mercredi 16 janvier 2013

Le TPI lance une contre-enquête au Mali

Mali : la CPI ouvre une enquête sur des crimes de guerre présumés

Mise à jour le mercredi 16 janvier 2013 à 12 h 39 HNE
  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse

Groupe islamiste malien Groupe islamiste malien  Photo :  AFP/Romaric Hien
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête, mercredi, sur des allégations de crimes de guerre perpétrés au Mali depuis janvier 2012.
« Divers groupes armés ont semé la terreur et infligé des souffrances à la population par tout un éventail d'actes d'une extrême violence à tous les stades du conflit », a déclaré la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, dans un communiqué. « Je suis parvenue à la conclusion que certains de ces actes de brutalité et de destruction pourraient constituer des crimes de guerre au regard du Statut de Rome. »
Le Statut de Rome est le traité fondateur de la CPI.
Le site Internet du quotidien Le Monde relate des témoignages d'exécutions sommaires perpétrées par des soldats de l'armée malienne. Des exécutions auraient été menées dans la ville de Mopti, une ville de 100 000 habitants située dans la région de Koona, au centre du pays.
Des soldats de l'armée malienne s'emploieraient à extirper des collaborateurs des combattants islamistes afin de les exécuter.
Par ailleurs, les combattants islamistes utiliseraient des civils comme boucliers humains à Diabali, près de la frontière mauritanienne, au nord de Bamako. Les combattants islamistes « ont deux stratégies : les populations comme boucliers et des enfants soldats comme combattants », a déclaré un responsable militaire sous couvert de l'anonymat.
La présence d'enfants soldats au sein des milices islamistes est confirmée par l'organisme Human Rights Watch (HRW). Des témoins joints par HRW « ont décrit avoir vu de nombreux enfants, certains à peine âgés de 12 ans, prendre part activement aux combats ».
« Les témoins ont également indiqué que des enfants géraient des points de contrôle dans des zones touchées par les bombardements aériens menés par la France ou près des zones de combat actif », affirme l'ONG.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2013/01/16/002-mali-cpi-crimes-guerre.shtml

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 Mali: la CPI ouvre une enquête
Dernière mise à jour: 16 janvier, 2013 - 19:30 GMT

Le procureur de la Cour pénale internationale a ouvert une enquête mercredi sur les crimes de guerre présumés commis depuis janvier 2012 pendant le conflit au Mali, a annoncé le bureau du procureur.
"Divers groupes armés ont semé la terreur et infligé des souffrances à la population par tout un éventail d'actes d'une extrême violence à tous les stades du conflit", a déclaré le procureur de la Cour, Fatou Bensouda, dans un communiqué.
Le procureur affirme être parvenue à la conclusion que certains de ces actes de brutalité et de destruction pourraient constituer des crimes de guerre au regard du Statut de Rome", le traité fondateur de la CPI.
Le Mali est le théâtre d'une rébellion armée depuis un an, à la suite de l'attaque le 17 janvier 2012 de la base militaire de Ménaka dans la région de Gao, par des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), souligne le bureau du procureur.
Rapidement ralliés par les groupes islamistes Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) et Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), alliés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, ils avaient profité d'un coup d'Etat, le 22 mars à Bamako pour contrôler le Nord du Mali.
Le MNLA a ensuite été évincé par les islamistes, qui ont commis lapidations et mutilations en vertu de leur interprétation ultra-rigoriste de la charia.
Mme Bensouda estime qu'il existe une base raisonnable pour croire que des meurtres, des mutilations, des exécutions sommaires, des pillages et des viols, constitutifs de crimes de guerre, ont été commis sur le territoire malien depuis janvier 2012.
Le bureau du procureur affirme également disposer d'informations sur les personnes qui seraient responsables de ces crimes.
Pour l'ONG Human Rights Watch (HRW), cette décision "envoie un message important à tous les acteurs du conflit, dont les rebelles séparatistes, les combattants islamistes, les soldats du gouvernement et les troupes étrangères que des abus de droits de l'homme ne resteront pas impunis", a déclaré Corinne Dufka, spécialiste de l'Afrique de l'ouest pour HRW.
Amnesty International souligne quant à lui qu'il est "crucial que la CPI examine l'entièreté des crimes présumés commis à travers le pays, notamment ceux perpétrés par les forces de sécurité maliennes", a déclaré Paule Rigaud, directrice du programme Afrique d'Amnesty.
Selon le bureau du procureur, le nombre de meurtres a atteint son plus haut niveau en janvier 2012 avec l'exécution présumée de 70 à 153 détenus.
Des pillages et jusqu'à 90 cas de viols ou de tentatives de viol ont été signalés fin mars, début avril "quand les groupes armés ont pris le contrôle du Nord", selon ce rapport.
Le Mali, qui avait ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, dès août 2000, avait déféré à la Cour la situation sur son territoire "depuis le mois de janvier 2012" .
C'est le cinquième pays africain, après l'Ouganda, la République démocratique du Congo, la Centrafrique et la Côte d'Ivoire à demander à la CPI d'enquêter sur des crimes commis sur son territoire.
 http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/01/130116_mali_cpi.shtml

