samedi 3 décembre 2011

Les dégâts sur le site de la SNPE non pris en compte dans le cadre de la procédure judiciaire.

http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d83451b18369e201156ecc1b5f970c

http://www.leblogfinance.com/2009/04/proc%C3%A8s-azf-snpe-le-nom-%C3%A0-ne-pas-prononcer-.html

Alors que l'audition de plusieurs témoins concernant les évènements précurseurs à l'explosion de l'usine AZF Grande paroisse ont débuté cette semaine à Toulouse, moult témoignages semblent laisser entendre que des prémices de – ou des - ? - explosion(s) ont pu être observés/ressentis de l'autre côté de la Garonne, en cette fatale journée du 21 septembre 2001. C'est à dire sur le site de la SNPE voisine.

Ceci alors même que depuis quelques jours déjà, Thomas Le Monnyer, président du Tribunal Correctionnel de Toulouse – auquel incombera fin novembre la lourde tâche de se prononcer sur l'éventuelle responsabilité de Grande Paroisse (groupe Total) et du directeur de l'usine, Serge Biechlin - pose de manière récurrente la même question (qui pourrait sembler presque “anodine” si l'on n'y prêtait garde) : "avez vous connaissance d'éléments précurseurs concernant la chaufferie de la SNPE" ?

Profitons-en pour lui rafraîchir la mémoire ...

Parmi les témoins présents aujourd'hui à la barre, notons les propos de Jacques Baby, ingénieur chez Simiens. Le jour de l’explosion, cette personne alors située à quelques infimes kilomètres de l'usine “a vu une forte luminosité, à l’horizontale”. "J’ai vu monter une fumée rougeâtre, de plus en plus importante” explique-t-il à la Cour".

Or, M.Baby explique que des dégazages ayant eu lieu quelques jours avant, il avait pu repérer la cheminée. Et il est formel : il est sûr qu'il s'agit de la cheminée de la SNPE. Il confirme que durant l'épisode lumineux qu'il a décrit auparavant, il pouvait continuer à voir la cheminée qui était à droite des fumées. Il estime à huit secondes le temps écoulé entre les deux premiers phénomènes c'est-à-dire entre le flash et la montée des fumées.

Hélène Dessacs, enseignante en éducation sportive à l'université, était quant à elle sur les côteaux du golf de Vieille-Toulouse le jour de la catastrophe. Elle affirme avoir vu tout d'abord une explosion compacte, blanche. A ce moment-là, elle a entendu un bruit sourd, puis une deuxième déflagration beaucoup plus forte, "énorme par rapport à la première". Selon elle, entre six et dix secondes se sont écoulés entre les deux phénomènes.

Retournée sur le terrain avec le juge d'instruction, Hélène Dessacs ne voit même pas la fusée qui est tirée, à partir des décombres du hangar 221. Car elle situe l'évènement du 21 septembre plus à l'est, c'est-à-dire vers la SNPE ...

Si l'on en croit la plupart des dépêches de l'AFP, qui ne fait très certainement que transmettre les informations qui lui ont été communiquées, l'explosion d'AZF n'aurait que légèrement endommagé l'usine SNPE voisine. Rappelons toutefois que cette dernière s'était vu interdire de reprendre la fabrication de produits de chimie fine toxiques tel le phosgène, qui représentait les deux tiers de son activité toulousaine.

Si l'on revient sur la catastrophe dite AZF qui n'aurait donc « impliqué » que l'usine de TOTAL Grande- Paroisse, les enquêteurs et experts officiels auraient commis quelques négligences dans le déroulement de leur enquête, et ce, concernant des faits loin d'être négligeables. Le dossier de "synthèse" paru à l'occasion de l' "anniversaire" des 5 ans de la catastrophe dans Valeurs Actuelles le démontre notamment.

En premier lieu, force est de constater – selon le journal - la légèreté de l'enquête concernant la SNPE voisine – pourtant productrice du carburant des fusées Ariane et des missiles – alors que de nombreux faits et témoignages prouvent que des évènements graves s'y sont produits dans les instants qui ont précédé l'explosion du hangar 221 : dégagement d'odeurs inhabituelles, coupure de courant, explosion mystérieuse ayant dégagé un panache vertical cylindrique.

Ce n'est que grâce à la ténacité de l'équipe d'experts bénévoles que les fortes odeurs de poissons senties dès le matin même de la catastrophe par la population environnante ont pu être associées à l'UDMH, produit « phare » de la SNPE qui en est même l'unique producteur européen. Le produit rentre dans la composition du carburant propulseur de missiles.

