Le G8 s'engage sur le climat
Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 09/07/2009 07:50 - mis à jour le 09/07/2009 07:57
Le G8 s'est engagé à diviser de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990. Aucun accord n'a cependant été trouvé sur le dossier iranien.
Le G8 a fait preuve mercredi à L'Aquila de prudence sur la situation économique internationale et sur l'Iran, mais pris un engagement ambitieux en faveur du climat, rejeté toutefois par les pays émergents et remis en cause par la Russie.
Le G8 s'est montré ambitieux sur la question du réchauffement climatique en décidant mercredi de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport à 1990 et de "80% ou plus" celles des pays industrialisés, afin de limiter le réchauffement global à 2°C, selon le texte de leur déclaration."Nous avons enfin obtenu que les pays du G8 se rallient à l'objectif des deux degrés", s'est félicitée sur ce point la chancelière allemande Angela Merkel devant quelques journalistes.
AFP/Saul Loeb
Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Angela Merkel au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009.
Le principal conseiller économique du président russe Dmitri Medvedev a toutefois jeté un froid sur cet engagement du G8 en affirmant que l'objectif de 80% de réduction des émissions était "inacceptable" après que son pays eut pourtant souscrit à la déclaration commune.
Pour Kim Cartensen, expert climat du Fonds mondial pour la nature (WWF), rompu aux négociations en vue d'un nouvel accord climatique, en décembre à Copenhague, cette déclaration témoigne surtout d'un "désaccord au sein de la délégation russe".
L'engagement du G8 sur le changement climatique, rendu possible par la volte-face des Etats-Unis sur ce dossier depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama, tranche aussi avec le refus du Forum des principales économies (MEF), qui associe le G8 et les grands pays émergents, de s'y associer.
AFP/Joe Klamar
Barack Obama (g), Nicolas Sarkozy (c) et Silvio Berlusconi au sommet de L'Aquila, le 8 juillet 2009.
La balle est désormais dans le camp de ces pays émergents, qui doivent retrouver ceux du G8 jeudi à L'Aquila. Mais le départ précipité mardi du président chinois Hu Jintao en raison des émeutes dans la région du Xinjiang laisse peu de place à de nouvelles ambitions. La Chine est passée en 2008 au premier rang des pollueurs.
Préoccupation sur la situation iranienne
Réunis en sommet dans le centre de l'Italie, les dirigeants des huit pays les plus riches de la planète ont exprimé leur "profonde préoccupation" face aux violences intervenues récemment en Iran.
Mais ils ont dans le même temps affirmé leur volonté de privilégier le dialogue et la diplomatie pour régler le problème du nucléaire iranien.
La déclaration commune, adoptée après un dîner de travail consacré notamment à l'Iran, ne dit mot du résultat contesté des élections présidentielles et de sanctions éventuelles, un moment évoquées par certains pays dont les Etats-Unis. Téhéran a finalement échappé à une condamnation, malgré la répression qui a suivi la réélection contestée du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, la Russie s'opposant à toute ingérence dans les affaires intérieures de Téhéran.
AFP/Ria/Mikhail Klimentyev
Les dirigeants du G8 lors de leur déjeuner de travail, le 8 juillet 2009 à L'Aquila.
La stabilité sociale menacée?
Sur le front économique, le G8 a pris acte du léger mieux de la conjoncture tout en restant très prudent sur les chances d'une reprise durable.
"La situation reste incertaine et des risques importants continuent de peser sur la stabilité économique et financière", considère le G8 dans son diagnostic sur la crise. "Les effets de la crise économique sur les marchés du travail peuvent remettre en cause la stabilité sociale", avertit en outre le G8.