mardi 15 janvier 2013

Problème des fonds européens


10 Janvier 2013

Qui profite du gâteau européen



Union. Premier budget européen, les aides dites “de cohésion”, pour développer les régions pauvres, sont à l’origine de fraudes, de gaspillages et d’aberrations. Des milliards d’euros sont concernés. Qui fera le ménage ?
Un tiers du budget commun des Vingt-Sept est consacré aux fameux fonds censés permettre aux régions les plus pauvres de rattraper, à terme, leur retard par rapport aux plus riches. C’est aujourd’hui le premier poste de dépenses de l’Union européenne. Cette politique de cohésion coûte environ 50 milliards d’euros par an.
Accompagnant l’élargissement progressif de l’Union à d’autres pays, les sommes allouées à cette solidarité entre les États membres n’ont cessé de croître. Elles représentaient 347 milliards d’euros pour la période 2007-2013, sur un budget total de 976 milliards. Lors de l’adoption définitive, en mai 2006, de l’actuel cadre financier pluriannuel de l’Union, les dépenses relatives au développement régional ont ainsi dépassé, pour la première fois, celles dévolues à la politique agricole commune (290 milliards), socle fondateur de l’Union européenne.
Ces aides dites “de cohésion” sont versées dans trois enveloppes distinctes : le Fonds européen de développement régional (FEDER), le Fonds social européen (FSE) et le Fonds de cohésion. Par confusion, ces instruments financiers sont souvent qualifiés de “fonds structurels”. En réalité, seuls les deux premiers sont officiellement des fonds structurels pour Bruxelles.
Bien que ne relevant pas de la politique de cohésion, deux autres enveloppes budgétaires sont “assimilées” à des fonds structurels : le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et le Fonds européen pour la pêche (FEP). Pour ajouter encore à la complexité de cette architecture budgétaire, il existe aussi depuis 1957 un Fonds européen de développement (FED). Destiné principalement à l’Afrique subsaharienne, il n’a rien à voir avec la politique de cohésion de l’Union.
Créé en 1973 au moment de l’entrée du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni, le FEDER a pour but de corriger les déséquilibres régionaux entre les 271 régions que compte l’Europe des Vingt-Sept. Il permet notamment de financer la construction des autoroutes et de développer les grosses infrastructures liées au transport. On trouve plusieurs niveaux d’aide. Celui dit de la convergence bénéficie aux 100 régions les plus pauvres – celles où le produit intérieur brut par habitant équivaut à moins de 75 % de la moyenne européenne. Cela représente près de 170 millions d’habitants, vivant principalement dans les nouveaux États membres d’Europe centrale et orientale, intégrés entre 2004 et 2007, mais aussi en Grèce, au Portugal, en Espagne et en Italie du Sud. Les quelque 170 autres régions touchent de l’argent aunomde la compétitivité et de l’emploi.
Né en 1957, en même temps que le traité de Rome, le Fonds social européen a pour objectif principal de combattre le chômage en favorisant l’emploi et les entreprises. Apparu en 1994, le Fonds de cohésion est réservé aux États membres dont le produit national brut par habitant est inférieur à 90 % de la moyenne communautaire. Ils sont quinze dans ce cas : la Bulgarie, Chypre, l’Espagne, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie. Ce fonds peut financer jusqu’à 85 % de vastes projets consacrés à l’environnement ou aux infrastructures de transport.
En 2011, cette politique de cohésion s’élevait à 43 milliards d’euros (35 pour les deux fonds structurels et 8 pour le Fonds de cohésion). La Pologne est la grande gagnante dans la répartition des aides versées au nom de la politique de cohésion (67 milliards pour la période 2007-2013). Elle est devenue le premier bénéficiaire des fonds structurels (7 milliards par an), devant l’Espagne (4,5), l’Allemagne (3,4), le Portugal (2,9) et la Hongrie (2,8), la première également pour le Fonds de cohésion, devant l’Espagne, la Hongrie et la Grèce.
Les “amis de la cohésion” contre les “amis du mieux dépenser”
Lors du sommet européen des 22 et 23 novembre 2012 consacré au budget 2014-2020, aucun accord n’a été trouvé entre les Vingt-Sept, alors que se profile l’intégration de la Croatie, qui sera effective en juillet prochain. Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, avait demandé de réduire de 29 milliards d’euros les crédits destinés à la politique de cohésion, une coupe largement plus importante que le coup de rabot de 10 milliards proposé par la Commission de Bruxelles. Van Rompuy a été désavoué par les “amis de la cohésion”, qui refusent toute réduction. Ce groupe de quinze pays, dirigé par la Pologne, comprend les douze derniers entrants (sauf Chypre), plus la Croatie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Aucun n’a envie d’abandonner la manne européenne promise pour la période 2014-2020.
