jeudi 17 novembre 2011

Pakistan: "longue marche" contre le président Musharraf sous très haute sécurité

ISLAMhttp://fr.news.yahoo.com/afp/20080613/twl-pakistan-politique-musharraf-manifes-5fb7533.html

ABAD (AFP) - Une "longue marche" de milliers d'avocats et opposants au président pakistanais Pervez Musharraf convergeait vendredi vers Islamabad où ils envisagent un sit-in afin d'exiger le retour de juges révoqués par le chef de l'Etat, une procédure qui ouvrirait la voie à sa destitution.

Un imposant dispositif de sécurité a été déployé dans la capitale, pour prévenir d'éventuels débordements mais surtout de possibles attaques de militants islamistes dans un pays en proie à une vague sans précédent d'attentats --suicide pour la plupart-- qui a fait près de 1.100 morts en un peu plus d'un an.

Les manifestants sont attendus vendredi soir dans la capitale.

Là, les autorités ont officiellement déployé plus de 6.000 policiers et troupes paramilitaires, bloqué de nombreuses avenues au moyens de conteneurs, barbelés et blocs de béton pour les véhicules, et filtreront les manifestants à pied au moyen de portiques détecteurs de métaux et d'explosifs.

Le gouvernement a annoncé son intention de ne pas entraver leur procession, sauf aux abords de la présidence et du Parlement.

Les avocats sont, depuis plus d'un an, à la pointe de la contestation face à M. Musharraf. Celui-ci avait révoqué en novembre, à la faveur d'un état d'urgence, une soixantaine de juges dont la majorité de ceux qui composaient la Cour suprême: celle-ci s'apprêtait à juger de la légalité de sa réélection début octobre par le Parlement sortant, dans un scrutin très controversé.

Si le nouveau Parlement, comme le réclament les manifestants, restaure ces juges, la Cour suprême pourra en théorie de nouveau juger illégal le nouveau mandat pour cinq ans de M. Musharraf et entamer une procédure de destitution.

Le camp de M. Musharraf, au pouvoir depuis un coup d'Etat militaire en 1999, a perdu les législatives du 18 février dernier et le chef de l'Etat est contraint, depuis, à une cohabitation conflictuelle avec un gouvernement qui a coalisé l'ex-opposition.

Mais celle-ci est elle-même divisée sur le sort à lui réserver: une partie, qui manifeste aux côtés des avocats, exige son départ, l'autre, qui tient pour l'heure les principales rênes du gouvernement, n'est pas hostile à une cohabitation si le président est privé d'une partie de ses pouvoirs.

D'autant que l'ex-général Musharraf continue de jouir du soutien des Etats-Unis, principaux pourvoyeurs d'aide financière au Pakistan, leur allié-clé dans la région dans leur "guerre contre le terrorisme". Washington ne tarit pas de critiques ces derniers temps à l'égard du nouveau gouvernement qui tente de négocier un accord de paix avec les combattants islamistes dans les zones tribales du nord-ouest, où les Américains assurent qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces.

Selon les politologues et éditorialistes, la "longue marche" a donc davantage pour objectif de faire pression sur le nouveau gouvernement pour le forcer à destituer M. Musharraf que de tenter d'intimider ce dernier.

"Le Parlement doit maintenant respecter les sentiments de ceux qui l'ont élu", a déclaré à l'AFP l'avocat Aitzaz Ahsan, président du barreau de la Cour suprême. "Nous poursuivrons notre mouvement jusqu'à la restauration des juges", a-t-il promis.

L'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, qui dirige le deuxième parti de la coalition au pouvoir, a rejoint la "longue marche" en exigeant la démission de celui qu'il appelle "le dictateur" Musharraf.

Les ministres issus de son mouvement ont quitté le gouvernement il y a un mois pour protester contre les tergiversations du principal parti au pouvoir, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) de la défunte Benazir Bhutto, lequel reporte sans cesse la restauration des juges.

Ce mouvement est dirigé par Asif Ali Zardari, le veuf de Mme Bhutto, assassinée le 27 décembre dans un attentat suicide.

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