La Hongrie adopte une Constitution très controversée
Les parlementaires chantent l'hymne national hongrois après avoir approuvé la nouvelle Constitution. Crédits photo : Laszlo Beliczay/AP
Le Parlement a approuvé à une large majorité un texte ultraconservateur, jugé «liberticide» par l'opposition.
Le Parlement hongrois a massivement approuvé, par 262 voix contre 44, avec une abstention, une nouvelle Constitution, tandis que plusieurs milliers d'opposants ont défilé samedi et dimanche pour protester contre des mesures jugées discriminatoires envers les athées, les homosexuels et les familles monoparentales. Vivement contesté par l'opposition socialiste, les syndicats et une frange de la société civile, le texte doit maintenant être approuvé par le président de la République, Pal Schmitt, le 25 avril, avant de prendre effet au 1er janvier 2012. Cette signature ne devrait être qu'une simple formalité, le chef de l'État étant un proche du premier ministre, Viktor Orban. Lors de sa campagne triomphale des élections législatives d'avril 2010, celui qui est aussi le chef du parti Fidesz (conservateur) avait promis de réviser la Constitution existante, jugée trop libérale. Comme prévu, le vote est passé très facilement, le Fidesz disposant de la majorité des deux tiers à la Chambre basse. Lors des débats, aucun parti d'opposition ne s'était manifesté, jugeant n'avoir aucune chance de faire entendre sa voix dans une assemblée acquise au projet de loi gouvernemental.
Les points de controverse ne manquent pas, au sein de la «Constitution Orban», ainsi rebaptisée par l'opposition et les médias. Caractérisée par un retour en force de «l'ordre moral», la nouvelle loi fondamentale introduit de nouvelles références à la religion et à la famille au sens traditionnel, rappelant «le rôle du christianisme» dans «l'histoire millénaire» de la Hongrie. Cette allusion à l'acte fondateur d'Arpad, chef de tribu venu des plaines orientales fonder la nation magyare, devrait s'accompagner de la refonte du drapeau hongrois, dont les couleurs vert-blanc-rouge seront désormais ornées des armoiries nationales.
Autre mesure âprement combattue par les associations gays et lesbiennes, un passage du texte précise que «la Constitution protège le mariage, considéré comme l'union de base la plus naturelle entre un homme et une femme et fondement de la famille ». La nouvelle Constitution revient également sur le droit à l'avortement, jusqu'ici très largement toléré en Hongrie, en stipulant que «depuis sa conception, la vie mérite d'être protégée comme un droit humain fondamental», ajoutant que «la vie et la dignité humaine sont inviolables». Cette mention, qui pourrait être interprétée comme une mise hors la loi de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), illustre l'influence croissante de l'Église et des mouvements «pro-vie» sur la scène politique hongroise, avec le retour au premier plan des conservateurs du Fidesz.
Procédure «antidémocratique»
Enfin, la «Constitution Orban» confirme l'octroi de la nationalité hongroise aux Hongrois de souche résidant à l'étranger. Vieille antienne du Fidesz, cette mesure qui concerne plus de 500.000 personnes établies dans les pays voisins, en premier lieu desquels la Slovaquie et la Roumanie, qui dénoncent inlassablement les visées irrédentistes de Budapest, accusé de vouloir rétablir son influence dans les territoires perdus en 1918.
Privée de tout pouvoir de nuisance au Parlement, très affaiblie depuis sa déroute électorale d'avril 2010, l'opposition socialiste espère encore provoquer une sortie de route, en dénonçant une procédure «antidémocratique». Une Constitution votée par un seul parti «ne convient pas à un État de droit», protestent plusieurs organisations non gouvernementales, dont TASZ, l'Association pour les droits de l'homme. La précédente Constitution, élaborée en 1949, avait été largement remaniée en 1989 après la fin du communisme. «Même si personne ne l'aimait vraiment, elle avait été alors élaborée avec la participation de tous les acteurs publics», relève le politologue Gabor Török.
En visite à Budapest dimanche et lundi, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, a incité les autorités hongroises à consulter les institutions internationales, à commencer par l'Union européenne, dont la Hongrie assure justement la présidence jusqu'au 30 juin prochain. «Je sais qu'il y a des inquiétudes au niveau international, a déclaré le haut fonctionnaire onusien. J'apprécierais que la Hongrie prenne conseil auprès d'autres (institutions), en Hongrie ou auprès du Conseil de l'Europe ou des Nations unies». Viktor Orban, qui se dit «serein», a déjà précisé qu'il envisageait de soumettre la Constitution à la Commission européenne, sans pour autant s'engager à accepter d'éventuelles modifications.
source : http://www.lefigaro.fr/international/2011/04/18/01003-20110418ARTFIG00599-la-hongrie-adopte-une-constitution-tres-controversee.php
Une vidéo : http://fr.news.yahoo.com/54/20110419/video/vwl-hongrie-une-constitution-juge-libert-df14a31.html
publié sur romandie blog le 19/04/2011 15:24
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mercredi 7 décembre 2011
mardi 6 décembre 2011
L'UE met la Hongrie en demeure sur sa loi sur les médias et la Hongrie dit que la France et l'Allemagne doivent en faire autant
La Commission européenne a mis en demeure la Hongrie de démontrer dans un délai de deux semaines que sa loi contestée sur les médias est conforme à la législation européenne, a annoncé vendredi un porte-parole de la Commission.