« En France, les délocalisations laissent des milliers de personnes au chômage ; en Roumanie, nos médecins partent à l’Ouest pour obtenir de meilleurs salaires, plaide Leonard Orban, alors ministre roumain chargé des fonds européens. Seul un rapprochement de nos niveaux économiques pourra limiter ces phénomènes. » Le groupe des “amis de la cohésion” estime que l’argent dépensé peut aussi profiter aux États riches. La Pologne a ainsi produit une étude indiquant que chaque euro dépensé par les quinze pays contributeurs nets de l’Union leur rapporterait « 61 centimes d’exportations supplémentaires à destination de ces pays ».
Herman Van Rompuy est pris entre deux feux. Il doit aussi composer avec un autre groupe de pression, les “amis du mieux dépenser”, emmené par le premier ministre anglais David Cameron (lire notre article page 39).
L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède et la Finlande sont au côté des Britanniques dans cette équipe de la rigueur. Partisans d’une réduction drastique du budget européen, ils veulent durcir l’octroi des fonds et proposent de les conditionner à la réduction des déficits. Ils veulent les dépenser de manière plus ciblée et contrôler davantage leur utilisation.
« Nous ne pouvons pas laisser planer le doute quant à notre engagement à tourner la page de cette époque où les fonds structurels étaient parfois considérés simplement comme un droit à la dépense », a prévenu José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, lors d’une réunion tenue le 5 octobre à Bratislava par les “amis de la cohésion”. Deux mois plus tard, ces “amis” subissaient un nouveau revers dans un rapport très sévère du Parlement européen publié le 3 décembre sur l’utilisation des fonds européens, incluant ceux liés à l’agriculture.
Ce rapport montre que pas moins de 13 600 irrégularités ont été constatées en 2010. Montant estimé du préjudice : 2 milliards d’euros. « La situation empire et cela devrait tous nous alarmer », expliquait l’eurodéputée allemande Barbara Weiler, auteur de cette étude mettant aussi en évidence le poids du crime organisé – les mafias calabraise et sicilienne – dans les détournements de fonds pour blanchir de l’argent sale : 600 millions d’euros pour 2010.
La Mafia aurait ainsi réussi à infiltrer, au fil des ans, les services administratifs européens. Quand ils n’appartiennent pas au milieu, des fonctionnaires chargés des fonds européens seraient “intimidés” pour “fermer les yeux” sur la destination finale de l’argent de Bruxelles.
« La Ndrangheta est bien implantée en Calabre et l’on peut estimer que 20 % des fonds européens attribués à cette région tombent entre les mains de la Mafia, affirmait en avril 2012 l’ancien magistrat italien anticorruption Mario Vaudano dans un entretien au site spécialisé Euractiv.fr. Dans pareille situation, on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux suspendre l’allocation des fonds européens tant que l’administration n’est pas complètement assainie. » Un rapport de la Commission de 2011 montrait que les États qui ont signalé à l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) le plus de “malveillance” concernant les fonds de cohésion étaient la Pologne, l’Allemagne et l’Italie.
Les enquêtes de la Cour des comptes européenne sur l’efficacité de ces aides sont sévères. Elles fournissent de solides arguments aux “amis du mieux dépenser”. Un audit récent mené sur les FEDER et le Fonds de cohésion montre que sur 180 paiements contrôlés en 2011, 107 comportaient des erreurs ! En avril dernier, cette Cour remettait un rapport spécial sur les 27 projets portuaires financés via les fonds decohésion : les magistrats établissaient que 11 seulement des projets étaient “efficaces”. « Il faut dépenser l’argent européen plus efficacement et de manière mieux ciblée en cette période où les budgets nationaux sont sous pression », prévenait alors Vítor Caldeira, le président de la Cour des comptes européenne.
Le plus gros scandale réside probablement dans l’absence d’utilisation de ces fonds, faute de projets conformes aux normes européennes. Il faut compter dix-huit mois en général pour monter un dossier mais la plupart des administrations sont dénuées de personnel compétent et victimes de leur bureaucratie. Résultat, le taux d’absorption moyen des fonds structurels et de cohésion pour la période 2007-2013 n’est que de 45 % ! La palme de l’impuissance administrative et budgétaire revient à la Roumanie : en six ans, elle a dépensé moins de 10 % de ses 20 milliards de fonds.

