samedi 3 décembre 2011

Rapport final sur le crash de Charm el-Cheikh

L’Egypte a présenté samedi les conclusions de son rapport sur l’accident du Boeing 737 de Flash Airlines qui avait fait 148 morts, dont 134 Français, le 3 janvier 2004. Les enquêteurs égyptiens évoquent des défaillances techniques. Les enquêteurs français, eux, mettent en cause le pilote


Le collectif des familles de l’accident de Charm el-Cheikh attendait le rapport « depuis 811 jours ». Après plusieurs reports, les conclusions de ce rapport ont enfin été présentées samedi, au Caire, dans une salle comble du ministère égyptien de l’Aviation civile. Chaker Qelada, le chef des enquêteurs égyptiens a expliqué que le rapport final ne permet pas de conclure « à une cause unique » et a évoqué une « combinaison de facteurs ». Selon lui, le pilote automatique de l’appareil n’a pas fonctionné et cette panne aurait été suivie d’une « désorientation spatiale » (perte de repères visuels) du commandant de bord. Il a formellement exclu une « intervention extérieure » tel un sabotage.

Le 3 janvier 2004, un Boeing 737 de la compagnie Flash Airlines -une compagnie charter dissoute depuis– s’était abîmé au large de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur les bords de la mer Rouge. 148 personnes, dont 134 Français, avaient trouvé la mort dans l’accident.

Contre-pied français

Le rapport, fruit d’une enquête devant éclaircir les causes de la chute du Boeing, a fait l’objet d’une discussion tripartite entre Egyptiens et experts aéronautiques français et américains. Comme l’avait annoncé Chaker Qelada dès fin 2005, le rapport « décharge le pilote », un ancien as de l’armée de l’air. Ce que conteste le chef des enquêteurs français Paul-Louis Arslanian, qui, samedi, a mis en cause le commandant de bord, créant un beau remue-ménage dans la salle du ministère. « L’avion restait "pilotable" tout le temps, et nous considérons que c’est un phénomène de désorientation spatiale du commandant qui a amené l’avion à partir vers la droite », a-t-il affirmé, prenant le contre-pied du rapport d’enquête égyptien.

Marc Chernet, le président de l’association de défense des familles de victimes de la catastrophe aérienne de Charm el-Cheikh (ADFVC), présent ce samedi au Caire, a déclaré : « Nous sommes satisfaits des conclusions même si elles ne sont pas franches sur une cause précise de l’accident ». Marc Chernet, dont la représentativité est contestée par une partie des 54 familles de victimes, avait annoncé dès jeudi que son association préparait un contre-rapport. « En outre, nous exigeons de Boeing des réponses techniques auxquelles le constructeur n’a pas donné suite. Nous disposons également de photos qui prouvent que l’avion avait déjà été accidenté », avait-il précisé.

16 corps rapatriés lundi

Pour Gérard David, le président de la Fivaa (fédération internationale des victimes d’accidents aériens), qui compte en son sein l’association des familles des victimes de l’accident de Charm el-Cheikh, le rapport égyptien « remet en cause la formation et la qualification des pilotes sur les compagnies à bas coût ». « Cela explique comment on peut acheter des séjours en Egypte à 300 euros. » Les familles des disparus ont lancé plusieurs actions en justice pour tenter d’obtenir des indemnisations, en particulier du constructeur aéronautique.

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a invité les membres des associations de familles des victimes qui n’ont pu faire le déplacement en Egypte, à une présentation du rapport, lundi, en début d’après-midi, à l’aéroport du Bourget. Le même jour, seize dépouilles de victimes de l’accident vont être rapatriées en France. Les corps « vont faire l’objet d’ultimes examens médico-légaux à l’Institut médico-légal de Paris. Ils seront restitués aux familles à l’issue de ces expertises », a expliqué vendredi le procureur du tribunal de Bobigny. Les cercueils de 67 victimes avaient déjà été acheminées en France en octobre, au terme d’une très longue procédure. Certaines familles ont souhaité que les restes de leurs proches soient inhumés sur le site du mémorial dédié aux victimes, à la pointe sud de la péninsule du Sinaï.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/075/article_42741.asp

Publié le 3/06/2009 15:15 sur Romandie blog

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