. Mais si Bachar el-Assad a promis de transmettre à Téhéran, il a dit penser que "l'Iran n'a aucune intention de posséder l'arme nucléaire" et a réaffirmé sa préférence pour "une solution politique".
"Sur le chemin de la paix et de la confiance, il y a encore beaucoup de travail à faire", a estimé Nicolas Sarkozy, mais la réunion des dirigeants israélien, palestinien, syrien et libanais, "c'est déjà quelque chose qui marque un très grand tournant, à la fois pour cette région du monde, et pour l'influence de la France, pour l'influence de l'Europe et, j'espère, pour le bien de tous". AP
http://fr.news.yahoo.com/ap/20080712/twl-france-syrie-1ere-synthese-1be00ca.html
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