mercredi 26 décembre 2012

L'ambassade de France au Mali caillassée par la coalition Séléka

http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/26/01003-20121226ARTFIG00469-centrafrique-bangui-sous-la-menace-des-rebelles.php

Centrafrique: l'ambassade de France sécurisée

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Par Tanguy Berthemet Mis à jour | publié Réactions (7)

  • Des manifestants proches du régime, qui reprochent à Paris son inaction face à l'avancée des rebelles, ont caillassé l'ambassade de France.

    Les rebelles centrafricains se veulent maîtres du pays. Née il y a quelques semaines, la coalition Séléka a, en un peu plus d'une dizaine de jours, conquis plusieurs villes du nord du pays et menace désormais la capitale, Bangui, et le régime du président François Bozizé. À Bria, à Bambari, puis mardi à Kaga Bandoro, des cités riches en or ou en diamants, le scénario fut chaque fois le même. À l'arrivée des rebelles, les Forces armées centrafricaines (Faca) se repliaient sans combattre. Mercredi soir, selon certaines sources, les rebelles étaient à Damara, ultime verrou, situé à une soixante de kilomètres de la capitale Bangui.
    Peu auparavant, le porte-parole du mouvement avait affirmé qu'il ne mènerait pas la «bataille de Bangui», demandant au régime de rendre les armes et d'ouvrir des pourparlers. Le gouvernement a pour sa part exigé que ses ennemis quittent les villes occupées en préalable à toute négociation. Difficile de prévoir ce qui sortira de ce dialogue de sourds dans un pays où la majorité de la population, par trop abrutie de mi­sère, se mêle le moins possible de ces dangereuses querelles armées.
    «Les objectifs de Séléka ne sont pas très clairs. C'est une coalition de groupes hétéroclites aux revendications très différentes. Mais leur avancée rapide et le comportement convenable de ses hommes dans les territoires conquis montrent qu'il y a une vraie chaîne de commandement - et donc sans doute une stratégie», note le chercheur Roland Marchal. Plus qu'à une volonté de mettre un terme à ce énième conflit qui secoue le pays, la relative modération qu'affiche le Séléka tient à la présence tutélaire du Tchad.