Au contraire, dès le 24/10/2001, le Rapport de l'Inspection Générale de l'environnement concernant « l'accident du 21 septembre 2001 » - laquelle disposa alors d'un délai impératif d'un mois pour fournir ses conclusions - mentionne que la SNPE "a subi des dégâts notables dans ses installations générales" et que "l’on doit déplorer des victimes, dont un mort, dans son personnel".

"Toutefois, aucune installation technique n’a été endommagée, aucune fuite ne s’est produite. Les installations ont immédiatement bénéficié du fonctionnement de leurs automatismes de sécurité et les personnels ont pris les mesures de précaution prévues. Depuis lors, les installations sont en cours d’évaluation." "Rapidement, les « utilités » ont été rétablies, notamment le courant électrique nécessaire aux dispositifs techniques essentiels a pu être distribué dans la première nuit", rajoute le rapport.

Si on lit le document en détail, voire entre les lignes, on note à plusieurs reprises que les rédacteurs du dossier mettent en avant les délais très courts leur empêchant de fournir les conclusions des expertises et d'interroger toutes les personnes nécessaires... mais la conclusion, elle, est bien là, comme demandée et qui plus est, officiellement demandée, lettre à l'appui jointe en annexe du rapport.

A noter tout de même que l'UDMH et nitrate sont loin de faire bon ménage, leurs querelles pouvant même s'avérer explosives, comme le démontre Valeurs Actuelles, dans un précédent article.

De plus, il a pu être prouvé grâce au concours d'Henri Farreny – un moment accusé tout de même de « complicité de diffamation » par la SNPE – que le double confinement de phosgène avait été percée lors de la catastrophe.

Mais les négligences ne s'arrêtent pas là, ainsi le journaliste de Valeurs Actuelles mentionne de manière factuelle et point par point les nombreuses pistes qu'il aurait été judicieux d'explorer plus profondément.

Un hélicoptère de la gendarmerie a notamment survolé le site 15 minutes après le drame, suivi, 40 minutes plus tard, par un appareil d’EDF-RTE, filmant et photographiant la zone. Pourtant, aucune image de la SNPE ne figure au dossier. Faute d’explication, les experts en font totale « abstraction ».

Dès le 21 septembre 2001, la “thèse officielle” parle d’un « accident d’origine chimique ». Mais il faut bien la démontrer .. La justice fait alors procéder à des reconstitutions qui s'avèrent loin d'être concluantes pour toutes les parties.

Le 12 septembre, à 10 heures, une note interne de la SNPE informe pourtant le personnel que l’usine est placée en “plan Vigipirate renforcé”.

Rappelons également qu'alors que l’explosion de l’usine AZF a eu lieu le vendredi 21 Septembre, le mardi 25 Septembre le PDG national de la SNPE était remplacé par Pierre Betin. Lequel a rempli sa mission provisoire à la tête de la SNPE jusqu’à ce que le conseil des ministres nomme le nouveau PDG.

C’est ainsi que le 10 Octobre 2001, Jacques Loppion venait remplacer officiellement l’ancien PDG de la SNPE Jean Faure . Décret signé par Jacques Chirac- président de la République, Lionel Jospin 1er ministre, et Alain Richard ministre de la défense.

Déjà directeur général délégué de la Société Nationale des Poudres et Explosifs, Jean Faure avait été nommé président en 1996, après quatre mois de tergiversations

Jean Faure a accompli la majeure partie de sa carrière à la SNPE. Sorti de l'Ecole polytechnique en même temps que Lionel Stoléru et Jean-Marie Descarpentries (Bull), il entre en 1961 à l'établissement de Toulouse du Service des Poudres, ancêtre de la SNPE. Sept ans après, il effectue un passage à la Direction générale pour l'armement, où il est chargé des études de restructurations industrielles.

A la création de la SNPE, née en 1971 de l'éclatement du Service des Poudres, il occupe successivement les postes de directeur de la planification et de directeur du contrôle de gestion de la nouvelle société. En 1983, il est nommé directeur général adjoint, chargé des activités civiles que le groupe commence alors à développer pour compenser le déclin du chiffre d'affaires lié à la défense. Puis, quatre ans plus tard, il prend la direction générale déléguée de l'entreprise.

