jeudi 17 novembre 2011

Zimbabwe: les vétérans prêts à prendre les armes, selon le président Mugabe

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080613/twl-zimbabwe-elections-2elead-f8fd361.html

HARARE (AFP) - Le président zimbabwéen Robert Mugabe a affirmé vendredi que les anciens combattants de la guerre d'indépendance des années 70 étaient prêts à prendre les armes plutôt que de voir une victoire de l'opposition au second tour de l'élection présidentielle le 27 juin.

"Ils sont venus dans mon bureau après les élections (générales du 29 mars) et m'ont demandé : +pouvons nous prendre les armes ?+", a-t-il déclaré au cours d'un meeting à Murehwa, au nord-est de Harare.

"Ils ont dit que ce pays avait été gagné avec des canons de pistolets et qu'il ne devait pas être abandonné avec la plume d'un stylo", a-t-il ajouté, cité par le quotidien The Herald.

"Nous leur avons parlé et nous leur avons dit que nous ne voulions pas repartir en guerre", a-t-il toutefois assuré.

Le président Mugabe, 84 ans, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex Rhodésie du Sud britannique en 1980, a essuyé un sérieux revers lors du scrutin du 29 mars.

Non seulement son parti a perdu le contrôle de la chambre des députés, mais il est lui-même arrivé derrière le leader de l'opposition Morgan Tsvangirai, au premier tour de l'élection présidentielle.

Quarante personnalités africaines dont Kofi Annan et Desmond Tutu ont estimé "crucial" dans une lettre ouverte publiée vendredi que ce second tour soit "libre et équitable".

"Il est crucial dans l'intérêt à la fois du Zimbabwe et de l'Afrique que l'élection à venir soit libre et équitable. Les Zimbabwéens ont combattu pour la liberté afin d'être en mesure de déterminer leur propre avenir", selon les signataires qui sont d'anciens chefs d'Etat, des chefs d'entreprise, des universitaires et des militants humanitaires.

Figurent notamment l'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan et son prédécesseur Boutros Boutros-Ghali, la prix Nobel de la paix Wangari Maathai, les archevêques Desmond Tutu et John Sentamu ou encore dix-sept ex-présidents du continent africain, et des artistes comme Angelique Kidjo et Youssou N'Dour.

"De grands sacrifices ont été faits pendant ce combat pour la liberté. Pour respecter les aspirations de ceux qui se sont sacrifiés, il est vital que rien ne soit fait pour s'opposer à l'expression légitime de la volonté de la population du Zimbabwe", poursuit la lettre ouverte.

S'il a assuré ne pas vouloir que les vétérans se soulèvent, le président a tout de même jeté de l'huile sur le feu en reprenant son credo sur l'opposition, accusée d'être un pion aux mains de l'ancienne puissance coloniale britannique.

"Ils se sont levés en criant +nous avons gagné, nous avons gagné+. Mais nous avons pris conscience que le parti de Morgan Tsvangirai, le MDC, n'était pas pour les Noirs. C'est un parti britannique, financé par les Britanniques", a-t-il lancé.

"On ne laissera jamais le MDC prendre ces terres pour lesquelles nous nous sommes battus, si c'est pour qu'ils les rendent à nos anciens oppresseurs blancs", a redit Mugabe, lui même un héros de la guerre de libération.

"Ne vous laissez pas porter par le vent et voter l'esprit confus", a-t-il conseillé. "Les gens ont commis des erreurs qui pourraient causer beaucoup de souffrances si nous devions repartir en guerre, mais nous ne voulons pas causer la guerre, tout comme nous n'allons pas abandonner les gens parce qu'ils ont fait des erreurs".

Vendredi, la police zimbabwéenne a saisi deux bus utilisés par l'opposition pour faire campagne avant le second tour de la présidentielle, a affirmé à l'AFP le MDC.

Jeudi, le numéro deux du MDC, Tendai Biti, a été arrêté et la police a annoncé qu'il serait inculpé pour trahison, un chef d'accusation passible de la peine de mort.
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080613/twl-zimbabwe-election-bd5ae06.html

Les USA pour une réunion du Conseil de sécurité sur le Zimbabwe

HARARE (Reuters) - Les Etats-Unis ont appelé jeudi à une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Zimbabwe alors que les arrestations d'opposants se multiplient avant le second tour de la présidentielle.

Le Zimbabwe est en proie à des troubles depuis le premier tour de l'élection présidentielle du 29 mars qui a vu la défaite du président Robert Mugabe et de son parti le Zanu-PF pour la première fois depuis l'indépendance en 1980.

La porte-parole de la Maison blanche Dana Perino, qui accompagnait le président George Bush en visite à Rome, a critiqué "la violence d'Etat au Zimbabwe et les actions du régime, dont les arrestations injustifiées de figures de l'opposition".

"Nous pensons que le temps est venu pour le conseil de Sécurité des Nations unies de se saisir immédiatement de la question pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation (...) dans la région", a déclaré dana Perino.

Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai a été arrêté deux fois par la police jeudi puis relâché, ce qui porte à quatre le total de ses interpellations sur la semaine.

Selon le porte-parole de Morgan Tsvangirai, ces interpellations font partie de la stratégie de harcèlement du candidat du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, avant le second tour de la présidentielle prévu le 27 juin.

Le secrétaire du MDC, Tendai Biti, a lui aussi été interpellé. Il pourrait être inculpé pour trahison, une accusation passible de la peine de mort, a indiqué la police.

Un groupe de leaders africains s'est joint aux appels internationaux en faveur du Zimbabwe, en pleine déliquescence économique où l'inflation atteint plus de 165.000%, où 80% de la population en âge de travailler est au chômage et où la pénurie alimentaire est le lot commun.

KOFI ANNAN VEUT DES ÉLECTIONS LIBRES

"Il est crucial pour les intérêts à la fois du Zimbabwe et de l'Afrique que les élections à venir soient libres et honnêtes", ont déclaré l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan et 39 anciens chefs d'Etats et responsables civils dans une lettre ouverte publiée vendredi.

Selon des diplomates, l'Afrique du Sud, soutenue par la Chine et la Russie, est opposée à l'intervention du Conseil de sécurité.

Le MDC accuse le gouvernement d'organiser les attaques contre ses partisans. Selon son décompte, 66 de ses sympathisants ont été tués depuis mars.

Mugabe et Zanu-PF rejettent la responsabilité des violences sur l'opposition.

Le MDC et d'autres membres de l'opposition disent craindre que le Zanu-PF ne tente de truquer les résultats pour permettre à Mugabe de continuer à diriger le pays.

La Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SDAC), qui regroupe 14 pays dont le Zimbabwe, a dépêché une équipe à Harare pour surveiller les élections.

Les observateurs des pays occidentaux, hostiles à Mugabe, n'ont pas été autorisés à entrer dans le pays.

Le président, au mouvoir depuis l'indépendance, Mugabe est accusé d'avoir mené une politique destructrice pour l'économie du pays avec la confiscation de milliers de fermes possédées par les Blancs et le transfert de certaines à ses partisans.

Paul Simao, version française Danielle Rouquié
Publié le 13/06/2008 13:51 sur romandie blog

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