    Isolement diplomatique

    Le président Idriss Déby est le principal soutien de François Bozizé, qu'il a aidé à conquérir le pouvoir en 2003. Dès le début de la crise, des troupes tchadiennes ont été déployées en Centrafrique comme «force d'interposition» à Sibut, et aussi sans doute aux portes de Bangui. «Idriss Déby tient les clés du pays. S'il décide de soutenir une fois encore Bozizé, rien ne se passera, analyse un diplomate. Dans le cas contraire…» Ces dernières années, les relations entre François Bozizé et son parrain se sont considérablement dégradées, sur fond de tensions commerciales. Le chef de l'État centrafricain a aussi agacé nombre de ses pairs de la région. Et son isolement n'est pas rompu par les pays occidentaux, qui lui reprochent les conditions de sa réélection contestée en 2011, la corruption et l'immobilisme coupable des institutions.
    La France, ancienne puissance coloniale, a déjà affirmé qu'elle n'interviendrait pas. En réaction, des militants proches du pouvoir s'en sont pris mercredi aux symboles français, caillassant l'ambassade. Dans la soirée, une partie du contingent de 250 Bérets rouges français, stationné à l'aéroport dans le cadre d'une opération d'aide technique, a été déployée devant la représentation. Consigne a été donnée aux ressortissants de rester chez eux et l'avion d'Air France pour Bangui a été détourné. Dans un communiqué, l'Élysée assurait mercredi soir se tenir informé de la situation. Le ministère de la Défense rappelait que la mission des troupes françaises était notamment d'assurer la «sécurité générale du pays».
     Par Tanguy Berthemet

Le Mali toujours sous pression islamique

Mali : «La France s'enferme dans une logique infernale»

 Mis à jour | publié Réactions (109)

 INTERVIEW - Pour le spécialiste d'al-Qaida au Maghreb islamique Mathieu Guidère, la France n'a réussi qu'à exacerber les menaces contre ses ressortissants en soutenant une intervention militaire au Mali.

LE FIGARO - Que vous inspire le communiqué d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) accusant Paris de bloquer le dialogue pour la libération des quatre otages enlevés en 2010 au Niger?