"Je confirme que la Hongrie dispose de deux semaines pour répondre; passé ce délai, nous nous réservons le droit d'entamer une procédure d'infraction", a dit Jonathan Todd à l'agence Reuters.
Cet ultimatum, a-t-il ajouté, est précisé dans une lettre adressée vendredi aux autorités hongroises, qui assurent depuis le 1er janvier la présidence tournante de l'UE, par la commissaire européenne Neelie Kroes, chargée de l'"Agenda numérique" et qui supervise les questions liées aux télécommunications et à internet.
Entrée en vigueur le 1er janvier, la législation hongroise sur les médias est jugée liberticide par l'opposition et plusieurs capitales européennes.
Elle crée une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) qui supervise l'ensemble des médias publics et est habilité à infliger de lourdes amendes aux médias privés, qui sont tenus de publier des informations "équilibrées".
Ce nouvel organisme est contrôlé par des membres du Fidesz, le parti de droite au pouvoir.
"A ce stade, la Commission demande une clarification sur certains points. Nous essaierons de les clarifier dans les plus brefs délais (...) Notre réponse sera prête bien avant ces deux semaines", a réagi Anna Nagy, porte-parole du gouvernement de Viktor Orban.
La Commission européenne est préoccupée par le risque d'une limitation de la liberté d'expression liée à l'obligation que cette loi fait aux médias de fournir une couverture "équilibrée".
Elle s'interroge aussi sur le fait que la loi pourrait semble-t-il s'appliquer à des groupes établis hors des frontières hongroises, ce qui contrevient aux règles européennes (les médias ne peuvent répondre que des législations en vigueur dans leur pays d'origine).
Face au tollé soulevé, Viktor Orban, qui soutient que la loi respecte la liberté de la presse, s'est dit prêt à la modifier si l'UE le réclame, mais a estimé que plusieurs pays européens dont la France et l'Allemagne devraient alors l'imiter.
Justyna Pawlak, avec Sandor Peto à Budapest; Henri-Pierre André pour le service français
source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110121/twl-union-hongrie-medias-bd5ae06.html
publié sur romandie blog le 22/01/2011 03:07
"Je confirme que la Hongrie dispose de deux semaines pour répondre; passé ce délai, nous nous réservons le droit d'entamer une procédure d'infraction", a dit Jonathan Todd à l'agence Reuters.
Cet ultimatum, a-t-il ajouté, est précisé dans une lettre adressée vendredi aux autorités hongroises, qui assurent depuis le 1er janvier la présidence tournante de l'UE, par la commissaire européenne Neelie Kroes, chargée de l'"Agenda numérique" et qui supervise les questions liées aux télécommunications et à internet.
Entrée en vigueur le 1er janvier, la législation hongroise sur les médias est jugée liberticide par l'opposition et plusieurs capitales européennes.
Elle crée une Autorité nationale des médias et des communications (NMHH) qui supervise l'ensemble des médias publics et est habilité à infliger de lourdes amendes aux médias privés, qui sont tenus de publier des informations "équilibrées".
Ce nouvel organisme est contrôlé par des membres du Fidesz, le parti de droite au pouvoir.
"A ce stade, la Commission demande une clarification sur certains points. Nous essaierons de les clarifier dans les plus brefs délais (...) Notre réponse sera prête bien avant ces deux semaines", a réagi Anna Nagy, porte-parole du gouvernement de Viktor Orban.
La Commission européenne est préoccupée par le risque d'une limitation de la liberté d'expression liée à l'obligation que cette loi fait aux médias de fournir une couverture "équilibrée".
Elle s'interroge aussi sur le fait que la loi pourrait semble-t-il s'appliquer à des groupes établis hors des frontières hongroises, ce qui contrevient aux règles européennes (les médias ne peuvent répondre que des législations en vigueur dans leur pays d'origine).
Face au tollé soulevé, Viktor Orban, qui soutient que la loi respecte la liberté de la presse, s'est dit prêt à la modifier si l'UE le réclame, mais a estimé que plusieurs pays européens dont la France et l'Allemagne devraient alors l'imiter.
Justyna Pawlak, avec Sandor Peto à Budapest; Henri-Pierre André pour le service français
source : http://fr.news.yahoo.com/4/20110121/twl-union-hongrie-medias-bd5ae06.html
publié sur romandie blog le 22/01/2011 03:07
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