Ces huit pays - Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Canada et Japon - s'engagent aussi à réfléchir à des "stratégies de sortie" de leurs politiques de relance mais sans fermer la porte à de nouveaux coups de pouce budgétaires, preuve de leurs différences sur ce dossier.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/le-g8-s-engage-sur-le-climat_773513.html#xtor=AL-447
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Carla Bruni-Sarkozy fait bande à part en Italie et loge à la caserne de la brigade financière avec les hommes
De l'un de nos envoyés spéciaux à L'Aquila, Charles Jaigu
08/07/2009 | Mise à jour : 21:48 |
L'épouse du président français s'est organisé un programme personnalisé d'activité à l'occasion du G8.
Crédits photo : Le Figaro
Le tour-opérateur Berlusconi ne fait pas toujours l'unanimité. Carla Bruni-Sarkozy ne cache pas qu'elle n'approuve guère les embardées du premier ministre italien. Et elle s'est étonnée, en privé, qu'on lui soumette le programme des réjouissances seulement une semaine avant l'ouverture du G8. Les autorités italiennes ont finalement proposé aux conjoints de séjourner dans un hôtel cinq étoiles, à Rome, pendant que les chefs d'État et de gouvernement se retrouvent à huis clos dans la caserne de L'Aquila, dans les Abruzzes. Une proposition qui rompt avec les usages du G8 où la puissance invitante offre toujours un dîner pour les époux et les épouses des chefs d'État. Pas convaincue, la première dame franco-italienne n'a pas voulu faire semblant de «visiter Rome en calèche», contrairement à l'épouse du premier ministre britannique, Sarah Brown, qui tient un blog dans lequel elle raconte par le menu «son» G8. Mercredi, Carla Bruni-Sarkozy n'accompagnait donc pas les autres premières dames qui ont retrouvé le Pape pour un entretien privé. Et elle ne sera pas non plus présente aujourd'hui au déjeuner offert par l'épouse du maire de Rome, Isabella Rauti : «Tant mieux, on fera moins mauvaise figure», a ironisé cette dernière à propos de l'absence de Carla. «Non seulement elle connaît déjà Rome par cœur, mais en plus elle a une relation spéciale avec les Italiens», rappelle son entourage.
Dîner privé
Carla Bruni-Sarkozy atterrira donc aujourd'hui dans l'après- midi, et elle sera la seule épouse à rejoindre les appartements des chefs de délégation installés dans la caserne de la Garde des finances (la police fiscale italienne), à la sortie de la ville de L'Aquila. Elle y recevra pour un dîner privé, ce soir. Demain, elle effectuera une visite dans le centre-ville de L'Aquila. Elle verra l'église des Âmes saintes, ou dite «Sainte-Marie du suffrage», église baroque du XVIIIe siècle qui sera restaurée avec l'aide de la France. Elle fera également une donation, par l'intermédiaire de sa fondation, pour la reconstruction de l'hôpital. Nicolas Sarkozy, en revanche, ne devrait pas visiter le centre de L'Aquila, contrairement à Barack Obama, qui s'y est rendu mercredi, accompagné par Silvio Berlusconi.
http://www.lefigaro.fr/international/2009/07/09/01003-20090709ARTFIG00001-carla-bruni-sarkozy-fait-bande-a-part-en-italie-.php
VOIR PLUS DE REPORTAGE A L'AQUILA (dont les images prises sur les décombres du séisme)
http://www.lepost.fr/portfolio/2009/07/09/1613021_g8-berlusconi-fait-faire-le-tour-du-proprietaire-a-ses-invites.html#maReaction
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Jeudi 9 juillet à 22H
Les pays riches et grands émergents unis contre le protectionnisme, désunis sur le climat
Les pays riches et puissances émergentes sont tombés d'accord jeudi pour résister aux sirènes du protectionnisme et boucler l'an prochain le cycle de négociations commerciales de Doha pour la libéralisation des échanges. Sur le climat en revanche, chaque camp attend des initiatives de l'autre.