Photo du compte Twitter de Mathieu Guidère.
Photo du compte Twitter de Mathieu Guidère.
Mathieu GUIDÈRE - La nouveauté, c'est qu'Abou Zeid, le chef du groupe qui détient les otages français, s'exprime lui-même pour la première fois. Il répond à la vidéo mise en ligne le 8 décembre par Clément Legrand, le frère d'un des otages. Il donne aussi un point de vue sur les négociations sensiblement différent de la version fournie par le gouvernement français depuis plusieurs mois.
Qui croire?
Il est évident qu'il y a un menteur ou un malentendu dans cette affaire. Abou Zeid dit que, depuis la mort de Ben Laden, ce dossier, qui était supervisé par al-Qaida central, l'est désormais par Aqmi et que, depuis un an, il envoie des signaux au gouvernement français, mais que rien ne se passe.
Paris, de son côté, affirme agir discrètement pour obtenir la libération des otages. Que faut-il en conclure? Soit le gouvernement français n'a pas les bons intermédiaires pour communiquer avec le groupe d'Abou Zeid, mais ce serait alors un peu étrange puisque Clément Legrand a réussi à le faire assez aisément, via sa vidéo, en une quinzaine de jours. Soit nous sommes dans un jeu de poker menteur. Qui ment? D'un côté, le gouvernement français prépare une intervention militaire de la force africaine au Mali. De l'autre, il est possible qu'Abou Zeid instrumentalise le dossier des otages français pour imposer son hégémonie au sein d'Aqmi, en proie actuellement à une guerre des chefs. Un autre dirigeant d'Aqmi, Moktar Belmoktar vient de faire sécession après avoir été démis de ses fonctions. Dans cette compétition pour le leadership d'Aqmi, il y a aussi le groupe Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest), qui a réalisé presque tous les enlèvements de l'année 2012.
La France a-t-elle infléchi sa politique sur le dossier des otages en refusant de payer des rançons?
L'actuel gouvernement essaie, me semble-t-il, de faire comprendre aux groupes terroristes qu'un citoyen français lambda ne représente pas le gouvernement français et, par conséquent, que le rapt d'un ressortissant français n'infléchira pas la politique étrangère de la France.
En fait, officiellement, l'État français a toujours refusé de payer des rançons. Je pense qu'effectivement il ne l'a jamais fait directement et que les paiements sont passés par d'autres canaux. Cependant, je m'étonne que l'employeur des quatre Français détenus depuis trois Noëls, à savoir le groupe Areva et Satom, cité dans la vidéo d'Aqmi, soient si absents.
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, vient d'annoncer qu'une intervention militaire au Mali pourrait avoir lieu dès le premier semestre 2013. Cette intervention a-t-elle une chance de réussir?
Cette intervention militaire ne recueille pas l'approbation de tous les États de la région. Qui plus est, leurs armées ne sont pas toutes prêtes, les autres pays européens sont réticents. Les Américains y vont eux aussi à reculons. Ils nous soutiennent diplomatiquement, mais ne veulent pas aller sur le terrain. Dans ce dossier, la France fait preuve d'un volontarisme, voire d'un activisme étonnant, elle semble très va-t-en-guerre et quasiment seule parmi les pays occidentaux. Et cela est en train de changer son image dans la région, alors qu'elle venait d'acquérir grâce au printemps arabe un formidable capital de sympathie.
La France s'est enfermée dans une logique infernale. Plus le gouvernement annonce qu'il va intervenir au Mali en soutenant une force africaine, plus il y a d'enlèvements de Francais. Quand on prétend lutter contre le terrorisme, on ne procède pas par des effets d'annonce. La lutte contre Aqmi ne peut s'appuyer que sur un travail de renseignements, de frappes chirurgicales, de drones. Obama a démontré l'efficacité de cette stratégie. Or, depuis neuf mois, c'est-à-dire depuis que le nord du Mali est sous domination de groupes islamistes, nous assistons à une série d'annonces sur une intervention militaire qui n'interviendrait pas plus tard que septembre prochain. C'est-à-dire que l'on donne quelques mois supplémentaires aux islamistes armés pour se renforcer.
De plus, occuper militairement des territoires qui réclament leur autonomie ou leur indépendance est une stratégie vouée à l'échec. Il existe d'autres moyens d'agir. D'autant qu'Aqmi montre des signes de dissensions internes importantes. L'Algérie, seul pays à détenir les moyens et l'expérience pour mener une telle intervention, y est hostile et mise sur une solution politique. Les autorités algériennes sont ainsi parvenues à réunir vendredi dernier les chefs islamistes des Touaregs maliens d'Ansar Dine (Défenseurs de l'Islam) qui tiennent Tombouctou ainsi que la majeure partie du nord du Mali, et ceux, laïques, du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad, NDLR) pour signer un protocole d'accord après que ces deux groupes se sont entre-tués pendant des mois.
source :  http://www.lefigaro.fr/international/2012/12/26/01003-20121226ARTFIG00306-mali-la-france-s-enferme-dans-une-logique-infernale.php

dimanche 23 décembre 2012

La situation du Mali en réflexion

Écrit par Abed Charef    Dimanche, 23 Décembre 2012 21:25   
Redistribution des cartes au Mali, la France abandonne discrètement l'option militaire

Pour les mouvements touareg, l’intervention militaire étrangère serait la pire des solutions

En une semaine, la crise malienne a subi connu une redistribution totale des cartes, avec coup sur coup, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU autorisant l’envoie d’une force militaire, et un accord entre deux formations touareg du nord Mali. Mais le changement le plus notable concerne l’évolution de la position française, qui a discrètement abandonné la position va-t-en guerre sarkozienne pour s’engager dans une démarche plus conforme à une pensée de gauche.



La signature d’un accord entre le Mouvement National de Libération de l’Azawed (MNLA) et l’organisation islamiste Ansar Eddine a couronné une semaine qui a bouleversé la donne dans la crise malienne. Une intervention militaire est désormais exclue dans l’immédiat, et parait peu probable à long terme, aux termes d’une résolution adoptée par le conseil de sécurité de l’ONU.