Sources : AFP, France 3, Les Echos, Valeurs Actuelles

Par Elisabeth Studer le 3 avril 2009
Posté dans Actualités | Economie | Valeurs du CAC40
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COMMENTAIRE DE L'ARTICLE
bastien31000
3 avr 2009 13:18:57
Bonjour Elisabeth Studer
Vous écrivez "aucune image de la SNPE ne figure au dossier" en vous référant à des articles parus dans Valeurs Actuelles en 2006, avant la clôture de l'instruction judiciaire.Or, il est aujourd'hui avéré qu'il existe quelques images vidéo fugaces de la SNPE. Elles ont été tournées depuis un hélicoptère de la gendarmerie environ une heure après la catastrophe. La vidéo projetée au début du procès peut être consultée sur Internet à l'adresse suivante:
http://www.strimoo.com/video/15256821/AZF-survol-a-13h45-Dailymotion.html
A 01,13 mn on distingue d'abord le sud de l'usine où étaient produits les dérivés de l'hydrazine (MMH, UDMH) puis la zone du phosgène et sa fameuse passerelle (01,19) La caméra montre ensuite la cheminée de la chaufferie et la façade Est du bâtiment. L'hélicoptère qui se dirige vers le nord, survole ensuite la cuve de méthanol et des bâtiments techniques et administratifs qui ont aujourd'hui disparus. On passe alors l'Institut du génie chimique etc
Bien cordialement

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Un témoignage éloquent http://www.ladepeche.fr/article/2002/02/18/351568-Derriere-les-chiffres-des-vies-brisees.html

Publié le 18/02/2002 | LaDepeche.fr

Derrière les chiffres, des vies brisées
L'explosion d'AZF, véritable désastre sanitaire
La pendule indique 6 h 45 dans la grande maison des Tardé à Sayrac, près de Villemur. Laurent Loubersanes ouvre un oeil, juste un. Le temps de descendre l'escalier et le voilà dans la chambre de son fils. Hugo - qui tente d'attraper le mobile au-dessus de son lit vert amande - s'interrompt aussitôt. Il n'y a ni dégoût, ni de curiosité dans le regard de ce petit bout de chou âgé de 6 mois, juste de l'amour pour son papa chéri.

A quarante kilomètres de là, en plein coeur de la zone sinistrée, rue de la Vitalité à Toulouse, Marie Faci ouvre la porte à ses trois petits diablotins préférés. Elle profite de sa retraite pour garder Cécile, Alexandra et surtout son petit-fils Joris, 20 mois, l'une des plus jeunes victimes d'AZF. Raymond, son mari, les entend tout juste rentrer. Depuis le 21 septembre, il a perdu 93 % d'audition à l'oreille droite et 75 % à l'oreille gauche.

Des antidépresseurs pour avancer
Marie-Eve Bazerque, elle, n'a pas eu cette « chance ». Elle était déjà malentendante avant l'explosion. Mais, avec son appareil, rien ne lui échappait, pas même le léger murmure des patients à la clinique Pasteur. Seulement, le 21 septembre, sa vie a basculé. Elle est tombée dans les pommes à 10 h 45, et s'est réveillée complètement sourde dix minutes après. Très perturbée par l'état de dépendance dans lequel elle se trouve depuis, elle ne veut pas en demander plus à son fils de 14 ans qui l'aide déjà beaucoup. C'est donc avec le vibreur de son téléphone portable calé sous l'oreiller qu'elle se réveille pour attendre Mireille, la collègue qui vient la chercher tous les matins dans son petit appartement de la banlieue du sud- ouest de l'agglomération. Marie-Eve accueille son amie infirmière par un mélodieux « bonjour ». Mais elle se demande ce que sera sa voix dans quelques années, quand le souvenir des sons s'estompera dans sa mémoire. L'angoisse la saisit soudain. Elle attrape ses antidépresseurs. « Sans ça, je n'avancerais pas. Il faut tellement de concentration, ne serait-ce que pour lire sur les lèvres. »

Une greffe de cornée pour seul espoir
8 heures. Un dernier bisou à Hugo et Laurent regarde son fils partir avec sa chère Estelle, qu'il a épousée il y a deux ans. A 9 heures, il doit être chez la kiné à Villemur-sur-Tarn. Deux séances de drainage lymphatique par semaine, il faut bien ça pour estomper les cicatrices laissées par les 220 points qui zèbrent le côté droit de sa face. Pour son oeil par contre, il ne peut plus compter que sur une greffe de cornée. Mais il sait qu'il ne récupérera au mieux que deux ou trois dixièmes, et au pire...

Par chance, le verre qui a lacéré le visage de Danièle Assié alors qu'elle était à son poste de travail, à Brossette, n'a pas touché les yeux. Cette secrétaire âgée de 54 ans n'en a pas moins failli perdre la vie, victime d'un enfoncement de la boîte crânienne, de multiples lacérations de nerfs au bras droit, dans le cou, et surtout d'une section franche de la veine jugulaire.

Toujours en arrêt de travail, Danièle profite de la douceur du soleil matinal pour humer le parfum des fleurs dans son jardin, à Tournefeuille. Elle voudrait pouvoir embrasser toute cette verdure d'un large mouvement de tête. Mais les 150 agrafes posées dans le cou il y a quatre mois limitent aujourd'hui ses mouvements.