Au deuxième des trois jours du sommet du G-8 à L'Aquila, dans le centre de l'Italie, les huit (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Japon, Canada, Russie) ont été rejoints à la table des discussions par le G-5 des principales économies en développement: le Brésil, la Chine, l'Inde, le Mexique et l'Afrique du Sud, invités pour la cinquième année consécutive à réfléchir aux problèmes du monde, avec cette fois l'Egypte en invité spéciale. Le grand absent de ce rendez-vous économique mondial est le président chinois Hu Jintao, rentré précipitamment à Pékin pour cause de crise ouïghoure.
Conclure le cycle de Doha entamé en 2001 est devenu une priorité à l'heure où la crise économique pourrait inciter certains pays à se réfugier dans le protectionnisme, l'un des facteurs-clés de la Dépression des années 1930. Le G-8 et le G-5+1 s'engagent donc "à maintenir et promouvoir l'ouverture des marchés et à rejeter toute mesure protectionniste dans le commerce et l'investissement", selon un projet de déclaration signé par 17 pays (G-8, G-5+1, Australie, Indonésie et Corée du Sud) et dont l'Associated Press a obtenu une copie.
Initialement prévu pour s'achever en 2004, le cycle actuel de négociations à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) achoppe depuis plusieurs années sur la levée des barrières douanières et la suppression des subventions dans le monde. Les signataires de la déclaration de L'Aquila demandent aux ministres du Commerce de se réunir avant le sommet du G-20 -pays riches et en développement- à Pittsburgh (Pennsylvanie, est des Etats-Unis), les 24 et 25 septembre.
L'OMC a mis en garde contre des pratiques de plus en plus fréquentes de protectionnisme qui pourraient étrangler les échanges dans le monde. Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, table sur un recul de 10% des échanges commerciaux cette année, au lieu des 9% anticipés jusque-là, voire 14% pour les exportations des pays riches et 7% pour celles des pays en développement.
De son côté, le G-5 s'estime victime d'une crise "dont il n'est pas à l'origine" et estime que conclure le cycle de Doha aiderait à "rétablir la confiance dans les marchés mondiaux et contrer les tendances protectionnistes émergentes".
Une trentaine de négociateurs commerciaux, notamment de l'Union européenne et des Etats-Unis, se retrouveront en Inde début septembre dans l'espoir d'accomplir des progrès vers l'élimination des barrières douanières et des subventions agricoles, les premiers depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche en janvier. Les ministres feront le point sur l'état des travaux au G-20 de Pittsburgh, selon l'ambassadeur indien à l'OMC Ujal Singh Bhatia.
Le G-8 et le G-5 plus l'Egypte se sont par ailleurs engagés à éviter de recourir à la dévaluation de la monnaie pour avantager leurs exportations, afin de ne pas déstabiliser le système monétaire international. La ministre française de l'Economie Christine Lagarde s'est ainsi récemment élevée contre la dévaluation de la livre britannique par rapport à l'euro.
Quant au climat, il a donné lieu à l'habituelle partie de ping-pong entre pays riches et pays émergents jeudi, alors que la veille le G-8 s'était mis d'accord pour la première fois sur la nécessité de limiter l'élévation des températures à 2 degrés Celsius maximum, ainsi que sur une réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 80% à l'horizon 2050. Les dirigeants n'ont cependant pas fixé d'objectif à court terme ni pris d'engagement financier ou technologique pour aider les pays pauvres confrontés au changement climatique.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a reproché leur timidité aux Huit jeudi, les exhortant à proposer des financements aux pays pauvres afin qu'ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adaptent aux effets du réchauffement climatique. "C'est un impératif politique et moral et une responsabilité historique des dirigeants pour l'avenir de l'humanité, et même pour l'avenir de la planète Terre", a-t-il déclaré en marge du sommet.
Le prochain grand rendez-vous du climat sera celui de Copenhague, au Danemark, en décembre, pour la négociation d'un nouveau traité destiné à succéder au protocole de Kyoto de 1997, qui expire en 2012. AP
http://fr.news.yahoo.com/3/20090709/twl-g-8-sommet-synthese-1be00ca.html
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