Au cours d’une réunion présidée par le Maroc, le conseil de sécurité a adopté une résolution qui définit une feuille de route très stricte. Autorisant la création d’une Mission internationale de soutien au Mali, sous conduite africaine, pour faire face à une situation au Mali qui « constitue une menace pour la paix et la sécurité internationale », le conseil a encadré cette démarche par un volet politique contraignant, qui reprend les grandes lignes de la démarche algérienne dans la crise malienne.


Réunis à Alger, Le MNLA et Ansar Eddine ont signé, vendredi 21 décembre, un accord qui marque une nouvelle avancée de la démarché algérienne. L’Algérie a toujours cherché à différencier ces deux mouvements, à composante touareg, d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et du MUJAO (Mouvement pour l’unité du jihad en Afrique de l’Ouest). L’Algérie a notamment réussi à imposer Ansar Eddine comme un interlocuteur des autorités maliennes, alors que la France considérait ce mouvement comme une organisation terroriste. Dans le même temps, Alger a exercé de frortes pressions sur Ansar Eddine pour l’amener à prendre ses distances avec AQMI et le MUJAO, et à prendre définitivement un virage politique, alors que le mouvement avait, un moment, pactisé avec les mouvements terroristes.


Malgré des hésitations de certains dirigeants d’Ansar Eddine, l’Algérie a obtenu gain de cause. Ansar Eddine s’est engagé à agir pour obtenir la libération de tous les détenus ou otages, et à s’engager dans un dialogue politique avec les autorités de Bamako. Bien qu’il affirme que la charia ne sera pas remise en cause, les autres partenaires ne désespèrent pas de le voir assouplir ses revendications sur cette question.



Paris abandonne l’option de la guerre dans l’immédiat



Mais le virage le plus important dans cette crise a été pris par la France, qui a discrètement changé d’attitude, en admettant que la solution prônée auparavant était irréaliste. Au cours de sa visite à Alger, le président François Hollande a implicitement confirmé cette évolution, en déclarant qu’il n’y avait pas de divergences entre les deux pays sur la crise malienne.


Jusque-là, la France voulait une intervention militaire rapide de forces africaines, auxquelles elle se disposait à apporter l’aide logistique nécessaire. L’Algérie avait fait campagne contre cette formule. Le ministre des affaires étrangères Mourad Medelci et celui des affaires africaines et maghrébines Abdelkader Messahel, avaient effectué de nombreux déplacements auprès des membres permanents du conseil de sécurité, notamment la Chine et la Russie et, surtout les Etats-Unis. Washington avait bloqué un premier projet  français au conseil de sécurité, estimant que la situation n’était pas mûre. Les Etats-Unis considéraient, comme l’Algérie, qu’une aventure militaire rapide et mal préparée risquait de provoquer le chaos. Un consensus s’est finalement dégagé autour d’une formule plus complexe : engager un processus politique au Mali, rétablir les institutions, former une force africaine qui viendrait en appui à une armée malienne chargée de reconquérir le nord.

L’ancien président de la commission européenne et ancien premier ministre italien, désigné par M. 

Ban Ki Moon comme représentant spécial pour le Sahel, a lui aussi contribué à refroidir l’enthousiasme français envers une guerre. Au cours d’une tournée dans la région, il avait clairement affirmé que la guerre serait, pour lui, le dernier recours, quand toutes les possibilités de dialogue auront été épuisées.



L’armée malienne au centre du jeu



La démarche est antipodes de celle prônée initialement par la France, qui voulait une intervention rapide, jusqu’à ce que les Etats-Unis insistent : une force de 3.000 hommes serait totalement impuissante face à plusieurs milliers de combattants touareg et d’un nombre indéterminé d’éléments d’AQMI et du MUJAO.


Le premier acte de cette nouvelle politique s’est joué au Mali, avec la destitution de l’ancien premier ministre, qui apparaissait comme le plus fervent défenseur d’une intervention militaire étrangère. Sa mise à l’écart n’a pas suscité de réaction particulière à Paris. M. Diango Cissoko, qui l’a remplacé, semble plus porté vers le dialogue : il était médiateur de la république au Mali.