Qu'importe, ici il n'y a personne pour l'observer comme une bête curieuse. « Souvent, c'est le regard des autres qui fait le plus mal... mais je fais peut-être une fixation », souffle-t-elle tristement.

« On ne se parle presque plus »
Jean-Jacques Couderc, lui, a résolu le problème à sa façon. Il ne veut voir personne, ou presque. Le 21 septembre, cet intérimaire de 39 ans s'est retrouvé pris dans les décombres à la SNPE, alors qu'il s'apprêtait à plier boutique avec ses copains de la CTRA, une entreprise sous-traitante de la société nationale des poudres et explosifs. Victime d'un enfoncement de la boîte crânienne et de la face, mais aussi de multiples fractures ouvertes tibia/péroné et d'un arrachement du tendon releveur du pied, il a en prime attrapé un staphylocoque doré doublé d'une septicémie à la clinique où il avait entamé sa rééducation, début décembre.

Depuis, sa vie se limite au fauteuil roulant qui lui permet de passer de la chambre à la salle-à-manger, dans sa maison de Verfeil.

10 heures. Jean-Jacques s'étire dans son lit. Puis Patricia, sa compagne, l'aide à enfiler son survêt. Et l'ancien avant-centre de Plaisance-du- Touch file aussitôt vers sa playstation, scotché sur son énième partie du « monde des bleus ».

Patricia soupire. « On ne parle presque plus. Il a le moral pour les autres, mais moi qui vit avec lui, je vois bien que ce n'est pas le cas. »

« INVIVABLE SOCIALEMENT »
Le moral, Laurent pensait bien le retrouver lorsqu'il a repris son travail le 8 janvier. Mais là, en arrivant dans les bureaux provisoires d'Espace stores à L'Union, il ne peut pas s'empêcher de repenser au jour de l'explosion en voyant les cicatrices de ses collègues. « On n'en parle pas entre nous, avoue celui qui a repris sans peine son costume de commercial. Mais même en rendez-vous on y pense. Les clients continuent à prendre de mes nouvelles. C'est gentil, mais... »

Sans le connaître, Marie-Eve peut comprendre un tel sentiment. De retour du travail, elle- même ne sort son chien qu'à l'heure où ses voisins sont à table. « Aujourd'hui, c'est devenu quasiment invivable socialement parlant. Heureusement que j'ai un soutien psychologique derrière, parce que sinon... »

Heureusement que Raymond n'a pas perdu sa légendaire bonne humeur. En plus Joris, qui a eu lui aussi une légère perte d'audition, va mieux. Alors, l'ancien peintre en bâtiment a choisi de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Et tant pis s'il doit souvent faire répéter ses interlocuteurs.

Danièle, elle, a retrouvé un semblant de moral dans ses balades en pleine campagne avec son mari. Elle a donc décidé de reprendre le travail il y a un peu plus de huit jours. « Il fallait bien reprendre une vie à peu près normale!»

« Les actionnaires doivent payer »
Un choix que n'a pas encore arrêté Jean-Jacques. 15 heures, le téléphone sonne. La voix amicale d'un ami qui vient prendre des nouvelles résonne dans le répondeur. Jean-Jacques préfère ne pas décrocher. « J'ai pas envie de parler. Je ne fais rien de mes journées; alors j'ai rien à raconter. Ce n'est qu'en remarchant que je retrouverai le courage de vivre. »

Le courage de vivre? Oui, Marie-Eve l'a. Pour son fils. Pour elle, les soins auprès des malades, c'est terminé. Bien sûr, elle se rend utile en traitant des dossiers sur ordinateur. « Au moins, eux, ils ne parlent pas. » Mais sa vie quotidienne reste un enfer. « Je suis parachutée dans un monde qui n'est pas fait pour moi », soupire-t- elle.

Certes, il y aurait bien des équipements électroniques ou des cours de langue de signes susceptibles de lui faciliter les choses. Mais tout cela est bien trop cher pour elle. Alors, comme d'autres blessés, elle est bien obligée de se poser la question de l'indemnisation du préjudice subi.

« Pas par vengeance, assure Laurent. Mais pour les faire réagir. Pour qu'à terme, les actionnaires préfèrent mettre plus d'argent dans la sécurité au lieu de payer les dégâts de leur inconséquence. »

Béatrice DILLIES.

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une vidéo des gendarmes d'AZF prise quelques minutes après l'explosion (20 à 40 mn ou à 13 H 45 selon les sources)

http://fr.truveo.com/Vid%C3%A9o-des-d%C3%A9g%C3%A2ts-de-l%E2%80%99explosion-de-lusine-AZF/id/2427319973


publié le 5/04/2009 13:12 sur romandie blog

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