Ce changement de premier ministre remettait également au centre du jeu l’armée malienne, dont l’homme fort, le capitaine Sanogo, qui avait renversé le président Amadou Amani Touré au printemps, se présente comme le vrai garant de tout processus de politique au Mali. Il dirige aussi une institution qui veut sa revanche, après avoir été humiliée par les hommes d’Ansar Eddine, qui avaient pris le nord du mali en quelques semaines, sans trouver de véritable résistance.

Dimanche soir, le ministre algérien des affaires étrangères Mourad Medelci se félicitait de cette évolution qui se poursuit au Mali, mais il rappelait que « ce n’est qu’une étape ». Pour lui, « le plus dur est encore devant nous ». M. Medelci fait notamment allusion à la nécessité d’encadrer le processus, pour éviter un dérapage qui pourrait déborder sur toute la région, et à la situation actuelle au nord du Mali. A côté d’une application stricte de la charia, avec les mutilations physiques de personnes qui la violent, et la destruction systématique des mausolées traditionnels, des milliers de réfugiés maliens vivent dans des conditions difficiles en Algérie, au Burkina-Faso, en Mauritanie et au Niger.

source : http://maghrebemergent.com/actualite/maghrebine/19286-redistribution-des-cartes-au-mali-la-france-abandonne-discretement-loption-militaire.html

jeudi 20 décembre 2012

un courageux voyage présidentiel qui ne fait pas l'unanimité

Le Point.fr - Publié le

La présidente du Front national estime que le discours du président "pose les bases d'un avenir extrêmement malsain entre la France et l'Algérie".

Marine Le Pen. Marine Le Pen. © Pierre Verdy / AFP

Marine Le Pen, présidente du Front national, a assuré jeudi qu'après le discours prononcé par François Hollande à Alger, la France est "triplement condamnée" : repentance, immigration, délocalisations. "Le discours de François Hollande à Alger pose les bases d'un avenir extrêmement malsain entre la France et l'Algérie", déclare l'eurodéputée FN dans un communiqué, commentant la déclaration du chef de l'État le matin même devant les parlementaires algériens. "Il condamne triplement notre pays, l'abaissant encore un peu plus sur la voie de la repentance d'abord, de l'immigration massive ensuite et des délocalisations enfin."
"Si François Hollande se défend de tomber dans la repentance, c'était pourtant l'exacte tonalité de son discours", qui "a revisité l'histoire dans le sens d'une violente charge contre la France", accuse la responsable d'extrême droite. "Rien sur les aspects positifs de la colonisation, rien non plus sur les crimes algériens contre les harkis, mais une nouvelle dépréciation systématique de notre pays, de notre histoire et de notre peuple."

"Accélérer la course aux visas"

"En matière d'immigration, François Hollande veut encore accélérer la course aux visas, alors que 200 000 sont déjà accordés chaque année par l'ambassade de France à Alger !" déplore-t-elle. "C'est pure folie que de vouloir aggraver encore cette politique scandaleuse, alors que la France est engluée dans la crise et le chômage, que l'assimilation est en panne, que l'Algérie a besoin de fixer sa jeunesse sur place pour assurer son développement." "Sur l'économie enfin, la France trahit ses ouvriers, ses salariés du secteur tertiaire et affaiblit considérablement son économie en faisant de l'Algérie et du Maghreb une terre de délocalisations de son industrie et de ses services", dénonce encore Marine Le Pen.
"On apprend dans la même semaine qu'on ouvre des usines Renault en Algérie, que l'on développe l'économie en Algérie et que 150 millions d'euros vont être accordés par le gouvernement français pour le développement d'une plate-forme au Maroc de centres d'appel et d'informaticiens, alors même que ces secteurs voient le chômage exploser", a précisé Marine Le Pen lors d'un point de presse au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais à Lille. "Je sais que derrière cette repentance, derrière cette salissure de la France par son propre président, il y a des contrats économiques en bonne et due forme. Je trouve que vendre l'âme de la France rend à mon sens le président de la République indigne de sa fonction", a-t-elle ajouté.
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source : http://www.lepoint.fr/politique/francois-hollande-a-alger-marine-le-pen-la-france-est-triplement-condamnee-20-12-2012-1604706_20.php

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